Raymond Farina

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Raymond Farina
Naissance
Alger
Activité principale
Poète et traducteur
Distinctions
Prix Thyde Monnier décerné par la Société des Gens de Lettres en 1990
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Fragments d'Ithaque (1984)
  • Virgilianes (1986)
  • Eclats de vivre (2006)

Raymond Farina, né le 11 juin à Alger (alors en Algérie française), est un poète et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse multiculturelle[modifier | modifier le code]

Raymond Farina a passé son enfance en Algérie et au Maroc. La culture plurielle dans laquelle il a baigné lui a été transmise par des ascendants valenciens, italiens et bretons, ainsi que par Catherine, sa nourrice maltaise, illettrée, qui l’élève jusqu’à l’âge de huit ans dans une petite ferme isolée des hauts d’Alger[1]. Il ne fréquente guère l'école primaire mais passe beaucoup de temps dans la nature, parmi les animaux[1]. Au début des années 1950, il quitte l’Algérie pour le Maroc et grandit à la campagne, entre Casablanca et Bouskoura. Il partage son temps entre des études classiques et les jeux des jeunes bergers, avec qui il apprend l’arabe dialectal. Il s’intéresse aux noms et aux mœurs des oiseaux, aux techniques et aux pratiques magiques de chasse, aux croyances et aux contes populaires. C’est la période où la poésie – celle de Verlaine, d’abord - entre dans son existence. Il commence à écrire à l’âge de 13 ans[1].

De 1958 à 1960, il fait d’autres découvertes : celles de Baudelaire, puis de Shelley, Keats, Shakespeare, Follain, Supervielle, Prévert, Lorca, Whitman, Pasternak, Pouchkine… Il doit à Camus, dont il lit toute l’œuvre à l’âge de vingt ans, la découverte de Char mais aussi de Chestov, de Kierkegaard (Journal), de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra) et d'autres penseurs qui ont une conception tragique de l'existence[2].

L’enfance et l’adolescence maghrébines de Raymond Farina sont profondément marquées par la mer, la vivante mosaïque des poissons pêchés en Méditerranée, les promenades sur les plages désertes de Sidi Rahal et les nuits dans les criques du Djorf Lasfar. De son écriture poétique, l’enfance restera la source vive : « petit cosmos » aux « présences essentielles », temps des « mythes familiers », « élément vivifiant qui nous porte », et aussi « lieu d'où s'écrit encore le poème et qui éclaire le mouvement de notre vie. » [3]

Essentielles rencontres[modifier | modifier le code]

De 1960 à 1962, le futur poète séjourne de nouveau en Algérie. Espérant y faire ses études supérieures, il vit douloureusement l’atmosphère du terrorisme[4]. Cette sombre période lui laisse cependant d’heureux souvenirs : sa rencontre avec Marie-Paule Granès, qui deviendra sa femme ; les moments passés au milieu des enfants de l’École des jeunes sourds d’Alger, où ils sont tous deux répétiteurs ; les leçons philosophiques de maîtres qu’il admire[5].

En France, Raymond Farina obtient sa maîtrise à l’Université de Nancy et, tout en continuant à écrire des poèmes, il enseignera la philosophie, avec son épouse, pendant trente-cinq ans, en divers endroits : dans les Vosges, où naît leur fils Bruno Farina, au Maroc, où vient au monde leur fille Annick Farina, puis en Charente, dans l’Aveyron, le Vaucluse, le Gard, le Var, en Bretagne, en République centrafricaine et enfin à la Réunion, où il vit depuis 1990[6].

