Géorgie (pays)

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Géorgie

საქართველო
Sakartvelo

Drapeau
Drapeau de la Géorgie
Blason
Armoiries de la Géorgie
Description de l'image Europe-Georgia.svg.
Devise nationale ძალა ერთობაშია
dzala ertobachia
(en français : La force est dans l'unité)
Hymne national თავისუფლება Tavisoupleba
La Liberté
Administration
Forme de l'État République
Président Guiorgui Margvelachvili
Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili
Langues officielles Géorgien
Capitale Tbilissi

41° 42′ 35″ N 44° 47′ 36″ E / 41.709765, 44.79332

Géographie
Plus grande ville Tbilissi
Superficie totale 69 700 km2
(classé 119e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +4
Histoire
Indépendance De l'URSS
Date
Démographie
Gentilé Géorgien
Population totale (2015[1]) 3 729 500 hab.
(classé 115e)
Densité 67 hab./km2
Économie
PIB nominal en diminution 16,125 milliards de $
- 0,01% (115e)
PIB (PPA) (2014) en augmentation 34,265 milliards de $
- 6,79% (112e)
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 3 607 $
+ 0,29% (114e)
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 7 666 $
+ 7,12% (114e)
IDH (2012) en augmentation 0,745 (élevé) (72e)
Monnaie Lari (GEL​)
Divers
Code ISO 3166-1 GEO, GE​
Domaine Internet .ge
Indicatif téléphonique +995

La Géorgie (en géorgien : საქართველო, translittéré en Saqartvelo) est un pays sur la côte de la mer Noire, situé à la fois en Europe de l'Est et en Asie, mais considéré comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant, partie de l'Europe.[2],[3],[4],[5] La capitale de la Géorgie est Tbilissi, autrefois Tiflis.

L'histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d'Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l'une des premières nations à avoir adopté la religion chrétienne comme religion officielle, au début du IVe siècle : elle a rejoint l'orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connaît son âge d'or au XIIe siècle, sous le règne de Thamar. Confrontée tour à tour aux Perses, Romains, Byzantins, Arabes, Mongols et Ottomans[6], la Géorgie est annexée au début du XIXe siècle, par la Russie impériale sous Paul Ier, mais retrouve son indépendance de 1918 à 1921. Elle est ensuite intégrée en tant que république au sein de l'Union soviétique.

L'indépendance de la Géorgie est une nouvelle fois restaurée en 1991. Le pays accumule difficultés économiques et guerres de sécession ; l'Adjarie redevient totalement géorgienne en 2004, par contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud proclament unilatéralement leur indépendance après les combats des années 1990 et la guerre russo-géorgienne de 2008 : au total, 30 % du territoire n'est plus sous contrôle de Tbilissi. La Révolution des Roses, en 2004, pacifique, et l'alternance démocratique, en 2012, non moins pacifique, ont conduit le pays sur le chemin de la démocratie.

Le pays couvre un territoire de 69 700 km2. En droit international, il possède des frontières avec la Fédération de Russie au nord, l'Azerbaïdjan à l'est, l'Arménie au sud et la Turquie au sud-ouest. Les limites avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, sécurisée du côté extérieur par des forces russes, constituent des obstacles qui ne peuvent plus être franchis depuis 2008.

La population (sans compter celles de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud) est de 3,7 millions d'habitants selon le recensement de novembre 2014 ; elle est nettement en recul par rapport à l'époque soviétique (plus de 5 millions d'habitants) et à la fin des années 1990 (plus de 4 millions d'habitants), essentiellement pour cause de migration économique[7].

La Géorgie est membre du Conseil de l'Europe, de l'Organisation mondiale du commerce, de la Coopération économique de la mer Noire et de l'Alliance GUAM. Elle espère devenir un jour membre de l'OTAN et de l'Union européenne avec laquelle un accord d'association a été conclu 2014[8].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Statue de saint Georges au sommet d'une colonne place de la Liberté à Tbilissi

Les Géorgiens nomment leur terre, la Géorgie, Sakartvelo, se nomment eux-mêmes Kartvelebi (ქართველები) et appellent leur langue, le géorgien, kartuli (ქართული).

Plusieurs théories existent quant à l'origine de cette appellation :

  • L'origine étymologique de Sakartvelo, (littéralement : le pays des Géorgiens), viendrait le plus probablement de sa khartv-elo, qui signifie, le pays des hommes originaires de khaldi, (khartvli, en vieux géorgien), c'est-à-dire la Chaldée, située en Mésopotamie[9].
  • Ce terme pourrait aussi venir de l'ancêtre mythique des Géorgiens, Karthlos, qui est considéré comme le père de la Géorgie, à l'origine du royaume de Kartlie-Ibérie.
  • Une autre hypothèse avance que ces mots sont dérivés du mot ქართ (kart, en français : endroit fortifié[10]).

La dénomination française du pays, Géorgie est probablement dérivée du grec γεωργία (geōrgia), signifiant agriculture et non de Saint Georges -saint protecteur du pays- comme parfois avancé[11].

Gorj, la dénomination persane des Géorgiens, est également la racine des mots turc Gürcü et russe (Gruzin). La Géorgie est nommée gurjistān en (en persan : گرجستان), Gürcistan (Guurdjistân) en turc, Грузия (Grouziïa) en russe et de même גרוזיה (Grouzia) en hébreu. Le nom persan vient probablement de gorg (loup), qui est aussi l'origine du surnom du roi d'Ibérie Vakhtang Ier Gorgassali (Tête de loup), car les Anciens considéraient le Gourdjistan comme la Terre des loups.

Dans l'Antiquité, les habitants de l'actuelle Géorgie étaient dénommés les Ibères, du nom du royaume dans lequel ils vivaient, l'Ibérie, sans lien apparent avec la Péninsule Ibérique. Malgré le questionnement des géographes de l'Antiquité et l'hypothèse de certains savants géorgiens estimant que les Ibériens du Caucase étaient les ancêtres des Ibériens de la Péninsule, le nom caucasien d'Ibérie viendrait de celui de la ville géorgienne Sper, aujourd'hui İspir en Turquie.

Les dénominations arméniennes pour Géorgien et Géorgie, respectivement Vir et Virq, viennent d'Ibérie avec la perte du « i » initial et la substitution par le « w » ou le « v » du « b » d'Ibérie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Géorgie.

Avant le christianisme[modifier | modifier le code]

Crâne d'Homo georgicus.

D'après les recherches paléontologiques effectuées entre 1999 et 2001, les premiers hominidés, représentés par l'espèce Homo georgicus, sont apparus aux frontières du nord transcaucasien il y a environ 1,8 million d'années. L'espèce se développe et de nombreuses cultures se disséminent à travers le Caucase, de Trialétie au Koura-Araxe. Le territoire géorgien, comme celui de tout le Caucase, se trouve dans une position de carrefour entre les puissances qui l'entourent. Les Scythes ravagent la région au VIe siècle av. J.-C., invasion suivie d'une annexion iranienne (dynastie achéménide, le premier Empire perse). Durant la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., le conquérant Alexandre le Grand atteint à son tour les frontières de la Géorgie actuelle. Son règne est une étape marquante vers une société géorgienne unifiée, unification qui ne se produira que plusieurs siècles plus tard.

Pièce de 10 lari commémorant le 3 000e anniversaire de la fondation de l'État géorgien et bas-reliefs du IXe siècle de la cathédrale de Svétitskhovéli.

Au IIIe siècle av. J.-C., la Géorgie est divisée en deux : une partie occidentale, de culture grecque (la Colchide) et une partie orientale et indépendante (l'Ibérie). Alors que la Colchide tombe aux mains de ses puissants voisins (Royaume du Pont, puis Empire romain), l'Ibérie se développe au point de rivaliser avec l'Arménie pour le contrôle du Caucase. La République romaine la vassalise jusqu'à l'invasion des Arsacides au IIe siècle: l'Ibérie constitue dès lors une source de conflit, au même titre que l'Arménie, entre l'Empire romain et l'Empire iranien (les Parthes).

Entrée de la Géorgie au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le roi Mirian III et son épouse (cathédrale de Samtavissi).

La Géorgie orientale change considérablement au IVe siècle. L'Ibérie passe non seulement de la vassalité sassanide à une autre vassalité perse (parthe), mais entre dans le monde romain. Durant la décennie 330, la Géorgie se convertit au christianisme apporté par sainte Nino de Cappadoce, une nonne de Jérusalem de la famille de Georges de Lydda qui convertit le roi Mirian III et son épouse. La culture géorgienne se développe à travers la chrétienté et atteint son apogée avec le règne de Vakhtang Ier Gorgassali, monarque vainqueur des Perses et des Byzantins, de ses proches vassaux et des lointains Indiens.

