République des Escartons

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République des Escartons

29 mai 13434 août 1789

Informations générales
Capitale Briançon
Langue Français, italien, occitan, piémontais
Histoire et événements
29 mai 1343 Grande Charte
1713 traité d'Utrecht
4 août 1789 Révolution française

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La république des Escartons[1] de Briançon (l'appellation de République est une interpolation du XIXe siècle) ou principauté du Briançonnais est un ensemble de territoires montagnards du département des Hautes-Alpes, de la province de Turin et de la province de Coni qui ont joui d'un statut fiscal et politique privilégié du 29 mai 1343 au 4 août 1789 (pour la partie française).

Le territoire[modifier | modifier le code]

Les limites géographiques[modifier | modifier le code]

Le Briançonnais était limité à l'Ouest par le Pertuis Rostan et les gorges de la Durance, la forteresse de Château-Queyras et les gorges du Guil, le massif des Écrins et le col du Lautaret. Au nord par le Massif des Cerces et le Massif du Mont-Cenis. À l'est, sa frontière avec les états des Ducs de Savoie était le « rif de Jalandre » entre Chaumont et Suse. Au sud est, par le rocher du « Bec Dauphin » entre Meano et Perosa Argentina.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les dates clés[modifier | modifier le code]

Les communautés du briançonnais achetèrent au dauphin Humbert II de Viennois, les droits seigneuriaux qui permirent l'exercice d'un statut d'autonomie dans le cadre d'une transaction, conclue le 29 mai 1343 au château de Beauvoir-en-Royans, entre ce seigneur et les représentants des communautés, et que la coutume nomme « Charte des Escartons »[2].

Cette transaction reconnaissait, codifiait des pratiques antérieures ou des usages coutumiers, et complétait d'autres chartes, spécifiques à des communautés particulières, dont le Dauphin ou ses prédécesseurs étaient convenus avec leurs sujets. Elle remplaçait une série d'impôts et de redevances par une rente de 4 000 Ducats, payée chaque année le jour de la Chandeleur et dont les communautés se répartissaient la charge dans le cadre d'assemblées nommées « escartons ».

Les communautés veillèrent à la défense de leurs droits et firent reconnaitre la charte des Escartons par les successeurs d'Humbert II : tous les rois de France, depuis Charles V jusqu'à Louis XVI, la confirmèrent par une lettre patente.

Le Traité d'Utrecht, céda au Duché de Savoie[3], en échange de la Vallée de Barcelonnette, « Tout ce qui est à l'eau pendante des Alpes du côté du Piémont », c'est-à-dire les communautés qui constituaient traditionnellement les escartons d'Oulx, de Valcluson et de Château-Dauphin. Ces communautés continuèrent à jouir, sous l'autorité du châtelain d'Oulx, délégué par l'Intendance de Suse, de l'essentiel des privilèges qui leur avaient été garantis par la Charte des Escartons[4].

L'organisation induite par la charte et les coutumes qui lui étaient attachées s'appliqua, avec des variations selon les époques, jusqu'au 4 août 1789 où elle fut abolie, pour les communautés du Royaume de France par l'Assemblée constituante avec l'ensemble des droits seigneuriaux et des privilèges détenus par des collectivités locales. Les communautés du Royaume de Sardaigne en bénéficièrent jusqu'au 11 septembre 1802 lorsque le Premier Consul Napoléon Bonaparte décida d'appliquer l'annexion du Piémont, dont le territoire avait été divisé en départements, à la France[5].

Le territoire sur lequel elle s'appliquait était habité, en ordre de grandeur, par 7 200 foyers soit 40 000 habitants environ [réf. nécessaire].

La constitution du territoire[modifier | modifier le code]

La transaction de 1343 était l'aboutissement de processus politiques et sociaux qui s'étaient déroulés sur plusieurs siècles pendant lesquels le briançonnais avait construit une identité politique.