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Premières parutions : la quête des origines[modifier | modifier le code]

C’est seulement en 1980 que Raymond Farina décide d’envoyer ses textes poétiques aux rédactions de La Nouvelle Revue Française [7] et d'Europe (revue)[8], qui les publient. Ses premiers poèmes, proches de l'aphorisme révèlent "une écriture fine, altière, un peu grise, arrachée aux marécages de la solitude, des déchirements du non-dit, des nostalgies reconnues et contournées" comme le souligne Charles Dobzynski [9] voyant en lui "une voix sûre mais discrète, qui sait voiler ses cris [...] qui vient de loin, de profond, sans apprêt et sans fard"[9]. C’est aussi à cette époque qu’il renoue avec sa passion de traduire : un poème d’Ezra Pound est accueilli dans la revue Obsidiane[10]. Suivront beaucoup d’autres : celles de poètes américains, italiens, portugais et espagnols. La traduction est pour lui une façon de faire chanter en français la polyphonie culturelle dans laquelle a baigné son enfance[11]. Ses premiers recueils, aujourd’hui perdus, sont partagés entre la concision du fragment et la tension du lyrisme[12] (il lit alors avec passion Lorca et Char). Il y renoue avec ses rêveries d’enfant solitaire devant les nuages[13].

Rêvant de faire un séjour d’un an à Imsouane, petit village situé au Nord d’Agadir, pour y écrire une thèse d’ethnozoologie en participant à l’activité des pêcheurs, il n’obtient pas la bourse espérée. Il écrit en 1981 Les Lettres de l’origine, une chronique de ce village berbère, où il a passé avec sa famille sept étés successifs. La même année, il compose un recueil consacré à Antonio Gramsci, écrivain et théoricien politique italien, communiste, emprisonné pendant onze ans par le régime fasciste de Mussolini : Le Rêve de Gramsci. Par l’écriture, Raymond Farina tente de rejoindre cette grande figure dans son rêve de prisonnier arraché à son sud géographique et spirituel, abandonné par ses amis et une partie de sa famille[14], de surcroît privé de ses livres : « Mais je veux être une semence / oubliée par le vent / dans cette cavité du monde »[15]... Il écoute les musiciens de la Renaissance qu’adorait Stendhal et que Gramsci dut aimer aussi - Marcello, Cimarosa, Geminiani… : ce sont eux qui lui donnent le tempo de ce long poème lyrique qui peut rappeler Apollinaire[16].

Poursuivant sa quête de l’origine, il publie en 1982 Archives du sable, évocation des tablettes d’argile et des stèles de la cité d’Ugarit, dont les caractères cunéiformes, sous sa plume de poète, se changent en oiseaux et les instants, en espace : « ces moments d’ailes donnant ciel / à mes mots »[17].

Quelques traces de ces archives perdurent dans les Fragments d’Ithaque (1984), mais elles se mêlent aux belles empreintes des diverses « Ithaque » - « toutes ces îles d’arrière songe »[18] - que le poète a pu quitter au cours de son existence. Au même moment est publié le recueil Pays, après l’attribution à son auteur, par le Centre national du livre, d’une bourse de création qui lui permet de se libérer partiellement des contraintes imposées par son activité professionnelle. Depuis quelques années, Raymond Farina résidait en Bretagne, le pays de sa mère. Mais il finit par se sentir étranger dans « ce lent pays tissé d’averses »… Le chant du retour se transmue en un poème d’exil[19] où se mêlent les images ambiguës d’un passé tissé de bonheurs et d’horreurs : « Ainsi nous sommes désormais / bribes de la vie lasse / Songes de mort cherchant / appui au dernier pan de monde »[20].

Deux ans plus tard paraît le recueil Virgilianes, né, dès 1983, de la découverte d’un exemplaire ancien des Bucoliques de Virgile, dont la page de garde portait le nom du prisonnier d’un Oflag[21]. L’homme avait écrit au crayon, dans la marge des poèmes, différentes annotations durant sa captivité en Allemagne. Peu à peu, à l’écoute fervente de Mozart[22] et de Berg[23], un lien se crée dans l’esprit du poète entre Virgile, dépossédé de son verger de Mantoue par l’empereur, et ce prisonnier arraché à son verger de Bretagne[24]. Dans ces poèmes sourd une colère maîtrisée devant l’arrogance des puissances et leur force brutale. On y sent parallèlement un parti pris tendre et serein pour l’insignifiant, le précaire, « le rien léger »…[25]

