Réserve naturelle nationale des hauts plateaux du Vercors

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Réserve naturelle nationale des hauts plateaux du Vercors
Vercors03.jpg
Le versant est du Vercors
Géographie
Pays
Région
Département
Coordonnées
Ville proche
Superficie
17 605 ha[1]
Administration
Type
Catégorie UICN
IV
WDPA
Création
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La réserve naturelle nationale des hauts plateaux du Vercors (RNN74) est une réserve naturelle nationale située au cœur du Vercors en Auvergne-Rhône-Alpes, à cheval sur les départements de la Drôme et de l'Isère. Créée en 1985 sur une superficie de 17 030,40 ha, elle englobe 10 % du territoire du Parc naturel régional du Vercors et constitue la plus vaste réserve naturelle terrestre de France métropolitaine. Elle protège la zone des Haut-Plateaux constitués d'alpages, de forêts, de pré-bois, de lapiaz et de falaises.

Localisation[modifier | modifier le code]

Périmètre de la réserve naturelle.

Le territoire de la réserve naturelle se trouve dans les départements de l'Isère et de la Drôme. Il concerne les communes de Châtillon-en-Diois, Chichilianne, Corrençon-en-Vercors, Gresse-en-Vercors, La Chapelle-en-Vercors, Laval-d'Aix, Romeyer, Saint-Agnan-en-Vercors, Saint-Andéol, Saint-Martin-de-Clelles, Saint-Michel-les-Portes et Treschenu-Creyers. L'altitude s'échelonne de 1 050 m à 2 341 m au sommet du Grand Veymont. Outre les Hauts-Plateaux, le territoire englobe également le Mont Aiguille et ses alentours.

La réserve naturelle n'abrite aucun habitat permanent ni aucune route à grande circulation : seules des routes forestières la parcourent.

Description[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors s'étire en longueur du nord au sud sur une trentaine de kilomètres. Son gradient altitudinal à tendance à augmenter de l'ouest vers l'est et du nord vers le sud.

Les paysages du nord de la réserve naturelle sont principalement fermés et forestiers. On y trouve de nombreuses forêts sur lapiaz, principalement peuplées d'Épicéas commun, de Sorbiers des oiseleurs ou de Bouleaux verruqueux. Cette forêt est entrecoupée de vastes clairières comme celles de Darbounouse, de Carette ou du Rey Blanc. L'altitude de ce secteur du plateau est assez faible, comprise entre 1 200 m et 1 400 m.

À l'Est, du massif de la Moucherolle, situé au nord de la réserve naturelle, jusqu'au Grand Veymont, court la ligne de crête orientale du Vercors. Les sommets y avoisinent tous les 2 000 m, entrecoupés de pas, et surplombent le Trièves du haut de falaises atteignant parfois 400 m. Les plus hauts sommets de ce secteurs, du nord vers le sud, sont les suivants :

  • Rocher du Playnet (1 994 m)
  • Rocher de La Peyrouse (2 011 m)
  • Rancs Traversier (2 090 m)
  • Malaval (2 097 m)
  • Rocher de Séguret (2 051 m)
  • Roche Rousse (2 105 m)
  • Pierre Blanche (2 106 m)
  • Grand Veymont (2 341 m)

À l'Ouest des Hauts-Plateaux s'étend une forêt plus dense et plus haute, dépourvue de grande clairières. Cette dernière atteint localement 1 600 m d'altitude et est principalement composée de Hêtres communs, d'Érables sycomores et de Sapins blancs.

À l'est, la réserve naturelle englobe le mont Aiguille et ses alentours, y compris le col de l'Aupet, jusqu'au hameau de La Bâtie. Sur les parties basses, le paysage est très forestier, mais le sommet du mont Aiguille est occupé par une prairie alpine très préservée et riche en plantes à fleurs.

Dans le sud des Hauts-Plateaux, le paysage s'ouvre, globalement au sud d'une ligne Grand Veymont - La Coche. La forêt s'y fait moins dense et est principalement composée de Pins à crochets, entrecoupée de nombreuses clairières comme celles de Grande Cabane, de la Jasse de la Roche, la plaine de La Queyrie, la prairie du Jas Neuf ou celle du Chaumailloux. L'altitude y est plus élevée que dans le nord, entre 1 500 m et 1 600 m.

