Rei Kawakubo

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Rei Kawakubo
Comme des Garcons at the Met (62429).jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (79 ans)
Tokyo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
川久保玲Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Autres informations
Distinctions
Chevalier des Arts et des Lettres
Officier de l'ordre national du Mérite
Royal Designers for Industry honoraire (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Rei Kawakubo (川久保 玲, Kawakubo Rei?), née le à Tokyo, est une styliste japonaise, fondatrice de la marque Comme des Garçons et une personnalité influente et respectée du domaine de la mode. Elle est une des représentantes de l'Antimode des années 1980. Elle conçoit des créations avec une approche intellectuelle, loin des critères traditionnels de la beauté. Elle remet perpétuellement en question les principes établis. Ses vêtements androgynes aux montages étranges sont souvent plein de volumes et réfutent toute élégance ou féminité telle qu'elle est établie en Occident. Rei Kawakubo reste une grande technicienne, maitrisant textiles, matériaux et coupe, largement reconnue par ses pairs et par les médias, même si une grande perplexité reste de mise pour ces derniers. Ses collections, qualifiées au départ de look « Hiroshima Chic » et utilisant majoritairement des noirs, gris, puis rouges ou blancs, sont la référence du mouvement de la mode déconstructive. Ses collections présentées en 1981, 1997 surtout, puis 2012, ont plus particulièrement marqué l'histoire de la mode. Entretemps, elle se marie à Adrian Joffe, qui devient directeur général de Comme des Garçons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Rei Kawakubo nait en 1942, son père est universitaire[1]. En 1964, Rei Kawakubo sort diplômée de la prestigieuse Université Keiō après avoir suivi des études de philosophie, littérature et beaux-arts[2],[3]. Elle travaille au département publicité de l'entreprise Asahi Kasei[4] puis déçue par ce métier[1], commence une activité de styliste indépendante[5] sans jamais avoir reçu de formation pour la mode[3]. Très tôt ses créations sont influencées par le Wabi-sabi, le « beau dans l'imparfait » ainsi que les traditions vestimentaires japonaises[2],[6].

Elle fonde la marque Comme des Garçons — allusion aux paroles de Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy[5] même si l'anecdote n'a jamais été confirmée[7] — dans les années 1970[n 1]. Elle présente sa première collection féminine et ouvre un point de vente à Tokyo. La vitrine ne montre rien, les vêtements sont au fond de la boutique et il n'y a pas de miroir[7]. Sa première collection masculine, Comme des Garçons Man, arrive quelques années après[2]. Rei Kawakubo est précurseur dans l'usage majoritaire — voire exclusif au début — du noir[n 2], couleur du deuil et du soir rarement présente dans les collections des stylistes ou couturiers durant cette époque[10]. Son usage se répand dans les rues de Tokyo[11], le succès est là[9]. Le noir va la suivre tout au long de sa carrière : toujours vêtue avec cette teinte, elle apparait en noir sur les photos, lors des interviews[11] et celui-ci dominera ses créations durant de nombreuses années. Lorsque des couleurs se voient utilisées, c'est avant tout en monochromie[12].

Premiers défilés de Paris[modifier | modifier le code]

Cinq créations exposées dans un musée.
Comme des Garçons, exposition au MET en 2017.

Dans les années 1970 à 1980, avec Kenzo Takada, Issey Miyake ou Hanae Mori, une vague de stylistes japonais, remuant la mode occidentale, s'installe à Paris. Kenzo, précurseur, puis Miyake, ont ouvert les portes[13] et plusieurs obtiennent une large reconnaissance[14],[15],[16]. Ils seront plus d'une dizaine à défiler dans la capitale dans les années 1980[17],[n 3]. Avec Issey Miyake et Yohji Yamamoto, Rei Kawakubo va former dans les années à venir un trio représentant un mélange entre l'Orient et l'Occident à la fois contemporain et toujours inspiré d'un classicisme de la culture japonaise[19]. La styliste ne résiste pas à l'appel de Paris[20],[n 4] avec ses vêtements « défaits, déconstruits, dépiécés[22] ». Sa mode reste loin des « jeunes créateurs » français qui triomphaient à l'époque avec une mode flamboyante et colorée à base de silhouettes sexy et glamour[11],[7].