Œuvres ultérieures : vers l'apaisement

Si le poète s’est longtemps senti tiraillé entre le lyrisme et le fragment, cette contradiction lui semble dépassée dans Anecdotes, en 1988, où s’opère une sorte d’équilibre en ces deux formes[26]. L’incessant désir de relier, d’un fil aérien et fragile, les mots et les mondes lui aurait-il, pour une part, insufflé sa prédilection pour les êtres ailés - oiseaux, anges, papillons… ? Epitola posthumus (1990) est né d’une rencontre avec la République Centrafricaine, ce « pays abandonné par le monde entier » où Raymond Farina réside de 1989 à 1991[27]. Le papillon epitola posthumus, aux ailes bleu-nuit, ourlées de noir, devient l’âme fragile d’une Afrique au grand corps douloureux[28].

En 1991, Anachronique laisse apparaître, éphémères parfois, parmi les anges et les oiseaux, les figures essentielles du père rencontré seulement à l'âge adulte (« le Commandeur »)[29], d'Ulysse, son alter ego constamment présent dans le texte, de sa grand-mère italienne[30], de Kalissa, sa chère nourrice, à qui il rend visite douze ans après l'avoir quittée[31], et de la femme qu’il aime[32]. Deux thèmes essentiels s’y expriment par ailleurs : le doute relatif à l’écho d’un poème écrit par Jonas du fond de sa baleine (frère du poète en sa discrète humilité)[33] et les premiers murmures de l’Afrique, qu’amplifiera Sambela, en 1993, à travers différents paysages – de Bangui, de l’Oubangui, du Zaïre

Ce recueil s’était ouvert sur l’image récurrente de la toile d’araignée qui représente par excellence la création poétique. Les poèmes de Sambela laissent ensuite résonner l’écho d’une double tragédie: familiale, d’abord, - la maladie d’un proche - ; sociale, ensuite, à travers les drames du Sida, de la faim et de la solitude[34]  : « Dans le lent voyage du sang / la mort glisse ses fièvres / ses sournois anophèles // la faim / ne croit plus aux berceuses ». Raymond Farina dessine le portrait d’une Afrique défigurée, livrée à l’incurie de dirigeants incompétents, corrompus et soutenus par des ambassades oublieuses des valeurs qu’elles sont censées incarner.

En 2006 est publié Eclats de vivre. Une sorte d’acceptation apaisée s’y fait parfois entendre face à un monde trop plein de bruit et d’anonymat, à l’Algérie douloureuse et à la fuite du temps. La même année, les oiseaux font leur réapparition dans Une colombe une autre, paru aux éditions des Vanneaux. Ce bref recueil, dédié à des oiseaux de chair, de plume, d’écriture et de peinture, réintroduit de la légèreté dans la gravité d’un chaos moderne : « fleur de buée petite fleur / immense infiniment soudain / comme une fable de pétales / ébleuissante sur les lèvres »..

Une poésie « d’empreintes à peine visibles » (Une colombe une autre)[modifier | modifier le code]

Raymond Farina a résidé à Alger, Avignon, Bangui, Casablanca, Dinard, Draguignan, Nîmes, Rodez, Safi, Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Malo, Saintes, et Saint-Denis (La Réunion). Il voit « la poésie aujourd'hui comme le meilleur moyen de tester la générosité, le désintéressement et l'hospitalité » des hommes[3]. Son écriture est « fine et aérienne, musicale et colorée, érudite, élaborée mais concrète et familière qui capte l’instant », elle est « un geste vif et tendu, à la fois sûr et léger » comme « celui du calligraphe » [1].