À la fin du Ve siècle, l'Ibérie et la Colchide s'allient, et tentent une première unification. L'avènement de la puissance ibère est anéanti par la mort du roi Vakhtang Ier, dans les années 580 : la Perse annexe la Géorgie orientale qui devient une province. Une période trouble s'ensuit, la Géorgie est divisée à maintes reprises entre les Perses, les Byzantins, les Arabes et quelques princes locaux assez puissants pour reprendre provisoirement le titre de roi.

À la fin du IXe siècle, après la décadence engendrée par les invasions arabes du VIIe siècle, le prince de Tao, Adarnassé IV, unifie la Géorgie orientale et prend le titre de « roi des Géorgiens », probablement aidé par son voisin arménien[12].

Le Royaume de Géorgie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume de Géorgie.

Au début du XIe siècle, le prince Bagration (descendant du premier roi des Géorgiens, Adarnassé IV), Bagrat III d'Abkhazie, unifie pour la première fois de son histoire la nation géorgienne, du royaume d'Abkhazie à celui de Kakhétie, rassemblant dans un unique État tous les pays partageant la même religion et la même culture que l'Ibérie. En quelques années, Bagrat III réussit par ailleurs à soumettre bon nombre de ses voisins, dont l'émirat de Gandja. Dans un but politique, il se sépare de la tradition pro-byzantine de ses ancêtres et s'allie avec le Califat fatimide, musulman, contre Constantinople. Pour cette raison, la première moitié du XIe siècle est principalement illustrée par les nombreux conflits militaires entre le Royaume de Géorgie et l'Empire byzantin.

Chrétiens jetés dans la Koura par les Mongols car ils refusaient d'abjurer leur foi (cathédrale de Samtavissi).

À la fin des années 1040, le conflit cesse et laisse place à une autre inimitié, cette fois entre Géorgiens et Seldjoukides, eux aussi musulmans. La guerre éclate en 1048 : les forces alliées de la Géorgie et de Byzance triomphent d'abord de l'Empire seldjoukide à la bataille de Kapetrou, engagent une croisade géorgienne en raison du caractère religieux du conflit, mais battent finalement en retraite : de terribles dévastations sont perpétrées sur le territoire géorgien par les Seldjoukides jusqu'à la fin du XIe siècle.

À peine monté sur le trône, le jeune roi David IV repousse les troupes de l'envahisseur et conquiert plusieurs régions jusqu'à former un empire géorgien : il unifie les terres situées entre la mer Noire et la mer Caspienne, et réalise la conquête de l'Arménie et de l'Alanie. Ses successeurs achèvent au début du XIIIe siècle la prise de contrôle du sud transcaucasien : le règne de la reine Tamar de Géorgie constitue l'apogée du Royaume de Géorgie.

Plusieurs révoltes nobiliaires éclatent, et en 1223, les Mongols apparaissent aux frontières du pays : ils vainquent la monarchie géorgienne. Durant la décennie 1270, un royaume indépendant s'instaure en Géorgie occidentale. Le territoire géorgien sombre dans le déclin, les Timourides, puis les Turcomans succèdent aux Mongols. Devenue unique territoire chrétien de cette région après la chute de Trébizonde en 1461, la Géorgie se divise finalement en trois entités.

La division[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Division du royaume de Géorgie.
Vakhtang VI de Karthli, dernier roi de la dynastie de Moukhran.

En 1478, Constantin II accède au trône géorgien après une période de guerre civile et de chaos intérieur. Une dizaine d'années plus tard, en 1490, un conseil national proclame la division officielle du Royaume de Géorgie, qui laisse place à trois entités : l'Iméréthie (ouest), dirigée par Alexandre II, la Kartlie (centre) qui reste aux mains de Constantin II, et la Kakhétie (est), qui revient au prince Alexandre Ier. À partir de cette période, les trois royaumes deviennent des vassaux des puissances musulmanes qui les entourent : les Empires perse et ottoman.

  • La division profite aux États vassaux de la Ciscaucasie qui se proclament indépendants, mais les Ottomans les annexent (de jure) entourant désormais la totalité de la Géorgie occidentale.
  • L'Iméréthie sombre à son tour dans le chaos quand la noblesse réussit (notamment grâce à la conversion de ces nobles à l'Islam) à gagner en puissance. En un demi-siècle, l'Abkhazie, la Svanétie, la Mingrélie et la Gourie deviennent indépendantes (de facto) vis-à-vis de Koutaïssi : leurs rois n'hésitent pas à se proclamer monarques à leur tour.
  • Les deux autres royaumes géorgiens, la Kartlie et la Kakhétie, sont sous une administration non moins instable. Les guerres civiles sont courantes et des tentatives d'unification par la force sont souvent organisées. Le Shah de Perse, qui n'est officiellement que le suzerain, nomme également le roi de ces provinces et a le pouvoir de les chasser quand ils sont jugés coupables d'insoumission : plusieurs monarques périssent dans le martyr, notamment en raison de leur foi chrétienne. Au XVIIe siècle, la dynastie de Moukhran accède au trône de Kartlie et une nouvelle période commence dans l'histoire de la Géorgie orientale. Les monarques de cette dynastie tentent de recréer un royaume unifié, finalement réalisé par le roi Vakhtang V : il réussit à placer un temps sur les trônes de Kakhétie et d'Iméréthie ses propres enfants, mais ils en sont chassés quelques années plus tard sous la pression des Turcs.

Le XVIIIe siècle est une période d'éphémère renaissance pour la Géorgie. À l'ouest, les monarques d'Iméréthie ont réussi à regagner leur pouvoir héréditaire, tandis que la culture géorgienne se développe à l'est du pays, culture composée de tradition locale et d'influence persane. L'imprimerie est importée au début du siècle. Les premières relations avec le nouvel Empire russe (également chrétien orthodoxe) se développent: elles se renforcent et irritent la Perse séfévide, qui n'hésite pas à détrôner la dynastie de Moukhran pour placer des princes de Kakhétie sur le trône de Kartlie. Cela contribue notamment à la formation d'un nouveau royaume géorgien unifié dans les années 1760 dans l'est du pays.

Entre annexion et indépendance[modifier | modifier le code]

Georges XII, le dernier roi de Géorgie de 1798 à 1800.

En 1762, la Géorgie orientale est unifiée sous le sceptre du roi Héraclius II, qui fonde le Royaume de Kartl-Kakhétie, dans l'espoir de reconquête de l'indépendance perdue vis-à-vis des Perses. En 1783, il signe à Gueorguievsk un traité de protection et de coopération militaire bilatérale avec l'Empire russe de Catherine II, qui se pose désormais en suzeraine de la Géorgie. Toutefois, ce traité n'empêche pas les Perses d'Agha Mohammad Shah de ravager le pays et de prendre la capitale, Tiflis, qui est complètement brûlée en 1795. Trois années plus tard, le roi Georges XII succède à son père et son court règne reconfirme le traité de Gueorguievsk ; à sa mort, en 1800, la Russie annexe le Royaume de Kartl-Kakhétie, qui devient une simple province de l'empire d'Alexandre Ier. La signature du Traité de Golestan (1828) fait perdre définitivement à l'Empire perse toutes les villes du territoire géorgien, y compris celles situées sur la côte de la mer Noire.

Catherine, la dernière princesse régnante de Mingrélie

Antérieurement au traité, l'Empire russe a déjà annexé l'émirat de Gandja en 1813 et le khanat d'Erevan en 1828, et sa conquête du Caucase se poursuit avec l'Iméréthie : après une courte guerre, le roi Salomon II est arrêté et extradé vers l'Empire ottoman. Toutes les principautés géorgiennes indépendantes, (Abkhazie, Svanétie, Moukhran…), sont peu à peu annexées. Le pouvoir tsariste de Saint-Pétersbourg crée alors la Vice-royauté du Caucase, subdivisée en gouvernat (dont celui de Géorgie-Iméréthie) avec pour capitale administrative Tiflis.

La période d'annexion russe est d'abord une période de combat et de rébellion, mais aussi de développement de la société et de la culture géorgienne. Les églises sont restaurées, des écoles sont créées et la littérature géorgienne accède à son apogée, notamment grâce aux écrivains Ilia Tchavtchavadzé et Akaki Tsereteli dont les œuvres sont aujourd'hui des références.

