Radiographie du thorax

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Image A: Radiographie du thorax normale. Image B: image de pneumonie atypique (fièvre Q).

La radiographie du thorax est une technique d'imagerie médicale à base de rayons X permettant de diagnostiquer des pathologies atteignant ou retentissant sur le thorax et ses composantes : atteintes médiastinales, infections pulmonaires, pneumothorax, décompensation cardiaque, etc.

Données statistiques[modifier | modifier le code]

Il s'agit de l'un des examens radiologiques les plus pratiqués. En France, selon la Haute Autorité de santé (HAS) en 2006, 4,4 millions de radiographies de thorax ont été réalisés[1]sur une population de 63 millions de personnes[2].

Technique[modifier | modifier le code]

L'aspect technique de la radiographie du thorax se fonde sur la projection de rayons X à travers le corps pour atteindre une plaque de capture numérique ou un film[3].

Radiographie standard[modifier | modifier le code]

Pour obtenir une image de face, le patient se tient debout, la partie antérieure du tronc accolée à la plaque de capture et l'émetteur dans son dos. On parle alors de projection postéro-antérieure. Si le patient ne peut se mobiliser, il est possible de faire une capture dans son lit, la plaque de capture est alors placée dans le dos du patient. On parle alors de projection antéro-postérieure. Cette variante peut induire des erreurs à cause de la déformation apparente des organes due au changement de distance avec la plaque.

Radiographie de profil[modifier | modifier le code]

Pour obtenir une image de profil, le patient est nécessairement debout et c'est le côté gauche qui, par convention, est accolé à la plaque de capture.

Autres techniques[modifier | modifier le code]

Radiographie dédiée au pneumothorax[modifier | modifier le code]

Radiographie en expirium[modifier | modifier le code]

Techniquement, le patient est débout et effectue une expiration profonde et maintien cette expirium au moment ou le cliché est tiré.

En théorie, cette technique permet de mettre en évidence un pneumothorax. Une étude de 1996 s'est attachée à comparer la sensibilité et la spécificité de cette technique face à la radiographie standard. Aucune différence n'a pu être mise en évidence (sensibilité de 83 % et spécificité de 99 %)[4].

Radiographie en décubitus latéral gauche[modifier | modifier le code]

Théoriquement, la technique la plus sensible pour détecter un penumothorax est la radiographie en décubitus latéral gauche (patient positionné sur le flanc gauche)[5].

Cette affirmation se base sur une étude publié en 1999. Le "gold standard" dans cette étude était l'injection d'air entre les plèvre chez des cadavre. Cette étude est souvent citée[6] mais la technique décrite peu utilisé car techniquement compliqué et les preuve en clinique sont limité (une étude sur cadavre…)

Radiographie du gril costal ou thorax osseux[modifier | modifier le code]

Techniquement, il s'agit de mettre en évidence la partie osseuse du thorax, en modifiant l’exposition de la radiographie. L'indication est la mise en évidence de fracture de côte.

Si cette technique est très spécifique (100 %[7]), elle est peu sensible (15 %[7]). En pratique elle est moins utilisée que la radiographie standard en cas de suspicion de fracture costale et ce pour deux raisons :

  • on ne visualise pas le parenchyme pulmonaire et donc les complications de la fracture costale que sont l'hémothorax et le pneumothorax[8][réf. insuffisante], seul indication à un traitement ;
  • avec les radiographies numérisées, la modification de l'exposition et du contraste permette de « fabriquer » une « fenêtre osseuse »

La société américaine de radiologie (American College of Radiology[9]) dans un document nommée Critères de pertinence, de l'ACR (ACR Appropriateness Criteria), rédigé en 1999 et révisé en 2011, indique que la radiographie de gril costal est non appropriée avec un classement d'utilité de 2/10. Ces recommandations se basent notamment sur une étude qui a démontré que la prise en charge d'un patient avec ou sans fracture costal ne différait pas[10]

Indications[modifier | modifier le code]

Les indications pour une radiographie de thorax sont très nombreuses. C'est un examen peu irradiant, l'exposition moyenne est de 0,02 mSv soit l’équivalent de l'irradiation naturelle de 2,4 jours[11], à comparer avec l'irradiation d'un scanner qui est de 8 mSv soit la quantité d'irradiation naturelle subie pendant plus de 2 ans. Malgré cette relative innocuité, au vu de la répétition de cette examen au cours de la vie d'un individu, l'indication de cet examen doit être réfléchie.

Radiographie "de routine"[modifier | modifier le code]

La radiographie dite « de routine » est une radiographie effectuée sans indication, mais dans une situation particulière :

  • entrée à l'hôpital pour hospitalisation ;
  • entrée au soins intensifs (Suisse)/unité de réanimation (France)/Intensive care unit (ICU, international) ;
  • premier contact médical chez un interniste généraliste (Suisse).

