Rachid Nekkaz

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Rachid Nekkaz
Nekkaz 2014.jpg
Rachid Nekkaz en 2014.
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رشيد نكازVoir et modifier les données sur Wikidata
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Rachid Nekkaz (en arabe :رشيد نكاز), né le à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne, France), est un homme d'affaires et homme politique franco-algérien.

Il fait fortune dans le monde des affaires grâce à la bulle Internet, fortune qu'il investit dans des activités liées à l’immobilier, puis aux États-Unis.

Agitateur et personnalité controversée, il est l'objet de plusieurs polémiques et buzz en France et en Algérie, au point de passer parfois pour un « clown ». Il prend la défense des femmes portant le voile intégral, interdit en France. Il affirme avoir renoncé à sa nationalité française pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle algérienne de 2014, lors de laquelle il n'est finalement pas retenu faute de dossier complet. De nouveau candidat à l'élection présidentielle algérienne de 2019, finalement annulée dans le contexte du Hirak, frappé d'inéligibilité, il présente à sa place un homonyme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Né à Villeneuve-Saint-Georges de parents algériens, dont le père est originaire de Chlef[1],[2] et la mère de Béjaïa[3], installés en France, Rachid Nekkaz a grandi dans la Cité 120, un quartier populaire « provisoire » de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Il suit des études d’histoire et de philosophie à la Sorbonne, où il a obtenu une maîtrise. Il aurait fait fortune grâce à la « bulle internet » en montant une start-up informatique en 1998, puis se serait reconverti dans l'immobilier[4].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le site d'information Rue89 décrit en 2013 son épouse comme américaine et catholique[5] ; selon le Nouvel Observateur, elle est franco-canadienne[6],[4]. Le couple serait marié religieusement[7].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, et déclare détenir, au , 521 promesses de parrainages de maires de communes rurales[8]. Le , il achète pour 1 550  le parrainage d'André Garrec, maire de Noron-la-Poterie, que celui-ci avait mis en enchère, et le déchire en direct sur la chaîne d'information LCI. En février 2007, il obtient le soutien de l'humoriste écologiste Marc Jolivet[9]. Le , il annonce finalement qu'il n'a pas obtenu les 500 parrainages nécessaires pour être candidat à l'élection présidentielle et dénonce des pressions qu'auraient reçues, selon lui, les élus lui ayant promis leur soutien : il prétend en effet qu'au cours du cambriolage de son siège de campagne seul l'ordinateur comportant les coordonnées des parrains aurait disparu. Il obtient finalement 13 parrainages envoyés directement au Conseil constitutionnel[10].

Lors des élections législatives de 2007, 58 candidats se présentent sous le sigle « Parti Rachid Nekkaz ». Lui-même candidat dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis[11], il obtient 156 voix, soit 0,56 % des suffrages exprimés[12].

Le « Parti Rachid Nekkaz » devient le « Rassemblement social-démocrate » (RSD) le . Candidat aux élections municipales de 2008, à Orly (Val-de-Marne), il réunit 5,15 % des suffrages exprimés[13]. À Denain (Nord), le RSD investit Djemi Drici, président du Football club franco-italien (FC Denain) et de l'association Droit et devoir, qui s'est illustré grâce à une campagne d'affichage électoral promettant de donner « 300  ou un billet d’avion à tous les électeurs en cas de victoire »[14],[15].

Affilié à partir de 2009 au Parti socialiste (PS), il annonce sa candidature à l'élection présidentielle française de 2012 en 2011, lors d'un happening au Fouquet's visant à dénoncer la loi sur l'interdiction du port du voile intégral[16],[17]. Cependant, il ne sera pas en mesure de se présenter à la primaire présidentielle socialiste de 2011.

Rachid Nekkaz est candidat à l'élection législative partielle qui a lieu dans la 3e circonscription de Lot-et-Garonne en juin 2013, à la suite de la démission de son poste de député de l'ancien ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac, mis en examen pour blanchiment d'argent. Il arrive dernier du premier tour, n'ayant obtenu aucune voix[18].

En Algérie[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle algérienne de 2014. S’affirmant « Candidat de la jeunesse et du changement », il déclare avoir demandé sa déchéance de la nationalité française afin d'avoir le droit de se présenter à l'élection[19], à laquelle il ne peut finalement pas se présenter.