Durant le XIXe siècle, si la culture transcaucasienne se réoriente vers le christianisme orthodoxe (se séparant de la tradition persane qui a dominé le pays durant près de cinq siècles), le réveil des nationalités gagne la Géorgie comme les autres pays de l'Europe, les idées progressistes trouvent écho auprès des jeunes aristocrates géorgiens. Malgré l'émancipation des serfs appliquée en Géorgie en 1865, les révoltes paysannes se multiplient devant la difficulté de la vie. La mort controversée du prince Dimitri Kipiani en 1887 fait également éclater des manifestations antirusses.

Au début du XXe siècle, deux mouvements de pensée se partagent l'opposition au régime tsariste, le mouvement social-fédéraliste géorgien tenant d'une autonomie géorgienne au sein de l'entité russe (il donnera naissance en 1918 au parti national-démocrate résolument indépendantiste) et le mouvement social-démocrate géorgien, marxiste, pour qui la démocratisation géorgienne ne pourra s'effectuer qu'en concert avec la démocratisation russe (il donne naissance en 1904 à la tendance bolchevique, minoritaire dans le Caucase et partisane de la dictature du prolétariat et à la tendance menchevique, majoritaire dans le Caucase, et partisane d'un régime parlementaire).

Nicolas Tchkhéidzé, président des Assemblées parlementaires transcaucasiennes (1918) et géorgiennes (1918 à 1921)

La Fédération de Transcaucasie, la République démocratique de Géorgie[modifier | modifier le code]

En novembre 1917, après la Révolution russe d'octobre, les pays transcaucasiens refusent de reconnaître l'autorité du pouvoir bolchevique de Petrograd : la présidence du Haut commissariat à la Transcaucasie est confiée à Evguéni Guéguétchkori[13](ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe). Le 10 février 1918, une Assemblée parlementaire transcaucasienne, dite Sejm, présidée par Nicolas Tchkhéidzé[14](ancien président menchevique du Comité exécutif du Soviet de Petrograd, de février à octobre 1917) confirme Evguéni Guéguétchkori dans ses fonctions. Le 9 avril, la Sejm proclame l'indépendance de la République démocratique fédérative de Transcaucasie et confie la responsabilité de son exécutif à Akaki Tchenkéli[15] (Akaki Tchkhenkéli), ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe. La cohabitation des trois peuples sud-caucasiens -arménien, azerbaïdjanais et géorgien- se heurte aux sentiments nationalistes : à peine un mois plus tard, (le ), l'indépendance de la République démocratique de Géorgie est proclamée au nom de tous les partis par Noé Jordania[16] porte-parole du Conseil national géorgien (ancien président menchevique du Soviet de Tiflis et l'un des leaders du Parti ouvrier social-démocrate géorgien). Deux jours plus tard, l'Arménie et l'Azerbaïdjan proclament leur indépendance à leur tour.

Noe Jordania, proclame l'indépendance de la Géorgie le 26 mai 1918 : il sera président des 2e et 3e gouvernements.

Nicolas Tchkhéidzé devient président de l'Assemblée parlementaire provisoire de la République démocratique de Géorgie, Noé Ramichvili[17] premier président de gouvernement et Noé Jordania deviendra 2e et le 3e présidents de gouvernement. L’État géorgien peut renaître. En à peine trois années, une constitution moderne est créée, la reconstruction nationale est entreprise et de multiples réformes sont mises en œuvre afin d'acheminer la Géorgie vers la démocratie. La situation géopolitique de la Géorgie de l'époque, conflit potentiel avec la Turquie, lui font solliciter la protection des forces de la Triplice : les troupes allemandes débarquent à Batoumi, une des villes qui sera plus tard promise par le pouvoir bochevique à l'empire ottoman.

La fin de la Première Guerre mondiale change la situation : l'armée britannique prend le relais provisoirement de l'armée allemande. Entre 1918 et 1921, la Turquie, l'Arménie et à l'Azerbaïdjan entrent en conflit pour des questions frontalières, la Russie pour des questions plus existentielles. En mai 1920, le gouvernement bolchevique russe de Moscou signe un traité de paix avec le gouvernement social-démocrate géorgien de Tbilissi. En janvier 1921, les alliés de la Triple-Entente reconnaissent de jure la République démocratique de Géorgie. Malgré une coopération déclarée et une reconnaissance mutuelle de la part de la Russie soviétique, malgré la reconnaissance internationale, l'Armée rouge envahit le territoire géorgien en et met fin à la République démocratique de Géorgie en mars 1921. La classe politique et la classe militaire émigrent, pensant pouvoir reconquérir le pays de l'extérieur.

La République socialiste de Géorgie, la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie[modifier | modifier le code]

Joseph Staline, dirigeant soviétique d'origine géorgienne.

Après l'invasion soviétique, la République socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée. Il y eut alors un bras de fer entre les différentes factions de Moscou dirigées par Lénine et Staline, durant l'Affaire géorgienne des années 1920, qui mènera également à la perte de près d'un tiers des territoires géorgiens au profit de ses différents voisins. En , l'URSS est proclamée et la RSG devint une des trois républiques de la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, dissoute à son tour en 1936.

En 1927, Staline arriva à la tête de l'Union soviétique après avoir procédé à des éliminations politiques. À partir de cette époque, la destinée de la Géorgie changea. En effet, le dictateur soviétique était né sous le nom de Joseph Djoughachvili à Gori, en Géorgie et c'est notamment pour cette raison que le statut de la région changea considérablement. Dans les années 1930, après avoir supprimé toute opposition anticommuniste, le gouvernement de Moscou fit de la Géorgie un lieu de détente pour l'intelligentsia soviétique. Puis peu à peu, la contrée se développa et après la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs dirigeants du monde (dont Georges Pompidou, Fidel Castro…) visitèrent le pays. À la mort de Staline en 1953, son successeur Nikita Khrouchtchev entama une politique qui consistait à supprimer le culte de la personne de l'ancien chef d'État. Pour cette raison, plusieurs manifestations et révoltes éclatèrent à Tbilissi, et chacune d'entre elles fut brutalement arrêtée. Bientôt, une opposition se développa et à partir des années 1970, un sentiment nationaliste fort se développa en Géorgie. Lors de la tragédie du 9 avril 1989, une manifestation anti-soviétique fut violemment dispersée par l'armée[18], menant à la démission du gouvernement[19]. En 1990, finalement, la RSS de Géorgie fut dissoute et remplacée par le Conseil suprême.

Période post-soviétique[modifier | modifier le code]

Les deux drapeaux géorgiens : celui de l'État et celui de la religion chrétienne géorgienne, à l'entrée du monastère d'Alaverdi.

La Géorgie proclama son indépendance le et nomma comme chef d'État Zviad Gamsakhourdia. Or, quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, une opposition se développa contre son régime, jugé trop autoritaire. Entretemps, le gouvernement avait profité de cette situation pour supprimer l'autonomie de l'oblast d'Ossétie du Sud qui fut intégrée à la région de Mtskheta-Mtianétie. Cette action poussa les autochtones ossètes à se rebeller contre le gouvernement et des affrontements militaires firent des dizaines de morts jusqu'à la fin de l'année. Finalement, les troupes nationales perdirent le contrôle du conflit quand les séparatistes, soutenus par la Russie, proclamèrent leur indépendance le 28 novembre.

Edouard Chevardnadzé, chef d'État de la Géorgie de 1992 à 2003.

Plus tard dans l'année, les membres de l'opposition s'armèrent quand le commandant limogé de la Garde nationale Tenguiz Kitovani rejoignit le camp anti-Gamsakhourdia. À la fin du mois de , ils avaient commencé le siège du Parlement qui sera pris le , date du coup d'État qui amena l'exil du Président Gamsakhourdia chez ses voisins caucasiens. À ce moment, un Conseil d'État fut formé et l'ancien chef du parti communiste géorgien Édouard Chevardnadzé fut choisi pour chef du Conseil intérimaire. Celui-ci poursuivit la guerre en Ossétie du Sud et, au lieu d'atténuer les conflits séparatistes, envoya des troupes géorgiennes en Abkhazie pour réprimer les nationalistes qui viraient vers le sécessionnisme à leur tour. Mais Tbilissi se heurta à une opposition armée et soutenue logistiquement par la Russie. En un peu plus d'une année, la guerre fut achevée et les séparatistes, après avoir déclaré à leur tour leur indépendance, se livrèrent à un nettoyage ethnique des Géorgiens présents sur leur territoire. À la suite de cette défaite, Tbilissi tenta de se rapprocher politiquement de la Russie qui s'accorda à lui envoyer une aide militaire pour combattre les nouveaux opposants menés par Gamsakhourdia qui avait établi un gouvernement en-exil à Zougdidi. Cette ville fut par la suite prise par les autorités géorgiennes en novembre 1993 et un mois plus tard Zviad Gamsakhourdia fut retrouvé mort dans le village de Khiboula.