Au sud-est, le paysage s'ouvre carrément pour ressembler à une steppe d'altitude au relief doux peuplée de rares arbres, sur les secteurs de Chamousset et de Jardin du Roi. L'altitude moyenne y est élevée, aux alentours de 1 800 m et plusieurs sommets marquent le paysage comme :

  • Tête Chevalière (1 951 m)
  • la Montagnette (1 972 m)
  • la Croix du Lautaret (1 951 m)

Ce secteur se termine par la pointe de Tussac, occupée par une grande forêt de Pins à crochets, et le Vallon de Combeau, également peuplé d'une forêt assez ouverte de Pins à crochets.

Le sud-ouest est occupé par le massif du Glandasse, encadré de falaises hautes de plus de 500 m par endroits, qui surplombent à l'ouest la ville de Die et la vallée de la Drôme et à l'est le cirque d'Archiane. Les Pins à crochets y sont très présents, avec des secteurs plus ouverts vers la Bergerie de Laval-d'Aix, le Dôme du Glandasse ou le Plateau de Châtillon. L'altitude y est élevée avec quelques sommets marquants comme :

  • Roc de Peyrolle (2 016 m)
  • Dôme du Glandasse ou Pié Ferré (2 041 m)
  • Roc d'Ambiante (1 996 m)

Histoire[modifier | modifier le code]

Les hauts plateaux
Vue aérienne des hauts plateaux.

Le Vercors est apparu il y a 23 millions d'années en surgissant des profondeurs de l'océan. Son histoire géologique se décompose en des phases successives : sédimentation, émergence, érosion. Le calcaire, roche sédimentaire est omniprésent et a déterminé les activités humaines. Un autre facteur déterminant est le climat très constrasté à la frontière entre les Préalpes du nord et celles du sud[2].

Les hauts plateaux sont fréquentés par l'homme depuis longtemps, à l'Antiquité les Romains ont notamment construit une carrière sur la plaine de La Queyrie, à 1 800 m d'altitude. L'Axe principal reliant Die à Grenoble passait alors par les Hauts-Plateaux.

Une longue tradition de pastoralisme existe sur les hauts plateaux. De nombreuses jasses en ruines (restes de cabanes et de parcs en pierres sèches) témoignent de l'intense activité pastorale au cours des derniers siècles.

Des sites du mésolithique témoignent de la fréquentation ancienne des Hauts-Plateaux, principalement pour des campagnes de chasse d'été. Ces sites, notamment sur les secteurs de Gerland, Pré Peyret et le Pas de l'Aiguille, ont principalement permis la découverte de restes de taille et de pointes de flèches.

Dans l'histoire récente, les Hauts-Plateaux ont été le théâtre de la bataille des Pas en lors de l'opération menée par les nazis contre les résistants du Vercors. Un mémorial et des plaques commémorent cet évènement au niveau du Pas de l'Aiguille, du Pas de la Ville et du Pas de Berriève.

Le mont Aiguille[modifier | modifier le code]

La prairie sommitale.

Le mont Aiguille, haut de ses 2 085 m est l'un des sites les plus emblématiques du Vercors et des Alpes. Sa silhouette est très connue et présente dans le culture locale.

Le mont Aiguille est également un site historique important. Il a en effet vu les premiers pas de l'alpinisme, avec une ascension réussie le par Antoine de Ville et ses compagnons. Cette ascension a été réalisée sur ordre du roi de France Charles VIII avec des moyens rudimentaires, principalement composés de pitons forgés, d'échelles et d'échafaudages. La seconde ascension ne fut réalisée que presque 350 ans plus tard, en 1834.

Le Mont Aiguille est aujourd'hui très fréquenté par les grimpeurs et alpinistes, car son ascension est réputée simple, mais n'est pas dénuée de risques. Le bivouac à son sommet a été interdit par les communes concernées par le mont Aiguille en 2022 pour des raisons environnementales.

D'un point de vue écologique, le mont Aiguille est très étudié car sa prairie sommitale a évolué sans influence humaines durant une grande partie de son existence, la fréquentation n'y étant vraiment marquée que depuis environ 70 ans. De plus, aucune activité modifiant la structure des paysages, comme le pastoralisme, ne s'y est jamais développée. Des études sont menées au sommet par le Conservatoire botanique national Alpin depuis 2012 afin de mieux comprendre cette prairie et son fonctionnement, et une station météorologique y a été installée.