À l'époque carolingienne, les communautés situées à l'ouest du Col de Montgenèvre appartenaient au Royaume de Bourgogne et celles qui se trouvent à l'est du même col appartenaient au Royaume d'Italie[6]. En 1038, l'empereur Conrad II le Salique, supprime diocèse de Maurienne, dont l'évêque Thibaut avait participé à une ligue contre lui, et en confie les biens à l'archevêché d'Embrun et à l'évêque de Turin. Ce décret ne fut jamais complètement exécuté, mais les paroisses du Briançonnais, située à l'ouest du Montgenêvre, durent, depuis cette époque la dime, à l'archevêque[7]. Les arrangements auxquels cet évènement donna lieu furent à l'origine de la création, entre 1042 et 1050, de la prévôté d'Oulx, une fondation religieuse tenue par des chanoines qui suivaient la règle de saint Augustin, auxquels l'évêque de Turin, Cunibert, donna, le 30 avril 1065, les biens et bénéfices de l'évêché dans la Haute Vallée de Suse[8].

En 1050, Guigues Ier d'Albon donne à la prévôté d'Oulx un mas qu'il possédait à Césane et les dîmes des églises d'Oulx, de Salbertrand et de Césane dont il avait probablement hérité du mariage de l'un de ses ancêtres avec une fille du marquis de Turin, Ardouin le Glabre[8]. Dès 1063, il employait un châtelain à Briançon, et en 1096, son petit fils, Guigues III le Comte tenait un tribunal à Briançon[9].

Le 13 janvier 1155, à Rivoli près de Turin, Guigues V d'Albon, le premier de sa famille à porter le titre de Dauphin de Viennois, prête hommage à l'empereur Frédéric Barberousse qui en échange, reconnait sa suzeraineté sur les territoires qu'il détient et lui accorde le privilège de battre monnaie à Césane.

Vers 1210, Adélaïde (ou Alasie) Marquise de Saluces pour protéger la seigneurie des attaques du Comte de Provence, aurait reconnu la suzeraineté du Dauphin Guigues VI André, mais plus vraisemblablement lui avait cédé des droits et des biens que les marquis détenaient dans la Haute Vallée de la Varaita. Vers 1228, Guigues VI André, qui avait acquis les droits d'un certain Amédéo Fantino sur la communauté de Pont rentre en conflt avec la marquise, désormais régente du marquisat de Saluces pendant la minorité de son fils Manfred III, parce qu'il avait considérablement usurpé des droits. Un accord fut conclu en août 1230 à Pignerol qui permit au Dauphin de faire construire la forteresse de Châteaudauphin[10].

Le Briançonnais, dans les limites qui seront les siennes jusqu'en 1713, naquit entre les années 1237, où le Dauphin donne, par testament, à son épouse Béatrice de Sabran, tous les domaines qu'il possède de part et d'autre des cols transalpins, et 1244, où son successeur, Guigues VII étend aux habitants d'un territoire compris entre le Col du Lautaret au nord, le Col Lacroix au sud, et la communauté de Chaumont qui viendront séjourner au bourg de Briançon, l'exemption de la taille comtale[9].

L'aspect stratégique du contrôle des cols alpins[modifier | modifier le code]

Un des axes constants de la politique des dauphins de Viennois consista à contrebalancer l'influence des Ducs de Savoie, dont les états, depuis l'époque de la marquise Adélaïde s'étendaient des deux côtés des Alpes. La politique des descendants d'Humbert aux Blanches Mains s'appuyait sur le passage stratégique du Col du Mont-Cenis et procuraient à leur dynastie des alliances illustres et la reconnaissance des empereurs du Saint-Empire romain germanique. Ils achetèrent aussi, contre espèces sonnantes et trébuchantes des droits et des charges, comme le vicariat d'empire, que les empereurs cédaient et révoquaient au gré de leur humeur[11] et de leur besoins d'argent[12], mais qui permettaient aux féodaux qui y accédaient, pour l'une ou l'autre de leur possessions, d'affecter de se comporter en suzerain de tous ceux qui prétendaient dépendre directement de l'empereur[13] et qui furent la source de nombreuses disputes juridiques[14].

La pratique était ancienne, dès 1077, Adélaïde de Suse et son fils Amédée II de Maurienne avaient reçu en grande pompe l'empereur Henri IV qui se rendait en Italie pour négocier avec le pape Grégoire VII, la levée de l'excommunication dont il avait été frappé et dont le voyage devait se terminer par l'humiliante Pénitence de Canossa. Henri IV était alors le gendre d'Adélaïde et le beau frère d'Amédée dont il avait épousé la sœur Berthe. Mais le chroniqueur bénédictin Lambert de Hersfeld indique qu'ils exigèrent, pour le prix de son passage, et malgré leurs liens de parenté, la cession des droits sur cinq évêchés proches de leurs seigneuries et finirent par se contenter qu'il leur donnât le Bugey[15].