La défaite du nouveau gouvernement géorgien face aux séparatistes fit monter leur impopularité chez le peuple dont une partie continua à se battre en l'honneur de Gamsakhourdia. En 1995, de nouvelles élections furent organisées et, à la suite de celles-ci, le Conseil d'État fut dissous et Édouard Chevardnadzé devint président de la République. Sa présidence fut notamment caractérisée par une longue crise économique qui attisa l'ire de plusieurs membres du gouvernement soutenus par les capitalistes occidentaux contre lui. En 2000, il fut réélu à la présidence de la République mais ne put empêcher plusieurs partis d'opposition de se former. Par une dernière tentative, il essaya d'orienter sa politique en direction de l'Occident, notamment en concluant une alliance militaire avec les États-Unis, mais en novembre 2003 le peuple se révolta et mena la Révolution des Roses qui aboutit à la destitution de Chevardnadzé. Un gouvernement intérimaire fut alors constitué et en janvier 2004, Mikheil Saakachvili fut élu à la présidence.

XXIesiècle[modifier | modifier le code]

Mikheil Saakachvili Président de 2004 à 2013.
Symbole de la demande d'intégration dans l'OTAN affiché avenue Roustaveli, à Tbilissi, devant le Parlement.

Ce dernier entame une ouverture économique et conclut des alliances afin de redresser la situation financière. Il met en œuvre une politique pro-occidentale, considérant que la menace russe est forte, et demande adhésion à l’OTAN. Il parvient à reprendre le contrôle de la région d’Adjarie, en poussant son président Aslan Abachidze à l’exil en Russie. Il parvient à faire évacuer les bases militaires russes d’Akhalkalaki, de Batoumi et de Tbilissi. La situation des régions sécessionnistes, Abkhazie et Ossétie du Sud, reste inchangée, les déclarations unilatérales d’indépendance ne sont pas reconnues sur le plan international. Les échecs des tentatives de réunification du pays entraînent de nombreuses manifestations en novembre 2007: Mikheil Saakachvili démissionne un mois plus tard pour participer à l'élection présidentielle anticipée du , qu’il remporte avec un score inférieur à celui de janvier 2004.

À partir de cette date, les affrontements militaires entre les séparatistes abkhazes et sud-ossètes et les forces géorgiennes se multiplient. Dans la perspective de rétablir le contrôle sur les deux régions, Mikheil Saakachvili décide le d’un assaut sur Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, visant les points stratégiques défendus par un bataillon russe. Six régiments, deux bataillons et des forces spéciales de la Fédération de Russie, massés au Nord Caucase pour des exercices, franchissent le tunnel de Roki et répliquent le 9 août -avec l’appui de forces aériennes : l’armée géorgienne est neutralisée et se replie sur Tbilissi, une partie du territoire géorgien est occupée à partir de l'Abkhazie (où d’autres forces russes ont débarqué) et de l'Ossétie du Sud[20]. Cette deuxième guerre d'Ossétie du Sud s'achève deux semaines plus tard, mais reste un sujet de forte tension: Moscou reconnaît fin août 2008 l’indépendance des deux régions sécessionnistes qui procèdent à des agrandissements de territoire. Elles sont également reconnues par le Nicaragua un mois plus tard, le Venezuela et Nauru un an plus tard, Tuvalu trois ans plus tard[21].

Le , le Parlement géorgien déclare l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud « territoires sous occupation russe ». Le , la Géorgie rompt toute relation diplomatique avec la Fédération de Russie; le gouvernement suisse accepte de représenter les intérêts de la Géorgie à Moscou via une section particulière[22]. La frontière russo-géorgienne est fermée, un seul point sera rouvert en mars 2010, celui de Kazbegi-Zemo Larsi, sur la Route militaire géorgienne[23]. Le nombre de réfugiés intérieurs, évalué lors des conflits des années 1990 entre 200 et 300 000, est cette fois estimé entre 20 et 30 000.

Bidzina Ivanichvili, Premier ministre de 2012 à 2013.

L’échec de cette tentative de reconquête, la dégradation de l’économie (due à la crise mondiale mais aussi à la situation nationale) et les entraves à la liberté d’expression (réelles ou supposées) conduisent l’opinion publique à se tourner vers l’opposition. Le , durant la campagne des élections législatives, une vidéo rend publics les mauvais traitements infligés dans les prisons. Le le scrutin donne la majorité aux opposants coalisés dans un mouvement intitulé le Rêve géorgien et conduit par le milliardaire Bidzina Ivanishvili; ce dernier devient Premier ministre avec des pouvoirs accrus comme le prévoient les amendements à la Constitution votés antérieurement : il assure une alternance pacifique (bien que beaucoup d'anciens ministres soient poursuivis, et parfois emprisonnés par une justice loin d'être indépendante) et prépare une nouvelle gouvernance du pays par la mise en place de nouvelles équipes: comme annoncé, il quittera ses fonctions officielles après une année d'exercice. Le le Parlement de Géorgie avait déménagé de Tbilissi à Koutaïssi, la deuxième ville du pays, et la nouvelle majorité s’y installe. Le Guiorgui Margvelachvili, candidat du Rêve géorgien, remporte l'élection présidentielle, battant le candidat du Mouvement national uni, David Bakradze,soutenu par Mikheil Saakachvili.

Irakli Garibachvili devient Premier ministre et engage une politique étrangère en continuité avec celle des gouvernements précédents (intégration euro-atlantique notamment) mais évitant toute agressivité vis-à-vis de la Fédération de Russie, et une politique économique moins libérale mais qui ne permet pas d’enrayer le chômage et l’émigration : la Turquie et l'Azerbaïdjan consolident leurs positions de premiers partenaires du pays. Le , la Géorgie signe un accord d'association avec l'Union européenne: cet accord prévoit la mise en place d'une zone de libre-échange[24], mais retarde la libéralisation des visas. En novembre 2015, face aux attentats terroristes de Paris, la Géorgie exprime sa solidarité avec la France, plus particulièrement son Premier ministre, francophone et ayant étudié à la Sorbonne. Démissionnaire en décembre suivant, Garibachvili est remplacé par Guiorgui Kvirikachvili.

La Géorgie était devenue en novembre 2004 au sommet de Ouagadougou pays observateur au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, elle est devenue en juillet 2014 observateur associé de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) lors du sommet de Dili[25].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Géorgie.

La Géorgie est située sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie, dans la région du Caucase. Son territoire étant majoritairement au sud du Grand Caucase, elle est généralement considérée comme faisant partie culturellement et historiquement de l'Europe.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Svanétie, une province historique dans le nord-ouest du pays

La Géorgie est un pays montagneux et subtropical d'une superficie de 69 700 km2 (avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud). Le pays a des frontières communes terrestres avec quatre pays : la Russie au nord (723 km), l'Azerbaïdjan à l'est (322 km), l'Arménie au sud (164 km) et la Turquie au sud-ouest (252 km). À l'ouest, le pays est bordé par la mer Noire. Aujourd'hui, la Géorgie est en conflit au nord avec les indépendantistes dans les provinces d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, tandis qu'au sud-est, le gouvernement azerbaïdjanais réclame l'intégration à son territoire du complexe monastique de David Gardja depuis la chute de l'Union soviétique en 1991.

La Géorgie est un des trois pays de la Transcaucasie, subdivision régionale du Caucase, avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Le pays est principalement montagneux, mais certaines contrées du pays sont dominées par d'autres paysages, tels que le Plateau de Djavakhétie, à la frontière arménienne. Au nord, par contre, la frontière russe est une véritable frontière naturelle composée d'une grande chaîne de montagnes, le Grand Caucase, par opposition au Petit Caucase, qui occupe la partie sud du pays. Les troisième et quatrième plus hauts sommets du Caucase avec le mont Chkhara (5 058 m) et le Kazbek (5 047 m) se trouvent en Géorgie.

Carte topographique de la Géorgie

Le gouffre de Krubera-Voronja, situé en Abkhazie, est le gouffre naturel le plus profond connu du monde. Il dépasse les 2000 mètres de profondeur.

