Réserve de biosphère

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Nombre de réserves de biosphère, par pays et continents en 2013

La réserve de biosphère (RB) est une reconnaissance par l'UNESCO de régions modèles conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable, avec l'appui de la recherche, de l'éducation et de la sensibilisation, dans le cadre du programme sur l'Homme et la biosphère (MAB).

Les sites reconnus en tant que Réserve de biosphère obéissent à des critères communs définis dans un cadre statutaire de leur Réseau mondial formellement approuvés par la Conférence générale de l'UNESCO de 1995, à la suite d'une importante conférence à Séville, au mois de mars de la même année. Ils restent placés sous la juridiction souveraine des États où ils sont situés, et partagent leurs idées et expériences aux niveaux régional, national, et international au sein du Réseau mondial des réserves de biosphère.

Les réserves de biosphère sont structurées suivant trois types de zones : une (ou des) « aire(s) centrale(s) » qui doit (vent) faire l'objet d'une réglementation à long terme en matière de protection de la nature, une « zone tampon » qui vise à renforcer la protection des aires centrales, et une « aire de transition » plus large. L'ensemble de la réserve de biosphère doit être dotée d'une politique de gestion concourant aux Objectifs de développement durable.

En juin 2017, on dénombre 669 Réserves de biosphère dont 20 transfrontières réparties dans 120 pays[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Logo du programme MAB

En 1971, le Programme Man and Biosphere (programme sur l'Homme et la biosphère en français) succède au Programme Biologique International de l'UNESCO. Il vise à étudier et à faire connaitre des voies de développement humain respectueuses des ressources naturelles. Peu à peu sont définis des critères qui permettent de préciser le concept et un zonage qui institue trois catégories de zones, centrale, tampon et de transition selon le degré de conservation et de développement.

En 1976, les premières réserves de biosphère sont désignées. Sont alors retenues des zones protégées consacrées à la recherche. Ce n'est que plus tard que seront désignées des zones peuplées, où des actions en faveur d'un développement durable sont menées.

En 1984, le congrès de Minsk adopte un plan d'action pour les réserves de biosphère, conjoint avec le PNUE. Le Plan est mis en œuvre par les États membres avec l’appui de l’UNESCO et dans certains cas du PNUE.

En 1995, la conférence de Séville constitue un tournant majeur pour les réserves de biosphère avec la définition d’une stratégie ambitieuse et la mise au point d’un cadre statutaire qui entérine les principes admis par tous les États. Ces textes seront adoptés cette même année par la conférence générale de l’UNESCO. La Stratégie de Séville et le Cadre statutaire font désormais référence.

En 2016, le MAB se dote d'un nouvelle stratégie et d'un plan d'action lors d'une conférence organisée à Lima : les Réserves de biosphère y sont des sites privilégiés pour la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable de l'Agenda 2030 des Nations Unies.

De nouvelles réserves de biosphère sont ajoutées au réseau MAB de l’UNESCO par le Conseil international de coordination du Programme MAB lors de ses sessions annuelles.

En juin 2017, on dénombre 669 Réserves de biosphère dont 20 transfrontières réparties dans 120 pays, dont 75 dans 28 pays d’Afrique, 31 dans 11 pays dans la région des États arabes, 147 dans 24 pays d’Asie et du Pacifique, 287 dans 36 pays d’Europe et d’Amérique du Nord et 129 dans 21 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Gestion et zonage[modifier | modifier le code]

La mise en œuvre de ces textes dépend de la juridiction du pays dans lequel elles se trouvent et s'appuie pour les aires centrales sur des espaces légalement protégés, à l'image des parcs nationaux ou des réserves naturelles.

Une réserve de biosphère est une aire portant sur des écosystèmes terrestres et/ou côtiers/marins, qui vise à promouvoir des approches et des moyens pour réconcilier la conservation de la diversité biologique avec son utilisation durable. Ainsi, une répartition par zones et une gestion appropriée sont combinées avec l'utilisation des ressources naturelles au profit des communautés locales. Ceci inclut la recherche, la surveillance, l'éducation et la formation. Ces éléments sont des outils pour mettre en application l'Agenda 21, la Convention sur la diversité biologique, ainsi que d'autres accords internationaux.

