Reinaldo Arenas

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Reinaldo Arenas

Activités Romancier
Poète
Naissance
Holguín, Cuba
Décès
New York, États-Unis
Langue d'écriture Espagnol

Reinaldo Arenas est un écrivain cubain, romancier, nouvelliste et poète, né le à Holguín et mort le à New York. Persécuté par le régime castriste pour son homosexualité, il s'exila aux États-Unis en 1980 et raconta son histoire dans Antes que anochezca (Avant la nuit), récit autobiographique qui fut porté à l'écran par le cinéaste Julian Schnabel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Abandonné par son père, Reinaldo Arenas est né à Holguín le 16 juillet 1943. Le petit Reinaldo grandit ainsi dans une famille paysanne pauvre, sa mère s'étant réfugiée chez ses parents.

À 13 ans, le jeune Reinaldo montre déjà des talents d'écrivain, de poète. Il s'engage alors auprès des révolutionnaires castristes pour les aider à triompher du dictateur Batista.

La révolution achevée, il étudie à l'université de La Havane puis travaille pour la Bibliothèque Nationale José Martí. Il doit alors tout au régime castriste, qui lui a offert l'éducation et un travail. Il rêve d'embrasser une carrière d'écrivain. Le jeune homme paraît sur la bonne voie. Son premier roman Celestino antes de alba (Célestin avant l'aube qui deviendra "Le Puits") s'est distingué au concours national d'écriture. Il se satisfait d'autant mieux du régime qu'il peut profiter pleinement d'une grande liberté sexuelle, et vivre librement son homosexualité.

Les persécutions du régime castriste : un tournant[modifier | modifier le code]

Le pouvoir veut bientôt reprendre en main les Cubains. La révolution culturelle de l'île caribéenne prend une facette plus dure. Les écrivains doivent censurer leurs écrits, les homosexuels sont considérés comme déviants.

Arenas commence à subir les persécutions des autorités souvent suite aux dénonciations des comités de quartier qui organisent la délation dans la population cubaine, mais il continue d'écrire et de vivre sa sexualité comme il l'entend afin de pouvoir demeurer libre. Il ne peut plus faire paraître ses œuvres sur l'île mais parvient à les envoyer illégalement à l'étranger. Le peintre cubain Jorge Camacho, exilé en France, l'aide à faire paraître ses livres dans le reste du monde.

Ses critiques contre le pouvoir et son homosexualité lui valent de connaître la prison et les camps de réhabilitation par le travail[1]. Cela ne l'empêchera jamais d'écrire. Tous les moyens sont bons pour transmettre ses écrits. En prison, il fait par exemple appel aux rectums de visiteurs. Il quitte l'île en 1980, au cours de l'exode de Mariel, en compagnie de milliers de dits rebuts de la société expulsés par le régime cubain.

Sa mort[modifier | modifier le code]

En 1987, Arenas apprend qu'il est atteint du sida. En 1990, après avoir lutté contre la maladie, il met fin à ses jours en absorbant un mélange d'alcool et de médicaments. Il laisse une lettre destinée à être publiée :

