Réserve naturelle nationale des Contamines-Montjoie

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Réserve naturelle nationale des Contamines-Montjoie
Dômes de Miage - South-East side.jpg
Les Dômes de Miage
Géographie
Adresse
Coordonnées
Ville proche
Superficie
55 km2[1]
Point culminant
Administration
Type
Catégorie UICN
IV (aire de gestion des habitats ou des espèces)
Identifiant
Création
Administration
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Localisation sur la carte de Haute-Savoie
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La réserve naturelle nationale des Contamines-Montjoie (RNN38) est une réserve naturelle nationale située en Haute-Savoie. Créée en 1979, elle s'étend sur une superficie de 5 500 hectares entre 1 100 et 3 892 mètres d'altitude, ce qui en fait la plus haute réserve naturelle de France[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Périmètre de la réserve naturelle.

La réserve naturelle se trouve en Haute-Savoie dans le fond du Val Montjoie sur la bordure sud-ouest du massif du Mont-Blanc. Son territoire située sur la commune des Contamines-Montjoie s'étage de 1 100 mètres sur les bords du Bon-Nant à 3 892 mètres d'altitude à l'Aiguille de Tré la Tête ce qui constitue le plus grand dénivelé des réserves naturelles de France[3].

La réserve naturelle est coupée par la vallée de l'Arve des autres réserves naturelles alpines de Haute-Savoie (Sixt Passy, Passy, Carlaveyron, Aiguilles Rouges, Vallon de Bérard) qui forment un ensemble contigu de 15 000 hectares[3].

Histoire du site et de la réserve[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle des Contamines-Montjoie comprend de grandes zones glaciaires, notamment les Dômes de Miage.

En Haute Savoie, depuis 1970, une politique active en leur faveur a abouti à la création de neuf réserves naturelles. Aux Contamines-Montjoie, c'est vers 1972, lors de l'élaboration du premier plan d'occupation des sols, que les idées ont pris corps. Les élus ont voulu assurer un développement mesuré d'une zone habitée en fond de vallée, favoriser une bonne utilisation du domaine skiable sur la rive gauche du Bon-Nant et enfin préserver la qualité de l'autre rive. L'enquête publique a lieu en 1976 et le décret de création est promulgué en 1979. L'association « Les Amis de la Réserve Naturelle des Contamines-Montjoie » voit le jour en 1983.

Écologie (biodiversité, intérêt écopaysager…)[modifier | modifier le code]

Le territoire de la réserve naturelle qui s'étend de l'étage montagnard à l'étage nival, mêlé à des affleurements géologiques à la fois calcaires et siliceux donne, sous l'effet de l'érosion, un paysage très contrasté et une grande variété de sols et de végétaux. Le site est caractérisé par la grande extension des pelouses, des zones rocheuses (éboulis, rochers) et des glaciers (21 % de la surface), par la présence de beaux groupements humides (tourbières à sphaignes, marécages alpins et lacs) et par une forêt presque exclusivement composée d'épicéas (la forêt couvre environ 13 % du territoire de la Réserve). Le col du Bonhomme situé dans la partie sud de la Réserve est le témoin d'une zone de contact entre une partie du socle cristallin du massif du Mont-Blanc et la couverture sédimentaire alpine, plissée et déplacée. Cette zone est particulièrement intéressante pour la compréhension de l'histoire du massif du Mont-Blanc. Dans ce cadre magnifique, l'eau est omniprésente, glaciers, lacs, torrents, tourbières, donnant à cette Réserve Naturelle un cachet particulier. L'occupation humaine du Val Montjoie est très ancienne comme en témoigne la voie romaine depuis Notre-Dame-de-la-Gorge, itinéraire du GR5 et du Tour du Mont-Blanc[3]

Climat[modifier | modifier le code]

Le lac Jovet inférieur et le mont Tondu
Le lac Jovet inférieur et le mont Tondu

La vallée des Contamines-Montjoie se situe entre deux zones climatiques assez bien définies, la zone de précipitations élevées des Alpes nord-occidentales et la zone des vallées internes, au climat plus continental et plus sec. Cette situation se traduit par une grande inconstance des étés et des hivers. L'orientation Nord-Sud de la vallée favorise les échanges d'air chaud ou froid en fonction du sens du vent, ce qui engendre des variations sur les températures mais également sur l'hygrométrie[3].

