Rantechaux

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Rantechaux
Vue du village de Rantechaux – ancienne ferme comtoise.
Vue du village de Rantechaux – ancienne ferme comtoise.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Valdahon
Intercommunalité Communauté de communes des Premiers Sapins
Commune Les Premiers-Sapins
Statut Commune déléguée
Maire délégué Thierry Defontaine
2016-2020
Code postal 25580
Code commune 25480
Démographie
Population 183 hab. (2013)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 06′ 46″ nord, 6° 22′ 33″ est
Altitude Min. 718 m
Max. 863 m
Superficie 5,71 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Les Premiers-Sapins
Localisation

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Rantechaux

Rantechaux est une ancienne commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle des Premiers-Sapins.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rantechaux se trouve à 5 km au sud-est de Valdahon et environ 30 km au sud-est de la ville de Besançon, à vol d'oiseau. Le village qui a une altitude moyenne de 740 m se situe sur le premier plateau du département du Doubs dans le massif jurassien, à l'est de la haute vallée de la Loue (secteur Ornans - Vuillafans) et au pied des premières montagnes du Cicon, à la limite entre le Doubs et le Haut-Doubs, où l'on atteint 863 m d'altitude. La commune occupe une surface des 5,71 km2.

Comme pour les communes voisines d'Epenoy au nord et de Vanclans au sud, le territoire de la commune de Rantechaux dessine grossièrement une sorte de rectangle perpendiculaire à la ligne montagneuse : il comporte ainsi une grande partie assez plane propice à l'agriculture et une partie constituée par les pentes du Cicon et ses forêts. Il n'y a aucun cours d'eau de surface dans ce relief karstique où l'eau s'infiltre rapidement, on trouve d'ailleurs quelques dépressions comme le petit gouffre de la source de La Barcheule.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Ranustal au VIIe siècle ; Rotenchal en 1110 ; Rotenchaux een 1268 ; Rantechaul subtus Cycons, Rantechaz en 1350 ; Rotancho en 1352 ; Rantchaux en 1468 ; Rantechaux depuis le XVIe siècle[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Épenoy Rose des vents
Étray N Passonfontaine
O    Rantechaux    E
S
Vanclans

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende de saint Ermanfroy (Ermenfrid) qui fonda au VIIe siècle l'abbaye de Cusance dans la région près de Baume-les-Dames, mentionne une villa de Ranstal ou Rantiscal qu'on a traduit par Rantechaux mais il serait bien hasardeux d’affirmer qu'il s'agit du Rantechaux actuel. En effet ce n'est que plus tard aux XIe et XIIe siècles que l'implantation villageoise se réalise vraiment avec le défrichement des terrains du plateau du Valdahon. Il est difficile de suivre la possession au Moyen Âge d'un territoire mineur comme celui de Rantechaux car les fiefs changent de famille par les mariages et les héritages et les liens féodaux de vassalité sont complexes.

Aux XIIe et XIIIe siècles, les sires de Montgesoye de Vuillafans/Châteauvieux-les-Fossés liés aux seigneurs de Cicon contrôlent la haute vallée de la Loue et les routes du sel vers la Suisse et l’Allemagne sur les plateaux environnants. À la suite d'échanges de fiefs avec le duc Hugues IV de Bourgogne Jean Ier de Chalon devient le suzerain du territoire. Vers le milieu du XIVe siècle, la dernière héritière des Montgesoye épouse Girard de Montfaucon, issu d'une famille importante de Franche-Comté alliée aux autres grandes lignées de la région, qui constitue un fief important de 32 villages dont Rantechaux. Il décède le 7 février 1353[2] et son fils Jean III de Montfaucon meurt le 13 septembre 1372 à la bataille d'Asti sans enfant légitime dans l’expédition de la ligue anti-viscontienne d'Amédée VI de Savoie : ses possessions passent à son cousin Étienne de Montfaucon, chef de la famille aînée des Montfaucon devenu comte de Montbéliard par son mariage avec Agnès de Chalon.