Les villes, les villages et les communautés rurales sont généralement construites en hauteur, sauf quand elles sont situées au bord de la mer Noire, comme Sokhoumi, Poti et Batoumi. Ainsi, la capitale Tbilissi est située à une altitude moyenne de 572 mètres, tandis que certains villages sont situés dans les montagnes les plus hautes du Caucase, rendant difficile leur accès et conduisant à une autarcie et une culture différente de celle du reste du pays, héritière des temps anciens et des croyances païennes de l'Antiquité. D'un certain côté, cette situation était très profitable aux habitants du pays : en effet, la Géorgie ayant été une terre de pillages, de ravages et d'invasions durant toute son histoire, ceux qui habitaient dans ces montagnes étaient épargnés, d'où la conservation de certains édifices religieux datant du Haut-Moyen Âge.

Batoumi et la côte de la mer Noire dans le sud-ouest du pays

La Géorgie est traversée par de nombreux fleuves et cours d'eau. Le principal est le Mtkvari (ou Koura) qui a un cours de 1 515 km et qui prend sa source au nord-est de la Turquie, avant de traverser la capitale géorgienne Tbilissi et se jeter dans la mer Caspienne, en Azerbaïdjan. Il y a également d'autres rivières importantes telles l'Alazani et le Rioni. Toutefois, aucune d'elles n'est navigable. Depuis les années 1990 elles sont équipées d'usines hydroélectriques.

Le climat de la Géorgie est subtropical à l'ouest et méditerranéen à l'est. La chaîne du Grand Caucase modère ses variations en servant de barrière contre l'air froid venant du nord. L'air chaud et humide de la mer Noire se déplace facilement dans les plaines côtières de l'ouest. Le climat varie en fonction de la distance à la mer Noire et de l'altitude. Le long de la côte de la mer Noire, de l'Abkhazie à la frontière turque, et dans la région dite Kolkhida (basses terres intérieures de la côte), les caractéristiques dominantes du climat subtropical sont une humidité élevée et de fortes précipitations (1 000 à 2 000 mm par an, le port de la mer Noire Batumi reçoit 2 500 mm par an). Plusieurs variétés de palmiers poussent dans ces régions, où la température moyenne passe de 5 °C en hiver à 22 °C en été. Les plaines de l'est de la Géorgie sont abritées des influences de la mer Noire par les montagnes qui offrent un climat plus continental. La température en été est en moyenne de 20 à 24 °C, les températures hivernales de 2 à 4 °C. L'humidité est plus faible, et la pluviométrie moyenne 500 à 800 mm par an. Un climat alpin est présent dans les montagnes de l'est et de l'ouest, entre 2 100 et 3 600 m, ainsi qu'une région semi-aride sur le plateau Iori dans le sud-est. À haute altitude, les précipitations sont parfois deux fois plus importantes que dans les plaines orientales et de la neige et de la glace sont présentes toute l'année.

Les tremblements de terre et des glissements de terrain dans les zones montagneuses sont une menace importante pour la vie et les biens. L'une des plus anciennes traces historique d'activité sismique en Géorgie date de 1088, quand un tremblement de terre détruisit villes et forteresses sous le règne de Georges II ; cela servira, entre autres choses, de prétexte à sa destitution l'année suivante. Plus récemment, on peut citer le tremblement de terre de Gori de 1920 ou bien les glissements de terrain en Adjarie en 1989 qui ont déplacé des milliers de personnes dans le sud-ouest de la Géorgie. En 1991, deux tremblements de terre ont détruit plusieurs villages dans le centre-nord de la Géorgie et en Ossétie du Sud.

Environnement, faune et flore[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Biodiversité du Caucase.

La Géorgie abritait autrefois une population de loups, d'ours bruns et de lynx particulièrement importante. Aujourd'hui, celle-ci a fortement diminué mais certaines espèces restent encore bien présentes sur le territoire. Écureuils, cerfs et renards cohabitent dans les forêts mixtes de feuillus. Chamois, bouquetins et mouflons peuplent le haut des alpages, tandis qu'un peu partout, vit une faune ornithologique particulièrement riche. On peut également, entre autres espèces, observer le faucon pèlerin, le vautour fauve, le busard mais aussi le vautour noir d'Eurasie ou l'aigle royal. Le littoral accueille quant à lui des colonies de pélicans et de cigognes. Par ailleurs, le célèbre faisan de Colchide a été nommé en raison de sa découverte dans l'ouest du pays.

Faisan de Colchide (Phasianus colchicus)

La Géorgie compte de nombreux parcs et réserves naturels abritant des espèces végétales d'une grande diversité. Parmi eux, Borjomi (la réserve de l'Est), le parc national Kharagaouli, ou le site protégé d'Eroutchétie. Le climat et le relief étant différents d'une région à l'autre, la flore s'est adaptée et varie en fonction du milieu. C'est pourquoi on peut apercevoir, aussi bien des forêts de feuillus composées de châtaigners, de chênes, de hêtres et d'érables, que des forêts mixtes et de conifères, en altitude. Sur le littoral de la mer Noire, on a l'occasion de voir essentiellement des plantes exotiques. La Géorgie est également la terre de plus de 6 330 variétés de champignons. Officiellement, la flore géorgienne comprend entre 4 200 et 4 500 espèces vasculaires, 675 types de mousses, 738 lichens et 1 763 algues.

Malgré cette richesse sauvage, le domaine environnemental au sein de la société géorgienne n'est toutefois pas bien développé. À partir des années 1980, la pollution de la mer Noire a grandement nui à l'industrie touristique en Géorgie. Cette pollution est due en majorité au traitement insuffisant des eaux usées. À Batoumi, par exemple, 18 % des eaux usées sont traitées avant d'être rejetées dans la mer. On estime que 70 % de la surface de l'eau contient des bactéries nocives pour la santé auxquels le taux élevé des maladies intestinales est attribué. La guerre en Abkhazie du début des années 1990 a fait d'importants dégâts à l'habitat écologique propre à cette région. À d'autres égards, les experts ont considéré les problèmes d'environnement de la Géorgie moins graves que ceux des anciennes républiques soviétiques plus industrialisées. Résoudre les problèmes de la Géorgie en matière d'environnement n'était pas une priorité du gouvernement national de l'époque post-soviétique. Cependant, en 1993 le ministre de la Protection de l'environnement a démissionné pour protester contre cette inactivité. En janvier 1994, le Conseil des Ministres a annoncé un nouveau système de surveillance de l'environnement. Ce système inter-ministériel permet de centraliser des programmes distincts sous la direction du ministère de la Protection de l'environnement. Le système comprendrait un centre de l'environnement et de l'information et une agence de la recherche. Le petit contingent du Parti vert a poussé le Parlement à aborder ces questions.

Géographie administrative et division territoriale[modifier | modifier le code]

La Géorgie est subdivisée en neuf régions, nommées mkhare (მხარე), deux républiques autonomes (ავტონომიური რესპუბლიკა) et une Ville (k'alak'i) :

  1. République autonome d'Abkhazie
  2. Mingrélie et Haute-Svanétie
  3. Gourie
  4. République autonome d'Adjarie
  5. Racha-Lechkhumi et Kvemo Svaneti
  6. Iméréthie
  1. Samtskhe-Djavakheti
  2. Shida Kartli
  3. Mtskheta-Mtianeti
  4. Kvemo Kartli
  5. Kakhétie
  6. Ville de Tbilissi
Regions of Georgia (country).svg

Le statut administratif actuel de la République de Géorgie est issu de la série des décrets gouvernementaux des années 1994-1996, faits dans un cadre temporaire, en attendant la résolution définitive des conflits avec les indépendantistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Jusque-là, la Géorgie avait hérité de la division organisée au temps du Conseil suprême de la Géorgie de Zviad Gamsakhourdia (1990-1991) qui avait fait débuter le conflit osséto-géorgien en annulant le statut de l'Oblast autonome d'Ossétie du Sud le . Par ailleurs, depuis que Mikheil Saakachvili est arrivé au pouvoir en 2004, de nouvelles tentatives de négociations ont été enclenchées. L'une des propositions de Tbilissi est actuellement de fournir un statut de république autonome à l'Ossétie du Sud, au sein d'une « Fédération de Géorgie ». Un processus pour la création d'une telle entité est mis en route le et une entité provisoire d'Ossétie du Sud prônant pour un tel statut entretient un « gouvernement alternatif » de la région depuis avril 2007.

