Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang

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impression d'une page du livre, écrite en 646, collectionnée à la bibliothèque Siku Quanshu au XVIIIe siècle
Vimalakirti, en train de débattre avec le bodhisattva Manjushri. Peinture murale VIIIe siècle Tang, grotte no 103 de Mogao, Dunhuang. Gansu

Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang (chinois : 大唐西域记 ; chinois traditionnel : 大唐西域記 ; pinyin : Dà Táng Xīyù Jì ; Wade : Ta T'ang Hsiyü Chi) est le récit mis en forme littéraire du voyage que Xuanzang a effectué durant dix-neuf années (entre 626 et 645, sous la dynastie Tang), depuis Chang’an en passant par l’Asie centrale et jusqu’au Sous-continent indien. Le texte a été compilé par Bianji, un disciple de Xuanzang, qui a passé plus d’un an à rédiger le livre sous la dictée de son maître.

Contenu[modifier | modifier le code]

Xuanzang sur la route. Peinture sur soie. Époque de Kamakura (1185-1333). Tokyo National Museum.

Ce livre contient plus de 120 000 sinogrammes et se divise en vingt volumes. Ce récit de voyage décrit la géographie de chaque pays et les transports maritimes utilisés, les climats et les produits locaux de toutes ces populations avec leur histoire et leur langue, les faits politiques et économiques, les cultures et les religions ainsi que les us et coutumes des pays traversés. Ce qui recouvre 110 pays, régions et cités qui aujourd’hui vont de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang à la République islamique d'Afghanistan, la République du Tadjikistan, la République d'Ouzbékistan, la République islamique du Pakistan, la République d'Inde, République démocratique fédérale du Népal, la République populaire du Bangladesh et la République démocratique socialiste du Sri Lanka. Une grande partie de l'Inde du Nord constituait alors le royaume Harsha, avec pour capitale Kanauj.

Le prince Harsha organisa à l'occasion du passage de Xuanzang une grande rencontre multi-confessionnelle à Kanauj ainsi qu'une fête à Prayâg - l'actuelle Allâhâbâd - peut-être la première kumbhamelâ. Xuanzang ferait à cette occasion la première mention historique de la manifestation dans son Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang[1] Un tel débat philosophique, à Kanauj, permettait d'opposer les thèses du bouddhisme Mahâyâna, que partageaient Xuanzang et Harsha, aux thèses Hīnayānistes autant qu'Hindouistes et Jaina.

Aujourd’hui, le texte reste d’une très grande valeur pour les historiens et les archéologues. Le Rapport est un document important pour la connaissance de l’Asie Centrale au cours des sept premiers siècles. Il apporte aussi des informations de première main sur l’existence d’une culture de tradition bouddhiste en Afghanistan à cette époque et les premières preuves écrites de l’existence des sculptures bouddhistes à Bâmiyân. Le texte est aussi de première importance pour ce qui concerne les études indiennes, et les archéologues l’ont utilisé pour combler certaines lacunes dans l’histoire de l’Inde. Le récit a servi de guide pour les fouilles de nombreux sites archéologiques : Rajagriha, le temple de Sarnath, Ajanta, les ruines du monastère de Nalanda au Bihar, etc. Ce texte doit aussi sa renommée à l’évaluation exacte des distances et à la localisation des sites.

Cet ouvrage a été la source d’inspiration du roman populaire à caractère épique Le Voyage en Occident (ch. Xīyóujì 西遊記), publié en Chine pour la première fois à la fin du XVIe siècle, sous la dynastie Ming.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grousset 2007, p. 192-197 de l'éd. de 1977

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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