La faune y est riche, avec notamment une présence régulière de Bouquetins des Alpes au sommet, ainsi qu'une population de Campagnol des neiges qui s'y développe. Les oiseaux ne sont pas en reste avec notamment le Tichodrome échelette, le Chocard à bec jaune ou le Vautour fauve qui y sont observés presque quotidiennement.

La flore y est particulièrement étudiée, avec certaines espèces particulièrement bien représentées sur la prairie sommitale comme le Lis de Saint-Bruno, le Lis martagon, l'Orchis globuleux ou l'Orchis moucheron. Les zones de suintement sur les parties rocheuses sont occupées par la Grassette des Alpes, et de nombreuses Primevères oreille d'ours, une espèce protégée au niveau national, poussent sur les rocailles, y compris sur la voie normale.

Lapiaz et pins à crochets
Lapiaz et pins à crochets.
L'arbre taillé de la Queyrie
L'arbre taillé de la Queyrie.

Géologie[modifier | modifier le code]

Lapiaz du Clot d'Aspres
Lapiaz du Clot d'Aspres.

La roche calcaire est omniprésente sur le territoire de la réserve naturelle. Elle est très souvent apparente ou recouverte d'un sol de faible épaisseur. Le sous-sol est le domaine du karst avec de nombreux gouffres (Scialet Zakapouët[3], Scialet du Playnet, Scialet du Pharaon, Pot Deux, Trou Spinette, Scialet Vincens) et lapiaz. Des reliefs de marnes, présentes sous les calcaires urgoniens, sont visibles sur les parties basses du Mont Aiguille, ou sur le secteur de Tête Chevalière. Une conséquence de ce relief est la quasi absence d'eau de surface sur les hauts-plateaux. Un grand nombre des sources mentionnées sur l'IGN sont temporaires voir n'existent plus. Les seules sources coulant régulièrement sont :

  • Baume Rousse (Glandasse)
  • L'Essaure (Vallon de Combeau)
  • Chaumailloux (Pas de l'Aiguille) avec 3 sources actives
  • Col des Bachassons
  • Pas des Bachassons
  • Les Endettés (Pré Peyret)
  • Gerland
  • Les Serrons (pied du Grand Veymont) uniquement au printemps
  • La Chau
  • Source du Play
  • Fontaine de l'Adret (au printemps)
  • Fontaine de la Baume (au printemps)
  • Fontaine de Font Froide (au printemps)

L'état de ces sources est régulièrement noté au printemps et en été par les gardes de la réserve naturelle sur la rubrique inforsource du site du Parc naturel régional du Vercors.

Flore[modifier | modifier le code]

1 068 espèces de plantes sont connues en 2022 sur la réserve naturelle, mais ce nombre est en constante augmentation grâce aux découvertes régulières.

La flore forestière est diversifiée dans le cortège de montagne. Les principales espèces d'arbres présentes sont le Hêtre commun, l'Épicéa commun, le Sapin blanc, l'Érable sycomore, le Nerprun des Alpes, le Bouleau verruqueux, le Sorbier des oiseleurs, le Pin à crochets, le Pin sylvestre et le Mélèze des Alpes. Des espèces de ligneux buissonnantes comme le Genévrier de Sibérie, le Genévrier de Phénicie, l'Amélanchier à feuilles ovales ou le Rhododendron ferrugineux sont également présentes.

Les secteurs de lande sont également importants avec en premier lieu les landes à genévriers. Les landes à éricacées sont également présentes, avec des Myrtilles, des Airelles des marais, des Raisins des ours, des Raisin des ours des Alpesetc. Ces landes se développent principalement dans les clairières et dans la zone de combat, au delà de la limite des arbres, qui est particulièrement étendue sur les Hauts-Plateaux du Vercors.

Les zones les plus hautes sont occupées par des pelouses alpines rases, se développant entre les éboulis et les rochers affleurants. Des espèces comme l'Edelweiss, la Bérardie laineuse, la Gentiane de Clusius ou la Pulsatille de Haller s'y développent. Certains secteurs sud présentent un similitude surprenante avec les cortèges floristiques des Pyrénées, avec la Sabline pourpre ou la Germandrée des Pyrénées.

