Radio Caraïbes International

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Radio Caraïbes International

Présentation
Pays Drapeau de la France France
Siège social Fort-de-France
(Martinique, France)
Propriétaire Groupe RCI
Slogan « RCI, c'est la vie ! »
Langue Français et créole
Statut Radio généraliste locale privée
Site web http://rci.fm/
Différents noms Radio Caribbean International (1960-1974)
Historique
Création 1960
Sanction 2018 : condamnation en appel pour harcèlement moral et sexuel d'une journaliste
Diffusion hertzienne
AM Non Non
FM Oui Oui : Martinique et Guadeloupe
RDS Oui Oui : R C I
DAB+ Non Non
Satellite Oui Oui
Diffusion câble et Internet
Câble Oui Oui
ADSL Non Non
Podcasting Oui Oui

RCI, sigle de Radio Caraïbes International, première radio des Antilles françaises en termes d'audience, est une radio généraliste commerciale qui présente deux programmes aux Antilles, un pour la Martinique et un pour la Guadeloupe.

Historique[modifier | modifier le code]

1960-1963 : les débuts de la station[modifier | modifier le code]

Radio Caraïbes Internationale (RCI) est créée en 1960 à Sainte Lucie, par Michel Ferry[1].

À l'origine, RCI émet en ondes moyennes et en langue française à destination de la Martinique.

Jean-Michel Leulliot et Maryse Gildas (animatrice à Europe1) font partie de l'équipe initiale de Michel Ferry[2],[3].

En 1963, Michel Ferry cède Radio Caraïbes International au Groupe anglais Rediffusion, qui exploitait des stations de radio dans les colonies britanniques[1].

1967-1978 : changement de propriétaire puis revente à nouveau[modifier | modifier le code]

En 1967, Rediffusion cesse (pour des raisons économiques) l'exploitation de RCI devenue Radio Carribean International[1] puis, en 1975, cède les actifs de la société à Guy Noël, un français qui redémarre l'exploitation de la station avec des moyens très réduits[1].

L'antenne est alors partagée entre des émissions de langue française pour une durée journalière de treize heures et demie, et des émissions de langue anglaise pour une durée de cinq heures et demie[1].

En 1978, Guy Noel vend la station à deux publicitaires français : Robert Augier, de la Compagnie européenne de publicité, et M. Dauphin, des Affichages Dauphin[4] .

1979-1980 : déménagement de l'équipe, développement de la station[modifier | modifier le code]

En 1979, RCI est la première station des Antilles Françaises à émettre en FM stéréo depuis le site de Ti Rocher à Sainte Lucie et reprends les actifs de Radio Jumbo afin d’émettre en Guadeloupe[1].

Les nouveaux propriétaires mettent en place un plan de développement de la station avec l'installation de studios à Fort de France où sont transférés la rédaction (à l'époque trois journalistes), puis en septembre 1980, l'ensemble de l'équipe de langue française à la suite de l'autorisation de mise en place d'une liaison hertzienne entre les studios de Fort de France et ceux de Castries[réf. nécessaire].

Sur le plan juridique, l'ensemble est alors structuré : d'une part, en une société de droit français, fournisseur exclusif de programmes, la Compagnie Antillaise de programmes audiovisuels, d'autre part, en une société de diffusion de droit Saint-Lucien, titulaire de l'autorisation d'émission, Radio Caribbean[réf. nécessaire].

Cette même année, Radio Caribbean reprend les actifs de Radio Jumbo (dont son autorisation d'émettre dans l'île de la Dominique) et la Compagnie Antillaise de Programmes Audiovisuels installe un studio à Pointe à Pitre.

1979 voit aussi le ouragan David ravager la partie centrale des Petites Antilles et détruire en totalité le système d'émission en Dominique. Les émissions de la Dominique vers la Guadeloupe, à partir des studios à Pointe à Pitre, reprennent en avril 1980.

1980-1983 : nouvel actionnariat[modifier | modifier le code]

En 1980, constitution d'une Société de régie avec Havas Dom et Régie No 1, Régie Caraïbes No 1. L'ouragan Allen détruit la totalité du système d'émission à Sainte Lucie, au mois d'août de la même année.

En mai 1982, la Société Financière de Radiodiffusion (SOFIRAD) qui gérait les participations de l'État dans l'audiovisuel privé acquiert l'ensemble constitué par Radio Caribbean, la Compagnie Antillaise de Programmes Audiovisuels et Régie Caraïbes no 1[5].

Le 13 novembre 1983, une bombe détruit la totalité des studios de RCI Guadeloupe à Pointe à Pitre[6],[7].

1986-1989 : nouveaux développements et changements de statut[modifier | modifier le code]

En 1986, Radio Caribbean commence l'exploitation d'une Station de langue anglaise émettant en F.M. sur Sainte Lucie.[réf. nécessaire]

À cette époque, l'ensemble comporte donc trois Stations :[réf. nécessaire]

  • une Station de langue anglaise émettant en F.M. sur Sainte Lucie,
  • une Station émettant en A.M. et F.M. à destination de la Guadeloupe depuis des studios installés à Gosier,
  • une Station émettant en A.M. et F.M. à destination de la Martinique depuis des studios installés à Fort de France.