Le contrôle des passages alpins pouvait rapporter beaucoup et le territoire des escartons du briançonnais en comptait 21.

La concurrence, pour le contrôle des passages alpins, entre les Dauphins de Viennois et les Comtes puis Ducs de Savoie, explique aussi les politiques matrimoniales des uns et des autres avec les comtes et marquis de Provence des familles de Toulouse, de Barcelone, ou d'Anjou, avec les Marquis de Montferratet les Marquis de Saluces et d'autres nobles piémontais de moindre importance. Elle conditionnait aussi l'attention et les dons qu'ils prodiguaient à des dignitaires ecclésiastiques ou à des institutions religieuses comme la prévôté d'Oulx, et les alliances qu'ils passaient avec des communautés piémontaises, ligures ou lombarde de diverse importance, dont Asti et Gênes étaient les plus visibles, tant du point de vue de la politique que de celui de l'économie.

Un processus de marginalisation de la noblesse[modifier | modifier le code]

Aucun document relatif au briançonnais, et qui a été conservé, ne mentionne une confédération des communautés des vallées avant 1343. L'annonce, le 7 novembre 1338, par le Dauphin Humbert II, de nouvelles enquêtes destinées à établir l'inventaire des droits dont il était propriétaire, fut le déclencheur d'une telle union : plutôt que de se soumettre aux investigations, les communautés préférèrent élire des représentants, chargés de rédiger des cahiers de doléances aujourd'hui perdus, et de passer des accords forfaitaires, selon une méthode que certaines d'entre elles avaient déjà maintes fois utilisée avec un Dauphin perpétuellement à la recherche de nouveaux revenus[9].

Les historiens romantiques, souvent dans l'optique de défendre l'idée républicaine, ont cherché au delà des institutions du Dauphiné ou de la monarchie capétienne les origines de cette organisation. Certains ont tenté d'en attribuer la paternité à des tribus gauloises à propos desquelles personne ne sait rien ou presque, voire aux institutions du royaume de Cottius, dont la capitale était Suse, à propos desquelles très peu de documents sont parvenus jusqu'à nous.

Le territoire a sans aucun doute joué son rôle dans la fixation des frontières de la confédération des communautés, mais moins sans doute que les opportunités politiques : ses frontières resteront dans chacun des escartons imprécises et floues. Dans la vallée de la Doire[16] la communauté de Chaumont resta privée de la protection d'un château delfinal et son destin fut plus que les autres liée à la ville de Suse.

Naissance de la Charte[modifier | modifier le code]

En 1343, cinquante et une communautés du Briançonnais rachètent au dauphin Humbert II l'ensemble des droits seigneuriaux moyennant la somme de 12 000 florins-or et une rente perpétuelle annuelle de 4 000 ducats, et signent la Charte sur laquelle le dauphin appose son sceau.

La Charte est une sorte de constitution qui organise le fonctionnement du Grand Escarton, mais aussi de chaque escarton avec les droits et les devoirs au sein de chaque communauté, pendant près de quatre siècles et demi. Une fois le Dauphiné rattaché au royaume de France, en 1349, les délégués des Escartons font, à chaque avènement d'un souverain, confirmer les droits acquis par leurs communautés.

La charte accordait ainsi aux habitants des escartons le statut de "francs-bourgeois", c'est-à-dire qu'ils étaient exemptés de tout service féodal en échange d'une rente annuelle. Ils avaient le droit de détenir un fief. Ils rendent hommage à leur seigneur le dauphin "en baisant son anneau sur le dos de la main et non au pouce comme le populaire".

La justice restait un privilège du Dauphin, et les habitants des escartons devaient participer à la défense du Dauphiné. Pour le reste, les Briançonnais disposaient d'une large autonomie : ils s'assemblaient et nommaient des syndics, portaient les armes et levaient des impôts.

Cette charge était répartie par les Briançonnais entre quatre pays, on disait en latin exquartonare qui a donné « escartons » (ou écartons). L'origine du mot pourrait aussi provenir du verbe escartonner (en latin "exquartonare") qui signifiait répartir les contributions entre les membres des quatre communautés.

