Réseau Hilaire-Wheelwright

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Le réseau Hilaire-WHEELWRIGHT fut un des réseaux de Résistance créés en France par la section F du Special Operations Executive, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

  • HILAIRE : c'est le nom de guerre de George Starr. C'est sous ce nom d'HILAIRE que le réseau est enregistré aux archives du SHD, Vincennes.
  • WHEELWRIGHT : c'est le nom de code opérationnel de George Starr, nom utilisé par la RAF. WHEELWRIGHT veut dire CHARRON en français.
  • HILAIRE-BUCKMASTER : le nom Buckmaster est celui du chef de la section F à Londres.

Missions[modifier | modifier le code]

En juillet 1940, le premier Ministre Winston Churchill, pour organiser des opérations subversives dans les pays occupés, crée le SOE (Special Operations Executive), un nouveau service secret britannique destiné à assurer les missions de type « action » telles que parachutages d’armes, de munitions et de matériel, sabotages, recrutement et instruction de groupes de choc, armement et encadrement des résistants. Dans ce cadre, le réseau Hilaire-WHEELWRIGHT est l'un des quelque 95 réseaux formés par la section F, section indépendante de la France Libre, et ayant agi en France entre mai 1941 et la Libération. Sa zone géographique est la région de Toulouse.

Période d'activité[modifier | modifier le code]

Protagonistes[modifier | modifier le code]

Responsables[modifier | modifier le code]

L'essentiel de l'équipe de direction du réseau était constituée d'officiers venant d'Angleterre :

Elle comprenait également plusieurs Français recrutés sur place :

À partir du débarquement en Normandie du , le bataillon de l'Armagnac nom officiel donné par les MUR a mené les actions de guérilla ouverte déclenchées par les alliés. Constitué à partir de mi-, en relation avec Hilaire pour ses fournitures d'armes à partir du (le bataillon fut équipé grâce à 30 des 147 parachutages destinés au réseau), ce bataillon était conduit par :

  • Capitaine Maurice Parisot, chef du bataillon, assisté de :
  • Henri Monnet, capitaine de réserve ;
  • Gérard Paulin Sanfourche lieutenant colonel de l'armée de l'air[1]
  • Maurice Moreau, militaire de carrière.

A noter qu'en en 1954, un premier monument avait été édifié sur la place du village de Panjas en souvenir d’un rassemblement du bataillon qui avait eu lieu en juin 1944. En 1965, un autre monument dédié aux morts du Bataillon de l’Armagnac, a été élevé à Panjas.

Agents[modifier | modifier le code]

Quelques noms[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Le réseau Hilaire a compté 1055 agents : 135 agents P2, 849 agents P1 et 71 agents O.

Secteur géographique[modifier | modifier le code]

L'état-major du réseau se situait dans le Gers :

L'activité couvrait les départements suivants : Hautes-Pyrénées, Landes-est, Gironde-est, Gers, Lot-et-Garonne, Dordogne-sud

Réalisations[modifier | modifier le code]

Sabotages[modifier | modifier le code]

[À renseigner]

Parachutages[modifier | modifier le code]

Le réseau organisa 147 parachutages. Le tableau suivant en donne le détail[2] :

Année Mois Opérations Containers Paquets
1943 juillet 3 20 5
août 12 102 8
septembre 0
octobre 7 87 2
novembre 7 104 19
décembre 0
1944 janvier 5 66 10
février 23 364 31
mars 26 375 24
avril 17 237 86
mai 34 390 108
juin 2 47 65
juillet 7 148 149
août 3 117 39
septembre 1 12 7
Total 147 2069 553

Atterrissages[modifier | modifier le code]

À renseigner

Liaisons radio avec Londres[modifier | modifier le code]

Les émissions-réceptions radio étaient assurées par Yvonne Cormeau (400 messages émis) et Denis Parsons (84 messages émis).