Les relations avec les autres régions autonomes ont également été très tendues. Avec la guerre civile géorgienne du début des années 1990, l'Adjarie décida de fermer ses frontières de facto avec la Géorgie et devint dans les faits une région indépendante, dirigée par un musulman, Aslan Abachidzé. La situation perdure jusqu'à la Révolution des Roses et le bras de fer politique atteint son paroxysme en mai 2004, quand les derniers ponts reliant l'Adjarie à la Géorgie furent détruits. Finalement, à la suite de manifestations de masse à Batoumi, Abachidzé dut quitter la Géorgie et se réfugier à Moscou, d'où il fut condamné à 15 ans de prison in absentia.

L'Abkhazie, quant à elle, est dirigée par des indépendantistes depuis la prise de Sokhoumi le , qui fut suivie par un nettoyage ethnique des Géorgiens de la région, qui représentaient pourtant la majorité de la population abkhaze depuis le XIXe siècle[26]. Jusqu'à la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud, le gouvernement de Tbilissi contrôlait toujours la vallée de Kodori, renommée la Haute-Abkhazie. Toutefois, à la suite de la bataille de la Vallée de Kodori (9 août - ), les séparatistes abkhazes aidés par les Russes finirent par reprendre possession de la région.

Plus récemment, des problèmes réapparaissent en Samtskhe-Djavakheti, dont la majorité ethnique des Arméniens demande une autonomie vis-à-vis de Tbilissi, accusant le gouvernement géorgien de vouloir « géorgianiser » la région. Cela entraîna notamment un refroidissement des relations avec l'Arménie où il y eut plusieurs manifestations pour une autonomie des Arméniens de Géorgie depuis le début de l'année 2009.

Population, démographie et culture[modifier | modifier le code]

Démographie dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Géorgie.
Évolution démographique

La population de la Géorgie varia sans cesse avec le cours de l'histoire du pays, en fonction des frontières instables et généralement non-naturelles de la nation. Au Moyen Âge, le peuple géorgien dut probablement acquérir un pic relatif durant la période appelée Âge d'Or (XIIe-XIIIe siècles), mais les nombreuses invasions des Mongols, des Turcs, des Perses et les ravages causés par les raids des tribus caucasiennes des Ossètes et des Daghestanais causèrent une baisse de la population nationale durant toute la période comprise entre le XIIIe et le XIXe siècle. Le roi Héraclius II (1762-1798) dut même encourager la fondation de colonies grecques et arméniennes dans son royaume pour tenter de redresser la situation économique désastreuse causée par la double guerre contre les Ottomans et les Perses Afsharides.

Quand la Géorgie fut annexée par la Russie impériale au début du XIXe siècle avec le reste du Caucase, de nombreux colons russes et étrangers vinrent s'installer dans la région et la fin des raids des Caucasiens au milieu du siècle garantit une stabilisation de la population qui commença petit à petit à s'augmenter. Finalement, en 1919, lors de l'indépendance de la République démocratique de Géorgie, la population s'élevait à 2 500 000 habitants, dont les Abkhazes et les Ossètes qui demandaient déjà leur autonomie, aidés par les Bolcheviks. Durant la période soviétique, le nombre d'habitants au sein de la République socialiste soviétique de Géorgie ne cessait de monter et une forte « géorgianisation » (ou plutôt « soviétisation ») chez certaines minorités ethniques du pays fut opérée par les autorités communistes de Tbilissi. Ainsi, durant toute la période socialiste (et peut-être avant), les Abkhazes étaient largement minoritaires dans leur propre Abkhazie, ne représentant que 30 % de la région en 1926, 15 % en 1959 et 17,8 % en 1989. Dans un cadre plus large, la population ethniquement géorgienne augmenta considérablement au niveau national, composant plus de 73 % de la population à la chute de l'Union soviétique (chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis).

Toutefois, la guerre civile, les nettoyages ethniques faits par les Abkhazes, et les nombreux conflits internes des années 1990 firent baisser la population du pays considérablement. C'est ainsi que du pic national de 5,5 millions d'habitants en 1992, le pays passe à 4,5 millions en 2002, les départs provenant à 90 % des minorités. Mais la Révolution des Roses apporta une certaine amélioration dans le domaine de la démographie de la Géorgie. En 2008, la population était de 4 630 841 habitants, avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. En 2015, selon le recensement géorgien de 2014, la population est encore en baisse, s'établissant à 3,73 millions, hors républiques séparatistes.

Réfugiés politiques, émigrants économiques et diaspora[modifier | modifier le code]

La diaspora géorgienne est l'ensemble des communautés de Géorgiens vivant à l'étranger. Pour la plupart de ces communautés, une longue histoire est liée à leur fondation. D'après les récents recensement, la population géorgienne à l'étranger s'élevait à 3 937 200 personnes. Avec pas moins de 1 500 000 Géorgiens, la Turquie est aujourd'hui le pays qui possède la plus grande communauté géorgienne du monde. Presque la moitié de ces Géorgiens viennent d'Adjarie et durent se réfugier en Turquie en trois grandes vagues : 1829 (annexion de plusieurs territoires géorgiens par l'empire ottoman), 1878 (fin de la guerre russo-turque) et 1921 (fin des prétentions de la Turquie sur l'Adjarie et arrivée de la plupart des musulmans du sud-ouest géorgien dans le pays). Pour cette raison, la Turquie et la Géorgie ont toujours essayé d'entretenir des relations amicales depuis la fin de l'Union soviétique.

Alexandre Bagration-Imeretinski

Il existe aussi d'importantes communautés en Russie et en Iran, où se trouvent 1 000 000 de Géorgiens dans chacun des deux pays. Mais alors que les Géorgiens d'Iran furent déportés de force par milliers au XVIIIe siècle lors des invasions du Shah Abbas Ier de Perse, ceux de Russie ont plutôt des origines politiques. Les premiers Géorgiens à arriver en Russie datent probablement de l'exil du roi Artchil Ier d'Iméréthie. Le fils de ce dernier, Alexandre Bagration-Imeretinski (1674-1711) fonda par ailleurs une communauté géorgienne à Vsesviatskoï, avant de créer le premier centre d'imprimerie géorgienne de l'histoire, à Moscou. Une seconde vague arriva à Moscou avec le roi Vakhtang VI, quand celui-ci fut détrôné par les Perses en 1724. Il apporta avec lui plusieurs grands nobles qui fondèrent de nouvelles familles géorgiennes russifiées (Eristoff, Davidov, Yachvili…). Les Géorgiens d'Israël ont eux aussi une ancienne histoire. Ils seraient probablement arrivés en Terre sainte lors de la célèbre Âge d'Or de la Géorgie (1156-1242), quand les souverains chrétiens du Caucase parrainaient la fondation de monastères dans les terres des Croisades. D'un autre côté, les nombreux Juifs de Géorgie ont également leur histoire et d'après certaines légendes, les premiers Israélites qui arrivèrent dans le Caucase datent de la prise de Jérusalem par le roi babylonien Nabuchodonosor II en -586.

Les émigrations vers l'Europe sont contemporaines, singulièrement vers la France même si les Royaumes de Géorgie envoyèrent à François Ier et à Louis XIV des émissaires afin d'obtenir le soutien d'une nation chrétienne face à la pression musulmane. Après une première vague de fils de famille, d'artistes et d'hommes politiques qui fuient l'Empire russe tsariste au début du XXe siècle, une deuxième vague rejoint l'Europe (France, Pologne, Allemagne, Suisse...) à la suite de l'invasion du territoire géorgien par les armées de la Russie soviétique ; les présidents et vice-présidents du Parlement (Nicolas Tchéidzé, Ekvtimé Takhaichvili et Samson Pirtskhalava), le président du gouvernement Noé Jordania et ses ministres, ainsi que l'essentiel de la classe politique s'installent en exil à Leuville-sur-Orge[27] en Seine-et-Oise; les militaires s'installent plutôt en Pologne afin d'intégrer l'armée du général Pilsudski en lutte contre les bolcheviks. L'insurrection nationale de 1924, et son échec, déclenchent une troisième vague d'exil, composée de jeunes insurgés civils et de jeunes militaires ; au total 1200 réfugiés géorgiens sont recensés par la Préfecture de Police de Paris à la fin des années 1920. La Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris est fondée en 1929 et rattachée au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Une quatrième vague d'émigrés arrive en Europe occidentale avec la Seconde Guerre mondiale : enrôlés dans l'Armée rouge, faits prisonniers par la Wehrmacht, placés dans les camps allemands, contraints au travail forcé civil ou à l'engagement militaire pour survivre, certains Géorgiens parviennent à émigrer malgré les accords entre Staline et Roosevelt qui les destinaient à un retour en URSS. S'ensuivent, durant les années 1980 l'émigration de dissidents géorgiens opposés au régime soviétique et autorisés à quitter l'URSS sous la pression internationale, durant les années 1990 celle d'opposants politiques à Edouard Chevardnadze, et durant les années 2000 celle de migrants économiques. À la fin 2013, l'ensemble des communautés géorgiennes en France est évalué à près de 10 000 personnes en situation régulière (diplomates, professionnels, étudiants, réfugiés sous protection de l'OFPRA) par le Consulat de Géorgie à Paris. Ces différentes émigrations apportèrent à la France des diplomates, comme Claude de Kémoularia ou Salomé Zourabichvili, des militaires comme Dimitri Amilakvari, des artistes comme Vera Pagava, Maria Meriko ou Ethery Pagava, des écrivains comme Hélène Carrère d'Encausse, des professeurs d'université comme Georges Charachidzé, des hauts fonctionnaires comme Roland Assathiany, des journalistes comme Guy Kédia, des championnes de France comme Nino Maisuradze pour les échecs ou Victoria Ravva pour le volley-ball, de nombreux joueurs de rugby dont le plus célèbre est Dimitri Yachvili.

