Radiall

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Radiall
logo de Radiall

Création 1952
Fondateurs Yvon Gattaz et Lucien Gattaz
Forme juridique Société anonyme
Slogan "Our Most Important Connection is with You"
Siège social Aubervilliers (Département de la Seine-Saint-Denis - France)
Direction Pierre Gattaz
Activité Aéronautique
Spatial
Militaire
Télécom
Médical
Industrie
Instrumentation
Produits Composants électroniques d'interconnexion pour environnements sévères
Effectif 3000
Site web www.radiall.com

Chiffre d’affaires 310,2 millions d'euros (2016)

Radiall est une société française spécialisée dans la conception, le développement et la fabrication de solutions d'interconnexion, tels que des connecteurs radiofréquences coaxiaux, des composants hyperfréquences, des câbles et cordons hyperfréquences, des antennes, des connecteurs multicontacts, des produits spatiaux et des connecteurs de fibre optique. Radiall couvre les marchés de l'aéronautique, de la Défense, des télécommunications, de l'industrie, du spatial, de l'instrumentation et du médical.

L'entreprise Radiall a été fondée par deux frères, Lucien et Yvon Gattaz, en 1952 et son siège social se situe à Aubervilliers. Le Groupe Radiall est coté à NYSE Euronext et 89 % de l'actionnariat Radiall est détenu par ses fondateurs[1]. En 2014, le chiffre d'affaires de Radiall était de 279,3 millions d'euros, en croissance de 20,9 % par rapport à l'année précédente. Le résultat net 2014 s'est établi à 33,9 millions d'euros, en hausse de 83 % par rapport à 2013[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

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1952-1962[modifier | modifier le code]

Au cours du printemps 1952, deux frères, Lucien et Yvon Gattaz créent l'entreprise Radiall. Il s'agit, au départ, d'une PME familiale qui fabrique des connecteurs coaxiaux pour l'industrie de la télévision. Yvon Gattaz, ingénieur, prend en charge la direction commerciale et la gestion financière de l'activité. Lucien Gattaz, quant à lui, prend la direction du bureau d'études et de la production. En 1953, ils installent leur premier atelier à Paris et affichent la devise : "Vite et Bien"[3][réf. nécessaire].

À l'époque, comme dans d'autres secteurs, la France voulait utiliser des fréquences plus élevées en matière de télévision, en liaison avec le procédé SECAM qui était en gestation. L'antenne devait être reliée au téléviseur par un câble coaxial. Yvon et Lucien Gattaz travaillèrent à la mise en place de ce nouveau système de raccordement : les fiches coaxiales de télévision. En 1953/1954, Radiall fabriquait plus de 100 000 connecteurs par mois.

1962-1972[modifier | modifier le code]

Le connecteur coaxial Mini Quick

En novembre 1963, Yvon et Lucien Gattaz inaugurent le premier site de production Radiall à Voiron, en Isère. La première unité industrielle de l'entreprise fait 2 500 m2 et est spécialisée dans les activités d'usinage et d'assemblage.

La même année, l'entreprise lance sur le marché le connecteur coaxial Mini Quick, à encliquetage rapide.

Cinq ans plus tard, en 1968, Radiall installe son siège social à Rosny-sous-Bois. Le bâtiment, d'une surface de 4 000 m2, a la particularité d'être tout en verre et en aluminium.

Dès 1967, Radiall souhaite étendre son activité en Europe et développer ses activités à l'export. La première filiale voit le jour en Angleterre, à Staines, en 1967 : Radiall Microwave Components Ltd. Elle sera suivie, un an plus tard par l'ouverture d'une filiale en Allemagne : Radiall GmbH. Vers 1968-1969, près de 15 % du chiffre d'affaires de l'entreprise est réalisé à l'export.

1972-1982[modifier | modifier le code]

En 1972, Lucien Gattaz identifie la société SOGIE comme un de ses concurrents sur le marché des connecteurs multicontacts. Très rapidement, cette acquisition permettra à Radiall de se positionner parmi les fabricants de connecteurs multicontacts qui comptent.