La cession des trois escartons d'Oulx, de Val Varache et du Pragela au royaume de Piémont-Sardaigne, par le traité d'Utrecht en 1713, fragilise considérablement la région du fait de la complémentarité économique entre ces escartons de l'est et ceux de l'ouest. Ces escartons font perdurer tant bien que mal leurs coutumes sous le pouvoir savoyard, puis italien après 1848, mais ils ont perdu l'indépendance qui les caractérisait.

Le 31 mai 1790, les deux escartons du Briançonnais et du Queyras acceptent de bon gré la Révolution française. Là aussi, ils ne perdent pas tant leurs coutumes démocratiques, que leur indépendance vis-à-vis d'un pouvoir central extérieur. On remarque ainsi que lors de l'annexion du royaume de Piémont à la France en 1798, la partition des escartons selon les lignes de crêtes perdure, entre les départements du , de la Stura et des Hautes-Alpes.

Organisation politique et sociale[modifier | modifier le code]

Organisation civile[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs communes se mettent en place, sans faire de bruit au fond des vallées, une faranche d'alpagistes affranchis, qui élisent tous les ans un consul et se réunissent une trentaine de fois par an en assemblée pour décider de l'organisation de la vie du village, comme c'est le cas à Villar-d'Arêne ou Villar-Saint-Pancrace autre communauté de l'Escarton de Briançon.

Selon certaines sources de langue allemande, l'organisation de la république des Escartons peut être considérée comme étant à rapprocher de celle des « Bauernrepubliken »[17] ou républiques paysannes qui existaient dans le même temps en Frise.

Organisation religieuse[modifier | modifier le code]

Le clergé séculier[modifier | modifier le code]

Les chanoines[modifier | modifier le code]

  • La Prévôté de Saint Laurent d'Oulx fut jusqu'à la révolution française, la principale institution religieuse du Briançonnais, et son prévôt, l'un des principaux seigneurs ecclésiastiques du Dauphiné.
  • Sainte Marie de Suse. Construite selon la tradition populaire sur les ruines d'un temple de Neptune. Elle fut très tôt un vicariat des évêques de Turin dont le titulaire pouvait nommer les curés des paroisses dont cette abbaye percevait les dimes. Elle fut confiée, le 30 avril 1065, par Cunibert, évêque de Turin, avec l'accord de son chapitre, aux chanoines de Saint Laurent et Sainte Marie d'Oulx dont elle fut jusqu'à la suppression de cette dernière abbaye, l'une des principales sources de revenus[19].

Les escartons[modifier | modifier le code]

Les quatre pays originels ou escartons, deux sur l'actuelle France, deux sur l'actuelle Italie étaient :

Escarton du Briançonnais[modifier | modifier le code]

Les vallées du Briançonnais proprement dit, soit les douze communautés ayant pour capitale Briançon :

Escarton du Queyras[modifier | modifier le code]

Escarton d'Oulx[modifier | modifier le code]

Escarton de Pragelato[modifier | modifier le code]

Après la Réforme, les habitants de Pragelato, val Cluson (Val Chisone), qui étaient majoritairement protestants, demandèrent et obtinrent la constitution d'un cinquième escarton séparé de celui d'Oulx.

Escarton de Châteaudauphin[modifier | modifier le code]

Le paradoxe alpin[modifier | modifier le code]

Les anthropologues appellent « paradoxe alpin » le phénomène selon lequel le niveau d'instruction et d'ouverture culturelle d'une communauté est proportionnellement supérieur à la moyenne[20].

Le stéréotype des communautés alpines comme une réalité fermée et imperméable est facilement démonté face à la réalité des Escartons. Il s'agit d'un cas particulier dans l'Europe de cette époque : dans les Escartons, l'alphabétisation est telle que neuf habitants sur dix savent lire, écrire, et faire des calculs mathématiques. Pourtant dans l'imaginaire collectif, la montagne est considérée comme formée de bergers peu bavards, dans la république des Escartons, la profession la plus répandue est celle d'enseignants à domicile. L'apprentissage est basé sur trois niveaux :

  • les bases, où il impératif de lire et écrire.
  • le niveau intermédiaire, où l'on apprend les mathématiques.
  • le dernier niveau où s'apprennent la philosophie, les arts, les langues.

