Résurrection de Lazare

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La résurrection de Lazare, de Duccio, 1310–1311

La résurrection de Lazare est un miracle de Jésus rapporté uniquement par l'Évangile de Jean (Jean 11:1–44), durant lequel Jésus ramène Lazare de Béthanie à la vie quatre jours après son enterrement[1]. L'événement se déroule à Béthanie (aujourd'hui la ville palestinienne d'Al-Eizariya, traduit par « la place de Lazare »). C'est, dans l'Évangile de Jean, le dernier des miracles que Jésus accomplit avant la Passion et sa propre résurrection.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lazare est le frère de Marthe et de Marie de Béthanie. La famille vit dans le village de Béthanie, à environ trois kilomètres à l'est de Jérusalem, sur le versant sud-est du mont des Oliviers.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

La résurrection de Lazare, huile sur toile, v. 1517-1519, Sebastiano del Piombo (National Gallery, Londres)

Selon Jean 11: 1-44[2], Jésus reçoit un message des deux sœurs de Lazare, malade, qui réclament son aide. Jésus dit à ses disciples : « Cette maladie n'est point à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ».

Jésus retarde alors son départ et part après deux jours. Les disciples ont peur de retourner en Judée, mais Jésus dit: "Lazare notre ami dort; mais j'y vais pour l'éveiller." Lorsque les apôtres se méprennent, il précise: « Lazare est mort, Et j'ai de la joie pour l'amour de vous de ce que je n'y étais point; afin que vous croyiez ».

À leur arrivée à Béthanie, Lazare est mort et enterré depuis quatre jours. Avant d'entrer dans la ville, Marthe, la sœur de Lazare, vient à la rencontre de Jésus et lui dit: "si tu eusses été ici mon frère ne fût pas mort". Jésus assure à Marthe que son frère ressuscitera et déclare: « je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu'il soit mort, il vivra. Et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra jamais; crois-tu cela ? »

Martha affirme qu'elle croit vraiment et déclare: « oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir au monde » Ce n'est que la deuxième fois (après Nathanaël) que quelqu'un déclare Jésus comme Fils de Dieu et la première fois que quelqu'un l'assimile au « Messie » et au « Fils de Dieu » ensemble.

Mosaïque du sixième siècle de la résurrection de Lazare, église de Basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf, Ravenne, Italie.

En entrant dans le village, Jésus rencontre Marie et les gens qui sont venus la consoler. Jésus est profondément ému à la vue de leur chagrin. Après avoir demandé où il a été enterré, (on trouve à ce moment l'un des plus courts versets des évangiles : « Jésus pleura »), Jésus demande que la pierre de la tombe soit enlevée, mais Marthe intervient et déclare qu'il y aura une odeur. A quoi Jésus répond: « ne t'ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu ? »

Ils retirent alors la pierre, Jésus lève les yeux et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Or je savais bien que tu m'exauces toujours; mais je l'ai dit à cause des troupes qui sont autour [de moi], afin qu'elles croient que tu m'as envoyé. »

Il crie alors à haute voix: « Lazare sors dehors » Le mort en sort, les mains et les pieds enveloppés de bandes de lin et d'un chiffon autour du visage. Jésus leur dit : « déliez-le, et laissez-le aller ».

Interprétation[modifier | modifier le code]

Les théologiens Moloney et Harrington considèrent la résurrection de Lazare comme un « miracle pivot » qui déclenche la chaîne d'événements qui mène à la crucifixion de Jésus. Ils le considèrent comme une « résurrection qui mènera à la mort », dans la mesure où la résurrection de Lazare entraînera la mort de Jésus, le Fils de Dieu, à Jérusalem, et révélera la gloire de Dieu[3]. Calvin note que « non seulement le Christ a donné une preuve remarquable de sa puissance divine pour relever Lazare, mais il a également placé sous nos yeux une image vivante de notre future résurrection.[4]»

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Clowes, The Miracles of Jesus Christ, Manchester, UK, , p. 274
  2. « Jean 11 Martin Bible », sur saintebible.com (consulté le 10 février 2020)
  3. Francis J. Moloney, Daniel J. Harrington, 1998 The Gospel of John Liturgical Press (ISBN 0-8146-5806-7) p. 325
  4. « John 11 Calvin's Commentaries », Biblehub.com (consulté le 16 avril 2018)