Rakija

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Rakija de prune de Bulgarie
Rakia C'est aussi la Boissons traditionnelle en Serbie

La rakia ou rakija (Albanais : raki, Bulgare : ракия; serbe cyrillique : ракија; roumain : rachiu; croate, slovène, serbe latin et bosnien : rakija) est une eau-de-vie obtenue par distillation de jus de fruits fermentés, très populaire à travers les Balkans et aussi alcool national en Bulgarie, Serbie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, en République de Macédoine, en Albanie et au Monténégro. Le nom a probablement comme origine le mot turc rakı, désignant les alcools distillés (et particulièrement le rakı).

Variétés[modifier | modifier le code]

Son degré d'alcool avoisine normalement les 40 %, mais certaines rakia produites localement peuvent atteindre les 55 à 65 %. La Prepečenica (en Serbe) est une rakia doublement distillée, dont la teneur en alcool peut parfois dépasser les 80 %.

Sa forme la plus commune, la сливова(slivova)(en serbe cyrillique) ou šljivovica, est produite à partir de prune[1], mais on en produit également à partir de raisins (eau-de-vie de vin), pêches, abricots, pommes, figues, et coings. La rakia de prune peut encore être mélangée après distillation avec d'autres ingrédients, tels des herbes, du miel, des griottes ou des noix. La rakia est une spécificité des pays du sud-est de l'Europe.

La rakia est normalement incolore (à moins que des herbes ou d'autres ingrédients y soient ajoutés). Quelques-unes des formes de rakia sont gardées dans des tonneaux en bois (chêne ou mûrier), ce qui leur confère un arôme spécifique et une couleur ambrée. On la boit généralement dans des verres de 3 à 5 cl (en Bulgarie les restaurants appellent « petite rakia » les verres de 5cl et « grande rakia » ceux de 10cl[réf. nécessaire]).

En Serbie[modifier | modifier le code]

En Serbie, la Rakija est en Serbie l'alcool roi, son nom lui a été donne du turc. Une légende serbe raconte que l'origine du nom viendrait, des hajduk serbe qui la nommèrent en turc pour se moquer des envahisseurs turc musulman qui avait succomber à la rakija malgres leur interdiction religieuse de consommer de l'alcool, la rakija est un signe d'hospitalité en Serbie[2]. Mais le plus probable est que la rakija existait bien avant l'arrivée des ottomans en Serbie. Il n'y a pas d’heure pour la consommer. Le matin, elle chauffe l'âme, réveille le corps[2]. A l'heure du repas, elle ouvre l’appétit, et termine le repas, pour bien digérer, puis bien dormir[2]. C’est un remède universelle, qui soulage à peu près tout : douleur dentaire Rakija, état grippal, douleurs musculaires, Rakija, réchauffer et en cataplasme, la rakija apaise les maux de gorge[2]. Il faut lui reconnaître ces vertus, notamment en raison de son fort pouvoir antiseptique[2].

En Serbie, il existe la plus grande variée de Rakija au monde, leur niveau d'alcool entre 20 et 60 degrés[2] :

  • La prune est la plus prisée la fameuse «šljivovica» serbe et d'ailleurs la plus célèbre dans les Balkans, en lieux de production Serbie Sumadija
  • La rakija de coing («dunja»), production en Serbie de l'Est.
  • de poire («kruška»),
  • la plus dangereuse car elle se boit comme du petit-lait, à base de miel et parfumée à la propolis la medika.
  • La plus thérapeutique est la «travarica», distillée avec des herbes de menthe, romarin, lavande, sauge ou absinthe,
  • de cerise,
  • de raison en deux version, la «loza»(version la plus forte de rakija, jusqu'a 60%) et la«komovica» utilisable en cataplasme pour les muscles meurtrie, à base de moût et de marc de raisin, souvent aromatisées avec des griottes ou des herbes. Production en Serbie, Pomoravlje
  • de noix,
  • de châtaigne,
  • d' églantine,
  • d'asperge,
  • de rose,
  • de figue,
  • d'olive,
  • d'aneth,
  • de pin,
  • de tournesol,

Le plus important pour la rakija est son origine, en Serbie, la plus part des paysans serbes ont leur alambic pour produire leur rakija[2]. Les rakijas industrielles sont très loin derrière en qualité par rapport aux productions artisanales des familles serbes[2]. Les paysans les plus amoureux de cet alcool le font vieillir dans des fûts de chêne ou de mûrier, par la suite la rakija produite peut rivaliser avec les cognacs ou armagnacs les plus fins[2]. La diaspora serbe a propagé la connaissance de cet alcool à travers le monde, aujourd'hui elle est connue de Belgrade à Toronto, une chaîne de bars à rakija design est devenue tendance[2].

Place dans la cuisine bulgare[modifier | modifier le code]

En Bulgarie, elle est communément servie en entrée avec de la salade Chopska ou une salade de concombre au yaourt (tarator), et des légumes au vinaigre (turshiya). La rakia greyana, est servie chaude et adoucie par du miel ou du sucre.

Usage rituel[modifier | modifier le code]

Bulgaria-Rakia-00.jpg

Même si les églises orthodoxes et catholiques des Balkans utilisent principalement le vin dans leurs rites eucharistiques, la rakia y est utilisée pour certains usages.

Lors d'une cérémonie funéraire dans les églises orthodoxe et catholique des Balkans, on offre par exemple aux visiteurs un morceau de pain (pogača) et un verre de rakia. Et avant de trinquer à la mémoire des disparus, la tradition veut que l'on répande sur le sol un peu de rakia avant de boire le reste.

Lors des cérémonies de mariage, le père du marié va de table en table pour offrir un verre de rakia à ses hôtes, en portant un toast au bonheur des nouveaux mariés. D'une manière générale, la rakia est offerte aux invités comme signe de bienvenue.

De la rakia chauffée dans de grandes bouilloires (kuvana ou greyana) est souvent servie aux visiteurs de diverses festivités de plein-air, en particulier les jours d'hiver. Cette préparation est similaire au vin chaud, des variétés de rakia moins fortes (ou diluées avec de l'eau) étant utilisées et servies avec du miel, du sucre et des épices.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Martin Votruba, « Slivovica / Slivovitz », Slovak Studies Program, University of Pittsburgh (consulté le 12 mai 2010)
  2. a b c d e f g h i et j « Serbie : petite histoire de la rakija, l'eau-de-vie qui réchauffe les Balkans », sur Geo.fr (consulté le 11 novembre 2018)