Les températures moyennes mensuelles minimales et maximales sont respectivement de -5.5°C (janvier) et 21.6°C (juillet). On compte deux maximums de précipitations, en hiver et en été. Pour la neige, la hauteur cumulée à 1 165 m atteint 330 cm pour 117 jours de neige au sol. La réserve naturelle compte quelques couloirs d'avalanche[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle offre une grande diversité de terrains et de structures géologiques : socle cristallin du Mont-Blanc et ses couvertures, nappe de charriage de Roselette. Les déformations héritées des orogenèses hercynienne et alpine ont conditionné les formations glaciaires quaternaires anciennes et actuelles ainsi que l’exploitation humaine liée à la géologie (mines, travaux de captage,….)[3].

Flore[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle compte plus de 660 espèces végétales, dont 56 sont endémiques aux Alpes[2].

Parmi les 59 plantes rares et/ou protégées, on compte au niveau national, le Lycopode des Alpes, l'Ancolie des Alpes, la Drosera à feuilles rondes, le Saule de Suisse, les Androsaces des Alpes, de Suisse, pubescente et de Vandell, le Rhapontique scarieux, la Laiche à petites arêtes, l'Épipogon sans feuilles[3].

Au niveau régional : le Silène de Suède, le Saule glauque, la Pyrole intermédiaire, le Saxifrage cotyledon, le Saxifrage de Séguier, la petite Utriculaire, l'Armoise boréale, le Jonc arctique, la Laiche pauciflore, le Rhynchospore blanc, le Scirpe de Hudson, la Fétuque jolie, l'Orchis nain et l'Orchis de Traunsteiner[3].

L'épicéa est l'espèce principale de la forêt montagnarde des Contamines-Montjoie. Plus haut, les arbres cèdent la place à la lande, royaume du rhododendron, de l'airelle, du genévrier

Faune[modifier | modifier le code]

Femelle bouquetin
Femelle bouquetin

Plusieurs espèces d'oiseaux typiques des falaises et des rochers et à haute valeur patrimoniale sont présentes en Réserve Naturelle : aigle royal, faucon pèlerin, tichodrome échelette, chocard à bec jaune, crave, grand corbeau,…. Ils sont également quasiment tous nicheurs. Il faut également citer la présence occasionnelle du gypaète barbu et la potentialité du pic tridactyle[3].

La partie basse de la réserve naturelle accueille la faune habituelle de la forêt (cerf, chevreuil, blaireau…) puis la faune typique des Alpes se décline au gré de l'altitude et des différents milieux (marmotte, chamois, bouquetin, loup, aigle royal…). Les oiseaux apprécient la réserve naturelle : 87 espèces, dont 58 nicheurs, sont recensées.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

Près de 70 km de sentiers parcourent la réserve naturelle. Elle comprend également 3 refuges : Les Conscrits, Tré la Tête et la Balme. Des panneaux d'accueil et d'information sont en place aux points d'accès principaux : Notre-Dame de la Gorge, chemin du Cugnon, parking de la Frasse[3].

Sur le territoire de la réserve naturelle se trouvent des captages d'eau alimentant par galeries le barrage de la Girotte. La prise d'eau supérieure au niveau du glacier de Tré la Tête a été construite dans les années 1940. Elle était la première prise d'eau sous-glaciaire en Europe mais le glacier a reculé depuis la mettant à l'air libre[3].

Administration, plan de gestion, règlement[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle est gérée par ASTERS, le Conservatoire d'espaces naturels de Haute-Savoie dans le cadre du plan de gestion 2015-2019[4].

La réglementation interdit la cueillette des plantes et le ramassage des fossiles, les chiens non tenus en laisse et tout survol à moins de 300m du sol, tandis que la chasse, le bivouac aux lieux-dits La Rollaz et La Balme, la circulation des véhicules à moteur nécessaires pour les alpages, la forêt ou les refuges sont autorisés[5].

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par un décret du [6].

Le site fait également partie de différents zonages réglementaires :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Muséum national d'Histoire naturelle, « Contamines-Montjoie (FR3600038) », sur Inventaire national du Patrimoine naturel, 2003+ (consulté le 6 janvier 2014)
  2. a et b « RN Contamines-Montjoie », sur ASTERS Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie
  3. a b c d e f g h i j et k « Contamines-Montjoie - Plan de gestion 2006-2010 », sur ASTERS (consulté le 4 mars 2014)
  4. ASTERS, « Rapport annuel PNN Contamines Monjoie 2018 », Annuel,‎ (lire en ligne)
  5. « Pourquoi une réglementation ? », sur CEN Haute-Savoie, (consulté le 30 janvier 2020)
  6. « Décret n°79-748 du 29 août 1979 PORTANT CREATION DE LA RESERVE NATURELLE DITE DES CONTAMINES MONT-JOIE (HAUTE-SAVOIE) », sur Légifrance
  7. « FR8201698 - CONTAMINES MONTJOIE - MIAGE - TRE LA TETE : SIC », Inventaire national du patrimoine naturel