Rajahs blancs

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Armes du Royaume de Sarawak
Drapeau du Royaume de Sarawak (vers 1870)
Emplacement de Sarawak dans l'actuelle Malaisie.

Les Rajahs blancs[1] est le nom donné aux membres d'une dynastie qui a fondé et dirigé le Royaume de Sarawak de 1841 à 1946.

Le premier souverain fut l'Anglais James Brooke, il fut le premier à porter le titre indonésien de raja[2], qu'il ne faut pas confondre avec celui de "rajah" (roi) en usage en Inde. En effet, un raja en Malaisie et en Indonésie ne signifie pas un "roi" mais un seigneur qui peut être vassal d'un souverain plus important. C'est donc une erreur de certains biographes que l'emploi du terme Rajah, usité pour le désigner.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sarawak faisait d'abord partie du royaume de Brunei jusqu'à ce que James Brooke, qui devint le premier Raja blanc, ait reçu du Sultan de Brunei, un petit territoire en souveraineté. La dynastie royale des Brooke parvint par la suite à étendre ce territoire jusqu'à lui faire compter 124.450 km² (soit la quart de la France métropolitaine) en annexant de nombreuses parties du Brunei.

Le royaume a duré jusqu'en 1946.

Le système gouvernemental, 1841-1946[modifier | modifier le code]

Lors de l'arrivée de James Brooke à Sarawak, ce royaume était un pays vassal du Sultanat de Brunei.

Lorsqu'il parvint à contrôler, vers les années 1840, le territoire entourant Kuching, James Brooke en modifia et modernisa la gouvernance qui était auparavant gérée d'une façon traditionnelle selon les coutumes ancestrales du Brunei.

James Brooke, dans le but de réformer le gouvernement selon un système moderne, créa une administration de style occidental et pour la faire fonctionner fit venir un nombre réduit de sujets britanniques, dont quelques militaires.

Celui qu'on appelait désormais Raja James et ses successeurs continuèrent cette politique.

Il n'en conserva pas moins les traditions et les symboles des monarchies traditionnelles malaises, principalement celles qui donnaient au roi un pouvoir législatif et exécutif absolu.

James Brooke songea également au développement économique du pays et de sa dynastie en créant la Borneo Company Limited une compagnie à la fois commerciale et militaire. C'est ainsi que lors de la révolte des mineurs chinois, un des navires de la compagnie le vapeur Sir James Brooke aida à la reprise de Kuching.

Son successeur le Raja Charles forma une troupe de rangers formant la garde personnelle des Rajas blancs et chargée en même temps de la police et de l'expansion territoriale du royaume.

Cession du royaume au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle le Sarawak a été occupés par les forces japonaises, et les mouvements d'indépendance de l'Indonésie le Raja blanc Vyner Brooke se rendant compte que son royaume isolé ne serait pas capable de faire face aux nouvelles donnes de l'échiquier mondial, le céda au « Colonial Office » en échange d'une confortable rente pour lui et ses trois filles. Il était l'époux de Sylvia Brett, la petite-fille du révolutionnaire belge Sylvain Van de Weyer.

Cette cession ayant été signée en dépit de la Constitution, le neveu et successeur légitime au trône Anthony Brooke (1912-2011) s'opposa à l'annexion par la Couronne, de même que la majorité des membres autochtones du Conseil National, et insista pour que la population soit consultée. Il fut mis en cause quand Duncan Stewart, le deuxième gouverneur britannique au Sarawak, fut assassiné en 1949 par Rosli Dhoby (1932-1950) un activiste anti-cession, soutenant secrètement l'union avec l'Indonésie nouvellement indépendante. Cet assassinat discrédita le mouvement anti-cession et poussa Anthony a renoncer à son combat.

Des documents publiés en mars 2011[3] ont révélé que le gouvernement britannique savait qu'Anthony et le mouvement anti-cession n'étaient pas impliqués. Il avait cependant jugé préférable de ne pas le révéler. En 2013 le Haut-Commissariat Britannique en Malaisie présenta des excuses au nom de la Grande-Bretagne, coupant cours à toute mise en cause d'Anthony Brooke.

Souverains[modifier | modifier le code]

Nom Portrait Date de naissance Décès Mariages Droits de succession Note
James Brooke, Raja de Sarawak
(1841–1868)
HH James Brooke, Raja de Sarawak 29 avril 1803 11 juin 1868 officiellement célibataire et sans enfants il obtint Sarawak et le titre de Raja du Sultan de Brunei
Charles Brooke, Raja de Sarawak
(1868–1917)
HH Charles Brooke, Rajah of Sarawak 3 juin 1829 17 mai 1917 Margaret Alice Lili de Windt, dont il eut six enfants, dont trois survécurent. Elle est la sœur du célèbre explorateur Harry de Windt (1856-1933), qui fut aussi aide de camp de son beau-frère. Son oncle James le désigna comme successeur au trône
Charles Vyner Brooke
(1917–1946)
26 septembre 1874 9 mai 1963 Sylvia Brett, dont il eut trois filles fils du précédent

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Steven Runciman, The White Rajahs: A History of Sarawak from 1841 to 1946, Cambridge University Press, 1960
  • Ranee Margaret of Sarawak, My Life in Sarawak, Oxford, Oxford University Press, 2001.
  • Sylvia Brett, Lady Brooke, Queen of the Headhunters, 1970.
  • R.H.W Reece, The Name of Brooke: The End of White Rajah Rule in Sarawak, 1993.
  • Philip Eade, Sylvia, Queen of the Headhunters: A Biography of Lady Brooke, the Last Ranee of Sarawak, LOndres, Weidenfeld & Nicolson, 2007.
  • Koninklijk Genootschap voor Geslacht- en Wapenkunde, Nederlandse Genealogieen 11 (Chapter "Quast"), La Haye, 1996 (Concerne la famille Broek (Brooke)-De Wind)
  • M. R. H. Calmeyer, de Wind, de Windt, de Wint, Name, De Nederlandsche Leeuw, 1981, pag 23. Co -auteur. O. Schutte.
  • Gabrielle Wittkop, Les Rajahs blancs, éd. Presses de la Renaissance, 1986. Nouvelle édition 2009 aux éditions Verticales.
  • D.J.M. Tate: Rajah Brooke's Borneo, Falcon Press SDN BHD, Damansara Jaya, 1997
  • Lionel Crooson, Le Drogman de Bornéo, éditions du Pacifique, 2016.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La langue française accepte trois graphies de ce mot : raja, rajah ou radjah. Voir : Alain Rey (dir.), Le Robert, dictionnaire historique de la langue française, Paris, 20003, tome 3, p. 3075 : "RAJA, RAJAH ou RADJAH n. m. , d'abord raia (v. 1525, Voyage d'Antoine Pigapheta [Pigafetta]) puis raja (1638), rajah (1756) et radjah (1845)."
  2. En Indonésie le "Raja" et non le "Rajah" est le titre traditionnel des seigneurs territoriaux. Dans ce contexte, la graphie "rajas blancs" est donc préférable.
  3. The stabbed governor of Sarawak by Mike Thomson BBC News, 12 March 2012.