Une réserve de biosphère est organisée en trois types de zones, où se répartissent les objectifs de protection, d’entretien et de développement :

  • Une ou plusieurs « aires centrales », ayant comme fonction la protection de la nature et devant être protégée(s) par la législation nationale (classées aires protégées). En France, l'aire centrale peut se superposer à un cœur de parc national (Cévennes[2], Guadeloupe), une réserve naturelle nationale ou régionale (Camargue, bassin de la Dordogne).
  • Des « zones tampon », qui entourent ou jouxtent les aires centrales. Ce sont des zones de développement durable où les activités de production doivent rester compatibles avec les principes écologiques, dont l’éducation environnementale, la récréation et la recherche scientifique ;
  • Une « zone de transition » (également appelée « zone de coopération »), se prêtent aux diverses activités. La frontière externe peut être flexible.

Réserve transfrontalière (Transboundary Biosphere Reserve)[modifier | modifier le code]

Les premières réserves de biosphère transfrontalières (RBT) ont été établies en 1992, l’une entre la Pologne et la Slovaquie (Tatras)[3], l’autre entre la Pologne et la République Tchèque (Krkokonose/Karkonosze)[4]. Elles sont suivies, en 1998, de trois autres en Europe, respectivement entre la France et l’Allemagne (Vosges du nord/Palatinat)[5], entre la Roumanie et l’Ukraine (Delta du Danube)[6] puis entre la Pologne, la Slovaquie et l’Ukraine (Carpates orientales)[7]. Dans chaque cas, l’objectif est d’assurer, par une coopération entre les États concernés, la protection et la gestion d’écosystèmes frontaliers partagés. Les RBT font l’objet d’un accord spécifique entre les parties concernées et sont gérées par un mécanisme de coordination qui varie selon les cas. Elles font l’objet d’une reconnaissance officielle par l’UNESCO.

Depuis les premières RBT, d'autres ont été officiellement reconnues : la région du W au Bénin, Burkina Faso et Niger[8], la réserve intercontinentale de la Méditerranée entre l’Espagne et le Maroc[9], le delta du fleuve Sénégal entre la Mauritanie et le Sénégal[10], la réserve de Mono entre le Bénin et le Togo, ainsi que Geres/Xures[11] et Tejo/Tajo[12], Meseta Iberica entre l’Espagne et le Portugal, le Mont Viso entre la France et l'Italie, Mura Drava entre la Croatie et la Hongrie, West Polesia entre le Belarus, la Pologne et l'Ukraine, Trifinio entre le Salvador, le Guatemala et le Honduras, Bosque de Paz entre l'Equateur et le Pérou, La Selle - Jaragua - Bahoruco - Enriquillo entre Haiti et la République dominicaine et aussi Altaï entre le Kazakhstan et la Russie et Orhid Prespa entre l’Albanie et l’ancienne république yougoslave de Macédoine. 

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Plusieurs RBT sont en préparation dans différentes régions du monde, en particulier dans l’Europe du Sud-Est.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le Réseau Mondial des Réserves de Biosphère offre l'occasion de tester, dans des contextes particuliers, des approches qui, en alliant connaissances scientifiques et modalités de gouvernance, visent à :

  1. réduire la perte de biodiversité ;
  2. améliorer les moyens de subsistance des populations ;
  3. favoriser les conditions sociales, économiques et culturelles essentielles à la viabilité du développement durable ;
  4. améliorer les connaissances grâce à des échanges d’expériences et d’expertises qui s’organisent au niveau régional et mondial ;
  5. et ainsi, contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier sur le développement durable.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Pour atteindre les objectifs fixés, les réserves de biosphère combinent trois fonctions complémentaires, à savoir que :

  1. La conservation des écosystèmes, des paysages, des espèces et de leurs patrimoines génétiques doit y être assurée, aussi bien dans les zones naturelles que celles qui sont exploitées par l'agro-sylviculture, la pêche, la chasse, le tourisme ou toute autre activité. Des pratiques respectueuses de l'environnement sont privilégiées.
  2. Les réserves jouent aussi un rôle dans le développement économique et social respectant la nature et la culture locale. Ceci implique que la population prenne une part active à la gestion durable des territoires et soit impliquée dans les prises de décision.
  3. Enfin, plus qu'ailleurs, une importance particulière est accordée à la recherche, aux études et à l'observation continue de l'environnement, à la formation et l'éducation du public, des jeunes en particulier.