« En raison de mon état de santé et de la terrible dépression qu'elle me cause du fait de mon incapacité à continuer à écrire et lutter pour la liberté de Cuba, je mets fin à ma vie [...] je veux encourager le peuple Cubain dans l'île comme à l'extérieur, à continuer le combat pour la liberté. [...] Cuba sera libérée. Je le suis déjà. » [2]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • El mundo alucinante, 1982. Le monde hallucinant 1969. Le texte français est paru avant la version originale.
  • Cantando en el pozo (1982) (à l'origine Celestino antes del alba (1967)). Le puits
  • El palacio de las blanquisimas mofetas (1982). Le palais des très blanches mouffettes
  • La plantation
  • Arturo, la estrella más brillante (1984), Arturo, l'étoile la plus brillante
  • Otra vez el mar(1982). Encore une fois la mer
  • El color del verano (1982)
  • El Asalto (1990)
  • El portero (1987)
  • Antes que anochezca (1990) Avant la nuit.
  • Mona and Other Tales (2001)Traduction en anglais d'un recueil de nouvelles parues en Espagne entre 1995 et 2001
  • Con los ojos cerrados (1972),
  • La vieja Rosa (1980),
  • El central (1981), ISBN 0380869349
  • Termina el desfile (1981).
  • Cinco obras de teatro bajo el título Persecución (1986).
  • Necesidad de libertad (1986)
  • La Loma del Angel (1987),
  • Voluntad de vivir manifestándose (1989) ISBN 9879396553
  • Viaje a La Habana (1990). ISBN 0897295447
  • Final de un cuento (El Fantasma de la glorieta) (1991) ISBN 8486842387
  • Adiós a mamá (1996) ISBN 0897297911
  • El color del verano (1982) La Couleur de l'Eté , 1980. Mille et Une nuits (2007)

Études sur son œuvre[modifier | modifier le code]

  • Reinaldo Arenas, Lettres à Margarita et Jorge Camacho 1967-1990, traduction par Aline Schulman, Arles, Actes Sud, 2009.
  • Audrey Aubou, "Héroïsme et marginalité dans l'œuvre de Reinaldo Arenas: notes sur El portero et Antes que anochezca (autobiografía)" dans la revue Archipélies no 1, 2010, p. 133-147.
  • Audrey Aubou (éd. + introd.), Reinaldo Arenas en toutes lettres, études d'Armando Valdés-Zamora, Bastien Gallet, Valérie Gérard, Liliane Hasson, Renée Clémentine Lucien, Dorita Nouhaud, Perla Rozencvaig, Mathilde Silveira et Lionel Souquet, Paris, éditions Orizons (Profils d’un classique), 2011.
  • Dominique Chancé, Écritures du chaos. Lecture des œuvres de Frankétienne, Reinaldo Arenas, Joël Des Rosiers, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, coll. Littérature hors frontière, 2008.
  • Liliane Hasson, Un Cubain libre : Reinaldo Arenas, Photographies de Suzanne Nagy, Arles, Actes Sud, 2007.
  • Charles Scheel, "La représentation du corps et du labyrinthe dans Le Terrier de Franz Kafka et dans Fin de défilé de Reinaldo Arenas", in Littérature et espaces, Limoges, Pulim, 2003, p. 181-188.
  • Charles Scheel, "La France et l'œuvre de Reinaldo Arenas" in Les Stratégies des écrivains des Amériques pour faire connaître leurs œuvres en France (Traduction, bilinguisme, auto-édition), éd. Alejandro Canseco-Jerez, Université de Metz, ISBN 2-9517096-1-7, 2001, p. 75-84.
  • Charles Scheel, "Effet de vie et exaltation auctoriale dans Encore une fois la mer de Reinaldo Arenas", in Ehret, Jean (éd.), L'Esthétique de l'effet de vie. Perspectives interdisciplinaires, Paris, L'Harmattan (coll. L'Univers esthétique), 2011 (p. 171-199). http://univ-metz.academia.edu/CharlesScheel/Papers/789786/

Œuvres qui lui sont consacrées[modifier | modifier le code]

En 2000, le peintre et cinéaste new-yorkais Julian Schnabel porte à l’écran la version filmée du livre autobiographique de l’écrivain Avant la Nuit. C’est Javier Bardem qui interprète le rôle de l’écrivain. Le livre inspire aussi un opéra à Jorge Martin. Sa représentation fut donnée au Lincoln Center de New York. Arenas est aussi le sujet du film documentaire Des êtres extravagants, de Manuel Zayas, tourné clandestinement à Cuba en 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacobo Machover, « Cuba : la peur, l’exil et l’entre-deux », Raisons politiques, Presses de Sc. Po., no 3,‎ 2001, p. 101-112 (ISSN 272462906X, lire en ligne)
  2. (MSU) Reinaldo Arenas letter

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]