Ces indications sont débattues et non entièrement tranchées[12] :

  • Pour : permet de diagnostiquer des pathologies indolentes, permet d'exclure ou d'affirmer une pathologie thoracique chez le patient. Cette radiographie est peu chère, peu irradiante[13], peu invasive, facile à réaliser (en comparaison du Ct-scann thoracique), l'interprétation est facile ;
  • Contre : Les pathologies mises en évidence par une radiographie standard peuvent aussi être mises en évidence lors de l'anamnèse ou d'autres examens[14], radiographie interprétée avec délais (dans une étude en Angleterre, les radiographies d'admission étaient interprétés le lendemain de leur réalisation)[15]. Une radiographie de routine ne change l'attitude que dans 3 % des cas si celle-ci n'a pas d'indication telle qu'une toux, un état fébrile, une dyspnée ou une hémoptysie[16].

Radiographie préopératoire[modifier | modifier le code]

Radiographie thoracique standard effectuée avant une opérations. Les recommandations actuelles sont de restreindre l'utilisation des cette examens aux patients suivants :

  • patient avec pathologie cardiaque ou respiratoire connue ;
  • patient de plus de 50 ans bénéficiant d'une opération d'un anévrisme de l'aorte abdominale, d'une opération abdominal haute ou thoracique.

Comme pour la radiographie de routine, la radiographie pré-opératoire est débattue :

  • celle-si modifie de manière marginale la prise en charge (entre 0.1 et 1% des cas)[17],[18].
  • elle conduit plus souvent à un diagnostic erroné qu'à un diagnostic relevant (un diagnostic pertinent pour deux diagnostics erronés)[17] ;
  • enfin le coût global d'une telle stratégie est exorbitant. Chaque cliché démontrant une pathologie influant le pronostic « coûte » entre 2 300 USD et 23 000 USD (entre 99 et 999 radiographies normales pour 1 radiographie influant la prise en charge soit une dépense de 100 à 1 000 x 23 $ pour trouver une pathologie pertinente)[19].

Indications par spécialité[modifier | modifier le code]

Indications pneumologiques (non exhaustives)[modifier | modifier le code]

  • Pneumonie :
    • diagnostic : une imagerie est nécessaire pour poser le diagnostic[20]. Il se base sur la présence d'un infiltrat alvéolaire ou bronchogramme aérique,
    • suspicion étiologique : une pneumonie lobaire est plus facilement bactérienne ; une lésion caverneuse apicale est suspecte de tuberculose ; un infiltrat diffus est suspect de pneumonie virale ;
    • complication : principalement l’épanchement pleural ;
    • évaluation de la sévérité : une pneumonie multi-lobaire étendue ou bilatérale indique, associée à d'autres critères (hypotension, hypoxémie, urémie), une mortalité plus élevée et nécessite une hospitalisation en soins intensifs[21] ;
  • Asthme
    • indication : la radiographie du thorax ne devrait être réalisée que chez les patients hospitalisés ou dont l'évolution aux urgences est peu favorable[22] ;
    • intérêt : recherche d'une cause à l'exacerbation asthmatique, par exemple infectieuse,
    • diagnostic différentiel d'une crise d'asthme notamment : dysfonction des cordes vocales[23] qui provoque plutôt une diminution des volumes pulmonaires ou le pneumothorax (tout à la fois diagnostic différentiel d'une dyspnée et complication potentielle d'une crise d'asthme[24]) ;
  • Broncho-pneumopathie chronique obstructive
    La radiographie de thorax n'est ni nécessaire ni recommandée en routine dans la bronchite chronique[25] :
    • suspicion diagnostique, une hyperinflation ne permet pas de poser le diagnostic mais de le suspecter. Une diminution de la trame bronchique au niveau des apex donne également un indice (présence de bulle d'emphysème),
    • dans l'exacerbation aiguë, recherche d'un foyer infectieux (mais la décision de mettre en place un traitement antibiotique ne devrait toujours reposer que sur la clinique (critère d'Anthonysen[26]) et non sur l'imagerie[25].

Indications cardiologiques[modifier | modifier le code]

Les diagnostics cardiologiques d'insuffisance cardiaque ou de décompensation cardiaque peuvent être évoqués, mais le diagnostic ne peut être posé sur la base de ce seul examen. De même un diagnostic étiologique ne peut être posé sur la base de l'imagerie radiologique[27][réf. insuffisante].

  • Insuffisance cardiaque :
    • cardiomégalie : sur une radiographie standard (debout, en antéro-posterieur), la taille du cœur en largeur dépassant la moitié de la taille des plages pulmonaires. La sensibilité par rapport à l'examen de référence qu'est l'échocardiographie est bonne[28],
    • signe de surcharge chronique avec une redistribution vasculaire (taille des vaisseaux se rendant aux apex pulmonaires de taille comparable à ceux se rendant au bases pulmonaire).

