Raymond Avrillier

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Raymond Avrillier
Raymond Avrillier- Meeting Eva Joly.jpg

Raymond Avrillier en 2012

Fonction
Conseiller régional
Biographie
Naissance
Nationalité

Raymond Avrillier (né le 25 octobre 1947[1]) est un retraité, militant écologiste français, principalement connu pour avoir provoqué la mise en examen en 1994 d'Alain Carignon, alors maire RPR de Grenoble et Ministre de la communication du Gouvernement Balladur, et d'avoir révélé l'affaire des sondages de l'Élysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le « Système Carignon »[modifier | modifier le code]

Le système Carignon est un ouvrage de Raymond Avrillier ainsi que de Philippe Descamps publié en mai 1995. Raymond Avrillier, alors chercheur à l'université Pierre Mendès France de Grenoble et conseiller municipal de Grenoble depuis mars 1989 (groupe écologiste), a joué un rôle majeur dans le dévoilement public des mécanismes du système Carignon.

Ce livre nous révèle alors grâce a une enquête approfondi le mécanisme qui s'est construit autour d'un homme qui incarne une "nouvelle génération de politique forgé par le marketing et qui a remplacé la confrontation d'idées par une stratégie de communication tous azimuts." [2]

L'affaire des sondages de l'Élysée[modifier | modifier le code]

Emmanuelle Mignon, chef de cabinet du président de la République Nicolas Sarkozy en 2008, passa commande de sondages auprès de deux entreprises dirigées par deux proches collaborateurs de la présidence, Patrick Buisson et Pierre Giacometti[3]. Cette commande n'ayant pas fait l'objet d'appel d'offre mais étant régi par une convention, et la Cour des Comptes ayant jugé leur montant «exorbitant», l'association Anticor déposa une plainte. Classée sans suite par le parquet, Anticor se constitua partie civile, amenant la saisine du juge Serge Tournaire. Ce dernier s'opposa alors au procureur de la République de Paris (Jean-Claude Marin étant réputé proche de Nicolas Sarkozy) sur le fait que l'article 67 de la Constitution, instituant notamment l'irresponsabilité pénale du président de la République durant son mandat, soit applicable aux membres de son cabinet. La Chambre de l'instruction trancha dans le sens du procureur de Paris, fermant la possibilité à toute instruction du juge Tournaire[4] au motif que les sondages concernaient des « besoins de [l']action politique » du président de la République et que l'enquête impliquerait alors directement ce dernier, violant son irresponsabilité.

L'action de Raymond Avrillier participa alors à renverser radicalement le cours des choses. En vertu de la loi du 17 juillet 1978, il saisit la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) afin d'avoir accès aux sondages commandés. La CADA lui donna son accord puis, après refus de l'Élysée, le tribunal administratif obligea les services de la présidence à s’exécuter en février 2012. La révélation du contenu desdits sondages fit alors scandale, puisque certains portaient sur des dirigeants du PS et sur l'image de l'épouse du président de la République, ayant peu de rapport avec la conduite de l'État.

L'association Anticor s'étant pourvue en Cassation, cette dernière estima que le juge Tournaire pouvait finalement poursuivre son enquête[5].

L'affaire des concessions autoroutières[modifier | modifier le code]

Pendant plus d'un an, Raymond Avrillier se voit refuser par le ministre de l'économie Emmanuel Macron l'accès aux termes et conditions des nouveaux contrats de concessions autoroutières signés le . Le , le tribunal administratif de Paris donne tort à l'État, et le force à communiquer dans un délai de trois mois l'intégralité des documents annexés aux avenants conclus en 2013 et 2014 à la suite des accords sur les concessions d'autoroutes privatisées en 2006[6].

Responsabilités politiques[modifier | modifier le code]

  • Conseiller municipal de Grenoble de 1989 à 2008 (minoritaire de 1989 à 1995, majoritaire de 1995 à 2001 et de 2001 à 2008)
  • 2e Adjoint de la ville de Grenoble, chargé du logement de 1995 à 2001, président de la conférence communale du logement
  • 3e Vice-président de la communauté d’agglomération grenobloise, chargé de l’assainissement et des eaux pluviales de 1995 à 2008
  • Conseiller régional de la Région Rhône-Alpes de 1994 à 1998

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. PLEIN CADRE Raymond Avrillier : « Je crois à la mémoire active en politique » ledauphine.com, consulté le 1er juin 2012
  2. Raymond Avrillier, Philippe Descamps, Le système Carignon, Paris, La Decouverte Enquetes, (ISBN 2-7071-2440-0)
  3. Immunité présidentielle : le parquet de Paris contredit… le parquet de Paris Le Monde, 11 janvier 2013
  4. Sondages : l'Élysée sommé de communiquer ses études Le Monde, 12 mars 2012
  5. Affaire des sondages de l'Élysée : la Cour de cassation autorise une enquête Les Echos, 19 décembre 2012
  6. Agence France Presse, « Concessions autoroutières : l'épine dans le pied de Macron », lepoint.fr, (consulté le 19 août 2016)

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le système Carignon », Philippe Descamps, Raymond Avrillier 1995, (ISBN 2-7071-2440-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]