La même année, Radiall se tourne vers les marchés du spatial et de la fibre optique, une technologie qui représentait un potentiel de transmission extraordinaire.

En 1977, pour répondre au développement de son activité de traitement de surface, Radiall construit une nouvelle usine, en Isère, à Voreppe. Elle sera visitée par le Premier Ministre Raymond Barre, le 6 juin 1980. En 1978, Radiall poursuit le développement de sa force de production et installe, à l'Isle d'Abeau, un site de production spécialisé dans les composants hyperfréquences pour les applications militaires et civiles.

1982-1992[modifier | modifier le code]

1982 est l'année du premier équipement CAO à Radiall. Tout au long des années 1980, l'entreprise s'étend à l'international et ouvre ses premiers bureaux de vente aux États-Unis (Stratford, Connecticut), au Brésil (Rio de Janeiro) et en Asie (Hong-Kong). En 1984 arrive l'homologation tant attendue de Boeing pour le connecteur ARINC 600. C'est une période de nombreuses inventions pour Radiall. Au total, 15 brevets seront déposés de 1984 à 1986.

Radiall est introduit à la Bourse de Paris en 1989 et vend alors 20 % de son capital.

1992-2007[modifier | modifier le code]

En 1992, Pierre Gattaz, actuel président du MEDEF et fils d'Yvon Gattaz, prend la tête de l'entreprise. Dans le cadre de la concurrence avec les acteurs américains des connecteurs multicontacts (pour l'industrie aéronautique), Radiall fait l'acquisition, en mai 1995, de l'entreprise Jerrik, située à Tempe en Arizona. L'entreprise française poursuit son expansion aux États-Unis et achète l'entreprise Larsen, basée à Portland en Oregon, spécialisée dans les antennes pour les applications militaires.

En 1994, Radiall part à la conquête de l'Asie et installe une filiale Radiall Protectron, à Bangalore, en Inde. Puis, Radiall s'établit au Japon, avec sa filiale Radiall Nihon. En 2005, Radiall fait l'acquisition de l'entreprise Applied Engineering Products (AEP) et intègre la ligne de produits à son portefeuille. Enfin, en juillet 1997, Radiall Shanghai est inaugurée.

L'objectif de Radiall était d'atteindre un milliard de francs de chiffre d'affaires d'ici à l'année 2000. Cet objectif sera atteint trois années plus tôt, en 1997. Toutefois, l'année 2001 fut une année difficile pour l'entreprise française, principalement à cause de la crise des télécommunications et du 11 septembre, obligeant Radiall a réduire ses effectifs de 30 % en deux ans, lié à une perte d'activité de 40 %.

Depuis 2008[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 2008, Radiall annonce une prise de participation de 95 % dans la start-up D-Lightsys (en). Le 1er juin de la même année, Radiall AEP Inc et Radiall USA Inc sont consolidées en une entité Radiall USA, Inc. et couvre ainsi la totalité du territoire nord américain.

En 2012 est créée la filiale automobile Raydiall (co-entreprise 50/50 avec la société A Raymond).

Le 18 décembre 2012, le Président Hollande accompagné d'Arnaud Montebourg et Marisol Tourraine, visitent l'usine de Château Renault[4]

Entre 2010 et 2013, le chiffre d'affaires de Radiall a augmenté de 27%, et les profits en 2015 s'établissent à 25 millions d'euros.

Le 29 juillet 2015, Radiall annonce l'acquisition de l'entreprise VAN-SYSTEMS, une entreprise italienne spécialisée dans la conception et la fabrication de connecteurs circulaires pour les applications industrielles.