Ces deux signes on une sensibilité et une spécificité moyennes pour déterminer la présence d'une surcharge volémique et la diminution de la fonction ventriculaire gauche[29].

  • Décompensation cardiaque
    Ceux-ci sont souvent décrits, enseignés dans les facultés de médecine[30],[31],[32],[33] et en soins infirmiers[34]. La littérature qui sous-tend toutes ces descriptions est ancienne à très ancienne[35],[36].
    • Signe en faveur d'une décompensation du « cœur droit » :
      • épanchement pleural à droite, multifactoriel, peut être lié à la présence d'ascite sur congestion hépatique chronique ou à l'obstruction du retour veineux des bronches et des lymphatiques pulmonaires (ceux-ci, à cause de la surcharge ne pouvant se drainer dans les veines azygos et hémi-azygos[37]),
      • turgescence de la veine azygos : en cas de surcharge volémique on peut mesurer la veine azygos au-dessus de la bronche souche droite. Si celle-ci est facilement visible et fait plus de 10 mm dans sa petite section on peut en déduire une surcharge droite[38],
      • augmentation de la taille de l’oreillette droite et du ventricule droit (plus anecdotique) ;
    • Signe en faveur d'une décompensation du « cœur gauche » :
      • redistribution vasculaire ou céphalisation (terme employé dans les cultures anglo-saxonnes) : à une distance fixe du hile pulmonaire, la taille des vaisseaux partant en direction des apex pulmonaires (sommets des poumons) est de plus petite taille que les vaisseaux se dirigeant vers les bases si le cliché est pris en position debout, ceci par répartition « passive » du liquide.
        Si le volume de sang présent au niveau du poumon augmente (notamment si la fonction du ventricule gauche diminue), le sang « en plus » se répartira spontanement dans le compartiment le moins rempli, soit les vaisseaux se rendant vers les sommets. La sensibilité et la spécificité de cette description pour diagnostiquer l'insuffisance cardiaque gauche est bonne [39] mais insuffisante pour affirmer ou infirmer le diagnostic (la présence d'une redistribution augmente la probabilité près-test du diagnostic de trois fois, par comparaison, le dosage du BNP l'augmente de douze fois[40]).
      • œdème péri-bronchovasculaire :
      • turgescence hilaire,
      • ligne de Kerley,
      • épanchement pleural.

Analyse[modifier | modifier le code]

La radiographie du thorax est un examen grossier qui projette une structure 3D, le thorax et son contenu, sur une surface 2D. Malgré tout, il s'agit d'un examen extrêmement complet visualisant de nombreuses structures et permettant de détecter ou suivre d’innombrables pathologies.

Pour tirer un maximum d'informations de cet examen, une analyse scrupuleusement systématique est impérative. Elle se déroule toujours en deux parties : la « validation » de la radiographie par l'analyse technique puis l'analyse anatomique systématique.

Qualité technique[modifier | modifier le code]

La vérification de la qualité technique est la première étape de l'analyse d'une radiographie de thorax. En effet une radiographie de mauvaise qualité risque de compromettre la lecture et l’interprétation de l'examen et conduire à poser de mauvais diagnostics.

Identification[modifier | modifier le code]

La toute première étape est l'identification de l’examen : les « Nom, Prénom et âge » du patient doivent être indiqués sur l’examen. Il s'agit ensuite de vérifier que ces informations sont correctes.

Position[modifier | modifier le code]

Sur la plupart des radiographies modernes, une indication sur la technique est imprimée sur la radiographie (« debout », « couchée », « fait au lit » …). Lorsqu'on vérifie la technique de la radiographie, la vraisemblance de cette information doit être questionnée, ou la position de prise de la radiographie doit être déterminée si celle-ci n'y figure pas. L'information sur la position de prise de la radiographie est primordiale et conditionne l’interprétation de celle-ci (notamment l'analyse cardiovasculaire).

Position indication technique Éléments en faveur
Radiographie debout
  • cliché debout (incidence postéro-antérieure)
  • Présence d'une bulle gastrique : son absence ne signifie pas obligatoirement que le cliché est pris couché
  • Dégagement des omoplates : un patient couché ne dégagera pas ses omoplates et celles-ci se projetteront sur les champs pulmonaires.
Radiographie couchée
  • cliché couché (incidence antéro-postérieure)
  • fait au lit
  • fait à 30° (inclinaison du buste)

Absence d'éléments en faveur d'un cliché fait debout

Centrage[modifier | modifier le code]

On s'assurera d'observer le centrage du thorax en repérant la distance des extrémités des clavicules par rapport à la ligne des épines vertébrales. Si le patient n'était pas correctement placé sur la plaque, on remarquera que les clavicules ne sont pas équidistantes et on parlera alors d'obliquité. Celle-ci peut être droite ou gauche, antérieure ou postérieure. L’antériorité ou la postériorité est définie par la position de la plaque. Le côté est défini par le côté qui touche la plaque (récepteur). Ceci est important pour la localisation des éléments dans le parenchyme pulmonaire car ils seront déplacés selon l'obliquité.