Elle présente Lace son premier défilé, au même moment que Yohji Yamamoto son mentor[23],[n 5] en marge de la Semaine du prêt-à-porter[25]. Ne pas être dans le calendrier officiel fait que ce défilé, dans l'immédiat, passe relativement inaperçu[9].

Mais, la rumeur progresse jour après jour et le défilé se voit qualifié de « véritable choc[1] » et de « provocation[26] » ; celui-ci fait sensation[25],[27] et efface tous les principes de féminité occidentaux alors en vigueur, tous les « canons esthétiques »[28],[29],[30]. Dans l'immédiat de ce premier défilé audacieux, pour les observateurs qui y ont assisté souvent dubitatifs, « cet électrochoc nippon laisse sans voix[20] » ; mais le retour des médias reste surtout absent de leurs colonnes. Outre Alaïa, Montana ou Mugler, peu de stylistes donnent un avis, certains pariant sur son absence d'avenir dans la mode[31]. Pourtant, c'est bien une tempête que Rei Kawakubo a déclenchée[31],[n 6].

Déconcertant, personne ne s'attendait à un tel changement radical[10] et peu de défilés ont autant bouleversé le domaine de la mode[n 7],[6]. Celui-ci marque la fin de l'influence séculaire des créateurs parisiens sur les tendances mondiales[10] ainsi que l'abandon du bon goût et de l'élégance, passage obligé de la couture[20].

Une boutique Comme des Garçons ouvre dans la capitale française dès 1982[33],[n 8]. Par la suite, elle étend ses activités vers du mobilier[5],[34].

Son second défilé, intitulé « Destroy », a lieu en 1982[n 9]. Mais cette fois, le nom apparait dans le calendrier officiel[9]. Comme le premier, le retentissement, la polémique même, est important et les médias sont au rendez-vous. L'élégance et la normalité sont une fois de plus mises à mal avec ses vêtements troués, ses couleurs tristes, noires, ses créations inachevées et ses silhouettes difformes, s'éloignant une fois encore des préceptes du prêt-à-porter[35],[36] : les mannequins défilent avec des peintures de guerre sur le visage, la musique est faite de tambours[7] ; Rei Kawakubo veut démontrer ce qu'est la beauté dans une pauvreté vestimentaire[29] et l'imperfection[n 10]. Malgré la large répercussion dans les médias[n 11] qui surnomme cette collection « New Wave of Beauty », des critiques se font entendre[29],[36]. Son style d'alors, noir, ou gris foncé[5],[34], reçoit un temps le surnom d'« Hiroshima Chic »[5], de « post-atomic »[39] ou de « mode clochard » pour les plus critiques. Pourtant Rei Kawakubo ne change rien à sa ligne créative[36]. Elle devient la figure de proue du mouvement Anti-fashion (en) ou « no fashion » des années 1980[40],[n 12] et source d'inspiration de la tendance minimaliste des années à venir.

Par la suite[modifier | modifier le code]

Deux tenues exposées dans un musée, sur mannequins.
Comme des Garçons, exposition au MET en 2017.

Le centre Pompidou présente les créations de la styliste lors de l'exposition « Mode et photo » de 1986[5]. Sept ans plus tard, le Kyoto Costume Institute intégrera des créations de Kawakubo à ses collections[5]. La même année, Kawakubo est récompensée par le Fashion Group International (en)[29].

