Résurrection d'une espèce éteinte

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Le Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica) fut ajouté à la longue liste des espèces animales disparues, après que sa dernière représentante a été retrouvée morte le 6 janvier 2000

La résurrection d’une espèce éteinte (ou désextinction) consiste à produire un spécimen vivant d’une espèce disparue[1].

Principe et enjeux[modifier | modifier le code]

Jeune mammouth en position de marche, dans une vitrine.
Le jeune mammouth Lyuba, qui avait encore de la nourriture dans son estomac, constituerait un excellent candidat à la désextinction grâce à l'excellente conservation de son patrimoine génétique (Musée Field). Voir l'article Recréation du Mammouth laineux.

Si faire revenir sur Terre des dinosaures comme dans le film de science-fiction Jurassic Park semble impossible, parce que l'ADN retrouvé sur des fossiles vieux de 65 millions d'années est trop dégradé, il serait par contre possible de ressusciter certaines espèces disparues depuis moins longtemps[2].

Différentes solutions permettraient ce processus de renaissance : le clonage, par transfert de cellules somatiques adultes provenant de tissus relativement bien conservés de l'espèce éteinte, dans des ovules ou des œufs d'une espèce proche ; l'ingénierie génétique, par séquençage du génome et insertion des séquences d'ADN faisant la spécificité de l'espèce éteinte dans le génome d'une espèce proche toujours vivante ; ou une méthode d'élevage avec sélection par croisement des individus ayant le génome se rapprochant le plus du génome ancestral [2].

Des essais de croisement effectués de 1920 à 1930 avaient déjà abouti à la reconstitution vraisemblable d'une sorte de cousin de l'Aurochs, nommée Aurochs de Heck.

Le clonage a permis la naissance d'un bouquetin des Pyrénées en janvier 2009, ce qui en fait le premier cas de résurrection d’une sous-espèce animale éteinte, même si celle-ci ne dura que quelques minutes, le nouveau-né étant mort rapidement à cause d’une malformation pulmonaire[3],[4].

Plusieurs éléments limitent cependant l'intérêt de cette démarche : le manque de robustesse des populations ainsi conçues (par manque probable de diversité génétique), la difficulté de leur intégration dans un environnement qui a évolué sans elles, et le coût, notamment si l’on considère que les mêmes fonds pourraient être consacrés à la préservation d'espèces actuelles[5].


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexandre Robert, Charles Thévenin, Karine Princé, François Sarrazin et Joanne Clavel, « De-extinction and evolution », Functional Ecology,‎ (DOI 10.1111/1365-2435.12723, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jacob S. Sherkow et Henry T. Greely, « What If Extinction Is Not Forever? », Science, vol. 340, no 6128,‎ , p. 32-33 (lire en ligne)
  2. a et b Pierre Barthélémy, « Doit-on ressusciter les espèces disparues ? », http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr, (consulté le 7 avril 2013)
  3. Folch, J., Cocero, M. J., Chesne, P., Alabart, J. L., Dominguez, V., Cognie, Y., Roche, A., Fernandez-Arias, A., Marti, J. I., Sanchez, P., Echegoyen, E., Beckers, J. F., Bonastre, A. S. & Vignon, X. (2009) First birth of an animal from an extinct subspecies (Capra pyrenaica pyrenaica) by cloning. Theriogenology, 71, 1026-1034.
  4. Jean Etienne, « Premier clonage – presque – réussi d’un animal disparu », sur www.futura-sciences.com, (consulté le 30 août 2014)
  5. (en) Alexandre Robert, Charles Thévenin, Karine Princé, François Sarrazin et Joanne Clavel, « De-extinction and evolution », Functional Ecology,‎ (DOI 10.1111/1365-2435.12723, lire en ligne).