Inspirium[modifier | modifier le code]

La vérification d'une inspiration optimale est primordiale. Une radiographie mal inspirée pourra montrer de multiples images pathologiques inexistantes dans la réalité par le jeu des surprojections et de la condensation pulmonaire. Plusieurs techniques sont utilisées, parmi lesquelles le comptage des arcs antérieurs des côtes qui doivent être au nombre de 5 (côtes entièrement visibles ne se surprojettant sur aucune structure extra-thoracique) ou le comptage des arcs postérieurs des côtes qui doivent être au nombre de 11[41]. Le dégagement des omoplates, c'est-à-dire la projection des omoplates en dehors du thorax, est également un signe d'inspirium optimal.

Exposition[modifier | modifier le code]

L'exposition du cliché est réglée soit manuellement par le technicien de radiologie, soit automatiquement par la mesure de la dose de radiations reçues par la plaque réceptrice. Une exposition optimale permet de voir le parenchyme sur l'intégralité des deux plages pulmonaires et de voir les corps vertébraux par transparence derrière la silhouette cardiaque.

Examen systématique anatomique[modifier | modifier le code]

L'ordre dans lequel les différents « systèmes » ou « groupes » anatomiques sont analysés n'a pas d'importance :

  • Le lecteur peut utiliser un « pense-bête » mnémotechnique (par exemple « ABCDEF » pour Airways, Bones, Cardiac silhoutte, Costophrenic angles, Diaphragm, Extrathoracic tissues, Fields (lung parenchyma)[42] ;
  • il peut se concentrer sur la pathologie ou la suspicion diagnostique indiquant l'examen ;
  • ou, enfin, il peut suivre un cheminement anatomique de la périphérie vers le centre selon l'ordre ci-dessous.

Tissus mou, extérieur du thorax[modifier | modifier le code]

Il s'agit en premier lieu d'observer tous les éléments qui se trouvent en dehors du thorax. Les éléments qui peuvent être observés et les pathologies en découlant sont les suivants :

Corps étranger[modifier | modifier le code]

Cette notion est à prendre au sens très large. Il s'agit de décrire les images radiologiques visualisées qui ne sont pas en rapport directe avec le patient (câble ECG, bijoux, fermeture éclair…). Une radiographie de qualité devrait comporter le moins possible de ces artefacts radio-opaques qui peuvent perturber la lecture de l'examen (il peut être difficile de distinguer le trajet d'une voie veineuse centrale lorsque la radiographie est « polluée » par de nombreux câbles).
La présence de ces « artefacts » peut également être un indice concernant l'état clinique du patient. Un patient instable du point de vue hémodynamique (hypotension, trouble du rythme cardiaque) sera maintenue sous surveillance ECG continue durant le cliché radiologique. On visualisera donc la présence des câbles sur le cliché.

Peau et tissus sous-cutanés[modifier | modifier le code]
  • Emphysème sous-cutané : présence de zone radiotransparente sous-cutanée (zone apparaissant en noir). Celui-ci peut avoir de multiples causes, la plus fréquemment décrite étant le pneumothorax[43]. La mise en place d'équipements (intubation oro-trachéale[44],[45] mise en place de trachéostomie[46]), la réalisation d'examen ou d'opération cervicale, thoracique ou abdominale[47] voire pelvien[48]. Des causes infectieuses peuvent aussi être évoquées telles que la gangrène gazeuse[49]. Pour l'anecdote, il existe un cas d'emphysème sous-cutané thoracique suite à une lacération par des ongles [50].
    Des causes « spontanées », non liées à un pneumothorax ou une lésion trachéale peuvent être (rarement) évoquées telles que les vomissements[51] et les éternuements[52],
  • Épaisseur du tissu sous-cutané : l'épaisseur du tissu sous-cutané, mesurée latéralement sur une radiographie de thorax devrait se situer entre 4 et 8 milimètres[53]. Ces données sont très anciennes (1946) et doivent être prises avec circonspection. Néanmoins, l'épaisseur du tissu sous-cutané thoracique donne une première idée de l'état nutritionnel d'un patient (cachexie versus obésité),
Étage abdominal[modifier | modifier le code]
  • Présence d'air sous les coupoles diaphragmatiques : elle se signale par une zone radio-transparente sous les coupoles diaphragmatiques et fait donc "apparaître" le diaphragme, entre la zone radio-transparente du parenchyme pulmonaire et celle de l'air libre sous les coupoles.
    Ce signe est visible dans environ 66 % des cas de perforation gastro-duodénale et dans environ 33 % des perforations de l'intestin grêle et du côlon. Cette sensibilité décroit si le patient a bénéficié d'une opération abdominale [54]. Une étude sur les traumatismes abdominaux a démontré que pour les pneumopéritoines de petite et de moyenne taille, la sensibilité de la radiographie est très inférieure à celle du scanner. Elle s'élève à 38 %[55]
    . En conclusion, la présence d'air libre abdominal sur une radiographie de thorax devrait rester une découverte fortuite et non l'indication pour la réalisation d'une radiographie. Dans le cas de douleurs abdominales, la radiographie change l'attitude du praticien dans 2 à 8 % des cas[56].
  • Dilatation des anses intestinales : synonyme d'obstruction intestinale, elle se signale par une image typique dit « en pile d'assiettes » pour l'iléus grêle[57] et par de larges « bulles » lorsqu'il s'agit d'une obstruction colique[58].