Junya Watanabe est le protégé de Kawakubo. Il débute chez Comme des Garçons pour dessiner les produits « Tricot » de Comme des Garçons[33]. La créatrice lui laisse peu à peu, comme aux autres stylistes qui œuvrent pour sa marque[10] tels Tao Kurihara, Jun Takahashi ou Fumito Ganryu plus tard, une grande part d'indépendance jusqu'à l'obtention d'une ligne à son nom[3],[42],[43]. « Je leur ai donné la liberté de créer leur propre marque sous l'ombrelle de la société. C'est une manière de faire grandir CDG, un peu à la manière d'une guilde[44]. » Se développement incessant de nouvelles lignes aboutit à la création de dix-neuf labels, tous différents, tous sous l'égide de Comme des Garçons et de Rei Kawakubo[45] : « Je crée mon entreprise, pas seulement des vêtements. Les nouvelles idées porteuses de business, les stratégies de vente non conventionnelles et le développement des talents de la maison sont aussi des créations de Comme des Garçons »[40].

Durant trois ans, Rei Kawakubo supervise la publication de Six (pour Sixth Sense, sixième sens), revue créée et financée par Comme des Garçons[46]. Alors que certains ne pensaient trouver qu'un outil de promotion, la publication est majoritairement ouverte à d'autres créateurs, mais également au design, à la danse, à l'architecture, aux arts plastiques ou à la littérature[46] ; ce magazine bisannuel fait alors appel à des grands noms de la photographie et ne comporte aucun texte[47],[48].

Dans les années 1990, les teintes utilisées s'éclaircissent[49] et le rouge entre notoirement dans ses collections[50]. Après le lancement de plusieurs parfums[n 13], la styliste aborde ce nouveau siècle avec une série de collaborations diverses : avec Vivienne Westwood pour des produits vendus uniquement au Japon[39] ou une ligne de sacs en collaboration avec Louis Vuitton pour fêter les trente ans de la présence de la marque de maroquinerie au Japon[51]. Elle dessine une collection capsule pour H&M[5],[29] soulevant quelques critiques sur la démarche[40], puis pour Hermès avec deux collections minimalistes de onze carrés[52]. L'expérience avec Louis Vuitton est réitérée quelques années plus tard[53]. Rei Kawakubo fait, tout au long de sa carrière, d'autres collaborations, pour Repetto ou Speedo par exemple[3] Elle ouvre, avec son mari, un premier concept store à Mayfair en 2001 nommé Dover Street Market (en). Celui-ci est suivi d'un deuxième cinq ans plus tard à Ginza, mélangeant sculptures, objets insolites ou les vêtements d'autres créateurs ainsi qu'un autre à New York en 2013 sur Lexington Avenue[54] mais aussi dans diverses villes du monde.

Dans les années 2000, même si chaque collection est épiée, les créations de Rei Kawakubo perdent de leur notoriété : elles se voient moins portées par les personnalités influentes. Son contrôle absolu de Comme des Garçon et son manque de communication finissent par lasser[55]. Cette opacité est renforcée, lors des très rares interviews que donne Rei Kawakubo, par les réponses toutes aussi confuses qu'elle apporte[2] : certaines sont simplement ponctuées de « oui » ou de « non »[7] ; est reproché aussi son comportement souvent arrogant[50]. Peu de photos (aucune depuis 2005), peu de paroles, sont les lignes directrices de sa discrétion[10],[29]. Jamais elle ne vient saluer à la fin des défilés comme la tradition l'exige[56]. Plus artiste que styliste, elle semble créer une collection pour pouvoir seulement financer la suivante et réussir à surprendre[40],[55].

Défilés notables[modifier | modifier le code]

Créations exposées dans un musée sur mannequins.
Comme des Garçons, exposition au MET en 2017. Collection Lumps & Bumps 1997.
Une robe blanche exposée dans un musée sur mannequin.
Robe blanche Comme des Garçons, exposition au MET en 2017.