Les zones pâturées par le bétail présentent un aspect mixte, selon la pression de pâturage, allant du pré-bois à des zones d'herbacées rases. Ces zones sont particulièrement riches en plantes à fleur précoces, poussant aux mois de mai et de juin, notamment en Renoncule de Küpfer, Renoncule des neiges, Gentiane printanière, Corydale à bulbe plein, Tulipe australe, le Panicaut blanc des Alpes

La pinède à crochet est l'un des habitats emblématiques des Hauts-Plateaux, qui accueillent la plus vaste pinède à crochet des Alpes calcaires. Ce milieu est souvent structuré en pré-bois pâturé et accueille un grand nombre des espèces citées ci-dessus.

La pessière sur lapiaz qui se développe dans les parties nord de la réserve naturelle est un habitat très proche des taïgas boréales. On y trouve des espèces telles que le Pavot du Pays de Galles, l'Ancolie des Alpes, de Daphné camélée, ainsi que de nombreux bryophytes et lichens.

La diversité en Orchidées y est particulièrement importante comme dans tout le massif du Vercors, avec notamment le Sabot de Vénus, l'Orchis de Spitzel, l'Orchis superbe, l'Orchis blanchâtre, l'Orchis grenouille, l'Orchis à odeur de sureau, l'Orchis brûlé, l'Orchis pâle, l'Orchis moucheron, la Listère en cœur, l'Épipogon sans feuilles, la Racine de corail, l'Épipactis pourpre noirâtre, l'Épipactis à labelle étroit, la Nigritelle d'Autriche, la Nigritelle de Rhellicani

Un grand nombre d'espèces protégées poussent sur les Hauts-Plateaux du Vercors, et d'une façon générale, toute récolte de plantes est strictement interdite sur la réserve naturelle.

Faune[modifier | modifier le code]

La vie animale abonde sur les Hauts-Plateaux du Vercors, malgré une discrétion marquée.

Les ongulés sont représentés avec les 6 espèces présentes dans les Alpes.

Le Bouquetin des Alpes a été réintroduit à partir de 1989 depuis le cirque d'Archiane, sur la commune de Châtillon-en-Diois (Drôme). Il prospère aujourd'hui sur la plupart des secteurs de rocailles et de crêtes, avec plus de 500 individus comptés en 2022.

Le Chamois des Alpes n'a jamais disparu des Hauts-Plateaux mais était encore rare dans les années 1980. La population y est maintenant florissante, avec des densités particulièrement élevées sur les bordures Est et Ouest de la réserve naturelles, le massif du Glandasse et le cirque d'Archiane.

Le Mouflon méditerranéen est présent en très faibles effectifs sur les zones de crête. Ces populations, en continuité de celles plus importantes de la Bordure Est du Vercors, sont limitées par le fort enneigement hivernal et la prédation des loups, et ne comportent pas plus de quelques dizaines d'individus, principalement présents en été. Ses populations sont issues d'introduction à des fins cynégétiques ayant eu lieu dans la seconde moitié du XXe siècle et ne font l'objet d'aucun suivi par la réserve naturelle.

Le Chevreuil européen est principalement présent sur la bordure Ouest et les alentours du mont Aiguille. Il trouve ici sa limite altitudinale de répartition, et supporte assez mal les forts enneigements hivernaux. Il est donc principalement présent en été.

Le Cerf élaphe est présent toute l'année sur la réserve naturelle. Ses populations sont issues des individus réintroduits dans le Trièves dans les années 1990. Plusieurs places de brame existent sur le secteur des Hauts-Plateaux du Vercors, et les cerfs sont bien présents dans tous les habitats jusqu'à 2 000 m d'altitude.

Le Sanglier d'Eurasie fréquente principalement les secteurs forestiers et les clairières au printemps et en été, fuyant l'enneigement hivernal. On le trouve principalement dans le domaine montagnard de la hêtraie-sapinière, jusqu'à 1 600 m bien qu'il puisse faire des incursions plus haut en altitude.

Le Loup gris est présent et se reproduit sur la réserve naturelle depuis le début des années 2000, après un retour naturel depuis les populations italiennes. Ses effectifs sont compliqués à estimer, mais un suivi est effectué par les gardes de la réserve naturelle et les gardes forestiers de l'ONF.

Aucune preuve de présence récente de Lynx boréal et de Chat forestier n'ont été découvertes malgré l'emplacement de la réserve naturelle, à la limite des populations alpines connues, et des habitats favorables aux deux espèces.