Cadre osseux[modifier | modifier le code]

il s'agit d'examiner l'ensemble des os présent sur une radiographie de thorax.

  • Colonne vertébrale : sur une radiographie de thorax de face, une partie importante de la colonne vertébrale peut être visualisée. On observe quelques vertèbres cervicales et l'ensemble des vertèbres thoraciques. chaque vertèbre doit être rapidemment observer en se focalisant sur sa radio-densité et sa hauteur. Les lésions que l'ont peut mettre en évidence sont  :
  • des troubles de la statique, particulièrement la scoliose (soit une courbure latérale de la colonne vertébrale associée à une rotation des corps vertébraux le long d'un axe vertical sur le plan horizontal). D'un point de vue clinique, le degré de scoliose, particulièrement de cyphoscoliose est lié de manière significative à l'altération des fonctions pulmonaires[59]. Elle se manifeste par un syndrome restrictif c'est-à-dire une réduction de la capacité vitale forcée. Celle-ci peut être corrigée par une ventilation non invasive[60]. Chez l'enfant, la scoliose congénitale peut entraîner des troubles du développement pulmonaire[61], mais la plupart du temps, a peu de conséquence sur le développement de l'enfant[62],
  • des fractures vertébrales pathologiques (secondaires à une néoplasie, une ostéoporose, une fracture de fatigue ou de stress) ou non, se manifestent notamment par la perte de hauteur du corps vertébral par rapport aux vertèbres présentes au-dessus et au-dessous. La sévérité d'une fracture peut être évaluée par le pourcentage de déformation de la vertèbre[63],
  • des troubles dégénératifs qui se manifestent par la triade classique de l'arthrose (présence d'ostéophytes, sclérose sous-chondrale, diminution de la hauteur des espaces inter-vertébraux[64]) ; les lésions se trouvent souvent localisées au niveau de la 5e vertèbre cervicale, de la 8e vertèbre thoracique et de la 3e vertèbre lombaire, endroit de la plus grande mobilité de la colonne[65] :
    • les spondylarthropathies,
    • la maladie de Forestier qui se manifeste par des ponts osseux ou « coulées osseuses » sur la face latérale droite des vertèbres[66]. Cette pathologie est la plupart du temps sans conséquence clinique mais peut se manifester par des dysphagies (troubles de la dégultition) ou de la dyspnée (difficulté à respirer)[67].
  • Arc costaux  : hormis leur dénombrement en tant que critère de qualité de l'inspirium de la radiographie, l'analyse des arc postérieur, latéral et antérieur permet parfois de mettre en évidence des atteintes osseuses. Dans tout les cas mais plus particulièrement en cas de traumatisme avéré ou supposé, de dyspnée ou de néoplasie connue, l'examinateur se focalisera rapidement sur les corticales des côtes postérieures puis latéral. Les arc antérieur, situé loin de la plaque dans un cliché "classique" sont moins nette et beaucoup plus difficile d’interprétation. les lésion que l'ont peu observer sont  :
    • des fractures costales se manifestant par une perte de continuité des corticales.
      • fracture traumatique : La radiographie de thorax n'est pas l'examen de choix. Par contre la présence de fracture visible sur la radiographie prédit mieux que le scanner le risque d'insuffisance respiratoire [68].
      • fracture pathologique : comme pour les vertèbres, les côtes peut présenter des fractures pathologiques soite sur metastase ostélytique[69] ou condescendante soite sur ostéoporose(lié à l'age[70], lié à l'exposition à la radiothérapie en cas de cancer du poumon[71])
  • Atteinte chondral : des atteinte du thorax cartilagineux existe (tumeur[72], infection[73], inflammation). La radiographie de thorax ne peut mettre en évidence que les calcifications liées à l'age, en général bénignes. Cette osification progressive du cartilage costal est régulière au cours de la vie et à même été proposé comme méthode pour donner un age lors de la découverte d'un squelette[74].

