Réserve naturelle marine de La Réunion

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Réserve naturelle marine de La Réunion
Image illustrative de l'article Réserve naturelle marine de La Réunion
La côte au nord de Saint-Leu.
Catégorie UICN IV (aire de gestion des habitats/espèces)[1]
Identifiant 388663
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
Coordonnées 21° 08′ 11″ sud, 55° 15′ 31″ est
Superficie 3 500 ha[1]
Création [1]
Administration GIP-RNMR
Site web reservemarinereunion.fr

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

(Voir situation sur carte : La Réunion)
Réserve naturelle marine de La Réunion

La réserve naturelle marine de La Réunion (RNN164) est une réserve naturelle nationale de l'île de La Réunion, département d'outre-mer français dans le sud-ouest de l'océan Indien. Classée en 2007, elle occupe une surface de 3 500 hectares.

En tant qu'aire marine protégée, elle protège la totalité des lagons sauf celui de St Pierre, mais aussi les segments de côte rocheuse qui les isolent les uns des autres sur les 40 km de linéaire côtier dont elle a la responsabilité. sur la côte occidentale de l'île.

Localisation[modifier | modifier le code]

La partie sud du lagon de L’Ermitage, avec vue sur la passe de Trois Bassins au loin.
La partie sud du lagon de L’Ermitage, avec vue sur la passe de Trois Bassins au loin.

Le territoire de la réserve naturelle se trouve sur la côte ouest de l'île de La Réunion et couvre une zone de 3 500 hectares correspondant à la partie du domaine public maritime comprise entre, d'une part, le rivage de la mer (à l'exception des ports de Saint-Gilles les Bains et Saint-Leu), et d'autre part, la ligne brisée joignant les points dont les coordonnées géographiques sont les suivantes dans le système WGS 84 :

La partie du littoral concernée s'étend du Cap la Houssaye (Saint-Paul), au Nord, jusqu'à la Roche des oiseaux (L'Étang-Salé), au Sud, incluant les côtes de 5 communes : Saint-Paul (dont les sites de Boucan Canot, Saint-Gilles les Bains, L'Ermitage-les-Bains et La Saline les Bains), Trois-Bassins, Saint-Leu, Les Avirons et L'Étang-Salé. Elle englobe les 20 kilomètres de la barrière corallienne de la côte ouest.

Histoire du site et de la réserve[modifier | modifier le code]

Le lagon de l'Ermitage et sa passe
Le lagon de l'Ermitage et sa passe.

Depuis la fin des années 1970, le développement rapide de l'île (urbanisation, intensification de l'agriculture, grands travaux...) a provoqué une dégradation progressive de l'état des fragiles écosystèmes coralliens de la côte ouest. C'est dans le but de limiter ce processus de dégradation qu'a été créée la Réserve en 2007, pour protéger 35 km² de récif sur 40 km de littoral, englobant ainsi tous les lagons de l'île à part celui de Saint-Pierre[2]. Les missions de la Réserve sont de « surveiller, connaître et faire connaître » la biodiversité récifale de l'île, ainsi que de produire des rapports d'activité réguliers. Un réseau d’observateurs sous-marins bénévoles, nommé les « Sentinelles du Récif », a été constitué en 2012 afin de profiter de l’expérience de nombreux plongeurs, apnéistes et observateurs en PMT (palmes-masque-tuba) dans et hors du lagon. Enfin, la RNMR organise à l’année des visites guidées, à la fois pédagogiques et ludiques, du lagon de L’Ermitage.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

La RNMR organise à l’année des visites guidées, à la fois pédagogiques et ludiques, du lagon de L’Ermitage. Cette opération, nommée « le Sentier de L’Ermitage », est destinée à faire découvrir la richesse et la fragilité des récifs coralliens au public (notamment scolaires et touristes)[3].

Administration, plan de gestion, règlement[modifier | modifier le code]

La gestion de la réserve est confiée à un groupement d'intérêt public, le GIP-RNMR (Groupement d'intérêt public - Réserve nationale marine de La Réunion), dont la convention constitutive a été approuvé par un arrêté signé par le préfet de La Réunion, Pierre-Henry Maccioni, le 8 décembre 2007[4],[5].