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1336. Châteaudauphin. Construction de la forteresse.
  • 1343. Beauvoir-en-Royans. Le Daupin Humbert II et les représentants des communautés du briançonnais signent la « Grande Transaction » (29 mai 1343).
  • 1343. Beauvoir-en-Royans. Le Daupin Humbert II et les représentants de la communauté d'Oulx conviennent d'une transaction concernant la fixation et la liquidation des droits seigneuriaux de la châtellenie d'Oulx[21](29 mai 1343).
  • 1343. Beauvoir-en-Royans. Le Daupin Humbert II et les représentants de la communauté de Saint-Martin-de-Queyrières conviennent d'une transaction concernant la fixation et la liquidation des droits seigneuriaux de la châtellenie de Saint-Martin-de-Queyrières[21](29 mai 1343).
  • 1343. Beauvoir-en-Royans. Le Daupin Humbert II et les représentants de la communauté de Césane conviennent d'une transaction qui fixe le montant des droits que les habitants de Césane doivent au dauphin le jour de la Purification. Cette transaction a pour objectif de limiter la rapacité des Ministériaux[21](30 mai 1343).
  • 1362. Châteaudauphin. Galeazzo de Saluces ravage la Castellatta. Effrayé par les méfaits de son frère et de leurs conséquences, Frédéric II, Marquis de Saluces, dépêche auprès de Raoul de Louppy, Gouverneur du Dauphiné, Ugo de Genève, Seigneur d'Anthon et son lieutenant Bergadano Muricola pour négocier la paix[22].
  • 1363. Moirans. Ugo de Genève, Seigneur d'Anthon, pour le marquis Frédéric II de Saluces, et Ainard de la Tour, seigneur de Vinay, pour Raoul de Louppy, Gouverneur du Dauphiné, conviennent d'un accord qui cède au Dauphin, en le délivrant de l'obligation d'hommage, tous les biens et tous les droits que Frédéric et Galeazzo de Saluces détenaient sur les paroisses de Chaudannes, Bellino, Saint Eusèbe, Pont et La Chenal (15 mars 1363)[22].
  • 1363. Château-Queyras ou Ville-Vieille. 212 chefs de familles de la Castellata prêtent hommage au Dauphin en la personne de Raoul de Louppy, Gouverneur du Dauphiné. 22 sont nobles, et 13 francs bourgeois (3 septembre 1363)[22].
  • 1390. Briançon. Fondation du couvent des Cordeliers ou Frères Mineurs qui existera jusqu'à la Révolution Française[23].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1624. Briançon. Fondation du couvent des Dominicains ou Frères prêcheurs qui existera jusqu'à la Révolution Française[23].
  • 1624. Briançon. Un incendie général détruit la ville (1er décembre 1624)[23].
  • 1630. Briançon. Alors que l'épidémie de peste ravage la région, le premier consul de Briançon, Reymond Brunicard et les notables font vœux, devant le curé Jacques Juget de reconstruire l'hôpital de la ville qui avait été détruit, avec ses archives, par l'incendie de 1624 (14 juillet 1630)[24]..
  • 1642. Briançon. Fondation du couvent des Récollets qui fut supprimé en 1782[23].
  • 1642. Briançon. Fondation du couvent des Ursulines qui existera jusqu'à la Révolution Française[23].
  • 1672. Beaulard. La communauté rachète à la famille Jouffrey, les derniers droits féodaux (12 novembre 1672)[4]
  • 1692. Briançon. Un incendie général détruit la ville ((26 janvier 1692)[23].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1700. Saint Martin de Queyrière. Vente aux enchères des biens de l'hôpital de la communauté qui avait été réuni à celui de Briançon par lettre patente de Louis XIV en 1698. Ces biens consistaient en une masure et deux pièces de terre[24].
  • 1703. Briançon. Début des travaux de construction de la collégiale[23].
  • 1713. Utrecht. « Sa Majesté Très Chrétienne cède à Son Altesse Royale de Savoie, la Vallée de Pragesla avec lès Forts d'Exiles & de Fenestrèlles,& les Vallées d'Oulx, de Sézane, de Bardonache, & le Château-Dauphin : réciproquement son Altesse Royale cède à sa Majesté Très-Chrétienne la Vallée de Barcelonette, de manière que lès sommités dès Alpes sérviront à l'avenir de limites, entre la France, le Piémont & le Comté de Nice,& que lès Plaines qui se trouveront sur lèsdites sommités seront partagées » (orthographe de l'époque) (11 avril 1713)[25].
  • 1719. Briançon. Fin des travaux de construction de la collégiale[23].
  • 1726. Briançon. Consécration de la collégiale. La ville est alors desservie par un curé, un vicaire et cinq ecclésiastiques pour ses hameaux[23].
  • 1737. Turin. Charles-Emmanuel III, Roi de Sardaigne et Duc de Savoie confirme aux habitants des escartons d'Oulx, de Pragelas et de Château-Dauphin, les franchises concédées par le Dauphin Humbert II dans la Charte des Escartons (28 juin 1737)[4].
  • 1747. Briançon. Établissement des chanoines de la collégiale, au nombre de trois, dont le prévôt était curé[23].
  • 1747. Bail Emphytéotique entre les communautés briançonnaises restées dans le royaume de France et la prévôté d'Oulx, permettant à celles-ci de racheter les dimes jusque là perçues par cet établissement. Après la sécularisation de la prévôté dont les revenus furent transférés à l'évêché de Pignerol, les sommes dues au titre du bail furent versées à l'évêque de cette ville.
  • 1749. Pignerol. Jean-Baptiste Orlié de Saint Innocent, dernier prévôt de Saint Laurent et de Sainte Marie d'Oulx devient le premier évêque du siège nouvellement créé de Pignerol[4].
  • 1756. Oulx. Sécularisation de la Prévoté qui est transformée en collégiale (19 avril 1756)[4].
  • 1782. Briançon. Suppression du couvent des Récollets[23].

