Raimond-Bérenger IV de Provence

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Raimond-Bérenger IV/V de Provence
Sa statue dans l'église Saint-Jean-de-Malte d'Aix-en-Provence.
Sa statue dans l'église Saint-Jean-de-Malte d'Aix-en-Provence.
Titre
Comte de Provence et de Forcalquier

(36 ans, 6 mois et 17 jours)
Prédécesseur Alphonse II
Successeur Béatrice
Biographie
Dynastie Maison de Barcelone
Date de naissance inconnue
Date de décès
Lieu de décès Aix-en-Provence
Père Alphonse II de Provence
Mère Garsende de Sabran
Conjoint Béatrice de Savoie
Enfants Marguerite de Provence
Éléonore de Provence
Sancie de Provence
Béatrice de Provence

Raimond-Bérenger IV de Provence

Raimond-Bérenger IV ou V, né vers 1198 et mort le à Aix, est un comte de Provence et de Forcalquier de 1209 à sa mort.

Numérotation[modifier | modifier le code]

Lors de la minorité d'un précédent comte, la régence fut exercée par Raimond-Bérenger IV de Barcelone, qui est parfois comptabilisé parmi les comtes de Provence. Il s'ensuit que le comte Raimond-Bérenger IV[1] de Provence est souvent nommé Raimond-Bérenger V de Provence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Raimond-Bérenger est le fils unique d'Alphonse II (v. 1180-1209), comte de Provence (1195-1209), et de Garsende ou Gersende, comtesse de Forcalquier, issue de la maison de Sabran, mariés en 1191[2]. Sa date de naissance est inconnue, les années 1196[3], plus régulièrement 1198, parfois 1199 et 1200[4], sont données. Il faut attendre l'année 1209 pour avoir la première mention de son nom.

En février 1209, alors que Raimond-Bérenger a environ douze ans, son père meurt à Palerme. Son oncle, le roi Pierre II d'Aragon assure sa tutelle[2]. L'éducation du jeune prince est confiée à Guillaume de Montredon (es), maître de province de l'ordre du Temple et Raymond de Penafort, fameux théologien du XIIIe siècle[5]. Sanche de Roussillon (d'Aragon) obtient le contrôle de la Provence[2].

Sa mère Garsende lui cède le comté de Forcalquier le , permettant la réunion de ces deux comtés rivaux depuis un siècle[6].

Après la mort de Pierre II d'Aragon à la bataille de Muret, Sanche, oncle de Pierre II, prend en charge la régence d'Aragon et laisse celle de Provence à son fils Nuno[2]. Des dissensions éclatent au sein des Catalans de Provence, entre les partisans de la comtesse Garsende de Forcalquier et ceux de Nuno, qui semblent vouloir évincer le jeune comte. La noblesse provençale en profite pour s'agiter. Elle prend finalement le parti de Garsende de Forcalquier, évince Nuno, place Raimond-Bérenger IV de Provence sous la tutelle de sa mère et créent un conseil de régence.

La Provence fait l'objet d'une politique particulière de la part des comtes de Savoie, implantés dans les Alpes Nord[7]. Ainsi, le comte Thomas Ier donne sa fille Béatrice en mariage en juin 1219[7],[8],[9]. Elle a déjà 20 ans tandis que Raimond-Bérenger termine sa quatorzième année[8]. Avec le même objectif, en 1244, le comte Amédée IV de Savoie, devenu comte, épousera en seconde noce Cécile des Baux. Béatrice de Savoie se rend à la cour de Provence l'année suivante de la signature du contrat[8].

Comte de Provence[modifier | modifier le code]

Les armes de Provence, étaient devenues également celles de la Catalogne après le mariage de Douce de Provence avec Raimond-Bérenger III, comte de Barcelone. Depuis lors elles se ressemblent étonnamment si ce n'est la disposition des pals, afin de ne pas les confondre, elles seront en effet mises horizontalement pour la Catalogne.

Raimond-Bérenger IV de Provence parvient à se débarrasser de son rival le comte de Toulouse, également marquis de Provence, dont la famille a toujours eu l'ambition d'annexer la Provence. Pour cela, il n'hésite pas à soutenir la croisade albigeoise et soumet dans l'ordre les consulats d'Arles et de Marseille qui créaient des troubles dans le comté. Il conquit Avignon avec le roi de France Louis VIII en 1226.

Sous son règne, les « bayles (ou bayles) » redeviennent de véritables représentants du pouvoir comtal[10]. Leur champs d'intervention est ainsi élargi[10].