En juillet 1987, dans le cadre des opérations préalables à la cession des Stations radiophoniques par la SOFIRAD, l'ensemble subit les modifications suivantes :

  • les licences d'émission en langue française détenues par Radio Caribbean font l'objet d'une demande de transfert à de nouvelles entités de diffusion à la Dominique et à Sainte Lucie,
  • la société de programmes - Compagnie Antillaise de Programmes Audiovisuels - n'exerce plus son activité que pour les émissions destinées à la Martinique en F.M.
  • une nouvelle société de programmes - la Société Guadeloupéenne de Programmes Audiovisuels - SOGPA SA, Société Anonyme au capital de 300 000 Francs dont le nom commercial est RCI GUADELOUPE, est constituée à Pointe à Pitre et diffuse des émissions à destination de la Guadeloupe en F.M.[réf. nécessaire]

Le 29 avril 1988, l'ensemble CAPA SA et SOGPA SA est cédé à des investisseurs métropolitains et antillais. RCI est le premier médium majeur des Antilles dont le capital est partagé entre capitaux d'origine métropolitaine et capitaux d'origine antillaise.[réf. nécessaire]

En décembre 1988, la Société Guadeloupéenne de programmes audiovisuels est augmenté ouvre son capital à de nouveaux partenaires guadeloupéens.[réf. nécessaire]

Les Sociétés CAPA SA et SOGPA SA ont poursuivi une politique commune de développement avec la création de :

  • RCI Saint Martin - Nord Communication, SNC crée la seule Station de langue française dans cette île au nord de l'archipel guadeloupéen et diffuse le programme RCI 2 à Saint Martin, Saint Barthélemy,  Montserrat,  Antigue, la Guadeloupe et la Martinique. RCI a cessé sa diffusion au profit dune franchise NRJ.
  • EDIMART, Société d'édition musicale,
  • CAPA SA - RCI Martinique détient à parité avec SOGPA SA - RCI Guadeloupe, la totalité du capital de deux SARL, Somatel (Société Martiniquaise de Télévision) et Soguatel (Société Guadeloupéenne de Télévision) qui ont préparé le dossier de candidature de TCI Martinique et TCI Guadeloupe et possèdent les participations du Groupe RCI dans le capital de TCI Martinique , TCI Guadeloupe et Télé Caraïbes No 1.

1989-2009 : arrivée de Hervé Bourges, ouragan Hugo et mouvements sociaux[modifier | modifier le code]

Le 28 septembre 1989, Hervé Bourges est nommé président de la SOFIRAD[8].

Le 22 septembre 1989, l'ouragan Hugo ravage la Guadeloupe. RCI est plébiscitée car c'est le seul média qui est resté actif et a pu informer la population[9].

Du 23 au 30 mars 2009, de forts mouvements sociaux interrompent l'activité de RCI, au sujet de l'accord Bino[10],[11].

2018-2019 : condamnation judiciaire pour harcèlement moral et sexuel[modifier | modifier le code]

La cour d'appel de Basse-Terre confirme, le [12], le jugement du conseil de prud'hommes de Pointe-à-Pitre du 24 [13], condamnant RCI pour faits de harcèlement moral commis dans les années 2010 à l'encontre d'Ingrid Sénat, journaliste de la rédaction guadeloupéenne de la station, par Daniel Marival, directeur délégué, Thierry Fundere, directeur de la rédaction, et Warren Chingan, journaliste jusqu'en 2017[14],[15]. Le jugement d'appel reconnaît également le harcèlement sexuel dénoncé par la salariée comme étant établi[16].

Réagissant à cette condamnation, José Anelka, directeur général du groupe, qualifie le procès de « fake » et renvoie aux « spécificités locales dans les rapports entre les femmes et les hommes », avant d'outrager la journaliste reconnue comme victime par la justice : « Mme Sénat est la seule personne qui se fait sauter dans la rédaction... Vous pouvez dire que Mme Sénat est la seule journaliste qui se fait prendre sur les bords des tables à la rédaction », déclare-t-il à Mediapart[15].

Le , RCI licencie Ingrid Sénat pour faute grave. Dans une lettre de six pages, José Anelka l'accuse d'avoir harcelé moralement une collègue de travail et d'avoir fait preuve d'insubordination. Le Conseil de prud'hommes de Pointe-à-Pitre, saisi par Ingrid Sénat, échoue à concilier les parties le . Une seconde audience est prévue le [17].