En juin 2015, la société lance "Radiall 2025", un grand projet qui vise à impliquer l'ensemble du personnel dans la transformation du groupe afin de libérer son potentiel créatif et de faire en sorte que les idées les plus innovantes soient entendues. Cette démarche a valu à Radiall d'être lauréat des Victoires des Leaders du Capital Humain[5]

Controverses quant à la gestion fiscale de Radiall[modifier | modifier le code]

En 2014, L'Humanité[1] révèle qu'à travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des « prix de transfert », Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges de Radiall réalisées en France à des filiales à l’étranger, ce qui a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France, permettant sur les 25 millions de bénéfices réalisés en 2015 de ne payer que 202 000 d'impôts, tout en touchant 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un million de crédit d'impôt recherche, et au moins 623 000 euros d’autres crédits d’impôt, le tout sans aucune contrepartie (l'entreprise n'ayant pas créé un seul emploi cette année-là)[6]. Le taux d’imposition moyen de Radiall au niveau mondial a ainsi diminué de 31 % à 24 % entre 2010 et 2013, et la part des impôts sur les bénéfices payée en France est passée de 25 % à 3%, alors que la productivité des implantations françaises de Radiall a augmenté[1].

Sur l'ensemble des dividendes dégagés par l'entreprise, la famille Gattaz possède, via des holdings familiales, 87% des actions de l'entreprise, et ces actionnaires constituent la principale destination des bénéfices réalisés[1] ainsi que des aides publiques[6].

Le 1er juillet 2014, Pierre Gattaz a répondu sur son blog[7] en reprenant point par point l'article de l'Humanité, arguant qu'il mélange des notions comptables, et surtout que si Radiall cherchait à faire de l'optimisation fiscale, la société aurait intérêt à faire plus de bénéfices en France en raison des déficits reportables qu'elle a accumulés au cours des années passées.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Radiall SA est une société anonyme ayant opté pour une administration de forme dualiste à conseil de surveillance et directoire. Le conseil de surveillance, composé de 7 membres, veille au bon fonctionnement du groupe. Le directoire, composé de 3 membres, définit et déploie la stratégie du groupe.

Implantations[modifier | modifier le code]

Radiall est implantée sur trois continents et dans 13 pays, qu'il s'agisse de sites de production ou de ventes. L'entreprise déclare plus de 87 % de son chiffre d'affaires hors de France[2], même si 70% des profits demeurent réalisés dans l'Hexagone[1]. Cette information est fausse: en 2015, la société mère française, Radiall SA a réalisé un résultat opérationnel de 7,2M€, pour un résultat opérationnel groupe de 43,4M€[8].

Radiall est notamment présente :

  • Drapeau de la France France : sites de production et ventes ;
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : site de production et ventes ;
  • Drapeau du Japon Japon : site de ventes ;
  • Drapeau de la Suède Suède : site de ventes ;
  • Drapeau de la Finlande Finlande : site de ventes ;
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : site de ventes ;
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : site de ventes ;
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : site de ventes ;
  • Drapeau de l'Italie Italie : site de production et ventes ;
  • Drapeau du Mexique Mexique : site de production ;
  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine : site de production et ventes ;
  • Drapeau de Hong Kong Hong Kong : site de ventes ;
  • Drapeau de l'Inde Inde : site de production et ventes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Thomas Lemahieu, « Comment Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public », sur L'Humanité.
  2. a et b http://cdn.radiall.com/media/wysiwyg/RADIALLResultats_2014_Francais_V7_FF.pdf
  3. « Yvon Gattaz », sur Canal Académie,
  4. « Le Président et deux ministres pour Radiall à Château-Renault », sur La Nouvelle Republique,
  5. « Victoires du Capital Humain », sur Leaders League
  6. a et b AG., « Gattaz met son pin's en berne », Le Canard Enchaîné, no 4969,‎ .
  7. « Cours d’économie n°2. Merci au journal l’Humanité. », sur Pierre Gattaz (consulté le 5 décembre 2016)
  8. « Rapport Annuel 2015 », sur Radiall

Lien externe[modifier | modifier le code]