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • Luigi des Ambrois de Névache premier président du Sénat du Royaume de l'Italie unifiée.
  • Ignazio Giuseppe Bertola, comte d'Exilles, architecte militaire qui fut surnommé « Le Vauban piémontais ».
  • Émilie Carles, romancière qui naquit et vécut à Val-des-Prés.
  • Marie Joseph Chalier (1742-1793). Né au bourg de Beaulard, fils d'Antoine Chalier, notaire, et de Véronique Frézet. Il fut d'abord Dominicain puis commerçant. Après une vie assez mouvementée il se fixa à Lyon où il prit la tête du mouvement révolutionnaire et fut guillotiné lors de l’insurrection contre révolutionnaire de 1793[4].
  • Giorgio Des Geneys (1761-1839). Amiral, créateur de la flotte du Royaume de Sardaigne, et l'un des négociateurs du Congrès de Vienne.
  • Remi Fatim ou Remi Fatin. Architecte ou maitre maçon de la fin du XVe et du début du XVIe siècle. Il a contribué à l'édification des églises de Névache[26], de Cervières (Saint Michel) [26], de Château-Beaulard[8], et de Savoulx[8].
  • Fernandel, dont le nom d'état civil était Fernand Joseph Désiré Contandin, descendait d'une famille qui avait habité le hameau de Passoir dans la communauté de Méan, aujourd'hui Méano, un lieu-dit de la commune de Perosa Argentina[27].
  • Oronce Fine (1494-1555). Mathématicien et cartographe, né à Briançon, réalisa la première carte de France imprimée à Paris.
  • Jacques Ratton (en), dit aussi Jacóme Ratton, né le 7 juillet 1736, de Jacques Ratton et de son épouse Françoise Bellon, au Monêtier-les-Bains, et mort à Paris, le 3 juillet 1820 fût un industriel et un commerçant, naturalisé portugais, qui contribua au développement du tissage mécanique, et à l'introduction de la culture de l'eucalyptus et de l'araucaria au Portugal. Anobli à l'instigation de son protecteur, le Marquis de Pombal, il fut promu Gentilhomme (Fidalgo) de la maison royale et chevalier de l'Ordre du Christ. Il fit construire le Palaçio Ratton qui abrite aujourd'hui, la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême du Portugal. Selon l'habitude des émigrants de cette époque, il grandit chez ses grands parents au Monêtier-les-Bains jusqu'à l'âge de quatorze ans et rejoignit ensuite ses parents qui s'étaient installés à Porto. En juin 1810, après le départ des troupes de Napoléon Ier du Portugal, et notamment à cause de son amitié avec le général Paul Thiébault, il fut accusé de trahison au profit de la France et condamné à l'exil dans l'île de Terceira aux Açores qu'il parvint à faire convertir en exil à Londres, puis à Paris où il mourut.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Escartons correspond au nom en occitan et à l'usage courant, le terme français est Écarton
  2. (fr) « La Charte des Escartons (29 mai 1343) (Traduite sous la direction de Fernand Carlhian-Ribois) », sur Briançon en un clic (consulté le 1er février 2012)
  3. Victor-Amédée II de Savoie devint par ce même traité Roi de Sicile qu'il échangea, en 1718, au Traité de Londres contre le Royaume de Sardaigne. Cet échange devint effectif en 1720.
  4. a, b, c, d, e et f Promenades historiques et archéologiques à travers l'ancien Ecarton d'Oulx. Charles Maurice. Préfacé Claude Pons, secrétaire de la Société d’Étude des Hautes-Alpes. 1978-1980. Publié à compte d'auteur et immprimé par la Typo-litographia « LIGURI » à Vintimille.