Les réserves de biosphère doivent servir de modèle pour le développement de stratégies qui assurent la subsistance des populations à long terme. Il s’agit de démontrer que l’homme peut utiliser la biodiversité sans la détruire.

Candidature[modifier | modifier le code]

Pour qu'un territoire puisse postuler au titre, deux conditions sont à réunir :

  • le territoire doit présenter une haute valeur écologique ;
  • la candidature doit être soutenue et acceptée par un maximum d’acteurs.

Un dossier de candidature du territoire voulant être désigné doit être élaboré et envoyé au comité national du MAB ou aux autorités nationales chargées du MAB. Le Conseil international de coordination (CIC) du Programme MAB décide ensuite de la suite donnée à la candidature.

Réseau international[modifier | modifier le code]

Nombre de réserves de biosphère, par pays et continents en 2013

Le réseau mondial des réserves de biosphère (RMRB) est un réseau international de réserves de biosphère réunissant aujourd'hui plus de 660 réserves de biosphère à travers le monde[13], le RMRB vise à créer un lieu d'échange international propice au partage de pratiques favorables au développement durable[14].

En mars 2016, on dénombre 669 Réserves de biosphère dont 16 transfrontalières réparties dans 120 pays du monde[13] :

  • 70 réserves sont situées dans 28 pays d’Afrique ;
  • 30 réserves sont situées dans 11 pays dans la région des États arabes ;
  • 142 réserves sont situées dans 24 pays d’Asie et du Pacifique ;
  • 302 réserves sont situées dans 36 pays d’Europe et d’Amérique du Nord ;
  • 125 réserves sont situées dans 21 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

La liste complète et détaillée des réserves de biosphère par pays se trouve sur le site internet de l'UNESCO.

Le réseau mondial des réserves de biosphère a été initié lors de la conférence de Séville en 1995 (Article 2 du cadre statutaire des réserves de biosphère)[15],[16].

Le réseau vise à créer un lieu d'échange international propice au partage de pratiques favorables au développement durable[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « 20 nouveaux sites ajoutés au Réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO »
  2. « Une réserve de biosphère | Parc national des Cévennes », sur www.cevennes-parcnational.fr (consulté le 18 juin 2016)
  3. « Tatra | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  4. « Krkonose/Karkonosze | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  5. « Réserve de biosphère transfrontière Vosges du Nord-Pfälzerwald — MAB France », sur www.mab-france.org (consulté le 3 janvier 2017)
  6. « Danube Delta | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  7. « East Carpathians | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  8. « W Region | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  9. « Intercontinental BR of the Mediterranean | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  10. « UNESCO - MAB Biosphere Reserves Directory », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  11. « Geres - Xures | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  12. « Tejo/Tajo Internacional | United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization », sur www.unesco.org (consulté le 3 janvier 2017)
  13. a et b « Réserves de biosphère | Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture », sur www.unesco.org (consulté le 12 janvier 2017)
  14. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :1
  15. Une nouvelle feuille de route pour le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) et son Réseau mondial de réserves de biosphère, Unesco, (lire en ligne)
  16. « Réserves de biosphère - La stratégie de Séville & Le cadre statutaire », sur unesdoc.unesco.org (consulté le 12 janvier 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Levrel H., Issa M-S., Kane L., Karimou A., Maiga M., Millogo J. et Pity B., (2006), « Co-construction dans six réserves de biosphère d’Afrique de l’Ouest : à la recherche d’indicateurs d’interactions pour gérer la biodiversité », in Bouamrane M., (ed.), Biodiversité et acteurs : des itinéraires de concertation. La contribution des réserves de biosphère, UNESCO Edition, p. 53-64.

Liens externes[modifier | modifier le code]