"J’aurais aimé

Epitola

t’écrire en lettres sumériennes

ou en fin hiéroglyphes

que j’aurais pu jeter au vent

en espérant qu’un jour

quelqu’un saurait les lire"

Epitola Posthumus

Œuvres[modifier | modifier le code]

Recueils[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie/anthologie critique[modifier | modifier le code]

Sabine Dewulf, Raymond Farina, Présence de la poésie, édition des Vanneaux, Bordeaux, 2019

Articles critiques[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ancet, Le rêve de Gramsci et Les lettres de l’Origine, Sud, Marseille, n°43.
  • Gérard Bocholier, Anecdotes, Arpa, Clermont-Ferrand, n° 40.
  • Thierry Bouffechoux, Anachronique Poésie92, Maison de la Poésie, Paris, n°43.
  • Jean Chatard Exercices, Comme en Poésie, n°4.
  • Emmanuelle Caminade, La maison sur les nuages, La Cause Littéraire, 21 mai 2015 [1]
  • Cahiers Froissart, n° 49, Anecdotes.
  • Europe (revue) : Charles Dobzynski,Fragments d’Ithaque et Pays, Bernard Vargaftig, Anachroniques, n° 664-665, 1992, numéro consacré à Virgile, Françoise Han, Epitola posthumus, Charles Dobzynski, Ces liens si fragiles, no 739-740, juin-juillet 1995.
  • Paul Farellier, Fantaisies, Lectio-Adfinitas [2]
  • Jean-Pierre Farines, Fantaisies, Arpa, Clermont-Ferrand, n° 88, 2006.
  • Alain Galan, Le rêve de Gramsci et Les lettres de l’Origine, La Montagne, 6 septembre 1981.
  • Pierre Garnier, Préface de Une colombe une autre, Éditions des Vanneaux, 2006.
  • Jean-Paul Gavard Perret, Eclats de vivre, Exigence : Littérature, juillet 2012.
  • Jean-Paul Gavard-Perret La maison sur les nuages, Le Salon littéraire, 2015. [3]
  • Jeanne Maillet, Eclats de vivre, L’Estracelle, Beuvry, n° 2, 2007.
  • Jeanne Maillet, Une colombe une autre, L’Estracelle, Beuvry, n° 3-4, 2007, et Francis Chenot, Une colombe une autre, L’Arbre à Paroles, Amay, n° 135, 2007.
  • Piera Mattei, Eclats de vivre, Pagine, Rome, n° 52, 2007.
  • Emmanuel Malherbet, Fragments d’Ithaque et Pays, Alidades, Paris, n° 4.
  • Teresa Ferrer Passos, Ces liens si fragiles, Artes & Artes, Lisbonne, 1998.
  • Gianmarco PinciroliIl Majakovskij, Virgilianes, Varèse, n° 27, 1997.
  • Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, volume 6 – Poésie du XXe siècle, tome 3, Éditions Albin Michel, Paris, 1988.
  • Jean-Claude Xuereb, Ces liens si fragiles, Sud, Marseille, n° hors série, 1995.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Emmanuelle Caminade, « La poésie de Raymond Farina (1) : "Virgilianes" ... - L'Or des livres », L'Or des livres,‎ (lire en ligne, consulté le 30 décembre 2016)
  2. la Maison des écrivains et de la littérature, Ligne 13 Communication, Gersende Hurpy, « Raymond Farina / Maison des écrivains et de la littérature », sur www.m-e-l.fr (consulté le 30 décembre 2016)
  3. a et b Regis Louchaert, « Rencontre avec Raymond Farina », Lieux d'Être, vol. 33,‎ 2001-2002, p. 127-131 (ISSN 0980-3769, lire en ligne)
  4. « Raymond Farina », sur Maison des écrivains et de la littérature (consulté le 31 décembre 2016)
  5. 1re année de licence de philosophie à l'Université d'Alger (année universitaire 1961-62). Il a suivi en particulier des cours de Clémence Ramnoux, Alexandre Matheron, Jeanne Favret.
  6. « Raymond Farina - Présentation de son oeuvre poétique », sur lescarnetsdeucharis.hautetfort.com (consulté le 1er janvier 2017)