Les petits carnivores et les mustélidés sont bien représentés sur les Hauts-Plateaux du Vercors, avec l'Hermine, la Belette pygmée, la Martre des pins, la Fouine, le Renard roux et le Blaireau européen.

La Marmotte des Alpes a été réintroduite dans les années 70 et est présente dans une grande partie des habitats ouverts et des clairières. Le Lièvre variable est encore commun sur une grande partie de la réserve naturelle, malgré la présence de Lièvre d'Europe sur les zones de plus basse altitude.

Divers inventaires ont permis de mieux connaitre les cortèges de micromammifères et de chiroptères et de détecter notamment le Campagnol des neiges, le Campagnol de Fatio, le Campagnol roussâtre, le Campagnol souterrain, le Mulot sylvestre, le Mulot à collier, le Mulot alpestre, la Noctule de Leisler, la Barbastrelle commune, l'Oreillard montagnard


La diversité de reptiles et d'amphibiens est limitée par l'altitude, le climat froid des Hauts-Plateaux et la rareté des milieux humides. Des espèces comme la Vipère aspic, la Coronelle lisse, le Lézard vivipare, le Lézard à deux raies, l'Orvet commun, le Crapaud commun ou la Grenouille rousse sont néanmoins considérées comme communes. Le Lézard des murailles, la Couleuvre verte-et-jaune, la Couleuvre d'Esculape, le Triton alpestre et la Salamandre tachetée sont également connus de façon plus localisée.


L'entomofaune est très diversifiée de part la diversité des milieux présents. Plus de 100 espèces de papillons sont connues à ce jour dont l'Apollon, le Semi-Apollon, le Gazé, le Moiré cendré, le Nacré porphyrin, le Candide, le Thècle des nerpruns

Malgré la rareté des milieux humides, une quinzaine d'espèces d'odonates sont connues sur un réseau de petites mares présentes dans le sud de la réserve naturelle, avec des populations particulièrement conséquentes d'Aeschne des joncs et d'Agrion nain.

Au printemps et au début de l'été, 3 espèces d'ascalaphes (Ascalaphe blanc, Ascalaphe commun, Ascalaphe souffré) peuvent être observés dans les prairies de moyenne altitude.

Les orthoptères sont dans leur domaine sur les pelouses sèches et les landes. Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont l'Oedipode rouge, l'Oedipode stridulante, la Miramelle des moraines et l'Analote des Alpes, mais de nombreuses autres espèces sont connues.

Dans les zones forestières, un grand nombre de coléoptères saproxyliques profitent des bois morts sur pied et au sol, dont les plus connus sont la Rosalie des Alpes et le Pique-prune.

L'avifaune est riche de 101 espèces observées à ce jour. Plusieurs dizaines sont nicheuses , avec une diversité particulièrement importante chez les petits passereaux dont on peu retrouver, entre autres, les espèces suivantes en période de reproduction dans les milieux forestiers et les pelouses alpines : Venturon montagnard, Tarin des aulnes, Pinson des arbres, Chardonneret élégant, Verdier d'Europe, Serin cini, Bruant jaune, Bruant fou, Bruant ortolan, Pipit spioncelle, Pipit des arbres, Traquet motteux, Roitelet huppé, Roitelet triple-bandeau, Mésange huppée, Mésange noire, Mésange boréale, Mésange bleue, Grimpereau des bois, Accenteur alpin, Accenteur mouchet

Cette diversité en renforcée en hiver par des hivernants comme la Niverolle alpine, le Sizerin flammé ou le Pinson du nord, ainsi que, localement, sur certains secteurs d'altitude, le Bruant des neiges.

La diversité en turdidés est également importante avec deux espèces de merles nicheurs (Merle noir et Merle à plastron), et trois de grives (Grive musicienne, Grive draine et Grive litorne) ainsi que le Monticole de roches.

Les secteurs forestiers sont occupés par de nombreux couples de Pic noir, Pic épeiche et localement de Torcol fourmilier qui profitent de la gestion forestière douce appliquée localement.

Les falaises sont occupées par d'importantes populations de Martinet à ventre blanc, Tichodrome échelette, Chocard à bec jaune, Crave à bec rouge et Grand Corbeau.

