Rachid Nekkaz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Rachid Nekkaz
Description de cette image, également commentée ci-après

Rachid Nekkaz le .

Naissance (45 ans)
Drapeau : France Choisy-le-Roi, Val-de-Marne, France
Nationalité Drapeau : Algérie Algérienne
Pays de résidence Drapeau : Algérie Algérie
Profession
Activité principale
Fondateur et président du Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC)
Formation

Rachid Nekkaz en arabe رشيد نكاز (Rachid Nekkaz) , né le à Choisy-le-Roi[1] (Val-de-Marne, France), est un homme d'affaires et homme politique algérien. Il a précédemment possédé la nationalité française, et s'est présenté à diverses élections en France, mais y a renoncé pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle algérienne de 2014, lors de laquelle il n'est finalement pas retenu. Il s'est principalement signalé en prenant la défense des femmes portant le voile intégral, interdit sur le territoire de la République française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Originaire de la Cité 120, un quartier populaire « provisoire » de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), né de parents algériens originaires de Chlef[2], installés en France. Rachid Nekkaz a suivi des études d’histoire et de philosophie à la Sorbonne où il a obtenu une maîtrise. Il aurait fait fortune grâce à la « bulle internet » en montant une start-up informatique en 1998, puis se serait reconverti dans l'immobilier[3].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Élections présidentielle et législatives françaises de 2007

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, et déclare détenir, au , 521 promesses de parrainages de maires de communes rurales[4]. Le , il achète pour 1 550 le parrainage d'André Garrec, maire de Noron-la-Poterie, que celui-ci avait mis en enchère, et le déchire en direct sur la chaîne d'information LCI. En février 2007, il obtient le soutien de l'humoriste écologiste Marc Jolivet[5].

Le , il annonce finalement qu'il n'a pas obtenu les 500 parrainages nécessaires pour être candidat à l'élection présidentielle et dénonce des pressions qu'auraient reçues, selon lui, les élus lui ayant promis leur soutien : il prétend en effet qu'au cours du cambriolage de son siège de campagne seul l'ordinateur comportant les coordonnées des parrains aurait disparu. Il obtient finalement 13 parrainages envoyés directement au Conseil constitutionnel[6].

Lors des élections législatives de 2007, 58 candidats se présentent sous le sigle « Parti Rachid Nekkaz ». Lui-même candidat dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis[7], il obtient 156 voix, soit 0,56 % des suffrages exprimés[8].

Élections municipales françaises de 2008

Le « Parti Rachid Nekkaz » devient le « Rassemblement social-démocrate » (RSD) le . Candidat aux élections municipales de 2008, à Orly (Val-de-Marne), il réunit 5,15 % des suffrages exprimés[9].

À Denain (Nord), le RSD investit Djemi Drici, président du Football club franco-italien (FC Denain) et de l'association Droit et devoir, qui s'est illustré grâce à une campagne d'affichage électoral promettant de donner « 300 ou un billet d’avion à tous les électeurs en cas de victoire »[10],[11].

Élection présidentielle française de 2012

Affilié depuis 2009 au Parti socialiste (PS), il annonce sa candidature à l'élection présidentielle française de 2012 en avril 2011 lors d'un happening au Fouquet's visant à dénoncer la loi sur l'interdiction du port du voile intégral[12],[13]. Cependant, il ne sera pas en mesure de se présenter à la primaire présidentielle socialiste de 2011.

Soupçonné d'avoir tenté d'acheter au moins un parrainage pour l'élection présidentielle, il est mis en examen pour corruption active et est écroué en [14]. Le 5 décembre 2013, le tribunal correctionnel de Paris le condamne à 18 mois avec sursis et le maire de Mertzen écope de 2 000 € d’amende pour corruption passive[15].

Élection législative partielle française en 2013

Rachid Nekkaz est candidat à l'élection législative partielle qui a lieu dans la 3e circonscription de Lot-et-Garonne en juin 2013, à la suite de la démission de son poste de député de l'ancien ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac, mis en examen pour blanchiment d'argent. Il arrive dernier du premier tour, n'ayant obtenu aucune voix[16].

Élection présidentielle algérienne de 2014

En juillet 2012, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle algérienne de 2014. S’affirmant « Candidat de la jeunesse et du changement », il déclare avoir demandé sa déchéance de la nationalité française afin d'avoir le droit de se présenter à l'élection[17], à laquelle il ne peut finalement pas se présenter.