  5. (fr) « Histoire du Consulat et du Premier Empire. Piémont. Robert Ouvrard. », sur Histoire du Consulat et du Premier Empire (consulté le 1er février 2012) : « L'occupation du Piémont sarde fut décidée le 30 novembre 1798 et mise en œuvre les 5 et 6 décembre suivants. Dès le 9 décembre, le roi Carlo-Emanuele IV signa une renonciation formelle au Piémont, qu'il laissait à la garde de l'armée française. Un Gouvernement provisoire de la Nation piémontaise prit le pouvoir et le pays fut connu sous divers noms (Éridanie, République piémontaise, République subalpine, Gaule subalpine)... C'est aussi ce Gouvernement provisoire qui organisa un "référendum" entre le 8 et le 16 février pour demander au peuple piémontais de choisir entre l'indépendance ou la réunion à la France...En conséquence, le 2 avril 1799, le Gouvernement provisoire fut supprimé par le Directoire et remplacé par un commissaire du gouvernement, Musset, qui décida aussitôt de diviser le pays en quatre départements en vue de préparer son annexion. Moins de deux mois plus tard (20 juin 1799) cependant, Turin et le Piémont étaient retombés aux mains des alliés austro-russes. Les armées françaises réoccupèrent le Piémont le 16 juin 1800... Le 24 avril 1801, le reste du territoire piémontais fut divisé en six départements. Ce sont ces six départements qui seront annexés à la République française le 11 septembre 1802. »
  6. G Collinno. Le carte della prevostura d'Oulx, raccolte e riordinate cronologicamente fino al 1300, Pinerolo, 1908. Corpus Chart. Italiae, XXXIII. Biblioteca della società storica subalpina Pinerolo, Chiantore-Mascarelli. T XLV p 2. Acte du 29 janvier 1042. « ..decima ejusdem vallis secusie sicuti detinent qui montis nuncupatnur genevus et cenisio .. et sicuti detinent alpes inter regnum burgundie et italicum regnum » (« La vallée de Suse confine à l'Est aux sommets, qui du Montgenêvre au Montcenis délimitent les royaumes de Bourgogne et d'Italie »)
  7. (fr) « Saint-Jean-de-Maurienne(DIOCESE OF MAURAMANENSIS) The Catholic Encyclopedia. 1917. », sur New Advent (consulté le 1er février 2012)
  8. a, b, c et d Storia della Valle di Susa. Michele Ruggiero. Alzani. Pinerolo. 1996. (ISBN 88-8170-03248[à vérifier : isbn invalide]).
  9. a, b et c (fr) « Les origines d'une libre confédération de vallées : les habitants des communautés briançonnaises au XIIIe siècle, Pierre Vaillant, Bibliothèque de l'école des chartes, Volume 125, Numéro 125-2, pp. 301-348. 1967 », sur http://www.persee.fr/ Persée (consulté le 1er février 2012)
  10. (fr) « Le col de l'Autaret ou l'Histoire de Bellino, dans les Alpes occidentales. Jean Gallian. », sur Jean Gallian (consulté le 1er février 2012)
  11. Histoire Universelle, Depuis Le Commencement Du Monde Jusqu'à présent, Volume 111, Moutard, Paris, 1788, pages 96-97.
  12. L'evêché de Lausanne : (VIe siècle-1536. Francis Aerny. Éditions Cabédita. Lausanne. 1992. (ISBN 2882950608). page 51 et suivantes. « Aymon de Cossonney affirme les droits de l'évêque (1355-1375) »
  13. (fr) « La « Dédition » de Nice à la Maison de Savoie : analyse critique d’un concept historiographique. Laurent Ripart. Université de Savoie. Cahiers de la Méditerranée. Numéro 62. 2001. Paragraphe 33 et note 29. », sur Cahiers de la Méditerranée (consulté le 12 février 2012)
  14. (fr) « Jean Bagnyon, Avocat des libertés à Genève en 1487. Notice sur le « Traité concernant les pouvoirs des seigneurs et les libertés des sujets » de Jean Bagnyon. Henri Bordier. Mémoires et Documents publiés par la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève. Tome Dix-Septième. J. Jullien, Genève. A. Allouard. Paris. 1872. Pages 1-38. », sur RERO (consulté le 12 février 2012)