La diversité des rapaces présents sur la réserve naturelle est élevée. Les falaises des abords des Hauts-Plateaux du Vercors accueillent plusieurs couples d'Aigles royaux et de Faucons pèlerins qui fréquentent la réserve naturelle. En été, le Circaète Jean-le-Blanc y est assez commun avec plusieurs couples nicheurs, et le Faucon crécerelle est l'espèce de rapace la plus commune. Les zones forestières et de pré-bois accueillent également des populations d'Autour des palombes et d'Épervier d'Europe.

Les Vautours fauves ont été réintroduits dans le Vercors entre 1999 et 2007. Ils sont aujourd'huis reproducteurs sur de nombreuses falaises du sud de la réserve naturelle, et leur population locale a dépassé les 150 couples, renforcés à la belle saison par des individus issus des populations voisines (Baronnies provençales, Grands Causses, Verdon…). Le Vautour moine est de plus en plus présent, arrivant des populations réintroduites dans les Baronnies provençales et les Grands Causses. Son observation est désormais régulière au printemps et en été sur les Hauts-Plateaux du Vercors.

Le Gypaète barbu est réintroduit sur les Hauts-Plateaux du Vercors depuis 2010. Une première reproduction réussie a été notée sur la réserve naturelle en 2022.

Les divers milieux forestiers des Hauts-Plateaux accueillent d'importantes populations de Chevêchette d'Europe et de Nyctale de Tengmalm. La Chouette hulotte et le Hibou moyen-duc sont également nicheurs, et le Grand-duc d'Europe semble présent au moins en chasse sur la réserve naturelle.

Les 4 espèces de galliformes de montagne des Alpes sont présentes sur la réserve naturelle, avec une population de Tétras lyre stable, une grande partie des zones forestières occupées par la Gélinotte des bois, et les Perdrix bartavelles et Lagopèdes alpins restreints aux secteurs de crêtes et de falaises. Le Grand Tétras a disparu à la fin du XIXe siècle du Vercors et n'est aujourd'hui plus présent dans les Alpes françaises.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

Les hauts-plateaux
Les hauts-plateaux.
Balisage au Pas des Bachassons
Balisage au Pas des Bachassons.

Peu de sentiers sont balisés sur la réserve naturelle, avec uniquement le sentier de grande randonnée GR 9, et ses deux variantes, le GR 91 et le GR 95. La randonnée doit s'y pratiquer avec un minimum de connaissances du milieu montagnard, et une certaine autonomie en eau du fait de la rareté des sources et de leur caractère aléatoire. 8 cabanes-abris non gardées sont mises à la disposition du public en libre service sur la réserve naturelle. Elles offrent un abris rustique mais appréciable lors des journées de pluie ou de brouillard, et sont les seuls endroits où le feu est autorisé, dans les poêles mis à dispositions. Il s'agit des cabanes suivantes :

  • Cabane de l'Essaure (Vallon de Combeau)
  • Cabane de Châtillon (Glandasse)
  • Cabane de Chaumailloux (Pas de l'Aiguille)
  • Cabane de Pré Peyret (Pas de Chabrinel)
  • Cabane des Aiguillettes (Pas des Chatons) - attention, cette cabane est la seule sans poêle
  • Cabane de la Jasse du Play
  • Cabane de Tiolache du milieu
  • Cabane de Carette (Corrençon-en-Vercors)

Activités pratiquées sur la réserve naturelle[modifier | modifier le code]

Pastoralisme[modifier | modifier le code]

Le pastoralisme est pratiqué depuis des siècles sur le territoire des Hauts-Plateaux du Vercors, comme en attestent les nombreux restes de jasses. La réserve naturelle est un secteur d'estive pour des troupeaux ovins, caprins, bovins et équins, qui la fréquentent entre les mois de juin et octobre.

11 secteurs d'estives se partagent le territoire, ce qui représente un cheptel d'environ 15 000 ovins (et caprins) et 200 bovins et équins. Ce bétail appartient à des éleveurs locaux et à des éleveurs du sud de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Var…) qualifiés de grands transhumants.

Du fait de la présence de grands prédateurs sur le territoire, des chiens de défenses (bergers des Pyrénées, bergers d'Anatolie, Cao de gado transmontano…) accompagnent les troupeaux. Leur présence, ainsi que celle des chiens de conduite (border collie…) est autorisée car ils sont considérés comme des chiens de travail.

