Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau

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Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau
Crau - May 2007 - by Mikani.jpg
Géographie
Adresse
Coordonnées
Ville proche
Superficie
74,11 km2[1]
Administration
Type
Catégorie UICN
IV (aire de gestion des habitats ou des espèces)
Identifiant
Création
Administration
Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Chambre d'Agriculture des Bouches du Rhône
Site web
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La réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau (RNN152) est une réserve naturelle nationale située en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Classée en 2001, elle occupe une surface de 7 411 hectares dans la Crau, et plus précisément dans la vieille Crau, ou Crau d’Arles. Elle a été créée pour entretenir la richesse d'un écosystème unique en France, une végétation steppique sèche. Une grave pollution aux hydrocarbures y est survenue en 2009.

Localisation[modifier | modifier le code]

Périmètre de la réserve naturelle.

Au cœur de la Crau, le territoire de la réserve naturelle est dans le département des Bouches-du-Rhône, sur les communes d'Arles, Eyguières, Fos-sur-Mer, Istres, Miramas, Saint-Martin-de-Crau et Salon-de-Provence. Il est constitué de nombreuses parcelles plus ou moins proches.

Histoire du site et de la réserve[modifier | modifier le code]

Le site présente un grand intérêt du point de vue de l'écologie rétrospective et de l'histoire environnementale, car il a connu une longue situation de pâturage extensif, le seul qui soit permis par ses conditions hydriques, et il intègre des milieux extrêmes rares en France. Il était déjà utilisé par l'homme au Néolithique.

La pollution par hydrocarbure de 2009[modifier | modifier le code]

Le site a été victime d'une grave pollution le 7 août 2009 par suite de la rupture d'un pipe-line (le « Pipeline sud-européen » appartenant à la SPSE) qui traverse le site. Environ 4 000 m3 de pétrole ont été répandus sur environ 5 hectares de la réserve naturelle.

Le vendredi 7 août 2009 à 7h30, un garde de la réserve naturelle a découvert une fuite formant un geyser de 3 à 4 m de hauteur, au cœur même de la réserve. Il a immédiatement alerté la SPSE, exploitant du pipeline, qui n'avait pas encore réagi[2]. Les dégâts ont été considérables pour la biodiversité, pour les sols (imbibés sur 10 à 20 cm de profondeur), mais aussi pour la nappe phréatique polluée. Des opérations de dépollution ont débuté, mais le gestionnaire reste très inquiet pour les effets différés dans l'espace et le temps de cette pollution[3]. Le gestionnaire de la réserve naturelle et la Chambre d’Agriculture ont porté plainte pour atteinte au milieu naturel et au pastoralisme[2].

Les dégâts selon le conseil scientifique ne pourront être réparés par les opérations d’ingénierie écologique. Le chantier de dépollution a lui-même causé de « nouvelles atteintes irréversibles (terrassements, dépôts de matériaux, émissions de poussières polluées, etc.), qui ont accru de manière significative la dégradation de cet écosystème exceptionnel ». Les impacts des hydrocarbures et HAP (cancérigènes ou mutagènes pour certains) qui ont pu migrer vers le sous-sol et la nappe et donc sur le long terme sont mal évalués. Le conseil scientifique a demandé au préfet d'appliquer le principe de précaution et d'interdire toute pratique de pâturage, cueillette (dont champignons) et de chasse dans tout le périmètre susceptible d'avoir été touché par la pollution ou d'être touché par d'éventuelles nouvelles pollutions liées au chantier de dépollution, en attendant des résultats d’analyses confirmant ou infirmant la contamination de la faune, de la flore et de la fonge.

Écologie (biodiversité, intérêt écopaysager…)[modifier | modifier le code]

Pour des raisons historiques, le site abrite un patrimoine exceptionnel dont l'origine remonte au moins à la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans environ. Le dessèchement de l'ancien delta de la Durance qui a quitté la Crau pour se jeter dans le Rhône près d'Avignon a laissé un sol limoneux très fin recouvrant une couche d'anciens galets cimentés entre eux (dite poudingue) par une croûte de sels minéraux, sable et fer. Les sols autrefois calcaires ont peu à peu été lessivés par les pluies et sont devenus acides, rougeâtres et ferrallitiques, évoquant certains sols tropicaux décalcifiés et marqués par la ferrugination. Cette couche relativement étanche isole la flore et la faune vivant en surface de la nappe phréatique sous-jacente, qui bien que l'une des plus grandes de France est ici inaccessible. Cette situation entretenant un micro-climat et des habitats caractéristiques de la steppe aride. L'agriculture passée a entretenu ce milieu pauvre, avec des impacts supposés restés modestes et le site est devenu un refuge pour la faune endémique dont la perdrix Ganga cata, ou devenue rare comme l'Outarde canepetière, espèce très menacée dont l’essentiel de la population vit dans la Crau.