Ses défilés, pourtant très courus par les médias et acheteurs, sont toujours abscons, les vêtements ou le message présentés étant difficiles à cerner[2]. Ceux-ci laissent perplexes, interloqués ou agacés la plupart des journalistes[28],[30],[57] et tous ne sont pas enthousiasmés[n 14]. Un proche de Rei Kawakubo souligne pour l'anecdote : « l'émotion de ses défilés est si fort que certaines rédactrices se mettent à trembler. j'ai même vu Grace Coddington en pleurs »[59]. Au delà des vêtements, l'évènement dérange dans sa scénographie : « les mannequins défilent les cheveux hirsutes et apparaissent presque sales, non apprêtés, sans maquillage[28]. » Des journalistes s'y rendent sans réellement savoir pourquoi ils y vont et ce qu'ils vont y trouver[55]. « À la sortie, certains rient, d'autres s'interrogent, d'autres encore hurlent au génie » comme le résume Libération[50]. Année après année les présentations se déroulent de façon intimiste, car comme le souligne le New York Times, « multiplier les chiffres de fréquentation de ses défilés ne fait qu'augmenter le nombre de personnes qui ne comprennent pas »[60].

Malgré tout, chaque collection s'impose dans l'histoire de la mode et marque nombre de créateurs[2], certaines de façon plus notable comme — outre les défilés de 1981 et 1982 — celle de 1992 avec ses robes froissées ressemblant à du papier[5],[29], puis en 1995 la controversée collection « Sommeil » avec des pyjamas ressemblant aux uniformes d'Auschwitz[50],[61],[62].

La suivante, Lumps & Bumps en 1997[n 15], faite de silhouettes désordonnées aux formes proéminentes et asymétriques, renverse la balance. Avec ses rembourrages amovibles sous des vêtements en nylon extensible, « des masses grumeleuses qui ressemblaient un peu à des injections de collagène devenues folles », la presse ne comprend pas la démarche créative, même pour les critiques de mode habitués au style de Kawakubo[55],[60]. Le surnom de « style Quasimodo » lui est donné, certains spectateurs pensant à des tumeurs[1],[55],[30]. La respectée journaliste Cathy Horyn écrit, après la présentation : « De profil, les modèles ressemblaient à des bossus ou à des chameaux renversés sur le flanc. Il y avait de plus petites masses en forme de rein sur les épaules et les bras » tandis que sa collègue Amy Spindler parle de « toutes nouvelles difformités pour les femmes »[55]. La collection comporte pourtant « de jolies robes dans le défilé, tout aussi conceptuelles qu'importables »[60]. Ce déilé trouve un écho pratiquement équivalent à sa toute première collection parisienne de 1981. Les applaudissements en fin de défilés durent sept minutes[40]. Cette collection marque durablement la mode[29],[57],[64],[65]. « L'objectif de Kawakubo n'était pas de déformer le corps féminin mais plutôt d'exprimer une pensée » tente d'expliquer Cathy Horyn, a posteriori[55].

Les collections de 2004 avec ses volumineuses jupes[39], puis la suivante Broken Bride remettant en cause la suprématie de la robe de mariée[66] sont également remarquées. La collection printemps-été 2005, décrite par Rei Kawakubo comme « Harley-Davidson aime Margot Fonteyn », laisse un sentiment incertain aux observateurs ; elle montre un mélange de tutus et de blousons rigides en cuir[30],[67].

Dans White Drama, la collection printemps-été 2012 , le blanc domine[29],[68] est considérée « comme l'une des plus achevées de la créatrice[66] ». En opposition, la suivante est extrêmement colorée[69].

Le Vogue américain décrit la présentation automne/hiver de 2017 comme « une lente procession de jeunes femmes, les bras souvent liés au corps, leur donnant des allures de mannequins de couturières, sont emmaillotées dans des couches bulbeuses et ondulantes, rendues dans ce qui pourrait être un matériau isolant ou du papier d'aluminium ou une substance rappelant un sac en papier brun[30]. » Anna Cleveland[n 16] clôture ce qui tient plus de la performance artistique que du défilé de mode[30].

Style[modifier | modifier le code]

Robe exposée sur un mannequin.
Comme des Garçons, robe en rouge, blanc, bleu. Collection prêt-à-porter printemps-été 2006.