Élection législative algérienne de 2017

Fin janvier 2017, il annonce qu'il se présentera à l'élection législative algérienne de mai 2017 depuis Paris.[18] Il plaide alors l'ambassade d'Algérie[pas clair] en France pour le droit de vote des Algériens vivant en France.

Prises de position diverses[modifier | modifier le code]

Banlieues et immigration[modifier | modifier le code]

Il est le fondateur avec Jean-Bruno Roumegoux et Leila Hireche du « Club des élus Allez France », une association défendant depuis 2002 l'inscription automatique de tous les citoyens sur les listes électorales[12]. Il se lance à nouveau dans une campagne d'inscriptions sur les listes électorales en septembre 2007[19].

En novembre 2005, en plein cœur des émeutes urbaines, il est reçu à Matignon[20] en qualité de président du « Club des élus Allez France » membre des associations composant le Collectif Banlieues respect créé conjointement avec Hassan Ben M'Barek. Cette fédération qui regroupa une trentaine d'associations de banlieue sera reçu par Dominique de Villepin, alors Premier ministre. À cette occasion, il lancera un appel au calme[21] et mènera ensuite, pendant plusieurs mois, toute une série d'actions pour la promotion de la paix et du respect dans les quartiers.

Communautarisme musulman[modifier | modifier le code]

En novembre 2009, avec une de ses associations, « Paix sans frontières », il organise une manifestation devant l'ambassade de Chine à Paris pour demander un nouveau procès pour des condamnés de la minorité musulmane ouïghoure en Chine[22].

En 2010, Rachid Nekkaz fonde l'association « Touche pas à ma constitution », qui vise à lutter contre la pénalisation du port du voile intégral dans la rue et qui paie à la place des femmes portant un niqab les amendes qu'elles doivent régler du fait de l'interdiction de porter ce voile intégral dans la rue[23],[24]. Il déclare ainsi en 2013 : « Je suis un musulman laïc, opposé au niqab. Ce que je défends, c’est la liberté pour les femmes de le porter ou non »[25].

Le 20 avril 2013, il affirme avoir fait un don de 500 000 dollars[Lequel ?] pour les écoles de l’État de Borno (Nigeria), fief du groupe islamiste armé Boko Haram, pour la libération d’une famille[26].

En 2016, bien que se déclarant personnellement opposé au burkini, il s'engage à payer les amendes des personnes verbalisées[27]. Il est arrêté par la police le 28 octobre 2016 et emmené au poste pour trouble à l'ordre public lors d'une manifestation.

Le 26 mai 2017, il organise la journée « Toutes en burkini sur les plages du festival de Cannes », visant à rassembler une douzaine de femmes en burkini sur une plage de Cannes[28]. L'évènement n'a finalement pas lieu, un arrêté interdisant toute manifestation à Cannes[29].

Il a qualifié la France de « régime vichyste »[28].

Autres[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne présidentielle de 2007, il promeut la voiture à moteur à injection d'eau qui utilise le procédé - très controversé - de Paul Pantone[5].

Le , il entame une grève de la faim devant la maison d’arrêt de Nanterre « pour exiger la libération immédiate de Karim Achoui », avocat célèbre pour ses liens avec le grand banditisme, condamné à sept ans d’emprisonnement pour complicité de tentative de meurtre, complicité d'évasion d'Antonio Ferrara[30].

Le 24 décembre 2010, il annonce vouloir offrir à la communauté rom en guise de cadeau de Noël un terrain de 16 hectares en Auvergne (région d'origine de Brice Hortefeux), pour un euro annuel, en partenariat avec l'association la Voix des Roms. L'opération est baptisée « La République des Roms »[3]. Saimir Mile, le président de l’association La Voix des Roms : « ça n’a rien donné concrètement [..] Je ne sais pas s’il était vraiment prêt à signer le chèque, mais quand nous nous sommes rencontrés, je lui ai expliqué que cette proposition était irréalisable. Les Roms sont en France pour gagner leur vie, pas pour prendre des vacances. Personne n’avait envie d’aller s’installer loin de tout, au fin fond des montagnes d’Auvergne[17] ».

