Révolution diplomatique

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Les coalitions en Europe entre 1725 et 1730. En bleu les signataires du traité de Vienne d’, en rouge ceux du traité de Hanovre de . La Prusse, en brun, rejoignit dans un premier temps l’alliance de Hanovre, puis changea de camp à la suite du traité de Berlin de décembre 1728.
L'Europe à la veille de la Guerre de Succession d'Autriche en 1740 : L'Autriche, la Grande Bretagne et la Russie s'opposent à la France, la Prusse et l'Espagne.
Les alliances à partir du traité de Versailles de 1756 et durant la guerre de Sept Ans.

Le renversement des alliances, parfois qualifié de Révolution diplomatique de 1756, est l'appellation donnée par l'opinion publique au traité de Versailles de 1756. L'alliance établie dès le XVIIe siècle entre la France et la Prusse contre l'alliance symétrique de la Grande-Bretagne et de l'empereur germanique fut remplacée par l'alliance franco-impériale contre la Grande-Bretagne et la Prusse.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIe siècle, la diplomatie en Europe est dominée par la lutte des rois de France contre la maison des Habsbourg qui la menace d'encerclement. L'avènement d'un Bourbon sur le trône d'Espagne à l'issue de la guerre de Succession d'Espagne a modifié cette donnée en facilitant le premier pacte de famille. D'autre part, la tutelle autrichienne sur l'Empire est battue en brèche par la montée de la puissance prussienne. En outre, la tension s'accroissait avec l'Angleterre à propos de la Nouvelle-France concurrente des colonies britanniques nord-américaines. C'est dans ce contexte que s'opéra la rupture diplomatique, consacrée par les traités de Versailles qui répondent à la convention anglo-prussienne de Westminster.

Le rapprochement est l'œuvre de Kaunitz, ambassadeur en France de 1750 à 1753 et qui deviendra le chancelier de l'Impératrice Marie-Thérèse. Marie-Thérèse prend l'initiative en août 1755 de contacter Louis XV par l'intermédiaire de la marquise de Pompadour[1]. Les négociations se déroulent dans le plus grand secret entre le nouvel ambassadeur autrichien Starhemberg et le cardinal de Bernis[2]. La première rencontre eut lieu le dans la maison de campagne de la Pompadour. D'abord tenues secrètes, les négociations sont élargies à des ministres de Louis XV : Machault d'Arnouville, Rouillé, Moreau de Séchelles, Saint-Florentin. Les négociations trainent car une mission parallèle est envoyée à l'ancien allié Frédéric II et certains ministres français sont résolument austrophobes. Le traité signé le entre la Prusse et l'Angleterre montre que Frédéric II a fait une croix sur l'alliance française. Dès lors les obstacles sautent et le traité avec l'Autriche est signé le [3].

Le premier traité de Versailles signé le entre la France et l'Autriche est seulement défensif. Après l'invasion de la Saxe, alliée de l'Autriche, par Frédéric II en , le second traité de Versailles signé le le transforme en alliance offensive.

Au terme de ce second traité, Louis XV s'engageait à lever une armée de 130 000 hommes et à fournir à l'Autriche des subsides annuels de 12 millions de florins.

La place d'Alliance à Nancy commémore cet événement majeur d'Alliance entre le royaume de France et l'empire des Habsbourg-Lorraine.

Cette opération audacieuse n'eut aucun succès à court terme puisque ni la France ni l'Empire ne parvinrent à leurs objectifs : la Prusse conserva la Silésie et la France perdit ses possessions indiennes et nord-américaines.

A moyen terme, elle affaiblit la monarchie qui fut accusée de conduire une politique étrangère cynique et inefficace. On y a vu une cause profonde de l'impopularité de Marie Antoinette.

Pourtant, cette politique, qui sera plus tard défendue par Talleyrand, ne faisait que prendre acte de deux réalités : la montée en puissance de la Prusse et l'affaiblissement des Habsbourg qui n'étaient plus des rivaux dangereux pour la France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Gaxotte, Le siècle de Louis XV, Fayard, 1974, p. 246.
  2. Jean Bérenger et Jean Meyer, La France dans le Monde au XVIIIe siècle, Sedes, 1993, p. 218-218.
  3. Edmond Dziembowski, La guerre de Sept ans, Perrin, 2015, p. 117-121.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Waddington, Louis XV et le renversement des alliances. Préliminaires de la guerre de Sept Ans, Paris, 1896.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]