En 1397, à la disparition d’Étienne de Montfaucon dont le fils Henri, seigneur d'Orbe et autres lieux, est mort en 1396 à la bataille de Nicopolis en Bulgarie dans la croisade contre les Ottomans, ses petites-filles héritent des différentes possessions de l'importante baronnie qui est divisée : Henriette reçoit le comté de Montbéliard qui par son mariage avec le prince de Wurtemberg passe dans la famille allemande, et Jeanne reçoit les autres fiefs francs-comtois, dont Vuillafans et le plateau du Valdahon. Elle épouse en 1412 Louis II de Chalon-Arlay, prince d'Orange et vend en partie la même année à son vassal Didier de Cicon ses possessions du plateau[3]. Guillaume VII de Chalon, le fils de Jeanne de Montfaucon, hérite de la seigneurie de Montfaucon et soutient, en désaccord avec son père, en 1450 les droits du duc d’Orléans sur le Milanais. Ayant besoin d'argent pour préparer sa campagne, il aliène ses possessions[4]. C'est semble-t-il dans ce contexte, en 1452[5], que les Cicon acquièrent avec Guillaume de Cicon-Demangevelle (qui meurt en 1489) l'entière possession des territoires d'Épenoy, Étray, Arc-sous-Cicon, Aubonne, Avoudrey et Rantechaux. Lui succède Jean de Cicon, seigneur de Demangevelle, qui meurt en 1508 : la famille directe des Cicon s'éteint avec lui et il institue ses trois sœurs comme héritières. Les possessions se diviseront et passeront par le jeu des successions et des mariages dans diverses mains[6]. Ainsi les de Thon (p. 197) au XVIIe siècle devinrent seigneur de Rantechaux mais ils vivaient semble-t-il dans le château de Vuillafans. Plus tard, en 1697, les Froissard-Broissia obtinrent un titre de marquisat[7] qui prit le nom de marquisat de Belot-Vilette en 1720. Finalement le dernier héritier, un Mayard de Martigna, vend en 1824 ses possessions de Rantechaux aux gens du village.

Plus généralement la région vit les péripéties de l'histoire de la Franche-Comté (le terme apparaît en 1366) : elle est libérée des Français à la fin du XVe siècle par le traité de Senlis et la Franche-Comté des Habsbourg, terre d'Empire, connaît un siècle de prospérité[8]. Administrativement Rantechaux faisait alors partie du bailliage d'Ornans, subdivision du bailliage du milieu ou bailliage de Dole. La guerre réapparaît de 1595 à 1598 (traité de Vervins), quand Henri IV déclare la guerre à l'Espagne et envahit la Franche-Comté, mais c'est surtout la Guerre de Dix Ans qui dévaste la région entre 1634 et 1644 : les exactions, la peste et la famine accompagnent cette tentative d'annexion de la province par la France. On estime que les deux tiers des Franc-Comtois sont morts pendant la guerre de Dix Ans[9] et le repeuplement se fera lentement avec des populations extérieures (Savoyards, Lorrains...) dans une Franche-Comté devenue française à la suite du traité de Nimègue en 1678.

Rantechaux vu depuis le village voisin d'Épenoy.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie de Rantechaux : installée dans l'ancien presbytère, elle conserve (curieusement ?) les signes religieux catholiques.

Liste des maires successifs[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Chantal Colisson    
mars 2008 2014 Arlette Patton[10]    
mars 2014 31 décembre 2015 Thierry Defontaine DVD Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Liste des maires délégués successifs[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
en cours Thierry Defontaine DVD Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[12],[Note 1].