Contour du thorax non osseux, diaphragme et plèvre[modifier | modifier le code]

Médiastin et hiles[modifier | modifier le code]

Silhouette cardiaque et arcs vasculaires[modifier | modifier le code]

Parenchyme pulmonaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.has-sante.fr, MEDEC mars 2009
  2. www.vie-publique.fr ; recensement 2006
  3. (en) Rajat Chowdhury, Radiology at a Glance,‎ 2010, p. 10-11
  4. (en) Seow A, Kazerooni EA, Pernicano PG, Neary M. « Comparison of upright inspiratory and expiratory chest radiographs for detecting pneumothoraces » AJR Am J Roentgenol. 1996 Feb;166(2):313-6.
  5. (en) Carr JJ, Reed JC, Choplin RH, Pope TL Jr, Case LD. « Plain and computed radiography for detecting experimentally induced pneumothorax in cadavers: implications for detection in patients » Radiology 1992;183(1):193
  6. PMID 1549671
  7. a et b (en) Griffith JF, Rainer TH, Ching AS, Law KL, Cocks RA, Metreweli C. « Sonography compared with radiography in revealing acute rib fracture » AJR Am J Roentgenol. 1999 Dec;173(6):1603-9.
  8. Bansidhar BJ, Lagares-Garcia JA, Miller SL. « Clinical rib fractures »
  9. http://www.acr.org/
  10. (en) Davis S, Affatato A. « Blunt chest trauma: utility of radiological evaluation and effect on treatment patterns » Am J Emerg Med. 2006 Jul;24(4):482-6.
  11. (en) U.S. Food and Drug Administration (adapted from a report of the European Commission)
  12. (en) A.C. Mehta, A.-P. Chua, F. Gleeson, M. Meziane « The debate on CXR utilization and interpretation is only just beginning: A Pro/Con Debate » Respirology 15 (2010), p. 1152–1156
  13. (en) « Radiation hazards protection » Farr PF, Allisy-Roberts PJ, Physics for Medical Imaging. Saunders, London, 1998; 148–82
  14. (en) E. Gomex-Gil, A. Trilla, B. Corbella, E. Fernandez-Egea, P. Luburich, J. de Pablo et al. « Lack of clinical relevance of routine chest radiography in acute psychiatric admissions » Gen Hosp Psychiatry 24 (2002), p. 110–113
  15. (en) Nayak S, Lindsay KA., « Evaluation of the use of the X-ray department with regard to plain chest radiography on acute general medical admissions in the context of recently introduced UK guidelines », Emerg Radiol., vol. 10, no 6,‎ 2004, p. 314-7. (PMID 15278713)
  16. (en) Verma V, Vasudevan V, Jinnur P, Nallagatla S, Majumdar A, Arjomand F, Reminick MS., « The utility of routine admission chest X-ray films on patient care », Eur J Intern Med., vol. 22, no 3,‎ 2011, p. 286-8. (PMID 21570649, DOI 10.1016/j.ejim.2010.12.007)
  17. a et b (en) Thomas G. Tape, Alvin I. Mushlin « How useful are routine chest x-rays of preoperative patients at risk for postoperative chest disease? » Journal of General Internal Medicine 1988;3(1):15-20. PMID 3339483
  18. (en) Archer C, Levy AR, McGregor M. « Value of routine preoperative chest x-rays: a meta-analysis » Can J Anaesth. 1993;40(11):1022-7.
  19. (en) Archer C, Levy AR, McGregor M « Value of routine preoperative chest x-rays: a meta-analysis » Can J Anaesth. 1993;40(11):1022.
  20. Texte de consensus de l'IDSA/ATS (Infectious Diseases Society of America and the American Thoracic Society)
  21. (en) critère ATS/BTS mineure : http://www.thoracic.org
  22. (en) Findley LJ, Sahn SA. « The value of chest roentgenograms in acute asthma in adults » Chest 1981;80(5):535-6.
  23. (en) Vasudev M. « Evaluation of paradoxical vocal fold motion » Ann Allergy Asthma Immunol. 2012;109(4):233-6. DOI:10.1016/j.anai.2012.07.006
  24. (en) Karakaya Z, Demir S, « Bilateral spontaneous pneumothorax, pneumomediastinum, and subcutaneous emphysema: rare and fatal complications of asthma » Case Rep Emerg Med, 23 décembre 2012 [lire en ligne]
  25. a et b www.goldcopd.org