En 1227, après la prise des tours du Puy et de la Foux, il obtient le contrôle Consulat de la ville de Grasse[2], nommant désormais un juge et un bayle et la mise en place des impôts. En 1229, il s'empare de la ville de Nice[2]. Il échoue toutefois à prendre Marseille.

Il bâtit la ville de Barcelonnette en 1231 en honneur de ses origines catalanes ainsi que l'église Saint-Jean-de-Malte, premier édifice gothique de Provence à Aix. Il la dote du statut de Consulat l'année suivante[2].

Il meurt le [2]., et est enseveli à Aix, auprès du tombeau de son père, dans l'église Saint-Jean-de-Malte d'Aix-en-Provence[11]. Sa dernière fille, Béatrice hérite du comté[2].

Raimond-Bérenger IV est le dernier membre de la famille des comtes de Catalogne à avoir régné en Provence[12]. Il laisse par testament, daté du , ses domaines à sa quatrième fille, Béatrice, la seule qui n'est pas encore mariée.

Comte troubadour[modifier | modifier le code]

Il reste de Raimond-Bérenger V (ou IV) deux tensons et deux coblas[13].

Union et descendance[modifier | modifier le code]

Un autre de ses gendres : Henri III d'Angleterre.

Le , Raimond-Bérenger IV de Provence épouse Béatrice de Savoie (1198-1267), fille de Thomas Ier (1177-1233), comte de Savoie (1189-1233), et de Marguerite de Genève (1180-1252 ou 1257)[9]. De cette union sont issues quatre filles[8],[9],[14] :

Par ces alliances entre les filles de Raimond-Bérenger IV, les rois de France Louis IX (Saint Louis) et de Sicile Charles Ier qui étaient déjà frères, deviennent beaux-frères l'un de l'autre, outre la parenté d'alliance du même degré avec le roi d'Angleterre Henri III et le futur roi des Romains Richard de Cornouailles, frère d'Henri III, ces deux derniers devenant aussi beaux-frères l'un de l'autre.

Marguerite et Béatrice deviennent belles-sœurs, tandis que la même parenté d'alliance se crée entre Éléonore et Sancie.

Blanche de Castille est la petite fille de Henri II et Aliénor d'Aquitaine donc une nièce de Jean Ier d'Angleterre.

Schéma du réseau d'alliances des quatre filles
de Raimond-Bérenger IV de Provence
Raimond-Bérenger IV de Provence (v. 1198-1245)
x 1220
Béatrice de Savoie († 1266)
sœurs et belles-sœurs
Marguerite
de Provence

(1221-1295)

x 1234

Louis IX
de France

(1214-1270)

Béatrice
de Provence

(1234-1267)

x 1246

Charles Ier
de Sicile

(1227-1285)

Éléonore
de Provence

(1223-1291)

x 1236

Henri III
d'Angleterre

(1207-1272)

Sancie
de Provence

(† 1261)

x 1243

Richard Ier
du Saint-Empire

(1209-1272)

frères et beaux-frères frères et beaux-frères
Louis VIII de France (1187-1226)
x 1200
Blanche de Castille (1188-1252)
Jean Ier d'Angleterre (1166-1216)
x 1200
Isabelle d'Angoulême (1186-1246)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Raimond-Bérenger IV de Provence sur le site Medieval Lands.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Maurice Agulhon, Noël Coulet, Histoire de la Provence, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-13060-972-8, lire en ligne), chap. 149, p. 24-26.
  3. Recueil des Actes des Comtes de Provence appartenant à la Maison de Barcelone: Alphonse II et Raymond Bérenger V (1196-1245), Fernand Benoit, Volume 1/2, Monaco, 1925.
  4. Louis-François de Villeneuve-Bargemont, Histoire de saint Louis, roi de France, Volume 1, 1839, p. 412 (lire en ligne).
  5. Augustin Fabre, Histoire de Provence, p. 56 et 57.
  6. Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe-XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, p. 482-483.
  7. a et b Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 80.
  8. a, b, c et d Emmanuel Davin, « Béatrice de Savoie, Comtesse de Provence, mère de quatre reines (1198-1267) », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, vol. 1, no 2,‎ , p. 176-189 (lire en ligne)
  9. a, b et c Gérard Sivéry, Marguerite de Provence: Une reine au temps des cathédrales, Fayard, coll. « Biographies Diverses », , 302 p. (ISBN 978-2-21364-782-1, lire en ligne), p. 8.
  10. a et b Laurent Ripart, « Les bayles de Provence », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  11. Augustin Fabre, op. cit., p. 123.
  12. Augustin Fabre, op. cit., p. 123 et 124.
  13. Camille Chabaneau, Biographie des troubadours en langue provençale, Ed. Privat, Toulouse, 1885, p. 170.
  14. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 80.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]