Raymond Maufrais
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(à 23 ans) |
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Raymond Maufrais, né le à Toulon, disparu en durant une expédition solitaire dans la forêt guyanaise et officiellement mort le à Camopi, est un explorateur et résistant français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse
[modifier | modifier le code]Raymond Maufrais naît à Toulon le . Son enfance est perturbée par des fugues fréquentes, il disparaît du pensionnat pendant trois jours et la police doit le rechercher, avec deux autres camarades. À partir de 1939, il fait ses études de littérature classique dans le Var[1].
Résistance
[modifier | modifier le code]En 1940, son père Edgar est brièvement arrêté par les Allemands. En 1942, Raymond tente de gagner l'Angleterre mais un accident à Dieppe l'oblige à rebrousser chemin. Pendant ce temps, son père est entré dans la résistance et Raymond l'y rejoint. D'abord par de petits actes, comme distribuer des prospectus, surveiller les mouvements de troupes… puis, avec son père, ils prennent le maquis dans le Périgord pour préparer le débarquement en Provence. À la fin de la guerre, alors qu'il n'a pas encore dix-huit ans, il reçoit la croix de guerre et la médaille de la Reconnaissance française[1].
Première expédition
[modifier | modifier le code]Après la guerre, Raymond Maufrais devient correspondant de guerre sur la Côte d'azur et en Corse mais termine son temps avant d'être appelé. En , il s'envole pour le Brésil. À Rio de Janeiro, il cherche un éditeur. Il rencontre une comtesse italienne qui lui permet d'obtenir une mission de pacification au Mato Grosso, avec pour objectif de prendre contact avec le peuple Xavántes, très hostile aux étrangers. Raymond Maufrais parcourt 2 700 km dans la jungle et rejoint les survivants de l'expédition précédente. Le groupe se fait attaquer par les natifs, ils sont obligés de rebrousser chemin. De retour en France, Raymond Maufrais s'attelle à la rédaction de son récit de voyage, Aventures au Matto-Grosso, dont il fera des lectures publiques dans la région de Toulon. Le récit ne sera cependant publié qu'après sa disparition[1].
Deuxième expédition
[modifier | modifier le code]Au cours de ses lectures publiques, Raymond Maufrais annonce son intention de repartir au Brésil, au départ de la Guyane française. Il prévoit de traverser les monts Tumuc-Humac, de descendre le Rio Jari jusqu'à Belém. En , il obtient un financement par Sciences et voyages comme une avance sur le récit à venir[1]. Raymond Maufrais prévoit de découvrir les tribus du sud de la Guyane. On sait aujourd'hui qu'il n'y en avait pas, mais à cette date plusieurs récits datant de 6 ans donnaient à croire qu'il y avait au moins 50 tribus dont trois cannibales[2].
Arrivé en Guyane, il envoie en France une série d'articles sur le village de Acarouany, sur le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, sur les Kali'na et sur les chercheurs d'or[1].
Puis il embarque sur le Mana en direction de Maripasoula. Sur le trajet, il saute dans l'eau et tue un caïman au couteau. Il arrive le à Maripasoula, la pluie l'immobilise pendant 3 semaines.
Il fait une première tentative accompagné de son chien Bobby, mais, mal équipé, son canoë devenu inutilisable, il dérive dans la jungle en tentant de survivre. Il prend des notes au fur et à mesure dans lesquelles il raconte ses difficultés. Il souffre de la faim en permanence, mange ce qu'il chasse, des oiseaux, des lézards, des graines, des serpents. Il souffre de dysenterie, la forêt est hostile, il se perd fréquemment. Le , il atteint les Tamouri et le petit village de Claude, où il ne trouve que des bâtiments abandonnés. Désespéré, trop épuisé pour utiliser son pistolet, il délire et finit par tuer et manger Bobby, le chien[1].
Dans une ultime tentative pour rejoindre à la nage le village de Bienvenue, situé à une distance de 70 km afin d'y trouver de l'aide, il laisse son carnet de notes et son appareil photo dans une hutte. Il quitte le Dégrad Claude le et disparaît[3],[4].