Il annonce en janvier 2017 son intention de se présenter aux élections législatives algériennes de mai 2017 depuis Paris[20]. Il plaide alors pour le droit de vote des immigrés algériens vivant en France.

Candidat déclaré à l'élection présidentielle algérienne de 2019, il affirme que le président Abdelaziz Bouteflika est mort et a été remplacé par « [un individu portant] un masque 3D »[21]. Il mène une campagne centrée sur les réseaux sociaux, ce qui lui assure une certaine popularité auprès des jeunes[22]. Il est cependant menacé d’inéligibilité, la législation algérienne prévoyant qu'un candidat à l’élection présidentielle ne doit jamais avoir possédé une autre nationalité qu'algérienne[22],[23]. À la date limite du dépôt des candidatures, il présente à la surprise générale la candidature d’un homonyme, mécanicien né en 1974, qu’il présente comme son cousin et dont il devient directeur de campagne. Il annonce qu’en cas de victoire de celui-ci, un poste de vice-président sera créé et lui reviendra, avant que son cousin ne démissionne pour lui permettre de devenir chef de l’État[22].

En septembre 2019, il considère comme contraire à la volonté populaire la décision de l’exécutif algérien d’organiser l’élection présidentielle le [24] et critique les arrestations de porteurs du drapeau berbère[25] et d'opposants politiques. De même, dans le cadre du mouvement de protestation, il promet de payer les amendes infligées aux manifestants et à ceux qui les transportent[26].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Immigration et islam[modifier | modifier le code]

Il est le fondateur avec Jean-Bruno Roumegoux et Leila Hireche du « Club des élus Allez France », une association défendant depuis 2002 l'inscription automatique de tous les citoyens sur les listes électorales[16]. Il se lance à nouveau dans une campagne d'inscriptions sur les listes électorales en septembre 2007[27].

En novembre 2005, en plein cœur des émeutes urbaines, il est reçu à Matignon[28] en qualité de président du « Club des élus Allez France » membre des associations composant le Collectif Banlieues Respect, créé avec Hassan Ben M'Barek. Cette fédération qui regroupa une trentaine d'associations de banlieue sera reçu par Dominique de Villepin, alors Premier ministre. À cette occasion, il lancera un appel au calme[29] et mènera ensuite, pendant plusieurs mois, toute une série d'actions pour la promotion de la paix et du respect dans les quartiers.

En novembre 2009, avec une de ses associations, « Paix sans frontières », il organise une manifestation devant l'ambassade de Chine à Paris pour demander un nouveau procès pour des condamnés de la minorité musulmane ouïghoure en Chine[30].

En 2010, Rachid Nekkaz fonde l'association « Touche pas à ma constitution », qui vise à lutter contre la pénalisation du port du voile intégral dans la rue et qui paie à la place des femmes portant un niqab les amendes qu'elles doivent régler du fait de l'interdiction de porter ce voile intégral dans la rue[31],[32]. Il déclare ainsi en 2013 : « Je suis un musulman laïc, opposé au niqab. Ce que je défends, c’est la liberté pour les femmes de le porter ou non[5]. »

Le 20 avril 2013, il affirme avoir fait un don de 500 000 dollars américains pour les écoles de l’État de Borno (Nigeria), fief du groupe islamiste armé Boko Haram, pour la libération d’une famille[33]. Il rend également visite à des réfugiés ouigours[34].

En 2016, bien que se déclarant personnellement opposé au burkini, il s'engage à payer les amendes des personnes verbalisées[35]. Il est arrêté par la police le 28 octobre 2016 et emmené au poste pour trouble à l'ordre public lors d'une manifestation. Le 26 mai 2017, il organise la journée « Toutes en burkini sur les plages du festival de Cannes », visant à rassembler une douzaine de femmes en burkini sur une plage de Cannes[36]. L'évènement n'a finalement pas lieu, un arrêté interdisant toute manifestation à Cannes[37].

Lors de sa renonciation à la nationalité française, il qualifie la France de « régime vichyste »[36].

Autres[modifier | modifier le code]

Il est perçu comme un clown et un agitateur[38].

Pendant la campagne présidentielle de 2007, il promeut la voiture à moteur à injection d'eau qui utilise le procédé — très controversé — de Paul Pantone[9].