Ses vêtements vont à l'opposé des principes établis de l'esthétisme et de la beauté, travaillant « sur de nouvelles formes de beauté, même si elles ne sont pas toujours comprises[50]. » Malgré tout, elle conserve parfois une approche féminine[23] et raffinée[5]. Pourtant, nombre de ses vêtements sont asexués[10],[70]. Mais l'aspect seul de ses créations novatrices et à contre-courant n'est rien sans son usage maitrisé des textiles, de la texture et de certains matériaux[19]. « J'aimerai trouver ce que personne n'a jamais trouvé[23] » dit Rei Kawakubo, ajoutant que « moi j'ai toujours tendu mes efforts vers quelque chose qui n'existait pas[50] », car « ce que je veux, c'est faire à chaque fois des vêtements […] que je n'ai jamais vus auparavant[71] » : la recherche, l'expérimentation, l'invention sont les fils conducteurs de ses collections et elle remet perpétuellement et annuellement en question la mode[19] ; l'imperfection, l'éphémère, l'incomplet, le désordre ou l'asymétrie, sont les composants de ses créations[57], ainsi que parfois l'esthétique boro consistant à montrer des vêtements largement usés[37]. « Je n'ai pas de définition de la beauté. je n'ai pas d'idée bien arrêtée sur ce qu'est la beauté, et mon opinion sur le sujet change constamment[33]. » Pourtant, sous l'apparence de vouloir déroger aux règles, certains volumes, certaines formes ou structures traditionnelles sont présentes dans les créations de Rei Kawakubo ; ceux-ci restent largement détournés ou réinterprétés, modifiant ainsi profondément la silhouette, l'attitude et la démarche[12].

Rei Kawakubo est parfois comparée à Alaïa, que ce soit anecdotiquement à cause de sa petite taille, son rapport au côté artisanal de la création, mais surtout par le fait d'avoir réussi à s'imposer dans la mode loin des grands groupes et en dehors des contraintes de ce domaine[22] : « En ce qui concerne la mode, je n'ai jamais imaginé suivre le moindre système ni me conformer à une quelconque règle, que ce soit à mes débuts ou à présent[22]. » Elle est également mise en parallèle avec Hussein Chalayan, tous deux possédant une approche intellectualisée de la mode, avec Martin Margiela qui aborde lui aussi la création de vêtements « déconstructionnés[n 17] », ou encore Alexander McQueen pour le message philosophique ou politique parfois intégré à ses défilés[2].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Robe exposée dans un musée.
Robe Comme des Garçons en 2007 dans un musée à Florence.

Olivier Saillard, directeur du musée Galliera précise que « pour tous les couturiers, elle est un peu le maître. Sur le plan créatif, c'est elle qui est le plus regardée[74]. »[n 18]. En mélangeant art et mode[76], elle a révolutionné la mode[45]. Elle a acquis au cours des années une réputation d'« intellectuelle et de cérébrale » de la mode[22]. Pourtant, dans un discours pouvant s'apparenter à une forme de défense, elle refuse ce rapport entre mode et art, précisant que « la mode n'est pas un art. L’œuvre d'art n'a qu'un seul acquéreur, alors que le vêtement appartient à une série, et s'inscrit dans un phénomène social[2]. » Rejetant les étiquettes ou stéréotypes, parfois décriée, toujours innovante et surprenante, Rei Kawakubo reste difficile à classer[77],[78]. « Rei Kawakubo incarne l'une des grandes forces de la mode des dernières décennies du XXe siècle jusqu'à ce jour. Elle est trop originale pour pouvoir être à jamais classée[79] ».

Rei Kawakubo — ainsi que sa marque — restent, depuis plusieurs décennies, une influence majeure pour ses pairs[2],[10],[50],[57],[80],[81],[82],[83], défiant année après année les codes et conventions de la mode occidentale[5],[78],[84]. Plusieurs stylistes lui vouent une « admiration », tels Marc Jacobs, Martin Margiela, Helmut Lang ou Phoebe Philo[45],[83]. Son héritage, comme celui d'autres créateurs japonais, se ressent dans la mode occidentale, par l'usage des superpositions, la dominance des matières au delà de la couleur, les créations asymétriques et également « une certaine amplitude des vêtements »[12].

