Révolution ukrainienne de février 2014

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Révolution ukrainienne de 2014
Description de cette image, également commentée ci-après
Foule à Kiev après que l'accord de sortie de crise fut signé le 21 février.
Informations générales
Date 18-
(5 jours)
Lieu Ukraine
Casus belli Euromaïdan
Issue Destitution de Viktor Ianoukovytch. Fin de l'Euromaïdan.
Belligérants
Drapeau de l'Ukraine Pro-européens
OUN-r Flag 1941.svg Nationalistes ukrainiens
Drapeau de l'Ukraine Pro-russes

Batailles

Euromaïdan (21 novembre 2013 au 22 février)

Révolution de février (18-23 février)

Crise de Crimée (26 février au 28 mars)

Guerre du Donbass (depuis le 6 avril 2014)
Siège de Sloviansk (12 avril au 5 juillet) · 1re bataille Aéroport de Donetsk (26-27 mai) · Attaque du Vol 17 Malaysia Airlines (17 juillet) · Offensive de Donetsk (21 juillet à mi-août) · 1ers combats de Marioupol (août-septembre) · Siège d'Ilovaïsk (10 août - 2 septembre) · Prise aéroport Donetsk (28 sept. au 21 janvier 2015) · 2es combats de Marioupol (janvier 2015) · Bataille de Debaltseve (17 janvier au 18 février 2015) · Coup d'État de 2017 à Louhansk (20 au 24 novembre 2017)
Coordonnées 50° 27′ 00″ nord, 30° 31′ 27″ est

La révolution ukrainienne de 2014, également dénommée Révolution de Maïdan ou Révolution de la dignité, a eu lieu entre le 18 et le 23 février 2014 à la suite de l'Euromaïdan. Elle a eu lieu à la suite d'émeutes à Kiev après que le président ukrainien eut donné l'ordre d'évacuer la place de l'Indépendance et a conduit à la destitution de Viktor Ianoukovytch, président d'Ukraine en exercice et à la nomination de Oleksandr Tourtchynov en tant que président intérimaire jusqu'à la présidentielle du 25 mai. Un gouvernement pro-européen dirigé d'abord par Oleksandr Tourtchynov puis par Arseni Iatseniouk a aussi été nommé dans la foulée.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Viktor Ianoukovytch, la veille de sa destitution, en compagnie des chefs de l'opposition, après la signature d'un accord de sortie de crise.

Le 18 février, après des affrontements entre la police et les manifestants, le gouvernement lance un ultimatum aux contestataires leur enjoignant de quitter la place. Après la fin de l'ultimatum, les policiers tentent de reprendre la place de l'indépendance, sans succès.

Le 20 février, le bilan est de 82 morts et 622 blessés. Les ministres des Affaires étrangères allemand, polonais et français entament sur place des négociations avec Ianoukovytch et les représentants de l'opposition, dans le but de signer un accord de sortie de crise. Alors que des rumeurs évoquent sa démission, Ianoukovytch déclare lors d'une dernière allocution télévisée, qu'il refuse de démissionner et évoque un « coup d'État » en faisant un parallèle avec l'arrivée des nazis en Allemagne[1].

Le 21 février, Ianoukovytch annonce des élections anticipées en 2014 et à un retour à la Constitution amendée de 2004. Dans la soirée, le président Ianoukovytch fuit pourtant Kiev et les manifestants continuent à occuper les rues.