En 2013, la commune comptait 183 habitants, en diminution de -3,68 % par rapport à 2008 (Doubs : 1,76 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
186 158 213 260 260 239 232 214 233
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
222 230 227 210 204 168 178 172 161
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
155 149 141 144 144 148 124 126 130
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2013
128 136 101 120 135 186 193 187 183
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Au début du XXIe siècle, la population (195 hab. en 2006) a retrouvé à peu près son niveau du début du XIXe siècle (213 hab. en 1806) : elle avait commencé à décliner dans les années 1880 (168 hab. en 1881) pour atteindre son point le plus bas en 1975 (101 hab.)[15]. De village agricole, Rantechaux est devenu un village résidentiel : de nouvelles familles avec des enfants se sont installées en construisant pour la plupart des maisons neuves, les parents les travaillant à l'extérieur, dans les bourgades des alentours.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église de Rantechaux (1863).
  • Église : Rantechaux possédait une chapelle médiévale sans doute reconstruite à la fin du XVIIe siècle après les dévastations de la guerre comme celle du village voisin d'Épenoy (église Saint-Renobert refaite en 1652) : son aménagement s'est poursuivi par l'installation de cloches en 1780[16]. Cette église était placée sous la dépendance de la paroisse d'Épenoy[17]. L'édifice ancien a été remplacé en 1863 par une église de style néogothique avec un clocher pointu.
  • Maisons : Au centre du village se trouvent des maisons de ferme construites aux XVIIIe et XIXe siècles dans le style caractéristique des fermes de Franche-Comté.

Économie et infrastructure[modifier | modifier le code]

Rantechaux était jusqu'à la fin du XXe siècle un village d'agriculteurs et d'éleveurs de bovins (vaches laitières de race montbéliarde pour la fabrication du comté) qui exploitaient aussi les forêts de résineux communales ou privées. Ces activités demeurent mais de plus en plus d'habitants sont employés dans les petites industries locales ou dans les villes des environs comme Pontarlier ainsi qu'au camp militaire de Vadahon.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Raymond Tournoux. (15 août 1914 aux Rousses - 23 novembre 1984 à Paris), inhumé à Rantechaux, pays de ses ancêtres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean COURTIEU, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, BESANÇON, CÊTRE,
  2. Il est inhumé dans la cathédrale de Lausanne [1]
  3. Née en 1397, elle meurt à Nozeroy le 14 mai 1445 à 54 ans et est ensevelie à Lons-le-Saunier, Recherches historiques sur les acquisitions des sires de Montfaucon et de la maison de Chalons dans le pays de Vaud, Baron de Gingins-La Sarraz, page 218 [2]e]
  4. Recherches historiques sur les acquisitions des sires de Montfaucon, page 224 [3]
  5. Histoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne ..., Volume 1, notes pages 144, 149 et 152 [4]
  6. En 1740 François Dunod de Charnage écrit « Cicon est une Terre à Château, située au Bailliage d'Ornans, qui avait de grandes dépendances mais qui est aujourd'hui peu considérable, et dépend elle-même du Château vieux de Villafans. L'on trouve dans les titres de l'Archevêché de Besançon, qu'elle en était mouvante ; c’était probablement un Fief offert comme celui de la Baronnie de Monfaucon. »Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne par François Dunod de Charnage, 1740 [5]
  7. 1697 Jean Froissard de Broissia, conseiller maître des requêtes au Parlement de Dole, obtint l'érection en marquisat de ses terres qui comprenaient le territoire de Rantechaux « Marquisat devenu titre de courtoisie dans une branche cadette de la famille de Froissard de Broissia » [6]
  8. https://books.google.fr/books?id=0o4vaI_8RN0C&pg=PA23&lpg=PA23&dq=histoire+ornans+haute+loue&source=bl&ots=UGjxqd3uOs&sig=uBgm95rkj7JevxS8nMC0qVupo7M&hl=fr&sa=X&ei=bG87T5mUJsja8AORvYSGCw&ved=0CGQQ6AEwCQ#v=onepage&q=histoire%20ornans%20haute%20loue&f=false
  9. « En 1644, 78 villages du bailliage de Dole sont vides », Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté, Volume 793 par Robert Chapuis [7]
  10. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .
  15. L'évolution du nombre d'habitants de Rantechaux [8]
  16. François Joseph BOURNEZ, Maître-fondeur et saintier de Morteau a fondu une cloche pour l'église de Rantechaux en 1780 [9]
  17. décret du 3 janvier 1813 in Dictionnaire raisonné de droit et de jurisprudence en matière civile ecclésiastique..., Volume 38 [10]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred Bouveresse, Histoire des villages du canton de Vercel (Doubs) (1979)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]