  7. Raymond Farina, « Le rêve de Gramsci (extrait) », La Nouvelle Revue Française, vol. 327,‎ (ISSN 0029-4802)
  8. Raymond Farina, « Mais (extraits) », Europe, no 601,‎ , p. 182-184 (ISSN 0014-2751)
  9. a et b Charles Dobzynski, « les quatre vents de la poésie », Europe,‎ , p. 171
  10. Ezra Pound, « Ode pour l'élection de son sépulcre », Obsidiane, no 16,‎ , p. 5-13 (ISSN 0182-2373)
  11. cf. "Mais il y eut, avant les mots, venus de plusieurs langues, les lettres et leur fascination. Car ce fut avec elle que commença notre pouvoir - le seul sans doute qui soit innocent et inoffensif. Un tout petit chaos de lettres avec lequel on fit des mots, dans une intense jubilation, bien avant de faire des mondes." (Regis Louchaert, « Rencontre avec Raymond Farina », Lieux d'Êtrevol.  33, 2001-2002, p. 128) et "Quel joli pelmélange / de langues / ils faisaient / dans leur petite Malte ! " (Raymond Farina, Ces liens si fragiles (extrait), ibid., p. 123)
  12. Recueil Mais dont des extraits sont parus dans les revues Europe (ibid.) et dans les Cahiers bleus (n. 23, printemps 1982)
  13. cf. "Voulut lointains tous ses semblables / se sentit proche des nuages / devint peu à peu de leur peuple / Apprit comme eux comment on passe / s'effaça comme eux de son ciel " Raymond Farina, Fantaisies, Édition L'arbre à paroles, Amay (Belgique), 2005, p. 10.
  14. "Il y a d'abord l'avant: celui d'un lieu, d'un temps de plénitude: l'enfance perdue, toujours présente pourtant dans la lumière des mots [...] Écrire, donc, pour re-vivre l'intensité enfuie. Elégie. C'est ce qui rend sans doute si attachante cette poésie: ce chant de l'autrefois et de l'ailleurs où passe en filigrane l'image de la mère" Jacques Ancet, "Du rêve à l'origine", Sud, n. 43, 1982, p. 166
  15. Raymond Farina, Le rêve de Gramsci, Lyon, Jacques-Marie Laffont et associés, (ISBN 2-86368-028-5), p. 89
  16. "Comment, en lisant ces vers, ne pas penser à Apollinaire, à son octosyllabe fluide et boiteux, à son goût érudit pour les noms étrangers?" (Jacques Ancet, ibid.)
  17. Raymond Farina, Archives du Sable, Mortemart, Rougerie, , p. 10
  18. Raymond Farina, Fragments d'Ithaque, Mortemart, Rougerie, , p. 25
  19. "Car ce pays désigne à la fois la patrie de l'origine (autre mot cher à Farina) et le coin de la terre où l'on laisse ses pieds se reposer de leur fatigue." Pascal Commere, "Nouvelles du Pays", Noah, n. 18, 1984, p. 43
  20. Raymond Farina, Pays, Romillé, Folle Avoine, (ISBN 2-86810-001-5), Le moineau d'Alexandrie, poème n°27
  21. "Ce livre je l'avais trouvé / dans le Grand Livre où l'on entrait / à l'instant où s'ouvrait la porte / de l'échoppe du Bouquiniste. / Il y avait dans ce Grand Livre / plein de soleils métaphysiques / pour enchanter les vieux enfants [....] C'est dans ce désordre fécond / que j'ai trouvé un jour ce livre: / l'exemplaire des Bucoliques / emporté en captivité / par le survivant d'un Oflag", Raymond Farina, "Le verger de Virgile", Diérèse, été-automne 2016, no 68, p. 66
  22. "par la fenêtre / Mozart s'envole / tous les lieux / tombent dans l'oubli " Raymond Farina, Virgilianes, Rougerie, Mortemart, 1986, p. 46.
  23. "et parfois je t'entends / - Est-ce bien dans Wozzeck - / intense et discordante / tu t'éloignes me quittes" Raymond Farina, Virgilianes, ibid., p. 39.