Un bilan comparatif pourrait être établi pour l'Amérique du Nord : il serait numériquement bien plus important. Certains Géorgiens seraient déjà arrivés en Amérique du Nord dans les années 1880 (une troupe de cavaliers caucasiens accompagnaient Buffalo Bill avant de gagner leur propre nom en organisant des spectacles devant la reine Victoria du Royaume-Uni et le Président Théodore Roosevelt). Durant les années 1980, 1990 et 2000, les États-Unis et le Canada ont accueilli eux aussi dissidents géorgiens, membres de la communauté juive de Géorgie, réfugiés à la suite de la guerre civile géorgienne, opposants politiques et immigrés économiques.

Il existe également d'autres communautés en Asie et en Amérique. Ainsi, le Brésil, l'Azerbaïdjan, le Japon, Singapour, le Canada, l'Argentine et le Mexique ont tous des populations s'élevant à plus de 1 000 Géorgiens, tandis que certaines minces communautés se trouvent en Grande-Bretagne et aux Philippines, communautés issus de marchands du XVIIIe siècle.

La Géorgie, entre nationalisme et séparatisme[modifier | modifier le code]

L'identité nationale géorgienne a été la principale philosophie du peuple géorgien depuis que la nation existe. Toutefois, malgré une culture nationale unique, la Géorgie est une mosaïque de groupes ethniques, dont les Géorgiens ne sont qu'une partie. Depuis longtemps, les Grecs, les Arméniens, les Perses, les Turcs ou bien les Abkhazes et les Ossètes ont cohabité avec la principale ethnie de la Géorgie pour contribuer à la fondation de la nation géorgienne. Chaque région du pays reflète cet environnement social complexe. Ainsi, Jean Chardin, un voyageur français de la fin du XVIIe siècle qui visita le Caucase durant ses voyages en Perse, parla ainsi de Tiflis :

« Les Géorgiens ont de la civilité et de l'humanité, et de plus ils sont graves et modérés… Chacun peut en Géorgie, vivre dans sa religion et dans ses coutumes, en discourir et la défendre. On y voit des Arméniens, des Grecs, des Juifs, des Turcs, des Persans, des Indiens, des Tartares, des Moscovites et des Européens[28]. »

Toutefois, un véritable nationalisme géorgien naquit alors que la Russie (et le reste de l'Europe) découvrait le socialisme. Dès les années 1840, quand la Géorgie était englobée dans l'orbe impériale russe, de nombreuses révoltes du peuple géorgien contre la Russie impériale, qui empêchaient les rêves des peuples caucasiens (dont la fondation d'universités) de se réaliser, se produisirent et quand la révolution russe arriva en 1917, la Transcaucasie en profita pour déclarer son indépendance. Toutefois, le chauvinisme des militants nationalistes géorgiens ne permit pas l'existence de la jeune fédération transcaucasienne et la Géorgie devint à son tour indépendante. Ce nationalisme fut à nouveau supprimé par les autorités soviétiques quand l'Armée rouge envahit le pays en 1921, avant de l'intégrer dans la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie.

Quand cette union fut dissoute en 1936, la Géorgie recouvrait son unité au sein d'une plus grande fédération (l'URSS) et les pouvoirs centraux de Tbilissi décidèrent d'organiser une politique de « géorgianisation » vis-à-vis des minorités ethniques nationales, notamment les Abkhazes sous Lavrenti Beria. Cela contribua également au développement d'une mentalité patriotique à la Géorgie et avec la perestroïka de Gorbatchev, les choses ne firent qu'empirer. En 1990, un ancien dissident soviétique, Zviad Gamsakhourdia, accéda à la présidence de la RSS géorgienne, le premier à être élu à un tel poste dans toute l'URSS sans avoir été nommé par le Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique. Celui-ci déclara l'indépendance du pays et vira bientôt à un ultra-nationalisme extrémiste et fasciste qui donna aux minorités un sentiment de détresse. Pour cette raison, les ethnies abkhazes et ossètes entrèrent en sécession et les musulmans et les Arméniens commencèrent à se sentir en danger, suivis par les Grecs. De nos jours, le président Saakachvili tenta en vain d'organiser une politique de « réconciliation nationale », mais seuls les Adjares musulmans revinrent dans le giron de Tbilissi, alors que les Grecs et les Arméniens commencèrent petit à petit à rentrer dans leur patrie d'origine.

Division ethnique du Caucase

Voici le tableau des principales minorités ethniques de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud non-comprises :

Division ethnique de la Géorgie
Minorité ethnique Population en Géorgie Pourcentage total Remarques
Géorgiens 4 630 850 83,8 % Comprend: des Mingrèles, des Svanes, des Lazes et des Adjares
Azéris 284 761 6,5 % Principalement au sud-est du pays
Arméniens 250 000 5,7 % Majoritaire en Djavakhétie (sud de la Géorgie)
Russes 67 671 1,5 %
Ossètes 38 028 0,8 %
Grecs 15 166 0,3 %
Tchétchènes 8 000 0,17 % La plupart de ceux-ci vivent dans le nord de la Kakhétie depuis le XIXe siècle
Tatares 4 000 0,085 %
Abkhazes 3 527 0,075 %
Assyriens 3 000 0,06 %
Turcs 1 200 0,025 %
Autres 4 000 0,085 % Comprend: des Chinois, des Kabardes, des Kurdes et des Ukrainiens

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Géorgie.

La langue officielle de la Géorgie est le géorgien.

Le russe se trouve présent en raison de l'appartenance de la Géorgie à l'URSS jusqu'en 1991. Il fut obligatoire de l'école primaire au lycée durant la période soviétique ; 50 % de la population du pays sait parler le russe, souvent les générations les plus anciennes. Les rivalités entre les deux pays empêchent cependant d'obtenir des estimations fiables.

Le pays s'étant tourné vers l'Europe, les jeunes générations ont opté pour l'anglais : son enseignement a fait l'objet d'un plan national et il est devenu la première langue étrangère, ouvrant des emplois auprès des institutions et des entreprises étrangères présentes sur le territoire géorgien, et facilitant l'émigration.

Les communautés arméniennes et azéries, moins de 5% de la population, pratiquent leurs langues. Les communautés grecques et juives se sont très considérablement réduites : le grec et l'hébreu ont disparu. La langue allemande est pratiquée par un très petit nombre de Géorgiens.

La langue française -devenue une langue culturelle- compterait 18 000 locuteurs sur le territoire géorgien selon l'Organisation internationale de la francophonie, institution que la Géorgie a rejoint en 2004 avec le statut de pays observateur.

Article détaillé : Francophonie en Géorgie.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Géorgie.

Anciennes croyances et mythologie[modifier | modifier le code]

Les croyances païennes occupaient la vie spirituelle des Géorgiens durant la majeure partie de l'Antiquité.

La première entité religieuse géorgienne (Ibérie) date du IIIe siècle av. J.-C., quand le roi Pharnabaze Ier -dans la vague de réformes engagées durant un règne de 60 ans- imposa un unique Panthéon à son peuple.