Fin ou début , un homme du peuple Tekos de passage à Bienvenue récupère les biens de Raymond Maufrais dans le village Claude. Sa disparition n'est annoncée par une agence de presse de Guyane néerlandaise que le [1].
Expéditions de son père
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Edgar Maufrais (1900-1970) refuse la mort de son fils. Pour le retrouver, il organise dix-huit expéditions et parcourt douze mille kilomètres en douze ans en Amazonie[réf. nécessaire].
Déclaration de décès
[modifier | modifier le code]En 2025, Geoffroi Crunelle, président de l'association des amis d'Edgar et Raymond Maufrais (AAERM), saisit la justice pour officialiser le décès de Raymond Maufrais, 76 ans après sa disparition. Il explique que le procureur de la République et toute partie intéressée pouvaient présenter cette demande mais que personne ne s'était encore penché sur ce cas pour deux raisons : dans un premier temps, parce que les parents de Raymond refusaient d'accepter son décès ; puis, dans un deuxième temps, par l'absence de descendance.
Le tribunal judiciaire de Cayenne a déclaré le , en se fondant sur l’article 88 du code civil[5], l'officialisation du décès de Raymond Maufrais, arguant que s'il était encore vivant, il serait âgé de 99 ans[6]. L'acte de décès peut être enregistré dans le registre communal de la commune guyanaise de Camopi, où il est officiellement décédé le , date retenue par la justice car il s'agit de la dernière inscrite[6] dans les carnets de route de l'explorateur, retrouvés quelques mois après sa disparition.
Hommages
[modifier | modifier le code]Une « association des amis de l'explorateur Raymond Maufrais » (AAERM) est créée en 1951 à Toulon. En 2015, l'association est renommée « association des amis d'Edgar et Raymond Maufrais »[7]. Elle vise à perpétuer le souvenir du jeune explorateur et de son père qui le rechercha pendant près de 10 ans.
En 1976, une rue Raymond-et-Edgar-Maufrais prend son nom à Toulon, ville dans laquelle il est né, dans le quartier de la Floranne. Par ailleurs, il existe une plaque en hommage à Raymond Maufrais au numéro 9 de la rue des Bonnetières à Toulon, là où ont vécu l'explorateur et sa famille. Cette plaque a été financée par l'AAERM. Il existe également une plaque déposée en 1993 par un membre de l'association au dégrad Claude, le dernier campement connu de Maufrais avant sa disparition.
En 2004, le peintre toulonnais Jean-Pierre Giacobazzi lui a consacré une série de tableaux et deux expositions à Toulon et au Cannet-les-Maures[8].
En 2013-2014, Jeremy Banster réalise son premier long-métrage, La Vie pure, un biopic tiré de la vie de Raymond Maufrais. Le film est nommé deux fois aux Lumières 2016 : meilleur premier film pour Jeremy Banster et révélation masculine pour Stany Coppet. Il obtient aussi l'Orchidée de bronze au festival du film de La Réunion en 2014 et est sélectionné dans une quinzaine d'autres festivals nationaux et internationaux.
Publications
[modifier | modifier le code]- Aventures en Guyane, R. Julliard, Paris, 1952, 255 p. ; Points Aventures, Paris, 2014, 309 p.
- Aventures au Mato Grosso, R. Julliard, Paris, 1952, 244 p. ; Points Aventures, Paris, 2016, 245 p.
- Je reviens dans six mois, Lucas Landais, Albin Michel, 2026. Roman graphique.
Décorations
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Croix de guerre - pour avoir été résistant lors de la Seconde Guerre mondiale[9]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 « Raymond Maufrais » (consulté le ).
- ↑ Jean Hurault, « La population des Indiens de Guyane française, 2 », Institut national d'études démographiques, vol. 20, no 5, , p. 801–28 (JSTOR 1528307).
- ↑ « Raymond Maufrais » [audio], sur Radio Télévision Suisse (consulté le ).
- ↑ (en) John Gimlette, Wild Coast, Knopf Doubleday, , 368 p. (présentation en ligne), p. 339.