Le , il entame une grève de la faim devant la maison d’arrêt de Nanterre « pour exiger la libération immédiate de Karim Achoui », avocat célèbre pour ses liens avec le grand banditisme, condamné à sept ans d’emprisonnement pour complicité de tentative de meurtre, complicité d'évasion d'Antonio Ferrara[39].

Il se présente comme « sauveur de mosquées en France », « défenseur des minorités », « libérateurs d'otages français », « défenseur des libertés ». Le Point affirme qu'il « aime toujours le bruit des fanfares et des trompettes »[34].

Condamnations judiciaires[modifier | modifier le code]

Soupçonné d'avoir tenté d'acheter au moins un parrainage pour l'élection présidentielle, il est mis en examen pour corruption active et est écroué en [40]. Le 5 décembre 2013, le tribunal correctionnel de Paris le condamne à 18 mois avec sursis et le maire de Mertzen écope de 2 000 € d’amende pour corruption passive[41].

En septembre 2013, il est condamné par le tribunal d'instance d'Ivry-sur-Seine à rembourser l'intégralité des loyers perçus de deux locataires qu'il logeait dans des conditions indignes dans le sous-sol de son pavillon de Choisy-le-Roi pour un montant prohibitif, et à les reloger sous astreinte de 100  par jour. Le tribunal a estimé que ces logements ne constituaient pas un logement décent, et ne pouvaient valablement faire l'objet d'un contrat de bail[42].

En mars 2019, après deux jours de détention provisoire, il est condamné à payer une amende pour avoir tenté de faire irruption dans la chambre d'Abdelaziz Bouteflika aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), malgré les mises en garde des forces de l'ordre[43].

Publications[modifier | modifier le code]

Il a collaboré à plusieurs ouvrages avec Léonard Anthony.