  24. "VIII présages d'ailes / vergers volés / dans quelle églogue / ou dans quelle vie / la fin lucide / sur ce moment / comme une plume / le temps pourrit d'être Novembre / et râle Trakl / près d'une orange / le livre attend / les gris insistent / IX comme une plume / un rien léger / que garde à peine / l'épine bleue / est-ce Wozzeck / est-ce Virgile [...]" Raymond Farina, Virgilianes, ibid., pp. 16-17
  25. « La poésie de Raymond Farina (1) : "Virgilianes" ... », sur L'or des livres, (consulté le 31 décembre 2016)
  26. " Il me semble que, dans mes premiers recueils, je suis partagé entre l'extrême tension du poème lyrique et la concision du fragment, comme tiraillé entre deux voix. À quel moment de mon trajet cette contradiction vécue dans l'écriture a-t-elle été dépassée -sans être annulée bien sûr- ? C'est peut-être dans "Anecdotes", publié par René Rougerie en 1988, que s'établit un juste équilibre entre ces deux voix ." Regis Louchaert, « Rencontre avec Raymond Farina », Lieux d'Êtrevol.  33, 2001-2002, p. 127-131 (ISSN 0980-3769lire en ligne)
  27. Regis Louchaert, «  », Lieux d'Êtrevol.  33, 2001-2002, p.  127-131 (ISSN 0980-3769lire en ligne)
  28. "Mais si le papillon ne trame rien, il peut, d'un battement d'ailes, engendrer un typhon à mille lieues de là. Raymond Farina joue avec le nom d'Epitola Posthumus en un texte pudique, qui va des "lettres cunéiformes" ou des "fins hiéroglyphes" au "point final", rappelant la balle si soigneusement polie par Potocki" Françoise Han, "Notes de lecture", Europe, no 739-740, 1990.
  29. "L'ai-je bien vu L'ai-je rêvé / ce Commandeur qui s'invita / un soir de juin avant minuit / Devais-je dire père à cet / inconnu Étais-je pour lui / son fils Était-ce bien ici / que je l'attendais ou là-bas / tout au fond des années quarante / quand venait la fraîcheur arabe / de l'Andalousie des étoiles [...]" Raymond Farina, Anachronique, Rougerie, Mortemart, 1991, p. 21.
  30. "ô Desdémone / pauvre comtesse teinturière / et couturière à l'occasion / morte comme / le marin d'Enée / si près si près de l'Italie / sur la côte qu'on dit d'azur / dans le F2 d'une HLM / où tu comptais et recomptais / le boeings bouffeurs d'espace" Raymond Farina, Anecdote, ibid. p. 34.
  31. "Dans ta maison sur les nuages / ange effaré / épargné par l'apocalypse / je reviens Kalissa / vérifier ta tendresse " Raymond Farina, Anachronique, ibid. p. 36
  32. " puisque toi tu le dis / tendre oursonne / d'un pays sans ours / - fatiguée / de sauver Poucet / fatiguée / d'éloigner le Sphinx - / demandant le sommeil / aux nimbus minuscules / de ta dernière extra-lègère [...]" Raymond Farina, Anecdote, ibid. p. 40
  33. suite "de choses et d'autres", Anecdote, ibid., pp. 61 et svtes.
  34. Les liens qu'évoque son dernier titre [Sambela] sont les liens de la parenté, père et fils, le fils, père à son tour, et sa fille, etc. Se tisse une toile très complexe de souvenirs, d'émotions, de frustrations, parfois d'amertumes. Les blessures restent secrètes, auxquelles les poèmes ne sont ni remèdes ni exorcismes. La confidence est retenue, à peine chuchotée, comme si la litote seule avait pouvoir de cicatriser les plaies en respectant la distance nécessaire." Charles Dobzynski, « Les quatre vents de la poésie », Europe, juin-juillet 1995, p.  171.

Liens externes[modifier | modifier le code]