Comme le souligne Loïc Prigent, une styliste déroutante mais respectée[50]. Ce respect dont elle dispose de nos jours est à l'opposé du rejet de ses débuts[85]. Sous son égide et celle de son mari Adrian Joffe[10], Comme des Garçons s'est approprié « une place unique »[29], impactant la mode féminine de la fin du XXe siècle et engendrant nombre de changements stylistiques[86].

Adrian Joffe[modifier | modifier le code]

Adrian Joffe est né en Afrique du Sud. Débutant comme directeur commercial en 1987, il devient président de Comme des Garçons et des concept stores Dover Street Market. Adrian Joffe est marié depuis 1993 avec Rei Kawakubo ; elle se marie par ailleurs habillée en blanc et noir, à Paris. Il permet à sa femme, durant sa carrière, d’étendre ses affaires[87]. C'est également lui qui sert de traducteur lors des rares interviews de sa femme[7]. Il précise que son rôle reste d'« essayer d'aider Rei Kawakubo à incarner sa vision […] moi, je suis là pour interpréter et transformer ces créations en stratégies commerciales. Chez Comme des Garçons, il ne peut y avoir de business sans inventivité[88]. » Il explique que : « Rei garde un contrôle total sur tout, de l'idée initiale au résultat final, en particulier pour tout ce qui est visuel. Et pour le côté commercial des choses, elle me laisse beaucoup de cela[10]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les premiers vêtements sous cette marque apparaissent en 1969 mais l'entreprise est fondée quatre ans plus tard[8].
  2. Kawakubo dit aimer le noir[8] et utiliser trois nuances de noir. Au Japon, les médias surnomment le « clan des corbeaux » (karasu zoku) les clients de Kawakubo ou Yamamoto[9].
  3. Une dizaine de créateurs japonais sur une soixantaine de présentations au total toutes nationalités confondues, dont principalement françaises. Ceux-ci sont très bien accueillis à Paris, renforçant l'image de capitale mondiale de la mode[18].
  4. L'idée de s'installer à Paris vient de Yamamoto qui y songe depuis des années. Kawakubo refuse, puis se décide enfin[21].
  5. Yamamoto et Kawakubo présentent la même semaine leur premier défilé en dehors du calendrier officiel ; mais contrairement à ce que laissent entendre certaines sources, ils défilent séparément[6]. S'ils sont proches dans le style ainsi qu'à titre personnel, les deux créateurs ne souhaitent pas exercer ensemble[9]. Le Jardin des Modes les surnomme « le bonze et la kamikaze »[24].
  6. Yohji Yamamoto : « Les amis japonais nous avaient prédit les pires difficultés. Ils pensaient que nos couleurs tristes allaient être rejetées par un public français habitué aux couleurs gaies et au chatoiement. Notre souci de simplification dans le vêtement avec Rei Kawakubo était une provocation presque adolescente, je ne pensais pas qu'elle produirait autant d'effet ni qu'elle pourrait faire école »[32].
  7. En complément, lire Défilés historiques en France sur Wikipédia.
  8. L'historique des magasins est lisible dans l'article de l'entreprise Comme des Garçons.
  9. Collection printemps-été 1983.
  10. Pour démontrer l'imperfection de tous les vêtements, elle dérègle une machine et produit industriellement un pull « dentelle » ; celui-ci devient artisanal et unique simplement par ses défauts plus proches de ce qu'aurait pu réaliser un homme plutôt qu'une machine[37].
  11. En France, elle reçoit entre autres un large soutien de Michel Cressole dans Libération et se voit critiquée par Janie Samet dans Le Figaro[38].
  12. L'Express Styles définit Rei Kawakubo, bien des décennies plus tard, comme : « activiste de l'antimode et de la déconstruction[41] ».
  13. Les parfums de la marque sont développés dans l'article Comme des Garçons.
  14. Paquita Paquin, écrivant alors pour Le Matin de Paris, raconte que « la grande jouissance à l'égard de la mode, ce sont les premiers défilés de Comme des Garçons et Yohji Yamamoto qui, en 1984, nous rendent absolument hilares […] Nous attendons ces moments avec avidité. c'est l'occasion de s'en payer une bonne tranche ! […] c'est la profession entière qui s'amuse en lisant la presse. Comme des Garçons dépasse l'entendement ! J'étais novice, il m'a fallu deux ou quatre saisons pour parvenir à assimiler une telle différence […] une si profonde remise en question du vêtement, dans sa structure, sa propreté, son repassage et ses accidents de parcours, capte immanquablement l'attention[58]. »
  15. « Lumps & Bumps », littéralement « Enflures et protubérances » en français. Lumps est le surnom de cette collection prêt-à-porter été 1997, présentée fin 1996. Son appellation d'origine est Body Meets Dress, Dress Meets Body[63].
  16. Anna, fille du mannequin Pat Cleveland.
  17. La mode déconstructive apparait au cours des années 1980. Inspirée de la déconstruction suivant la théorie de Jacques Derrida, la mode décontructive s'appuie principalement sur une négation des principes établis en détournant les conventions, une propension à ce que le vêtement soit inachevé et fasse la démonstration de ce quoi il est constitué et qui n'est habituellement pas montré, comme les coutures, les doublures, ou la structure par exemple. Mais également que le vêtement soit fait d'un assemblage de divers matériaux qui peuvent parfois avoir été récupérés et que celui-ci puisse être dégradé par le temps jusqu'à partir en morceaux. Plusieurs créateurs sont influencés par cette tendance, tels Ann Demeulemeester, Alexander McQueen, Martin Margiela, Hussein Chalayan, Issey Miyake, ou Lamine Badian Kouyaté[72]. Pourtant, Margiela a toujours refusé d'utiliser le terme de « déconstruction » pour définir sa mode. Il précise qu'en transformant les vêtements, « je n'ai pas l'impression de les détruire, mais de les ramener à la vie d'une autre manière »[73].
  18. Bali Barret de la maison Hermès dit de Rei Kawabuko : « je la vois comme un maitre, une chercheuse non conventionnelle au talent immense »[41]. Thom Browne fait remarquer que « son travail est un défi aux conventions, ses vêtements, un plaidoyer pour la liberté[75]. »