  • On vous écrit d'à côté, avec Léonard Anthony, Fixot, coll. « Document », 1997. Cet essai s'intéresse aux difficultés des jeunes de banlieue à trouver leur place dans la société.
  • Splendeurs et misères des petits actionnaires : la Bourse, Eurodisney et Eurotunnel, avec Léonard Anthony, Fixot, coll. « Document », 1999. Livre sur la finance, l’histoire et le montage des grands projets internationaux comme Eurotunnel et Eurodisney.
  • Millenarium : Quel avenir pour l'humanité ?, avec Léonard Anthony, entretiens avec Tony Blair, Bill Clinton, Jacques Chirac, Jean Chrétien, Massimo D'Alema, Keizo Obuchi et Gerhard Schröder, Robert Laffont, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mon objectif politique est le départ négocié des 40 voleurs du pouvoir, elwatan.com, 18 novembre 2016
  2. Christophe Ayad, « Rachid Nekkaz, banlieue présidentielle », Libération, 14 juillet 2006 (Lire en ligne)
  3. « Le très controversé Rachid Nekkaz expulsé de Bejaïa », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 1er octobre 2019)
  4. a et b Marie Lemonnier, Portrait : Rachid Nekkaz, justicier fantasque et millionnaire, Le Nouvel Observateur, 23 décembre 2010
  5. a et b « Qui est Rachid Nekkaz, celui qui paie les amendes des femmes voilées ? » sur rue89.nouvelobs.com du 24 juillet 2013.
  6. « Loi sur le voile : la nouvelle provocation de Rachid Nekkaz », Le Parisien, 10 avril 2011.
  7. « Recueil des 60 000 signatures de parrainage : Les candidats à la présidentielle face à la première épreuve », sur El Watan (consulté le 27 janvier 2019).
  8. « Les deux campagnes de Rachid Nekkaz, candidat à l'Élysée », dépêche Reuters du 10 décembre 2006
  9. a et b « On s'est rencontré il y a un an et demi au cours d'une émission de télévision. Je soutiens Rachid parce qu'on a les mêmes valeurs, qu'il n'a pas peur de faire ce qu'il dit, qu'il est moderne et concret. Bref, il me fait rêver. » Rachid Nekkaz fait campagne pour la voiture à l'eau, Le Parisien,
  10. Décision en date du 22 mars 2007, disponible en ligne
  11. Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, p.  3, 19 mai 2007
  12. Élections législatives de 2007 - Résultats dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  13. Élections municipales de 2008 - Résultats à Orly, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  14. C.G., « Denain : Djemi Drici est candidat aux municipales à Denain », (consulté le 1er février 2008)
  15. Émile Josselin, « À Denain, un candidat promet, sans rire, de donner « 300 € ou un billet d’avion à tous les électeurs en cas de victoire » », La Voix du Nord, (consulté le 1er février 2008)
  16. a et b Pauline André, Rachid Nekkaz, un «hurluberlu» au secours des femmes voilées, Libération, 28 juillet 2010
  17. Aurélie Frex (avec Samir Hamladji et Marine Ruaud), Deux femmes en niqab au Fouquet’s, Europe 1, 15 avril 2011
  18. Résultats de l'élection législative partielle dans le 3e circonscription de Lot-et-Garonne (Villeneuve-sur-Lot), 16 juin 2013
  19. Portrait de Rachid Nekkaz sur Rue89.
  20. Voir sur tsa-algerie.com.
  21. « Algérie : Rachid Nekkaz l'opposant à Bouteflika est l'homme de la polémique du burkini à Cannes », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 12 mars 2019)
  22. a b et c http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/03/04/97001-20190304FILWWW00139-algerie-un-homonyme-de-rachid-nekkaz-le-remplace-a-la-presidentielle.php
  23. « Surréaliste - Rachid Nekkaz a été remplacé au Conseil constitutionnel (Vidéo) - ALG24 », sur ALG24 (consulté le 3 mars 2019)
  24. « Algérie : Rachid Nekkaz s'exprime sur les élections de décembre 2019 », sur Observ'Algérie, (consulté le 19 septembre 2019)
  25. « Port du drapeau berbère : plusieurs manifestants placés sous mandat de dépôt », sur Observ'Algérie, (consulté le 19 septembre 2019)
  26. « Algérie : Rachid Nekkaz promet de payer les amendes des manifestants », sur Observ'Algérie, (consulté le 19 septembre 2019)
  27. « Le combat de Rachid Nekkaz pour inscrire les électeurs », Le Parisien, 3 septembre 2007.
  28. Serge Raffy, La guerre des Trois, Fayard, (lire en ligne), p. Chapitre 6 : Les racailles vous saluent bien.
  29. « Halte à la violence », sur geostrategie.com, .
  30. « Rachid Nekkaz au secours des Ouïgours », Le Parisien, 24 novembre 2009.
  31. Valentine Rousseau, « Meaux : premier procès de femmes voilées », Le Parisien, 17 juin 2011.
  32. « Faut-il interdire la burqa ? », Infrarouge, Radio télévision suisse,‎ (lire en ligne [vidéo]) : cf. intervention de Rachid Nekkaz à partir du minutage → 00:23:01.
  33. Voir sur jeuneafrique.com, 17 septembre 2014.
  34. a et b « Les cinq visages de Rachid Nekkaz, l'opposant politique de Bouteflika arrêté à Genève », sur LExpress.fr (consulté le 1er octobre 2019)
  35. « Burkini : qui est Rachid Nekkaz, l'homme qui paye les amendes des femmes verbalisées ? », sur Europe 1 (consulté le 22 août 2016).
  36. a et b « "Toutes en burkini" sur les plages de Cannes : en plein festival, l'appel du millionnaire algérien Rachid Nekkaz fait des vagues », lci.fr, 22 mai 2017.
  37. « À Cannes, la police empêche une baignade en burkini organisée par Rachid Nekkaz », lemonde.fr, 26 mai 2017.
  38. « L'agitateur Rachid Nekkaz se fait interpeller dans le bâtiment des HUG », sur Le Temps (consulté le 1er octobre 2019)
  39. « Rachid Nekkaz en grève de la faim », Le Parisien, 21 décembre 2008.
  40. Élysée 2012: les candidats ont déposé leurs parrainages, leparisien.fr, 16 mars 2012.
  41. Rachid Nekkaz condamné à 18 mois avec sursis pour avoir acheté un parrainage à la présidentielle, 20minutes.fr, 5 décembre 2013.
  42. Voir sur leparisien.fr.
  43. Rachid Barbouch, « Rachid Nekkaz : Fin de sa garde à vue. », sur Club de Mediapart (consulté le 11 mars 2019).

Lien externe[modifier | modifier le code]