  26. (en) Anthonisen NR, Manfreda J, Warren CP, Hershfield ES, Harding GK, Nelson NA. « Antibiotic therapy in exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease » Ann Intern Med. 1987;106(2):196-204.
  27. (en) 2009 Focused Update: « ACCF/AHA Guidelines for the Diagnosis and Management of Heart Failure in Adults », AHA, 2009
  28. (en) Gollub MJ, Panu N, Delaney H, Sohn M, Zheng J, Moskowitz CS, Rademaker J, Liu J. « Shall we report cardiomegaly at routine computed tomography of the chest? » J Comput Assist Tomogr. 2012;36(1):67-71. DOI:10.1097/RCT.0b013e318241e585
  29. (en) Badgett RG, Mulrow CD, Otto PM, Ramírez G « How well can the chest radiograph diagnose left ventricular dysfunction? » J Gen Intern Med. 1996;11(10):625.
  30. http://www.radiologyassistant.nl/en/p4c132f36513d4
  31. http://umvf.univ-nantes.fr/cardiologie-et-maladies-vasculaires/enseignement/cardio_250/site/html/cours.pdf
  32. http://www-sante.ujf-grenoble.fr/sante/CardioCD/cardio/chapitre/407.htm
  33. http://www.chups.jussieu.fr/polys/radiologie/poumon/RadioPoumonSyndrome.pdf
  34. http://www.soins-infirmiers.com/insuffisance_cardiaque.php
  35. (en) M. Simon « The pulmonary vessels in incipient left ventricular decompensation » Circulation 1961;24:185-190.
  36. (en) Harrison M.O., Conte P.J., Heitzman E.R. « Radiological detection of clinically occult cardiac failure following myocardial infarction » Br J Radiol. 1971; 44:265-272.
  37. Keith Lean Moore, Arthur F. Dalley. Anatomie médicale : aspects fondamentaux et applications cliniques, De Boeck Supérieur, 2001
  38. (en) M Pistolesi, E N Milne, M Miniati and C Giuntini. « The vascular pedicle of the heart and the vena azygos. Part II: Acquired heart disease », July 1984 Radiology 1984;152:9-17.
  39. (en) Badgett RG, Mulrow CD, « How well can the chest radiograph diagnose left ventricular dysfunction? » J Gen Intern Med. 1996 Oct;11(10):625-34. PMID 8945695
  40. (en) Knudsen CW, Omland T. « Diagnostic value of B-Type natriuretic peptide and chest radiographic findings in patients with acute dyspnea » Am J Med. 2004;116(6):363. PMID 15006584
  41. (en) Rajat Chowdhury, Radiology at a Glance,‎ 2010, p. 26-27
  42. http://www.medicalmnemonics.com/pdf/2002_06_pack_unabr_a4.pdf
  43. (en) http://www.uptodate.com/contents/primary-spontaneous-pneumothorax-in-adults?detectedLanguage=en&source=search_result&translation=pneumothorax&search=pneumothorax&selectedTitle=1%7E150&provider=noProvider#H7
  44. (en) Lin HC, Yen TA, Wu ET, Wang CC. « Conservative management of a 13-year-old boy with postintubation tracheal injury » J Formos Med Assoc. 2013.
  45. (en) Di Giacinto I, Adversi M, Pigna A, Garroni M, Melotti RM. « Pharyngeal mucosal injury associated with subcutaneous emphysema caused by Laryngeal Tube » Minerva Anesthesiol. 2013.
  46. (en) Gupta P, Modrykamien A. « Fatal Case of Tension Pneumothorax and Subcutaneous Emphysema After Open Surgical Tracheostomy » J Intensive Care Med. 2013.
  47. (en) Souche R, Bouyabrine H, Navarro F. « Subcutaneous emphysema of thorax, neck and face after elective left colectomy: A case report » Int J Surg Case Rep. 2013;4(5):489-92.
  48. (en) Barnard J, Westenberg A, van Rij S. « Subcutaneous emphysema of the neck following radical prostatectomy » ANZ J Surg. 2013;83(4):287-8.
  49. (en) O'Rourke J, Fahy C, Donnelly M. « Subcutaneous emphysema at the site of central line placement due to the haematogenous spread of Clostridium septicum » Eur J Anaesthesiol. 2003;20(2):162-3.
  50. (en) Kantelberg C, Meyer C, Harland U. « Benign subcutaneous emphysema after nail penetration : Case report and important differential diagnoses » Unfallchirurg. 2013.
  51. (en) S. Shanbagavalli et Santosh Kumar « A case of subcutaneous emphysema following post-operative vomiting » Indian J Anaesth. 2013;57(2):214–215.