  15. Essai sur les anciennes assemblées nationales de la Savoie, du Piémont et des pays qui y sont ou furent annexés. Ferdinand Dal Pozzo. Thome Premier. Th Ballimore. Paris. Ar Cherbuliez. Genève. 1829.
  16. L'une des principales caractéristiques de l'occitan que les habitants des Escartons parlaient, consistait à faire assez peu de distinction entre le "l" et le "r" (roulé) dans la prononciation. Il faut souvent remplacer un "r" par un "l" pour comprendre la signification des toponymes. "Douèle" désigne simplement une rivière dans la plupart des patois locaux. À l'opposé, il faut rétablir, dans la graphie française, les « r » de « Rochemolle » pour comprendre qu'elle était « Rochemoure » dans la prononciation en patois, c'est-à-dire « Rochenoire ». « Oulx » se prononce même quasiment « Ours » dans certains patois et fait partie des localités dont le nom se rattache aux radical "urs" que l'on retrouve dans « Lurs » ou « Orcière »(c.f. : Charles Maurice, Promenades ... Ouvrage cité)
  17. (de) Gerhard Fitzthum, « Zwischen Milchstraße und Mondlandschaft », sur www.freitag.de,‎ 17 février 2006 (consulté le 6 mars 2013)
  18. a, b, c, d et e (fr) « La Valle di Susa - La Diocesi. », sur Centro Culturale Diocesano di Susa (consulté le 12 février 2012)
  19. (it) « Memorie della chiesa di Susa. Cesare Sacchetti. Giammichele Briolo Libraire. Turin. 1788. », sur Google Books (free ebook) (consulté le 12 février 2012)
  20. (it) Paradoxe alpin sur www.lalpe.com
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  22. a, b et c (fr) « La Castellata. À propos d'une solennelle prestation de serment à Château Queyras au XIVème siècle par le Chanoine Guérin (résumé d'une partie du livre « La Castellata, Storia dell'Alta Valle di Varaïta » publié en 1891 par Claudio Allais, curé de Pontechianale. Société d'études des Hautes-Alpes. Louis Jean et Peyrot. Gap. 1916 », sur Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées (consulté le 12 février 2012)
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  25. (fr) « Abrégé dès principaux traités, conclus depuis le commencement du quatorzième siècle jusqu'à présent, entre lès différentes puissances de l'Europe ; disposés par ordre chronologique. Charles-François Lefèvre de La Maillardière, chez la veuve Duchesne & Valade, Paris, 1778. », sur Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées (consulté le 23 février 2012)
  26. a et b (fr) « Nos vieilles cathédrales et leurs maîtres d’œuvre. Auteur non cité. Revue Archéologique publiée sous la direction de E. Pottier et S. Reinach. Cinquième Série, Tome XI, Janvier-Juin 1920. Éditions Ernest Leroux. Paris 1920. », sur Jean Gallian (consulté le 1er février 2012)
  27. Cette information provient de l'article consacré sur wikipédia en Italien consacrée au lieu dit Meano. Elle est très difficile à vérifier Fernandel descendait d'Auguste Contandin, né à Annot, Alpes-de-Haute-Provence (2 mars 1842 et mort à Marseille le 7 janvier 1881 Fiche d'Auguste Contandin sur Geneastar. Toi Marseille, Tu m'as prise dans tes bras, Eric Volat, 18/04/2010. La famille probablement d'origine vaudoise semblait avoir gardé des liens familiaux en Val Cluson Vaudois des vallées piémontaises (protestants), J. Gravier Pelegrin, 26 novembre 2008, GeneaNet.

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