En cas de rencontre, le meilleur comportement à adopté consiste à contourner le troupeau, éviter les gestes brusques et les cris, parler calmement au chien, descendre de vélo ou baisser ses bâtons et placer un objet entre le chien et soi afin de lui permettre de renifler notre odeur en conservant une petite distance.

Sylviculture[modifier | modifier le code]

La sylviculture est pratiquée sur une partie de la réserve naturelle, principalement sur les parcelles situées à l'Ouest et autour du Mont Aiguille. Le mode de gestion appliquée sur la réserve naturelle est doux et principalement structuré par une gestion en futaie jardinée. La sylviculture est interdite dans la Réserve biologique intégrale.

Activités de pleine nature[modifier | modifier le code]

Les principales activités de pleine nature pratiquées sur la réserve naturelle sont la randonnée pédestre, la randonnée équestre et le VTT (sur les 3 itinéraires autorisés) en été, et le ski de randonnée nordique et la randonnée en raquettes en hiver.

La réserve naturelle est traversée tous les ans par un évènement sportif de portée nationale début mars : la GTV (Grande Traversée du Vercors), une course de ski de fond.

La chasse est également autorisée dans une certaine mesure sur une partie de la réserve naturelle. Elle reste cependant encadrée et principalement limitée aux ongulés (cerfs et chamois) et à quelques espèces de petit gibier (bécasse, Lièvre variable, grives…). La chasse est interdite sur la Réserve biologique intégrale et sur certains autres secteurs de la réserve naturelle.

Missions de la réserve naturelle[modifier | modifier le code]

L'équipe de la réserve naturelle met en place les actions liées au plan de gestion courant sur une durée de 10 ans et validé par les différents acteurs concernés par la réserve naturelle et les services de l'état.

Les principales missions de l'équipe de la réserve naturelle sont les suivantes :

  • assurer le suivi de la faune, de la flore et de tout le patrimoine naturel et historique du territoire de la réserve naturelle ;
  • mettre en place les actions afin de permettre la conservation de ces patrimoine ;
  • participer à la recherche scientifique ;
  • accompagner les activités humaines ayant cours sur le territoire de la réserve naturelle (pastoralisme, sylviculture, activités de pleine nature…) ;
  • assurer une mission d'éducation à l'environnement sur le territoire ;
  • faire respecter la règlementation de la réserve naturelle et mener des opérations de police de l'environnement ;
  • réaliser le contrôle des chantiers menés sur le territoire.

Administration, règlement[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle est administrée par les services du parc naturel régional du Vercors au sein duquel elle se trouve.

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par un décret du [4]. Une réserve biologique intégrale de 2 160 ha a été instaurée en son sein et est gérée par l'Office National des Forêt en concertation avec l'équipe de la réserve naturelle.

Règlementation[modifier | modifier le code]

Afin d'assurer la préservation du patrimoine naturel de la Réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, une règlementation spécifique s'y applique.

  • Les chiens sont interdits, même tenus en laisse, toute l'année.
  • Le feu est interdit en dehors des poêles mis à disposition dans les cabanes-abris.
  • La circulation et le stationnement des véhicules à moteurs (voitures, quads, motos…) sont interdits en dehors des ayants droit et de la route forestière des Charbonnière.
  • La circulation des VTT et de tout cycle est interdite en dehors des 3 itinéraires autorisés (piste de La Coinchette, Piste de Papavet et variante GTV) et balisés comme tel.
  • Le bivouac est autorisé dans la limite des horaires suivants : installation des tentes après 17h et démontage avant 09h.
  • L'abandon de déchets est interdit.
  • Toute forme de survol et de décollage est interdite (parapente, planeur, hélicoptères, avions, drones, voiles de snowkite, base-jump, wingsuit…).
  • Toute atteinte à la flore est interdite en dehors de la récolte familiale des baies.
  • Toute atteinte à la faune est interdite (dérangement, destruction…).
  • Toute récolte de fossiles ou de minéraux est interdite.
  • Toute atteinte à l'aspect de la réserve naturelle, y compris la construction de cairns ou de murets, est soumise à autorisation.
  • Tout balisage est soumis à autorisation.
  • L'utilisation commerciale de l'image de la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors (photos, vidéos…) est soumise à autorisation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]