  52. (en) Law ST, Wong KC, Tse CF. « Cervical subcutaneous emphysema and pneumomediastinum after sneezing » Hong Kong Med J. 2013 Apr;19(2):188.e3-4.
  53. (en) Comstock GW, Livesay VT. « Subcutaneous fat determinations from a community-wide chest X-ray survey in Muscogee county, Georgia » Ann N Y Acad Sci. 1963 Sep 26;110:475-91.
  54. (en) Billittier AJ, Abrams BJ. « Radiographic imaging modalities for the patient in the emergency department with abdominal complaints » Emerg Med Clin North Am. 1996 Nov;14(4):789-850
  55. (en) Stapakis JC, Thickman D. « Diagnosis of pneumoperitoneum: abdominal CT vs. upright chest film » J Comput Assist Tomogr.1992 Sep-Oct;16(5):713-6.
  56. (en) Kellow ZS, MacInnes M « The role of abdominal radiography in the evaluation of the nontrauma emergency patient » Radiology. 2008;248(3):887.
  57. Charles Becciolini « L’obstruction intestinale » Forum Med Suisse9 juillet 2003
  58. netter Images
  59. (en) McMaster MJ, Glasby MA, Singh H, Cunningham S, "Lung function in congenital kyphosis and kyphoscoliosis" J Spinal Disord Tech. 2007;20(3):203
  60. (en) Chebbo A, Tfaili A, Jones SF. « Hypoventilation syndromes » Med Clin North Am. 2011 Nov;95(6):1189-202
  61. (zh) Ran H, Zhi-hong W, Jiang-na H, « Scoliosis on pulmonary function » Zhongguo Yi Xue Ke Xue Yuan Xue Bao. 2011 Feb;33(1):102-6. doi: 10.3881/j, abstract en anglais, article en mandarin
  62. (en) Weinstein SL, Dolan LA, Spratt KF, Peterson KK, Spoonamore MJ, Ponseti IV. « Health and function of patients with untreated idiopathic scoliosis: a 50-year natural history study » JAMA. 2003;289(5):559-67
  63. (en) Genant HK, Wu CY, van Kuijk C, Nevitt MC. « Vertebral fracture assessment using a semiquantitative technique » J Bone Miner Res. 1993;8(9):1137-48
  64. (en) Kenneth C Kalunian, MD. « Diagnosis and classification of osteoarthritis » UpToDate.com Jun 2013
  65. (en) Moskowitz RW, Holderbaum D. « Clinical and laboratory findings in osteoarthritis » Arthritis and Allied Conditions Koopman WJ (Ed), Williams & Wilkins, Baltimore 2001. p. 2216
  66. (en) Mihra S. Taljanovic, Tim B. Hunter. « Imaging Characteristics of Diffuse Idiopathic Skeletal Hyperostosis With an Emphasis on Acute Spinal Fractures: ReviewRead » AJR Integrative Imaging, 2009 Sep;193
  67. (en) Verlaan JJ, Boswijk PF, de Ru JA, Dhert WJ, Oner FC. « Diffuse idiopathic skeletal hyperostosis of the cervical spine: an underestimated cause of dysphagia and airway obstruction » Spine J. 2011;11(11):1058-67
  68. Livingston DH, Shogan B, John P, Lavery RF, "CT diagnosis of Rib fractures and the prediction of acute respiratory failure", J Trauma. 2008, volume 64(4), page 905-11
  69. Lamy P, Anthoine D, Dillon JC, Rebeix G, "NEOPLASTIC COSTAL OSTEOLYSIS", J Fr Med Chir Thorac, janvier 1964, volume 18 p.109-21.
  70. Hanak V, Hartman TE, Ryu JH, "Cough-induced rib fractures",Mayo Clin Proc. juillet 2005,volume 80(7) p.879-82
  71. Nambu A, Onishi H, Aoki S, Tominaga L, Kuriyama K, Araya M, Saito R, Maehata Y, Komiyama T, Marino K, Koshiishi T, Sawada E, Araki T, "Rib fracture after stereotactic radiotherapy for primary lung cancer: prevalence, degree of clinical symptoms, and risk factors", BMC Cancer, février 2013, volume 13
  72. Mendelson G, Mendelson H, Horowitz SF, Goldfarb CR, Zumoff B. "Can (99m) technetium methylene diphosphonate bone scans objectively document costochondritis?" Chest. 1997; volume 111(6) page 1600-1602
  73. Sakran W, Bisharat N, "Primary chest wall abscess caused by Escherichia coli costochondritis", Am J Med Sci. septembre 2011, volume 342(3), pages 241-6
  74. Rejtarová O, Hejna P, Soukup T, Kuchar M, "Age and sexually dimorphic changes in costal cartilages. A preliminary microscopic study", Forensic Sci Int, décembre 2009 volume 15, pages 72-8

Voir aussi[modifier | modifier le code]