- ↑
« Peut être judiciairement déclaré, à la requête du procureur de la République ou des parties intéressées, le décès de tout Français disparu en France ou hors de France, dans des circonstances de nature à mettre sa vie en danger, lorsque son corps n'a pu être retrouvé. […] La procédure de déclaration judiciaire de décès est également applicable lorsque le décès est certain mais que le corps n'a pu être retrouvé. »
- 1 2 A.F.P., « L'explorateur français Raymond Maufrais, disparu dans la jungle guyanaise il y a soixante-seize ans, a officiellement été déclaré mort »
, sur franceinfo.fr, - ↑ « Site officiel de l’association des amis d'Edgar et Raymond Maufrais » (consulté le )
- ↑ Robert Bonaccorsi et Geoffroi Crunelle, À propos de Raymond Maufrais, Bleu outre-mers, (ISBN 978-2-9523571-9-7)
- ↑ « Disparu en Guyane en 1950, l’explorateur Raymond Maufrais officiellement déclaré mort soixante-seize ans plus tard », Libération, (lire en ligne
, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Edgar Maufrais, À la recherche de mon fils, R. Julliard, Paris, 1956, 327 p. ; Points Aventures, Paris, 2015, 470 p.
- Robert Bonaccorsi, À propos de Raymond Maufrais, Bleu outre-mers, Toulon, 2006, 95 p. (ISBN 2-9523571-9-6)
- Jacques Cavalier, Aventures au cœur de la Guyane. Un hommage à Raymond Maufrais, Scripta, 1996, 210 p. (ISBN 978-2910870058)
- Richard Chapelle, J'ai vécu l'enfer de Raymond Maufrais, Flammarion, Paris, 1969, 248 p.
- Geoffroi Crunelle, Raymond Maufrais : L'Appel de l'Aventure, éditions Caribéennes, Paris, 1989, 218 p. (biographie de Raymond Maufrais et articles de lui sur le Brésil et la Guyane)
- Geoffroi Crunelle, Raymond Maufrais, Un jeune explorateur disparaît en Guyane en 1950, Scripta, 2020, 124 p. (ISBN 978-2353214105)
- Geoffroi Crunelle, Raymond Maufrais : Aventures au Brésil et en Guyane, Scripta, 2006 (réédition revue et complétée de Raymond Maufrais : L'Appel de l'Aventure).
- Geoffroi Crunelle, Anatomie d'une disparition - Raymond Maufrais, Guyane 1950, Orphie, 2025, 166 p. (ISBN 9791029807268)
- Pierre Joffroy, Dévorante Amazonie : La Grande Aventure des Maufrais, A. Fayard, Paris, 1956, 253 p.
- Jean-André Renoux et René Ricatte, La Vérité sur la mort de Raymond Maufrais, Éditions France-Empire, Paris, 1965, 271 p.
- Paul Thomas, À la poursuite de l'impossible, Scripta, 2012 (2e éd.), 235 p. (ISBN 9782910870270)
- Daniel Thouvenot, Amazonie, l'enfer en partage : iI y a soixante ans, la tragédie des Maufrais, les Presses du Midi, Toulon, 2010, 225 p. (ISBN 978-2-8127-0170-2)
- Eliott Schonfeld, Amazonie, Sur les traces d’un aventurier disparu, Payot & Rivages, 2020, 158 p. (ISBN 9782228926829)
- L'identité de Raymond Maufrais est citée en page 68 du roman pour la jeunesse Les Cinq et les pirates du ciel (1973).
Filmographie
[modifier | modifier le code]- Voyage au bout de la vie, film documentaire de Philippe Jamain, Les Films de la vallée, 1994, 26 min ;
- Raymond l’intrépide. Le Destin Tragique des Maufrais, documentaire historique de Christian Philibert, VBC Production, 2000, 52 min ;
- Au nom du fils, film documentaire de Philippe Jamain, Aber images, Les Films de la vallée, 2003, 52 min ;
- La Vie pure, long-métrage de Jérémy Banster, avec Stany Coppet dans le rôle de Raymond Maufrais, sorti le .
- Amazonie, Dans les pas de Raymond Maufrais, film documentaire d’Eliott Schonfeld, Bo Travail, 2020, 52 min
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site officiel de l'Association des Amis d'Edgar et Raymond Maufrais (AAERM)
- Œuvres de Raymond Maufrais (domaine public en Nouvelle-Zélande)