Voici quelques exemples de messages BBC convenus pour les opérations[3] :

  • « Le chef de gare a un drapeau rouge. »
  • « Le soleil est devant vous. »
  • « Il porte une chemise blanche »
  • « La pluie ne coûte pas cher en Angleterre. »
  • « La vertu est la plus belle parure de la jeune-fille. », changé en * « L'ivrognerie est un vilain défaut. »
  • « La roulette est un jeu dangereux. »
  • « La casserole rouge est sur la table »
  • « Les pigeons sont au balcon. »
  • etc.

Juste avant le débarquement en Normandie, les messages de la BBC destinés à WHEELWRIGHT ont été les suivants[4] :

Messages d'alerte diffusés le
  • Rail : « Les impôts pèsent sur les commerçants »
  • Zones à contrôler : « La fée a un beau sourire » ; « Les condamnés attendent le conseil de guerre » ; « La peinture se détache par écailles » ; « Faut-il qu'un si grand cœur montre tant de faiblesse ? » ; « Elle parle à tort et à travers. » ; « Pour la première fois, l'aigle baissait la tête. » ; « L'arrosoir est percé. » ; « C'est une croix à double traverse. » ; « Loulou habite Madrid. » ; « Le blé pousse bien au Canada. » ; « Nous sommes submergés de besogne. » ; « Monsieur, dit-il, j'en suis désolé. » ; « Vous m'assommez avec vos questions. » ; « Doux comme un agneau. ».
  • Guérilla : « Chanter juste, quel joli don. ».
  • Télécommunications : « L'horloge est détraquée. ».
Messages d'action diffusés le au soir
  • Rail : « Les contributions indirectes coûtent cher »,
  • Zones à contrôler : « Chaperon Rouge fut trop innocente. », « Les libérés se réjouissent du beau temps. », « Gertrude a un penchant pour l'aquarelle. », « L'héroïsme, c'est vaincre sa peur. », « Le silence repose. », « On connaît l'oiseau par son bec. », « Le jardinier attend la pluie », « Pourquoi n'y a-t-il plus de croisade ? », « Rodrigue ne parle que l'espagnol. », « Le seigle est brun. », « Conte-moi tes glorieux travaux », « Regretter, c'est inutile. », « Une langue indiscrète a révélé l'affaire. », « J'ai une faim de loup. ».
  • Guérilla : « Il a une voix de fausset. ».
  • Télécommunications : « Vive l'heure des vacances. »

Liquidation[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8) / (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Archives SHD : cote 17 P 25, HILAIRE.
  • Lt. Col. E.G. Boxshall, Chronology of SOE operations with the resistance in France during world war II, 1960, document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 42, WHEELWRIGHT CIRCUIT.
  • Robert et les Ombres, film documentaire français de Jean-Marie Barrère, France 3, 2005[5].
  • Hélène Bulfoni (sous la dir.), La vertu est la plus belle parure de la jeune-fille, histoire de la Résistance dans le Gabardan 1942-1944, L'Atelier des Brisants, 2009.
  • Anne-Marie Walters :
    • (en) Moondrop to Gascony, Moho Books, 2009, (ISBN 978-0-9557208-1-9)
    • (fr) Le Temps du maquis, Oxford, Basil Blackwell, 1949.
  • Raymond Escholier, Maquis de Gascogne, collection « Documents d'aujourd'hui » no IV, Genève, Éditions du Milieu du Monde, 1945 ; réédition : Éditions du Bastion, 2004.
  • Henri Monnet, Mémoires d'un éclectique, Éditions Garnier frères, 1980, (ISBN 2705003142).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. https://gw.geneanet.org/pborde?n=sanfourche&oc=&p=jean+pierre
  2. Source : Boxshall.
  3. Bergeret, p. 61 ; Bulfoni, p. 63-88
  4. Foot, annexe K.
  5. À partir d'une reconstitution poétique de l'histoire de son grand-père Robert, instituteur à Gabarret qui agissait sous les ordres du mystérieux « Gaston », l'auteur raconte l'action de George Starr et décrit l'ambiance de la clandestinité. Le film s'appuie sur de nombreux témoignages d'acteurs survivants de cette épopée, et ceux de Marcel Jaurant-Singer (ex agent SOE), de Stéphane Hessel (ex BCRA), de Gilles Perrault (écrivain) et de François Kersaudy (historien).