Révolte des Masques Armés

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Dans les années 1782 et 1783, à la limite du Gard et de l'Ardèche, des événements survinrent, ne relevant ni du banditisme, ni de la révolte de masse mais plutôt d'une fronde diffuse.

Jean Régnè, archiviste de l'Ardèche au début du XXe siècle reprend dans sa brochure différentes sources : une relation des événements par Marius Tallon, bourgeois des Vans, et la version du comte de Dampmartin, chargé du maintien de l'ordre.

Le contexte[modifier | modifier le code]

Un mécontentement persistant contre les procureurs, les magistrats et les notaires.
Un rapprochement peut être fait avec des événements survenus en 1735 à Joyeuse, où une troupe d'hommes en armes également masqués avaient dévalisé un receveur des impôts[1].

Les faits[modifier | modifier le code]

Ils sont survenus dans la région comprise entre Saint-Ambroix et Les Vans, et jusqu'à Lablachère.
Des hommes masqués ou barbouillés de suie, revêtus de chemises par-dessus leurs habits investissent l'habitation d'un homme de loi, dispersent ou brulent ses papiers, prennent quelques biens[2].

« Dez le mois de juin 1782, il parut une bande de masque[s] au Malpas, sur le chemin des Vans à Bannes, qui arrêtèrent un diné, que fesoit porter un avocat, nommé par M. le comte du Roure pour être juge de Bannes ; ils firent signe au juge et aux procureurs de s'en retourner, ce qu'ils firent et les masques mangèrent le diné.
Environ huit jours après, deux procureurs des Vans allant à l'audience à Bannes, furent au même lieu accueillis de quelques coups de fusil, toujours par des gens masqués ; ils retournèrent bien vite sur leurs pas.
On ne fit pas grand cas de ces deux levées de boucliers ; tout paroissoit tranquille ; mais dans le mois de janvier 1783, on tenoit des propos, on disoit qu'il faloit brûler les papiers des procureurs et on les en menaçoit dans toutes les occasions[3]. »

Monsieur Henri Cabot de Dampmartin, commandant de la place d'Uzès écrit à Monsieur Barthélémy de Laforest , maire de Joyeuse.en 1783

L'épilogue[modifier | modifier le code]

La troupe intervient envoyée par le comte de Périgord, commandant pour le Languedoc, qui siège à Montpellier[4], sous les ordres M. de Dampmartin, l'arrestation des meneurs, leur jugement à Villeneuve-de-Berg et trois exécutions place de la Grave aux Vans remettent les choses en l'ordre.
Le roi amnistie les coupables survivants en 1784.

Cependant dans les années suivantes et pendant la Révolution, certains actes de banditisme et de chouannerie ont pu être attribués à d'anciens membres de cette bande.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Régnè - Les prodromes de la Révolution dans l'Ardèche et le Gard - la Révolte des Masques Armés dans le Bas-Vivarais pendant les années 1782-1783 - Extrait de « La Revue Historique de la Révolution française et de l'Empire, d'octobre - décembre 1915. Largentière - Imprimerie Mazel & Plancher - 1916
  • Jacques Schnetzler - "L'affaire des Masques armés de 1783 en Haut-Uzège et Bas-Vivarais" - Revue du Vivarais, 1991-4, p. 269-321.

Liens et références[modifier | modifier le code]