Révolte du Hauran de 1910

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Révolte des Druzes du Hauran contre l'Empire ottoman
Description de l'image Ottoman Syria.png.
Informations générales
Date 1909-1910
Lieu Hauran en Syrie
Issue victoire ottomane
Belligérants
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottomanRebelles druzes
Commandants
Sami Pasha al-FarouqiZuqan al-Atrash
Forces en présence
35 bataillons
Pertes
inconnues2 000 morts et autant de blessés[1]
Plusieurs centaines de prisonniers

La révolte des Druzes du Hauran en 1910 fut un violent soulèvement des Druzes contre les autorités ottomanes de la province syrienne, qui éclata en 1909. La rébellion fut menée par la famille al-Atrash, dans le but d'obtenir l'indépendance. Mais elle se termina par la quasi-disparition de la communauté druze, un dépeuplement du Hauran et l'exécution des dirigeants druzes.

Origines[modifier | modifier le code]

Le Hauran est un plateau volcanique, situé au sud-ouest de la Syrie et s'étendant dans le coin nord-ouest d'actuelle Jordanie. La zone comprend les hauteurs du Golan, à l'ouest, et est délimité par la Vallée du Jourdain ; elle inclut également le Jabal ad-Duruze à l'est, et est bordé par des steppes et des terrains plus arides.

Avec l'avènement de l'Empire Ottoman et la conquête de la Syrie par le Sultan Selim Ier en 1516, les Druzes Ma'an furent reconnus par les occupants, comme les seigneurs du sud du mont-Liban. Les villages druzes prospérèrent suffisamment sous le règne du clan Ma'an, que la région fut surnommée Jabal Bayt-Ma'an (la montagne de la famille Ma'an) ou la région du Djebel el-Druze. Ce dernier titre a depuis été usurpé par le Hauran qui devint, à partir du XIXe siècle un refuge pour les émigrés Druzes du Mont Liban[2]. Les Druzes de la famille des Al-Atrash avaient gouverné la région de Suwayda depuis 1879. À la suite de la Révolution des jeunes Turcs de 1908, le renforcement du poids des impôts, les élections ainsi que la conscription dans une zone déjà en profonde évolution économique en raison de l'arrivée du chemin de fer, entraina des tensions et des révoltes, notamment parmi les Druzes du Hauran[3].

La rébellion[modifier | modifier le code]

Sami Pacha al-Faruqi et les troupes Druzes de la rébellion près de la gare de Daraa.

La rébellion dans le Hauran éclata en mai 1909, à l'issue d'un litige commercial entre le chef druze Yahia et les al-Atrash dans le village de Busra al-Harir. Ce litige dégénéra en un affrontement armé entre les Druzes et les Ottomans alliés aux villageois locaux[4]. Après une année de tentative de trêve, la stabilité n'était toujours pas atteinte, obligeant les Ottomans à intervenir.

Sami Pacha al-Farouqi est arrivé à Damas en août 1910, à la tête d'une force expéditionnaire de 35 bataillons[4]. Bien que les Druzes reconnurent leur infériorité face à une telle force, plusieurs affrontements s'ensuivirent. Zuqan al-Atrash mena une bataille acharnée contre les Ottomans près de al-Kafr, où il affronta les forces de Sami Pacha al-Farouqi. Après avoir engagé les troupes ottomanes dans deux villages, la résistance druze s'effondra.

Sami Pacha en alliant la force et la ruse réussit à occuper l'ensemble de la région du Djebel el-Druze. La rébellion se termina avec de très nombreuses victimes parmi les habitants Druzes du Hauran, atteignant  près de 10 % de la population. Le nombre de tués fut d'environ 2 000, avec autant de blessés et des centaines de prisonniers, détenus à Damas et Acre[4]. Il s'ensuivit un importantes dépeuplement de zones entières à l'intérieur de la région. Zuqan, leader de la révolte, fut capturés et exécutés par la suite en 1911 (certaines sources évoquent plutôt 1910).

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Suite à l'échec de la révolte druze, al-Farouqi lança une campagne visant à désarmer les Druzes. Environ 10 000 fusils furent ainsi récupérés. Al-Farouqi effectua également un recensement du Hauran, commandant pour ce faire 200 000 cartes à Istanbul. Les impôts furent prélevés[4]. En outre, un millier de Druzes furent enrôlés de force dans l'armée ottomane et dispersés dans tout l'empire. La campagne druze de 1910 devint le point de départ de l'annulation de la "politique d'exception" en vigueur dans la Syrie ottomane, politique d'annulation qui fut ensuite mise en œuvre dans la région de Jabal Ajloun, ainsi que lors de la révolte Karak en Transjordanie.

Au cours de la Première Guerre Mondiale, les Ottomans laissèrent le Jabal al-Druze en paix car ils craignaient une rébellion. Le Sultan al-Atrash, fils de Zuqan al-Atrash, pu alors entrer en contact avec l'ensemble des mouvements pan-arabes et en particulier avec la Révolte Arabe dans le Hijaz. Quand les Arabes atteignirent Aqaba, il envoya un millier d'hommes se joindre à la révolte. Il les rejoint lui-même avec 300 hommes supplémentaires lorsqu'ils atteignirent  Bosra. Ses forces furent les premières à entrer dans Damas et à faire flotter le drapeau arabe, sur le parlement le 29 septembre 1918. Le Sultan al-Atrash entretenait de bonnes relations avec l'émir hachémite Fayçal, chef de file des forces Arabes en révolte. Le Sultan reçu le titre d'Emir et le grade de Général dans l'armée Syrienne, l'équivalent du titre de Pacha.

En 1920, la famille al-Atrash soutint l'éphémère Royaume Arabe de Syrie, rapidement occupé par la France après la Bataille de Maysalun le 24 juillet 1920. Le Sultan al-Atrash essayait de rassembler ses troupes pour lutter contre les Français, mais l'enchainement rapide des événements l'empêcha de mener à bien ses projets. Les troupes françaises entrèrent dans Damas et divisèrent le pays en 5 états. L'État de Souhaita (devenu plus tard la région de Jabal al-Druze) étant l'un d'eux. Le Sultan al-Atrash deviendra plus tard le chef des rebelles pendant la Guerre druze contre le Mandat de la france entre 1925 et 1927, et resta une figure importante dans la vie politique Syrienne, malgré sa défaite au cours de cette bataille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) E.L. Rogan, Frontiers of the State in the Late Ottoman Empire: Transjordan, 1850-1921, Google.co.il, p. 192
  2. Les origines de la communauté Druze les Gens et la Religion, par Philip K. Hitti, 1924
  3. Schsenwald, William L. "Le Vilayet de Syrie, 1901-1914: Un Ré-Examen de Documents Diplomatiques en tant Que Sources."
  4. a, b, c et d Rogan, E. L. "les Frontières de l'État à la Fin de l'Empire Ottoman: la Transjordanie, 1850-1921".