Révolte au Chiapas

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La révolte au Chiapas menée par l'Armée zapatiste de libération nationale débuta dans les années 1980, mais le soulèvement armé, événement le plus visible de la révolte, date lui du 1er janvier 1994 dans le sud-est du Mexique avec la prise de San Cristóbal de las Casas et de plusieurs autres chef-lieu (Ocosingo, Las Margaritas, Altamirano et Comitan)[1]. Une partie des communautés du Chiapas (les "zapatistes" ou "néozapatistes") se sont regroupés pour défendre des droits qu'ils pensaient bafoués, et se sont entrainés à l'affrontement armé.

Depuis 2001, les zapatistes déclarent continuer la rébellion en défendant une voie d'autogestion et en organisant un système parallèle d'éducation, de santé, de police, de justice etc. Il est à noter que d'autres groupes armés existent au Chiapas, dont l'EPR (Ejército Popular Révolucionario, Armée populaire révolutionnaire), ainsi que des groupes paramilitaires.

Les raisons du soulèvement[modifier | modifier le code]

Plusieurs raisons sont associées à ce soulèvement. Elles sont principalement d'ordre socio-politique et économique, et ont trait au respect des droits humains élémentaires.

Le plan prévu par l'accord de libre-échange nord-américain, qui entre en vigueur en 1994, place sur le même plan les productions intensives du Corn Belt et les cultures agricoles vivrières pratiquées par les peuples indigènes : concrètement, les peuples indigènes devaient cesser de cultiver leurs terres pour acheter les produits à moindre coût au nord du continent. Sans possibilités de paiement, ils étaient donc condamnés, ce qui fut le motif insurrectionnel.

1994 : déclaration de guerre[modifier | modifier le code]

Le entre donc en vigueur l'ALENA. Les zapatistes, qui s'armaient et s’entraînaient depuis des années, utilisent ce symbole pour lancer le soulèvement armé. Ils déclarent alors la guerre au gouvernement fédéral mexicain, par la voix de Rafael Sebastian Guillén Vicente (dit le « sous-commandant Marcos »), et occupent temporairement plusieurs palais municipaux du Chiapas (le plus importante étant celui San Cristóbal de las Casas 200 000 habitants, ainsi que ceux Altamirano, Las Marguaritas, etc.[2]).

Les insurgés repartent ensuite dans les Hautes Terres (Altos) du Chiapas.

1995 : observateurs internationaux[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel réagit à la déclaration de guerre de l'EZLN par une guerre de basse intensité au Chiapas. Avec la mise en place des communes autonomes (municipios autonomos) dès la fin de l'année 1994, puis celle des conseils de bon gouvernement (Juntas de Buen Gobierno), coordonnant l'action de ces communes, les petits propriétaires paysans zapatistes assument par leurs propres moyens, avec l'aide d'une partie de la société civile mexicaine et internationale, la construction de leur propre système de santé et d'éducation, tout comme la production et la commercialisation du café à travers plusieurs grandes coopératives. Ces efforts ne sont pour autant pas couronnés de succès avant 2003.

Les zapatistes lancèrent la contestation envers cette offensive par de nombreux appels à la presse internationale. Il résulte de ces appels six déclarations de la forêt Lacandone (la dernière en date est celle de juin 2005) et une multitude de textes non dénués d'expression poétique, ainsi qu'à l'expression des revendications des zapatistes pour plus de démocratie, sans pour autant jouer le jeu des institutions en place. Ils sont en revanche sans ambiguïté concernant la résistance et à impérialisme américain qui selon eux considère les ressources du continent américain comme son pré carré[citation nécessaire].

Les accords de San Andrés[modifier | modifier le code]

La réélection du président Clinton en 1996 fut mal perçue par certains[Lesquels ?] membres de l'EZLN. En effet, des observateurs internationaux[Lesquels ?] avaient pu mesurer un effet détourné des mesures prises[Lesquelles ?] par le gouvernement pour circonscrire la révolte : le développement d'infrastructures routières, demandée par la population pour désenclaver la région qui se sentait isolée et abandonnée, ne pouvant qu'avec difficulté se déplacer, servait également à améliorer le parcours des blindés légers achetés aux États-Unis et à la France par les Mexicains, l'armée accédant aux zones où l'EZLN s'était implantée. Ce développement favorise également le départ des jeunes vers les villes ou le nord du continent, et donc le dépeuplement du Chiapas de ses forces vives ; les troubles qui s'y déroulaient décourageaient les investisseurs.

L'année suivante, la seconde rencontre intercontinentale contre le néolibéralisme et pour l'humanité se déroula en Espagne[Où ?]. L'EZLN a servi aussi de prétexte au pouvoir en place pour militariser le Chiapas. Plusieurs campements permanents de l'armée ont été installées à proximité immédiate des communes autonomes (municipios autonomos) et des centres civils de coordination, les Caracoles zapatistes.

Le Chiapas a été gouverné par Juan Sabines Guerrero, membre du PRD, entre 2006 et 2012. Aujourd’hui le Parti vert écologiste du Mexique (PVEM), fortement inspiré du PRI a été élu aux dernières élections, avec à sa tête Manuel Velasco Coello, le plus jeune gouverneur de l’état.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]