Révolte au Chiapas

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La révolte au Chiapas menée par l'Armée zapatiste de libération nationale débuta il y a environ 20 ans, mais le soulèvement armé, événement le plus visible de la révolte, date lui du 1er janvier 1994 dans le sud-est du Mexique avec la prise de San Cristóbal de las Casas et de plusieurs autres chef-lieu (Ocosingo, Las Margaritas, Altamirano et Comitan). Une partie des communautés du Chiapas (les "zapatistes" ou "néozapatistes") se sont regroupés pour défendre des droits qu'ils pensaient bafoués, et se sont entrainés, à la fois intellectuellement et physiquement, à l'affrontement armé. Depuis 2001, les zapatistes déclarent continuer la rébellion en défendant une voie d'autogestion et en organisant un système parallèle d'éducation, de santé, de police, de justice etc. Il est à noter que d'autres groupes armés existent au Chiapas, dont l'EPR (Ejército Popular Révolucionario, Armée populaire révolutionnaire, ainsi que des groupes paramilitaires.

Les raisons du soulèvement[modifier | modifier le code]

Plusieurs raisons sont associées à ce soulèvement. Elles sont principalement d'ordre socio politique, et économique, et ont toutes trait au respect des droits humains élémentaires, selon les zapatistes.

Le plan ALENA qui plaçait sur le même plan les productions intensives du Corn Belt et les cultures agricoles vivrières pratiquées par les peuples indigènes  : concrètement, les peuples indigènes devaient cesser de cultiver leurs terres pour acheter les produits à moindre coût au nord du continent. Sans possibilités de paiement, ils étaient donc condamnés, ce qui fut le motif insurrectionnel.

1994 : déclaration de guerre[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1994 entrait en vigueur l'accord de libre-échange nord-américain. Les zapatistes, qui s'armaient et s'entrainaient depuis des années, utilisèrent ce symbole pour lancer le soulèvement armé. Ils déclarent alors la guerre au gouvernement fédéral mexicain, et occupent temporairement plusieurs municipalités du Chiapas (la plus importante étant San Cristóbal de las Casas 200 000 habitants, ainsi qu'Altamirano, Las Marguaritas, etc.[1]).

Les insurgés repartirent ensuite d'où ils étaient venus[réf. nécessaire], dans les Hautes Terres (Altos) du Chiapas.

Elle a été déclarée par Rafael Sebastian Guillén Vicente dit le « sous-commandant Marcos ».

Nombre de morts dus à ces événements[modifier | modifier le code]

1995 : observateurs internationaux[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel réagit à la déclaration de guerre de l'EZLN par une guerre de basse intensité au Chiapas. Avec la mise en place des communes autonomes (municipios autonomos) dès la fin de l'année 1994, puis celle des conseils de bon gouvernement (Juntas de Buen Gobierno), coordonnant l'action de ces communes, en aout 2003, les petits propriétaires paysans zapatistes assument par leurs propres moyens, avec l'aide d'une partie de la société civile mexicaine et internationale, la construction de leur propre système de santé et d'éducation, tout comme la production et la commercialisation du café à travers plusieurs grandes coopératives.

Les zapatistes lancèrent la contestation par de nombreux appels à la presse internationale. Le gouvernement mexicain évita rapidement, le 12 janvier 1994, de faire ouvertement des martyrs, ce qui ne pouvait que lui aliéner encore plus l'opinion publique étrangère.

Il résulte de ces appels six déclarations de la forêt Lacandone (la dernière en date est celle de juin 2005) et une multitude de textes non dénués d'expression poétique, ainsi qu'à l'expression des revendications des zapatistes pour plus de démocratie, sans pour autant jouer le jeu des institutions en place. Ils sont en revanche sans ambiguïté concernant la résistance et à impérialisme américain qui selon eux considère les ressources du continent américain comme son pré carré[citation nécessaire].

Quoique, à l'occasion d'actions diverses des autorités légales en février 1995, le président Ernesto Zedillo ait révélé l'identité du sous-commandant Marcos, la légende du rebelle au passe-montagne fumant la pipe dans les jungles du Chiapas s'est durablement installée chez les altermondialistes européens et américains[réf. nécessaire]. Le slogan ¡Ya basta! (paradoxalement en espagnol et non dans une langue indigène) avait fait le tour de l'Occident et était repris par des articles spécialisés dans la presse mondiale.

Alors que Marcos est manifestement un intellectuel éduqué issu de la haute bourgeoisie blanche dont les parents sont nés en Espagne, ses compagnons de l'EZLN proviennent des peuples mayas locaux, parmi lesquels les Tzotzils, les Tzeltals[2], les Chols et les Tojolabals.

Les accords de San Andrés[modifier | modifier le code]

Lire aussi (es) Los Acuerdos de San Andrés

La réélection du président Clinton en 1996 fut mal perçue par certains[Lesquels ?] membres de l'EZLN, où des observateurs internationaux[Lesquels ?] avaient pu mesurer un effet détourné des mesures prises[Lesquelles ?] par le gouvernement pour circonscrire la révolte : le développement d'infrastructures routières demandées par la population pour désenclaver la région qui se sentait isolée et abandonnée, ne pouvant qu'avec difficulté se déplacer, ces routes seraient utilisées par les blindés légers achetés aux États-Unis et à la France par les Mexicains, l'armée accédant aux zones où l'EZLN s'était implantée, elle favoriseraient aussi le départ des jeunes vers les villes ou le nord du continent. Les troubles au Chiapas découragèrent des investisseurs nationaux ou étrangers. De très nombreux jeunes hommes quittent leur villages pour le rêve américain, privant le Chiapas d'une grande partie de ses forces vives.

Au Mexique, le mot indio (« indien ») est dévalorisant et à connotation raciste. Il faut préférer le terme « indigène ».

L'année suivante, la seconde rencontre intercontinentale contre le néolibéralisme et pour l'humanité se déroula en Espagne[Où ?]. L'EZLN a servi aussi de prétexte au pouvoir en place pour militariser le Chiapas. Plusieurs campements permanents de l'armée ont été installées à proximité immédiate des communes autonomes (municipios autonomos) et des centres civils de coordination, les Caracoles zapatistes.

Le Chiapas a été gouverné par Juan Sabines Guerrero membre du PRD entre 2006 et 2012. Aujourd’hui le Parti vert écologiste du Mexique (PVEM), fortement inspiré du PRI a été élu aux dernières élections, avec à sa tête Manuel Velasco Coello, le plus jeune gouverneur de l’état.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Bulletin du SIPAZ Vol XIV Nº 3, novembre 2009 », sur www.sipaz.org (consulté le 18 mai 2010)
  2. Points d'entrée : (en) en:Tzotzil, en:Tzeltal.