Identité de la station[modifier | modifier le code]

[modifier | modifier le code]

Logo de RCI en 2017

Propriétaire[modifier | modifier le code]

Les sociétés Somatel et Soguatel ont cessé leur activité avec l’arrêt de TCI Martinique et de TCI Guadeloupe. La société Edimart poursuit son activité avec les éditions musicales. Les sociétés CAPA SA ET SOGPA SA ont changé leur dénomination sociale en 1998 pour devenir respectivement :[réf. nécessaire]

  • RCI Martinique,
  • RCI Guadeloupe,

La société Nord Communications exploite depuis 1997 sous franchise NRJ, une radio dans chaque île :

  • NRJ Martinique
  • NRJ Guadeloupe

Capital[modifier | modifier le code]

RCI appartient à 100 % au groupe Radio Caraïbes International qui possède aussi la radio NRJ Antilles et la station Bel Radio, destinée aux seniors[note 1].

Personnel de la station[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Radio Caraïbes international est une filiale du groupe RCI dont le président est Jean-Max Elizé depuis le 6 octobre 2016, la directrice générale est Alexandra Elizé depuis janvier 2020[réf. nécessaire]

Animateurs ayant travaillé à RCI[modifier | modifier le code]

Diffusion[modifier | modifier le code]

RCI utilise la modulation de fréquence pour diffuser ses programmes en Martinique et en Guadeloupe. Elle émettait autrefois en Guyane mais les fréquences accordées alors ont été reprises par NRJ Guyane.

Audience[modifier | modifier le code]

En Martinique, RCI réalise une audience cumulée de 46,2 % pour une part d'audience de 45,5 %. Sur la Guadeloupe, la station est créditée d'une audience cumulée de 50,9 % pour une part d'audience de 48,5 %. Sur la Martinique et la Guadeloupe, les radios du groupe RCI sont tous les jours écoutées par plus de 400 000 antillais de plus de 13 ans (Médiamétrie Métridom SN 2017)[source insuffisante].

Annexes[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. La station Bèl'Radio, destinée aux seniors, a une programmation musicale entièrement composée de musique caribéenne des années 1970, 1980 et 1990.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « SchooP | La mémoire de la FM > Histoire des radios - www.schoop.fr », sur www.schoop.fr (consulté le 15 juin 2020)
  2. a et b « André Berthon, mémoire de RCI (Radio Caraïbes International) », sur Montray Kréyol, (consulté le 15 juin 2020)
  3. a et b « HR / Maryse », sur radios.peuleux.eu (consulté le 15 juin 2020)
  4. « RADIO-CARAÏBES INTERNATIONAL CHANGE DE PROPRIÉTAIRE », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  5. « M. J. MACHUROT, DIRECTEUR-ADJOINT DE LA SOFIRAD DEVIENT PRÉSIDENT DE RADIO-CARAÏBES INTERNATIONAL », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  6. « TROIS NOUVELLES INCULPATIONS EN GUADELOUPE », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  7. « POINTE-A-PITRE : un indépendantiste reconnait sa participation à un attentat. _ », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  8. « La politique audiovisuelle extérieure de la France M. Hervé Bourges est nommé président de la SOFIRAD », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  9. « Guadeloupe : Hugo, hélas... Face aux ravages provoqués par le cyclone, les sinistrés n'attendent pas tout de la métropole : ils organisent l'entraide », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  10. « Grève à Radio Caraïbes International », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  11. « Fin de la grève à Radio Caraïbes », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  12. « Guadeloupe. Harcèlements à RCI : En appel le tribunal a confirmé et a alourdi la condamnation de la direction de la radio », Caraib Creole News (CCN) / L'actualité de Guadeloupe, Martinique et de la Caraïbe,‎ (lire en ligne, consulté le 3 juillet 2018)
  13. « Guadeloupe. Affaire des harcèlements : RCI très lourdement condamnée ! », Caraib Creole News (CCN) / L'actualité de Guadeloupe, Martinique et de la Caraïbe,‎ (lire en ligne, consulté le 3 juillet 2018)
  14. « RCI : Des responsables de la radio condamnés en appel pour harcèlement moral, des faits de harcèlement sexuel sont constatés », Guadeloupe La Première - France info,‎ (lire en ligne, consulté le 3 juillet 2018)
  15. a et b Louise Fessard, « Violences sexuelles: les médias concernés peinent à réagir », Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 3 juillet 2018)
  16. Louise Fessard, « Radio Caraïbes International condamnée pour harcèlement sexuel », sur Mediapart (consulté le 16 juin 2020)
  17. Louise Fessard, « En Guadeloupe, la radio RCI licencie une journaliste, victime de harcèlement sexuel et moral », sur Mediapart (consulté le 15 février 2019)
  18. « Bataille pour un marché », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2020)
  19. « La Radio », sur RCI, (consulté le 15 juin 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Berthon, RCI Radio Caraïbes Carnets Secrets, Paris, Caraïb-Editions, , 276 p. (ISBN 978-2-37311-001-2, lire en ligne), A travers un demi-siècle de l'histoire secrète de Radio Caraïbes International, c'est une page de l'histoire des Antilles que raconte l'auteur, avec autant de révélations que d'anecdotes savoureuses (quatrième de couverture)

Liens externes[modifier | modifier le code]