Références[modifier | modifier le code]

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  15. (en) June Weir, « Fashion; The rising prestige of Tokyo », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le )
  16. Gérard Lefort, Olivier Séguret et Anne Boulay, « Prêt-à-porter printemps-été 1999. L'avant-garde-robe est japonaise. », sur next.liberation.fr, Libération, (consulté le ) « Au début des années 80, les Japonais conquerraient Paris en le prenant à rebours. En provenance directe d'un Orient moderne qui nous semblait aussi futuriste qu'étrange et inventif que lointain, ils comblaient les vides béants de la mode occidentale avec un pessimisme massif et une austérité radicale, imposant le noir à tous les étages du corps et donc de l'esprit. »
  17. (en) Bernardine Morris, « Tje japanese challenge to french fashion », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le )
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  19. a b et c Fogg 2013, Le stylisme japonais moderne, p. 403
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Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Sources de presse[modifier | modifier le code]

  • Charlotte Brunel, « Rei(volution) Kawakubo », L'Express Styles, no supplément à L'Express n° 3357,‎ 4 au 10 novembre 2015, p. 84 à 89. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gabrielle de Montmorin, « Rei Kawakubo : La dissidente du « no fashion » », Capital, no 8 F,‎ décembre 2015 - janvier - février 2016, p. 26 à 27 (ISSN 1162-6704). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]