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Raouf Mellal

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Raouf Mellal
Description de cette image, également commentée ci-après
Raouf Mellal devant le Palais des Nations à Genève.
Naissance (46 ans)
Aïn Beïda, Algérie
Nationalité Algérienne

Raouf Mellal (né le 17 novembre 1979 à Aïn Beïda, dans la wilaya d'Oum El Bouaghi) est un syndicaliste et défenseur des droits humains algérien. Il a présidé la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP) et fondé le Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (SNATEG), actif dans le secteur énergétique en Algérie.

Vie privée

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Marié et père de deux enfants, il s’est exilé en Suisse en 2020 à la suite de poursuites judiciaires liées à ses activités syndicales. Depuis Genève, il poursuit son engagement en faveur de la liberté syndicale.

Parcours militant et syndical

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Mellal s’est engagé dès le lycée dans des actions à caractère social. Il a ensuite poursuivi des études de droit à l’université de Guelma, où il a milité au sein de l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA) et participé à plusieurs mouvements de grève étudiante.

Durant une période de chômage, il a participé à la création du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), qui a organisé des manifestations à Alger et Ouargla.

En 2013, recruté comme juriste au sein de Sonelgaz, il cofonde le Syndicat National Autonome des Travailleurs de l'électricité et du Gaz (SNATEG). Élu président en 2016, il a dirigé en 2017 une grève nationale au sein de l’entreprise SONELGAZ[1]. à la suite de laquelle le ministère du Travail prononce la dissolution administrative du syndicat[2].

En 2018, il contribue à la réactivation de la Confédération Syndicale des Forces Productives (COSYFOP), restée inactive depuis 1994[3].

Lors du Hirak de 2019, la confédération COSYFOP a soutenu le mouvement en appelant à plusieurs grèves générales, contribuant ainsi à la dynamique de mobilisation ayant conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika[4].

Répression et exil

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En 2015, il a été licencié de l’entreprise publique Sonelgaz en raison de son engagement syndical au sein du SNATEG. Ce licenciement a été documenté par le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le cadre du cas n° 3210 relatif à l’Algérie[5]. L’année suivante, il a été condamné à six mois de prison à la suite de déclarations publiques dénonçant une affaire de surfacturation massive[6].

Il fait l’objet de 24 poursuites judiciaire pour diffamation devant le tribunal de Guelma, en lien avec la publication de communiqués syndicaux sur la situation sociale. Ce chiffre est confirmé par le gouvernement algérien dans sa réponse à une lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux de l’ONU[7].

En 2019, il est violemment interpellé à Alger lors d’une marche pacifique, et subit des séquelles cervicales à la suite de cette arrestation[8]. La même année, le tribunal d’Alger le condamne de nouveau à six mois de prison ferme pour avoir saisi l’Organisation internationale du travail (OIT)[9].

Toujours en 2019, à son retour d’une participation à la Conférence internationale du Travail de l’OIT, il fut retenu et interrogé pendant plusieurs heures à l’aéroport d’Alger. Lors de cette session, il prit la parole au nom d’IndustriALL Globale Union, dans le cadre de la discussion du cas de l’Algérie devant la commission de l'application des normes[10].

En janvier 2020, il quitte le pays pour la Suisse avec le soutien de l’Union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA)[11].

Activité en exil et engagement international

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En août 2020, peu après son arrivée à Genève, il participe à l’organisation, aux côtés d’un groupe de militants, d’une « Marche pour les libertés en Algérie » entre Chambéry et Genève, destinée à interpeller les Nations unies sur les atteintes aux libertés fondamentales dans le pays[12].

En juin 2023, L’Événement syndical, publication de l’organisation syndicale suisse UNIA, consacre un article à Raouf Mellal, intitulé « Un second Hirak en perspective », dans lequel il évoque son parcours syndical, son exil en Suisse et son analyse du contexte social en Algérie[13].

Depuis Genève, il intensifie ses échanges avec l’OIT. En août 2022, le Comité de la liberté syndicale enregistre une plainte déposée contre l’Algérie[14].

Il soumet également des observations à la CEACR sur la loi 23-02, citées dans le rapport de 2025[15].

En juin 2025, le Comité de la liberté syndicale a recommandé que Mellal et d’autres syndicalistes puissent retourner en Algérie afin de reprendre leurs fonctions dans un climat exempt de pressions, de menaces ou de violences[16].

Le 12 septembre 2024, plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU envoient une lettre d’allégation au gouvernement algérien (Ref. AL DZA 3/2024), citant explicitement le cas de Mellal[17].

Références

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  1. « Grève annoncée à la Sonelgaz », *Le Quotidien d’Oran*, 2 mai 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
  2. « Snateg : Les dessous d’une dissolution », El Watan, 19 mai 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
  3. « Raouf Mellal, un homme qui ne s’ennuie pas », E-Bourse.dz, 2 septembre 2018, consulté le 3 août 2025, en ligne
  4. « La population participe en masse à la grève générale en Algérie », IndustriALL Global Union, 08 novembre 2019,consulté le 3 août 2025, en ligne
  5. Comité de la liberté syndicale, Rapport intérimaire – Rapport n° 386, juin 2018, cas n° 3210 (Algérie), plainte déposée le 26 avril 2016, consulté le 3 août 2025, [en ligne] : https://normlex.ilo.org/dyn/nrmlx_fr/f?p=1000:50002:0::NO:50002:P50002_COMPLAINT_TEXT_ID:3950204
  6. « Un dirigeant syndical algérien condamné à une peine de prison pour avoir révélé la corruption », IndustriALL Global Union, 02 février 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne; « Affaire des surfacturations à Sonelgaz : le lanceur d’alerte condamné à 6 mois de prison ferme », Algérie360, 02 janvier 2017, consulté le 3 août 2025, en ligne
  7. Réponse du gouvernement algérien à la lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux des Nations Unies, 30 janvier 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
  8. « Algérie : syndicalistes indépendants harcelés et emprisonnés », L’Événement syndical, 18 mars 2020, consulté le 3 août 2025, en ligne
  9. « Dernières libertés en péril », Le Courrier (Genève), 20 février 2023, consulté le 3 août 2025, en ligne
  10. Organisation internationale du Travail, Cas individuel (Algérie), Convention n° 87, 108ᵉ session de la Conférence internationale du Travail, 2019, consulté le 3 août 2025, en ligne
  11. « Retour du bâton en Algérie », Le Courrier (Genève), 31 mars 2022, , consulté le 3 août 2025,en ligne
  12. « Algeria: IUF affiliates join call to UN to end rights abuses and support democracy », Internationale des services alimentaires (IUF), 9 mars 2021, consulté le 3 août 2025, en ligne
  13. Jérôme Béguin, « Un second Hirak en perspective », L’Événement syndical, 28 juin 2023, consulté le 3 août 2025, [en ligne] : https://www.evenement.ch/articles/un-second-hirak-en-perspective
  14. Comité de la liberté syndicale, Rapport n° 405, cas n° 3434 (Algérie), OIT, mars 2024, consulté le 3 août 2025, en ligne
  15. Observation (CEACR) - adoptée 2024, publiée 113ème session CIT (2025)– Convention n° 87 (Algérie), OIT, 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
  16. Comité de la liberté syndicale, Rapport n° 411, cas n° 3434 (Algérie), OIT, juin 2025, consulté le 3 août 2025, en ligne
  17. Lettre d’allégation des rapporteurs spéciaux des Nations Unies au gouvernement algérien, 12 octobre 2021, consulté le 3 août 2025, en ligne

Liens externes

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