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Il a écrit et publié trois livres.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Rue89 décrit son épouse comme américaine et catholique[25]; selon le Nouvel Observateur, elle serait franco-canadienne[31],[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugénie Bastié, « Qui est Rachid Nekkaz, l'homme qui paye les amendes des femmes en burqa ? », Le Figaro, 10 octobre 2016 (Lire en ligne)
  2. Mon objectif politique est le départ négocié des 40 voleurs du pouvoir, elwatan.com, 18 novembre 2016
  3. a, b et c Marie Lemonnier, Portrait : Rachid Nekkaz, justicier fantasque et millionnaire, Le Nouvel Observateur, 23 décembre 2010
  4. « Les deux campagnes de Rachid Nekkaz, candidat à l'Élysée », dépêche Reuters du 10 décembre 2006
  5. a et b « On s'est rencontré il y a un an et demi au cours d'une émission de télévision. Je soutiens Rachid parce qu'on a les mêmes valeurs, qu'il n'a pas peur de faire ce qu'il dit, qu'il est moderne et concret. Bref, il me fait rêver. » Rachid Nekkaz fait campagne pour la voiture à l'eau, Le Parisien,
  6. Décision en date du 22 mars 2007, disponible en ligne
  7. Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, p.  3, 19 mai 2007
  8. Élections législatives de 2007 - Résultats dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  9. Élections municipales de 2008 - Résultats à Orly, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  10. C.G., « Denain : Djemi Drici est candidat aux municipales à Denain », (consulté le 1er février 2008)
  11. Émile Josselin, « À Denain, un candidat promet, sans rire, de donner « 300 € ou un billet d’avion à tous les électeurs en cas de victoire » », La Voix du Nord, (consulté le 1er février 2008)
  12. a et b Pauline André, Rachid Nekkaz, un «hurluberlu» au secours des femmes voilées, Libération, 28 juillet 2010
  13. Aurélie Frex (avec Samir Hamladji et Marine Ruaud), Deux femmes en niqab au Fouquet’s, Europe 1, 15 avril 2011
  14. Élysée 2012: les candidats ont déposé leurs parrainages, leparisien.fr, 16 mars 2012
  15. Rachid Nekkaz condamné à 18 mois avec sursis pour avoir acheté un parrainage à la présidentielle, 20minutes.fr, 5 décembre 2013
  16. Résultats de l'élection législative partielle dans le 3e circonscription de Lot-et-Garonne (Villeneuve-sur-Lot), 16 juin 2013
  17. a et b Portrait de Rachid Nekkaz sur Rue89.
  18. http://www.tsa-algerie.com/20170214/nacer-boudiaf-candidat-aux-legislatives-rachid-nekkaz/
  19. Le combat de Rachid Nekkaz pour inscrire les électeurs, Le Parisien, 3 septembre 2007
  20. Serge Raffy, La guerre des Trois, Fayard, (lire en ligne), p. Chapitre 6: Les racailles vous saluent bien
  21. « Halte à la violence », sur www.geostrategie.com,
  22. Rachid Nekkaz au secours des Ouïgours, Le Parisien, 24 novembre 2009
  23. Valentine Rousseau, Meaux : premier procès de femmes voilées, Le Parisien, 17 juin 2011
  24. « Faut-il interdire la burqa ? », Infrarouge, Radio télévision suisse,‎ (lire en ligne [vidéo]) : cf. intervention de Rachid Nekkaz à partir du minutage → 00:23:01
  25. a et b Qui est Rachid Nekkaz, celui qui paie les amendes des femmes voilées ? sur rue89.nouvelobs.com du 24 juillet 2013
  26. [1], jeuneafrique.com, 17 septembre 2014
  27. « Burkini : qui est Rachid Nekkaz, l'homme qui paye les amendes des femmes verbalisées ? », sur Europe 1 (consulté le 22 août 2016)
  28. a et b « "Toutes en burkini" sur les plages de Cannes : en plein festival, l'appel du millionnaire algérien Rachid Nekkaz fait des vagues », lci.fr, 22 mai 2017.
  29. « À Cannes, la police empêche une baignade en burkini organisée par Rachid Nekkaz », lemonde.fr, 26 mai 2017.
  30. Rachid Nekkaz en grève de la faim, Le Parisien, 21 décembre 2008
  31. Loi sur le voile : la nouvelle provocation de Rachid Nekkaz, Le Parisien, 10 avril 2011