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par un décret du [6].

Réglementation de la Réserve[modifier | modifier le code]

Un poteau délimitant le sanctuaire marin
Un poteau délimitant le sanctuaire marin

Sur toute la surface protégée par la Réserve, la dégradation de l’environnement, la perturbation des animaux ou leur capture sont formellement interdits et sévèrement punis. Cela concerne aussi le prélèvement de coquilles vides, de débris coralliens et du sable lui-même. La baignade de nuit avec torche, qui perturbe le sommeil des animaux, est interdite sauf autorisation donnée par la Réserve Marine pour motif scientifique. Les activités dites de pêche à pied traditionnelle, considérée comme une pêche de subsistance, sont cependant tolérées dans certaines limites (matériel de pêche, espèces visées) et sous certaines conditions (permis de pêcher, périodes d'ouverture, horaires, quotas, zones de pêche, nombre d’autorisations limité à 800 cartes[7], etc.). Ces activités sont suivies par des fonctionnaires de la Réserve Marine et par des scientifiques[7].

Il existe trois niveaux de protection différents[8]. Le troisième délimite des zones de protection maximale, dites « zones sanctuaires » ; il en existe cinq sur le territoire de la Réserve : deux à L’Ermitage, un à la Pointe des Châteaux, un quatrième dans le lagon de St Leu et un dernier dans le lagon de L’Etang Salé les Bains. Ces sanctuaires sont destinés à garantir le milieu de développement le moins stressant possible aux coraux et aux animaux marins qui en dépendent directement ou indirectement. Toute présence humaine y est interdite quel que soit le motif. Elles sont signalées par des poteaux orange de plusieurs mètres de haut plantés dans le lagon. La surface qu’ils délimitent est expliquée sur des panneaux de la RNMR disposés devant la plage. Des éco-gardes, dont certains sont assermentés, veillent au respect de la réglementation.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Paysage sous-marin typique du lagon de l'Ermitage.

Au niveau de la faune, les récifs coralliens de la Réunion, aussi bien au niveau des platiers que des barrières, sont dominés par des espèces de corail branchu à croissance rapide du genre Acropora (famille des Acroporidae). La décomposition de la matière organique du platier est essentiellement assurée par deux espèces d'holothuries (échinodermes) : l'holothurie noire (Holothuria leucospilota) et le cordon mauresque (Synapta maculata) parfois aussi appelé « serpent de mer ».

Malgré la faible surface des récifs coralliens, la biodiversité marine de la Réunion est comparable aux autres îles du secteur, qui vaut à l'archipel des Mascareignes son inscription parmi les 10 principaux « hot spots » de biodiversité mondiale[9]. Les recherches scientifiques récentes font état à la Réunion de plus de 190 espèces de coraux[9], plus de 1300 espèces de mollusques[10], plus de 500 espèces de crustacés[11], plus de 130 espèces d'échinodermes[9] et plus de 1000 espèces de poissons[12].

Cependant, près d’un tiers de ces espèces était déjà considéré comme menacé ou vulnérable en 2009[12], avec un corail en dégradation en plusieurs endroits. Les causes de cet état de fait sont la pollution, la surpêche et le braconnage ainsi que la pression anthropique, notamment liée à la densification de l’urbanisation des zones côtières et au rejet des eaux usées[12]. Les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes côtiers les plus riches en matière de biodiversité, mais ils sont aussi les plus fragiles[13]. Ainsi, un phénomène de blanchissement des coraux (entraînant leur forte mortalité) a été observé en mars 2014, corrélé à un épisode de mortalité massive des poissons[14], dû (au moins pour le second) à une bactérie pathogène (Streptococcus iniae), dont la prolifération pourrait être due à un surenrichissement des eaux du lagon[15]. Ce phénomène semble s'être résorbé naturellement, mais continue de susciter la perplexité et l'inquiétude des autorités[16].

