Raphaël Cendo

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Raphaël Cendo est un compositeur français né à Nice le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de piano et de composition à l'École normale de musique de Paris, Raphaël Cendo suit le cursus de composition du Conservatoire national supérieur de Paris (2000-2003), dont il sort diplômé en composition, analyse et orchestration. Il intègre ensuite la classe de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM (2003-2006). Au cours de sa formation, il aura notamment reçu les enseignements d’Allain Gaussin, Brian Ferneyhough, Fausto Romitelli et Philippe Manoury. En 2008, il enseigne la composition au conservatoire de Nanterre, avant de partir pour Rome, en tant que pensionnaire de la Villa Médicis (2009-2011). En 2012, il est professeur invité aux cours d’été de Darmstadt et aux sessions de compositions Voix Nouvelles à Royaumont. Raphaël Cendo vit actuellement à Berlin.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Influencée par la musique spectrale, les musiques actuelles et populaires, des compositeurs comme Brian Ferneyhough ou Fausto Romitelli, Raphaël Cendo (comme Franck Bedrossian) met en avant le concept de saturation ou de musique saturée. Concept de l'excès, l'important est de dépasser le son pur, le contrôle absolu de la note, de l'interprétation par des sons nouveaux complexes : « Le phénomène saturé dans le domaine de l’acoustique, c’est un excès de matière, d’énergie, de mouvements et de timbre. »[1]. Sa musique pousse ainsi aux limites les notions de timbre, espace fréquentiel, intensité et gestes instrumentaux.

« La saturation électrique est le résultat d’un débordement sonore au-delà d’une limite – celle des micros qui ne sont plus à même de restituer une source sonore. La saturation surgit parce que les systèmes de contrôle du son transforment, par accident, cette source en ajoutant des mouvements imprévisibles et incontrôlables. Transposé dans le monde de l’acoustique, la saturation prend un autre sens : la partie immergée de la saturation instrumentale, ce que nous avons appelé la perte de contrôle, agit autant sur l’écriture et le processus de composition d’une pièce que sur l’interprétation. Ce nouveau type de contrôle a contrario se manifeste par l’utilisation des sons complexes, par des actions gestuelles extrêmes à la limite du possible, mais aussi par des changements rapides de mode de jeu, ainsi que par une nouvelle notation et par des interactions de textures. »[2]

Ses œuvres sont jouées par des interprètes et des ensembles de renommée internationale comme les ensembles Alternance, Cairn, Ictus, Intercontemporain, Itinéraire, musikFabrik, le Nouvel Ensemble Moderne, le quatuor Diotima, l'Orchestre national d'Île-de-France, l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, Les Percussions de Strasbourg, etc.

Il a participé à de nombreuses manifestations parmi lesquelles : Ars Musica à Bruxelles, Biennale de Venise, Darmstadt, Donaueschingen, Mito à Milan, Musica, Présences de Radio France, les concerts Tremplin au Centre Georges-Pompidou, Voix Nouvelles à Royaumont, Why Note de Dijon...

Distinctions[modifier | modifier le code]

Compositions[modifier | modifier le code]

Ses œuvres - sauf mention contraire - sont publiées par les Éditions Billaudot.

  • Scratch data (2002) pour percussion et électronique
  • Rage in the heaven city (2004) pour grand orchestre
  • Masse-Métal (2005) pour vingt-cinq musiciens
  • Action painting (2005) pour quinze musiciens
  • Décombres (2006) pour clarinette contrebasse et électronique
  • Action Directe (2007) pour clarinette basse et ensemble de treize musiciens
  • Tract (2007) pour sept musiciens
  • Octa 7 (2007) pour harpe et électronique, sur une chorégraphie d'Olivia Grandville
  • Refontes (2008) pour six percussions et électronique
  • Charge (2009) pour sept instruments et électronique sur une vidéo de Paolo Pacchini
  • Introduction aux ténèbres (2009), pour contrebasse, voix de basse et électronique
  • Faction pour piano (2011), percussion et guitare électrique
  • Shadow (2011) pour six chanteurs
  • In Vivo (2011) pour quatuor à cordes (no 1)
  • Rokh (2011-2012) pour flûte, violon, violoncelle et piano
  • Foris (2012) pour violoncelle et électronique
  • Carbone (2012) pour flûte contrebasse, trompette, guitare et ensemble
  • Substance (2013) pour quatuor à cordes (no 2)
  • Registre des Lumières (2013) pour ensemble vocal, ensemble instrumental et électronique live, Verlag Neue Musik

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Les paramètres de la saturation. », dans IANCO Pascal (dir.), Franck Bedrossian : de l'excès de son., Champigny sur Marne, Ensemble 2E2M, coll. « A la ligne », (ISBN 978-2-913734-03-6, lire en ligne), p. 31-37
  • Saturation instrumentale : organisation et nouveaux enjeux pour la composition, (lire en ligne)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Raphaël CENDO, « Introduction Aux Ténèbres », ensemble Ictus, dans « Donaueschinger Musiktage 2009 », 1 CD Neos, 2010.
  • Raphaël CENDO, « Furia », comprend : Charge ; Furia ; Décombres ; In Vivo et Tract, Ensemble Cairn, direction : Guillaume Bourgogne, 1 CD Æon, 2012.
  • Raphaël CENDO, « Rokh », ensemble Alternance, 1 CD Stradivarius, 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bastien Gallet, « Dérives : entretien avec Franck Bedrossian et Raphaël Cendo », L’étincelle, no 4,‎ , p. 22-24
  • Interview de Raphaël Cendo : Laurent Vilarem, Fureur et mystère de Raphaël Cendo, (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]