Regulares

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Forces régulières indigènes
Fuerzas Regulares Indígenas
Blason des troupes régulières
Blason des troupes régulières

Période 1911 – aujourd'hui
Pays Espagne
Branche Escudo del Ejército de Tierra.svg Armée de terre espagnole
Garnison Ceuta, Melilla, Peñón de Vélez de la Gomera, Peñón de Alhucemas et les îles Zaffarines
Devise «Es imposible seguir al soldado Regular» (« Il est impossible de suivre le soldat Regular »
Anniversaire 30 juin
Commandant historique Dámaso Berenguer
José Millán-Astray
José Enrique Varela

Les Forces régulières indigènes (Fuerzas Regulares Indigenas en espagnol), couramment appelées les Regulares, étaient l'ensemble des troupes d'infanterie et de cavalerie de l'armée espagnole recrutées au Maroc espagnol. Elles étaient composées de volontaires marocains encadrés par des officiers espagnols.

Créées en 1911, elles jouèrent un rôle de premier plan lors de la guerre du Rif, contre les populations marocaines soulevées contre l'occupation espagnole et française, mais aussi dans la péninsule Ibérique durant la guerre d'Espagne, où elles furent souvent considérées comme les troupes d'élite des forces nationalistes rebelles au gouvernement de la Seconde République espagnole. Réorganisées et réformées, elles sont encore actives sur le terrain, comme au Kosovo ou en Afghanistan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines (1911-1936)[modifier | modifier le code]

La création des regulares est due en grande partie à la protestation de la population civile espagnole relayée par la presse contre la participation des soldats espagnols de l'armée régulière aux combats et au maintien de l'ordre dans la zone du Protectorat marocain.

Il existait déjà alors diverses unités indigènes, comme la « Compagnie des Maures Mogataces d'Oran » (Compañía de Moros Mogataces de Orán), la « Milice volontaire de Ceuta » (Milicia Voluntaria de Ceuta ) ou les « Tirailleurs du Rif » (Tiradores del Rif). Les missions de ces forces étaient principalement à l'avant-garde et le combat sur tous les terrains, les embuscades et les combats en haute montagne. Peu de temps avant la création des regulares, ces unités furent rassemblées sous le nom de « Forces régulières indigènes de Melilla » (Fuerzas Regulares Indígenas de Melilla), avec pour chef le lieutenant-colonel de cavalerie Dámaso Berenguer Fusté. C'est en 1911 que furent définitivement créées les « Forces régulières indigènes » (Fuerzas Regulares Indígenas).

En 1914, les forces des regulares furent accrues et divisées en quatre « Groupe des forces régulières indigènes » (généralement abrégé en G.F.R.). Chacun d'eux était formé par deux tabors d'infanterie de trois compagnies et d'un tabor de cavalerie de trois escadrons. En 1921, après le désastre d'Anoual, leur fut adjointe une cinquième unité, le « Groupe des forces régulières indigènes d'Alhucemas ». Les regulares furent alors le fer de lance de l'armée espagnole durant les opérations de la guerre du Rif : ils s'illustrèrent particulièrement lors de la campagne du Desquite et du débarquement d'Alhucemas (1925).

Ils se firent également remarquer lors de la révolution de 1934, où ils furent employés par le gouvernement républicain afin de réprimer les soulèvements anarchistes, en particulier dans les Asturies.

Guerre d'Espagne (1936-1939)[modifier | modifier le code]

Ils servirent sur tous les fronts durant la guerre civile espagnole. Ils furent souvent considérés comme les troupes d'élite de l'armée espagnole.

De la fin de la guerre d'Espagne à la fin du Protectorat (1939-1956)[modifier | modifier le code]

Les regulares furent employés dans la réduction des derniers maquis anti-franquistes de la posguerra.

Durant la Seconde Guerre mondiale, certains furent même volontaires dans la División Azul, qui se battit aux côtés des forces de l'axe sur le front de l'est.

En 1956, à la fin du Protectorat, les effectifs des regulares comptaient (sans les Espagnols) 12 445 soldats et 127 officiers marocains. Ils étaient répartis dans les groupes suivants, nommés selon leur lieu de casernement :

  • « Tetuán nº 1 » à Tétouan ;
  • « Melilla nº 2 » à Melilla ;
  • « Ceuta nº 3 » à Ceuta ;
  • « Larache nº 4 » à Larache ;
  • « Alhucemas nº 5 » à Al Hoceima ;
  • « Arcila nº 6 » à Asilah ;
  • « Llano Amarillo nº 7 », à Melilla ;
  • « Rif n° 8 ».

De la réorganisation à aujourd'hui (1956- )[modifier | modifier le code]

Regulares durant le défilé des Forces armées espagnoles à Madrid (2008).

À la fin du Protectorat, une grande partie des groupes des Forces régulières indigènes fut dissoute. Seuls restèrent alors les G.F.R. d'infanterie Tetuán nº 1 et Ceuta nº 3, basés à Ceuta, et les G.F.R. d'infanterie Melilla nº 2 et Alhucemas nº 5, basés à Melilla. Rapidement, le recrutement se tourna de plus en plus vers les Espagnols d'origine européenne et maghrébine, venant généralement des villes de la péninsule ou de Ceuta et Melilla.

Les regulares restèrent au premier poste pour défendre la souveraineté des possessions espagnoles lors des crises entre l'Espagne et le Maroc. Ils furent appelés à intervenir, afin de surveiller qu'elle ne s'étende pas aux territoires espagnols, à la guerre d'Ifni en 1959. En 1975, durant la marche Verte au Sahara, ils furent déployés le long de la frontière des places de souveraineté espagnole. Ils furent également sollicités à l'occasion de la crise de l'îlot Persil en 2002. Ils ont également été employés lors de guerres européennes, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo, ou lors de conflits plus lointains, comme en Afghanistan.

En 1996, les forces des regulares furent une nouvelle fois réorganisées :

  • le G.F.R. Tetuán no 1 est devenu le Régiment d'infanterie légère des Regulares de Ceuta no 54.

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BUENO CARRERA José María, Los Regulares. Uniformes y organizacion de las Tropas Regulares Indigenas de Marruecos, éd. Aldaba, Madrid, 1989 (ISBN 84-86629-23-3)
  • JIMENEZ DOMINGUEZ José María et alii, Fuerzas Regulares Indígenas. De Melilla a Tetuán. 1911-1914. Tiempos de ilusión y de gloria, éd. Almena, Madrid, 2006 (ISBN 978-84-96170-27-8)

Sources[modifier | modifier le code]