Dans le cadre de la « Crise requin » qui touche la Réunion depuis 2011, certaines associations de surfers ont mis en cause la Réserve, l'accusant d'attirer les requins ; en 2017, les locaux de la RNMR sont même attaqués et vandalisés à la suite de la mort d'un surfer à Saint-André[17]. Cependant, rien n'indique que la Réserve ait un impact quelconque sur la population ou le comportement des grands requins, et la plupart des attaques, comme celle de janvier 2017, ont lieu à plusieurs kilomètres de là, dans des zones écologiquement très différentes[18].

Galerie d'images sous-marines des espèces les plus communes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Muséum national d'Histoire naturelle, « Marine de la Réunion (FR3600164) », sur Inventaire national du Patrimoine naturel,‎ 2003+ (consulté le 6 janvier 2014)
  2. « Introduction et présentation », sur le site officiel de la Réserve Marine.
  3. « Le sentier de l’Ermitage », sur ReserveMarineReunion.fr.
  4. Arrêté no 4186 du 8 décembre 2007 portant approbation de la convention constitutive du Groupement d'Intérêt Public « Réserve Nationale Marine de La Réunion » (RNMR), sur le site de la DIREN de La Réunion.
  5. Avis relatif à un arrêté préfectoral portant approbation de la convention constitutive d'un groupement d'intérêt public, JORF no 21 du 25 janvier 2008, p. 1346, texte no 130, NOR DEVN0772440V, sur Légifrance.
  6. « Décret no 2007-236 du 21 février 2007 portant création de la réserve naturelle nationale marine de la Réunion », sur Legifrance JORF no 46 du 23 février 2007, p. 3315, texte no 31, NOR DEVN0640058D
  7. a et b Pierre-Gildas Fleury, Christophe Cadet, Stéphanie Turban et Stéphanie Le Bonniec, « Suivi des pêches à pied traditionnelles et de la chasse sous-marine de 2008 à 2011 dans la Réserve Naturelle Marine de La Réunion », sur IFREMER.fr, IFREMER / RNMR,‎ .
  8. « Carte des zones réglementaires de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion », sur http://www.reunion.developpement-durable.gouv.fr, RNMR.
  9. a, b et c « Biodiversité marine à La Réunion », sur VieOcéane (consulté le 6 mars 2014).
  10. GIP RNMR & Vie Océane, « La Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion : un patrimoine naturel à préserver », sur http://www.reservemarinereunion.fr (consulté le 6 mars 2014).
  11. Joseph Poupin, « Crustacés décapodes de l'île de la Réunion », sur Crustea (consulté le 6 mars 2014). Texte également publié en français par IRD éditions.
  12. a, b et c (en) Ronald Fricke, Thierry Mulochau, Patrick Durville, Pascale Chabanet, Emmanuel Tessier et Yves Letourneur, « Annotated checklist of the fish species (Pisces) of La Réunion, including a Red List of threatened and declining species », Stuttgarter Beiträge zur Naturkunde A, Neue Serie, vol. 2,‎ , p. 1–168 (lire en ligne). L'évaluation donnée dans cette étude a depuis été revue légèrement à la hausse (Durville 2011), donnant au moins 1090 espèces de poissons.
  13. C. Gabrié, « L’état des récifs coralliens en France Outre-Mer », Initiative Française pour les récifs coralliens (Ifrecor),‎ , p. 136 (lire en ligne).
  14. Fabrice Floch, « L’Ermitage : plus de 7000 poissons retrouvés morts sur la plage en 15 jours », sur Réunion 1ère,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  15. « Des milliers de poissons morts dans le lagon: Une bactérie à l'origine de l'hécatombe », sur Zinfos974,‎
  16. « Poissons morts : le phénomène s’estompe », sur linfo.re,‎ .
  17. « Tags et cocktails molotov à la réserve marine: la famille condamne », sur ipreunion.com,‎ .
  18. Association Vie Océane, « Tribune libre de Vie océane : A chacun ses responsabilités ! », sur ipreunion.com,‎ .