Le 22 février, Viktor Ianoukovytch est destitué par la Rada par 328 députés sur 450[2]. L'article 111 de la constitution Ukrainienne nécessitait pourtant pour une destitution le vote après enquête officielle de 75 % des députés (soit 338 députés) ainsi que l'avis du conseil constitutionnel, dont 5 membres y compris le président furent renvoyés le lendemain par la Rada[3],[4]. Le Parlement justifie cette décision en accusant Viktor Ianoukovytch de violation massive des droits de l'homme[5]. Le Parlement fixe également au 25 mai 2014 la prochaine élection présidentielle par 328 voix sur 450. Oleksandr Tourtchynov assure l'intérim et Ioulia Tymochenko, emprisonnée depuis deux ans et demi, retrouve la liberté[6],[7].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le 23 février, juste après le changement de pouvoir, les pro-Maïdan sont minoritaires dans le sud-est, notamment à Donetsk, Louhansk ou bien à Kharkiv où ils sont empêchés de déboulonner la statue de Lénine[8]. Ce même jour, dans la même ville, des anti-Maïdan s'affrontent aux pro-Maïdan sur la place de la Liberté[9]. Une partie de l'Est ne reconnaît pas les nouvelles institutions, ainsi que certains députés du Parti des Régions, alors même qu'ils ont lâché Ianoukovytch[10]. L'abrogation de la loi sur les langues régionales (uk), votée par la Rada, retire au russe (comme au roumain, au hongrois et au tatar de Crimée) le statut de langue officielle dans 13 des 27 régions (essentiellement au sud et à l'est du pays)[11], ce qui met le feu aux poudres, même si le président par intérim explique ensuite qu'il ne fera pas entrer cette mesure en vigueur pour le moment. Dans le sud-est, des brigades d'autodéfense sont créées, notamment à Sébastopol[12]. Dans cette ville, où se trouve une importante base navale louée par l'Ukraine à la flotte de la mer Noire russe ainsi qu'une population russophone, un nouveau maire pro-russe, Alexeï Tchaly, est élu à main levée pour « le retour à la stabilité »[12].

Début mars 2014, la république autonome de Crimée est de facto détachée de Kiev. Le 18 mars, à la suite d'un référendum sur le statut de la péninsule de Crimée qui s'est tenu le 16 mars, la Russie et la République de Crimée signent un traité entérinant le rattachement de la république à la Fédération de Russie.

Dans le courant du mois d'avril, les pro-russes prennent d'assaut les bâtiments de plusieurs villes de l'oblast de Donetsk et de l'oblast de Louhansk et proclament l'indépendance des deux régions en tant que République populaire de Donetsk et République populaire de Louhansk. Des référendums d'autodétermination sont organisés le 11 mai 2014 afin de « valider » ces déclarations d'indépendance, référendums qui, sans surprises, ont recueilli selon les autorités qui les ont organisés une très large majorité de voix favorables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.rfi.fr/europe/2min/20140222-ukraine-ianoukovitch-annonce-demissionnera-pas-timochenko/
  2. VIDEO. Les députés ukrainiens destituent le président Ianoukovitch, FranceTVinfo, 22 février 2014
  3. « Was Yanukovych's Ouster Constitutional? », sur RadioFreeEurope/RadioLiberty (consulté le 3 janvier 2017)
  4. « Ukraine : l'intervention Russe sous l'angle du droit international », sur www.lepetitjuriste.fr (consulté le 3 janvier 2017)
  5. « Ianoukovitch destitué, Timochenko libérée », sur Courrierinternational.com, (consulté le 15 mars 2014)
  6. « En direct. Ukraine : le parlement a destitué le président Ianoukovitch », sur leparisien.fr, (consulté le 22 février 2014)
  7. « Ukraine : le président Ianoukovitch destitué, l'opposante Timochenko libérée », sur lemonde.fr, (consulté le 22 février 2014)
  8. A Kharkiv, la statue de Lénine survivra à la révolution sur LeMonde.fr, article du 25 février 2014, consulté le 26 février 2014
  9. A Kharkiv, les deux Ukraine se font face, sur LeMonde.fr, article du 24 février 2014, consulté le 26 février 2014
  10. L'Est ne reconnaîtra jamais les nouvelles autorités sur LeMonde.fr, article du 23 février 2014, consulté le 26 février 2014
  11. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 3 novembre 2016)
  12. a et b En Crimée, bastion pro-russe : « Kiev a été prise par des fascistes » sur LeMonde.fr, article du 25 février 2014, consulté le 26 février 2014