Le pâturage agricole a depuis le Néolithique remplacé l'entretien de la steppe par la faune herbivore préhistorique et il est maintenu par le plan de gestion de la réserve (60 000 moutons entretiennent la mosaïque écopaysagère caractéristique de cette zone pourtant d'une superficie modeste (10 hectares)).

Flore[modifier | modifier le code]

« Coussoul» est le nom donné par les bergers aux milieux arides méditerranéen steppiques que les phytosociologues nomment Asphodeletum fistulosi ; ce sont des pelouses rases à recouvrement discontinu abritant des associations végétales parmi les plus riches (en espèces). Les plantes annuelles y sont très présentes (50 % de plantes à graines). On y trouve majoritairement le Brachypode rameux. Le coussoul lui-même abrite peu de plantes rares (bien qu'elles soient probablement caractérisées par un patrimoine génétique spécifique et rare, cependant les quelques mares temporaires, prairies humides et marais de la réserve accueillent au moins une trentaine de plantes protégées dont la Gratiole officinale, la Linaire grecque, la Nivéole d’été, la Salicaire à trois bractées, l'Orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora = Anacamptis laxiflora), l'Herbe de Saint-Roch, la Renoncule à feuilles d’ophioglosse et la Scolopendre sagittée rarissime.

Quelques zones boisées (chênaies) ont résisté aux moutons, là où les racines des arbres ont pu pénétrer le « poudingue » et atteindre la nappe, éventuellement à la faveur d'anciens puits creusés par l'Homme ou des animaux[4].

Faune[modifier | modifier le code]

Lézard ocellé (Timon lepidus).

La faune est typique des milieux steppiques d'Europe de l'Ouest. L'avifaune compte 150 espèces dont le Ganga cata spécifique du site, le Faucon crécerellette insectivore, l’Alouette calandrelle et l'Outarde canepetière. L'Œdicnème criard, le Rollier d'Europe, le Pipit rousseline et la Chevêche d'Athéna comptent parmi les espèces nicheuses. En migration on rencontre le Pluvier guignard, le Faucon kobez et le Milan royal. Parmi les reptiles, on note la présence du Lézard ocellé dont la population est menacée[2].

Pour les invertébrés, signalons la présence de 2 insectes endémiques, le Criquet rhodanien ou criquet de Crau et le Bupreste de l’Onopordon. Les canaux abritent près de 50 espèces d'odonates.

État, pressions ou menaces, réponses[modifier | modifier le code]

L'épisode de pollution de 2009 a compromis une partie importante du site. Les gestionnaires ont à cette occasion alerté sur le besoin de mieux surveiller les pipelines et invitent les autorités à réfléchir à un aménagement à long terme respectant mieux les espaces naturels sensibles.

À plus long terme, les dérèglements climatiques attendus peuvent mettre en péril une partie des espèces et favoriser certaines espèces invasives.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

Troupeau dans la plaine de la Crau.

Le site est parcouru par des sentiers qui permettent de le découvrir. D'autres sites à vocation écologique et paysagère (Camargue) peuvent être visités à proximité. Néanmoins une grande partie des terrains appartient à des propriétaires privés et l'intrusion ou la circulation y est interdite.

Administration, plan de gestion, règlement[modifier | modifier le code]

La réserve est gérée conjointement par le Conservatoire d'Espaces Naturels Provence-Alpes-Côte-d'Azur et la Chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône, du fait de l'importance du pâturage pour l'équilibre de cet agro-écosystème.

Un conseil scientifique de la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau a été créé par arrêté préfectoral (du 18 mars 2008) pour assister le gestionnaire et le préfet dans la prise de décision concernant la restauration, protection et gestion des habitats et espèces de la réserve et pour l'évaluation environnementale de la gestion. Il abritait en 2009 dix experts titulaires et indépendants.

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par un décret du [5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]