De grands bouleversements se produisirent au IVe siècle de notre ère. À l'époque, le roi Mirian III d'Ibérie se convertit au christianisme et abandonna les divinités païennes. Le peuple fut plus réservé : des éléments polythéistes de coutume furent introduits dans la religion chrétienne pour encourager à la conversion. Ainsi, Armazi disparut mais laissa place à Saint Georges de Lydda, saint protecteur de la Géorgie depuis le Moyen Âge (célébration encore accompagnée de sacrifices d'animaux dans certaines régions montagneuses du pays).

Christianisme[modifier | modifier le code]

Le christianisme est la principale religion de la Géorgie depuis des siècles : aujourd'hui, 88,6 % de la population géorgienne est chrétienne. La nation géorgienne est considérée comme la troisième à avoir adopté cette religion comme religion d'État, les deux premières étant l'Arménie et l'Éthiopie. Les chrétiens furent souvent persécutés par les différentes autorités dominatrices du Caucase. Durant les premiers siècles les Sassanides imposaient déjà les règles du zoroastrisme en Ibérie, persécutant ceux qui refusaient de se soumettre. Durant le Haut Moyen Âge, les Arabes firent de nombreux martyrs parmi la population et la noblesse du pays. Du XVIe au XVIIIe siècle, les Turcs et les Perses firent de même. Plus récemment, les Soviétiques ordonnèrent la fermeture de 1 500 églises pour les seules années 1920.

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

Cathédrale Samebà de Tbilissi, siège du patriarcat depuis 2006

83,9 % de la population relèvent de l'Église de Géorgie, apostolique puisque fondée par l'apôtre André, autocéphale puisqu'indépendante depuis 486 et orthodoxe puisque séparée de l'Église catholique romaine depuis le schisme de 1054. De son vrai nom Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie, elle est dirigée depuis le par le Catholicos-Patriarche Ilia II, Archevêque de Mtskheta et de Tbilissi.

Depuis sa fondation, l'Église orthodoxe de Géorgie joue un rôle prépondérant dans l'histoire de la nation géorgienne, sur trois plans:

  • le spirituel: elle constitue l'une des plus anciennes Églises chrétiennes, restée en proximité de la foi des premiers siècles et ayant accompagné ses fidèles lors du traumatisme post-soviétique;
  • le culturel: elle a sauvé la langue kartvélienne par l'écriture de ses moines dispersés au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale, alors que les invasions ravageaient le pays;
  • le politique: elle a contribué à l'unification face aux velléités d'éclatement des pouvoirs féodaux d'une part et face aux tentatives d'annexion des puissances voisines d'autre part.

La Constitution géorgienne, adoptée en août 1995, lui définit ce rôle particulier et garantit son indépendance. Un concordat signé en 2002, entre le président Edouard Chevardnadze et le Patriarche Ilia II, officialise les relations entre l'État et l'Église. Depuis la Révolution des roses, son influence sur les gouvernements successifs n'a pas diminué. Au-delà du pouvoir spirituel, elle exerce un pouvoir temporel dont le financement est souvent considéré comme peu transparent[29].

Il existe par ailleurs des fidèles de l'Église orthodoxe russe sur le territoire géorgien.

Orthodoxie sur les territoires séparatistes[modifier | modifier le code]

Dans les provinces séparatistes de Géorgie, les populations sont également à majorité chrétienne. Toutefois, des entités religieuses « dissidentes » occupent les sièges spirituels des républiques autoproclamées. Ainsi, existent une Éparchie d'Abkhazie, non-reconnue par Constantinople, de même qu'une Éparchie d'Alanie, dépendante de l'Église orthodoxe de Grèce - Saint-Synode en résistance, en Ossétie du Sud.

Église arménienne[modifier | modifier le code]

Ses fidèles représentent 3,9 % de la population du territoire géorgien.

Catholicisme romain[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine du Caucase, regroupant les paroisses d'Arménie et de Géorgie, compte 35 000 fidèles. Depuis 2007, les Sœurs françaises de Sainte-Nino, appartenant à la congrégation de Sainte-Chrétienne, se sont installées à Akhaltsikhé[30]. Les catholiques romains représentent 0,8 % de la population, principalement situés dans le sud du pays.

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Il existe également de petites communautés protestantes, ainsi que des Témoins de Jéhovah, interdits en Abkhazie.

Islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam en Géorgie.
La seule mosquée subsistante à Tbilissi

Les musulmans représentent aujourd'hui 9,9 % de la population géorgienne, composant ainsi la seconde religion après les chrétiens orthodoxes. La répartition de l'islam en Géorgie est tout à fait inégale, la majorité de ses fidèles se situant dans la République autonome d'Adjarie, où ils représentent 30 % de la population, contre 64 % de chrétiens. L'Adjarie embrassa l'islam dès la mi-XVe siècle, quand elle fut intégrée dans l'Empire ottoman; une mosquée délimite sur la côte de la mer Noire la frontière entre la République autonome d'Adjarie et la Turquie.

Il existe également des minorités de musulmans sunnites en Abkhazie séparatiste, dans la communauté meskhète (1 000 personnes aujourd'hui), et dans les Gorges de Pankissi où les Kistes -groupe ethniquement proche des Tchétchènes et des Ingouches- vivent.

Les autres musulmans de Géorgie se trouvent en Géorgie orientale, en Kvemo Kartli où les Azéris, chiites pour la plupart, se sont islamisés depuis les invasions séfévides du XVIIe siècle.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Judaïsme en Géorgie.

La communauté juive est aujourd'hui, avec 10 000 membres (dont 3 000 pratiquants), la plus faible des trois religions monothéistes présentes sur le sol de Géorgie (0,1 % de la population).

Il est probable que la plus ancienne communauté judaïque géorgienne se soit établie dans le Caucase à la suite de la prise de Jérusalem par le roi babylonien Nabuchodonosor II (586 av. J.-C.). Tout au long des siècles, la culture géorgienne observa une grande tolérance vis-à-vis du judaïsme, tolérance qui ne se démentit jamais et empêcha tout pogrom dans le pays.

Synagogue de la ville d'Oni

L'époque soviétique ne fut pas exempte de discrimination religieuses. Les Juifs géorgiens luttèrent, lorsqu'ils en eurent la possibilité, pour la liberté de leurs croyances et de leur culture. En 1969, un groupe d'entre eux écrivit aux Nations unies pour obtenir le droit de retour sur la terre de leurs ancêtres. En 1971, un autre groupe manifesta devant le bureau gouvernemental de Moscou. Cette détermination, aidée de la pression internationale, entraîna une certaine libéralisation et une émigration ponctuelle vers Israël, les États-Unis et l'Europe occidentale : entre 1979 et 1989, la population juive de la Géorgie baissa de 4 000 individus. Après l'ouverture des frontières, la guerre civile et les difficultés économiques, 125 000 judéo-géorgiens partirent à l'étranger (dont 100 000 en Israël).

Les derniers pratiquants du pays sont désormais regroupés en communautés dans des villes comme Tbilissi, Koutaïssi, Akhaltsikhe et Oni. Chacune de ses villes possède des synagogues, toutes sous la juridiction du Rabbinat de Géorgie, dirigé par le Rabbin Ariel Levin depuis 1991. Celui-ci signa en 1994 un accord avec le président Edouard Chevardnadze pour la conservation de la culture, de l'histoire et de la langue judéo-géorgienne.

Pluralisme religieux[modifier | modifier le code]

En 1991, lors du retour à l'indépendance, la politique nationaliste du chef d'Etat géorgien Zviad Gamsakhourdia défavorise les minorités religieuses, malgré leur présence ancienne sur le territoire géorgien et malgré la tradition de tolérance observée tout au long de l'histoire : la citoyenneté géorgienne n'est pas garantie aux non-fidèles de l'Église orthodoxe de Géorgie (principe de la « Géorgie aux Géorgiens »). Des vagues d'émigration se déclenchent, musulmane vers la Russie faisant baisser cette partie de la population de 12 % à moins de 10 % et juive vers Israël. Sous la présidence d'Edouard Chevardnadze (1992-2003), l'Église orthodoxe de Géorgie engage une politique de conversion encouragée par le gouvernement. À partir de 2004, le président Mikheil Saakachvili change les symboles nationaux comme le nouveau drapeau, « drapeau aux cinq croix » qui tire ses origines des Croisades et du règne du roi Vakhtang Ier Gorgassali (Ve siècle).

Le pluralisme religieux a ainsi peu progressé dans la société géorgienne ces vingt-dernières années, même si l'amendement voté par le Parlement le 5 juillet 2011 a permis à certaines minorités religieuses un enregistrement administratif[31].

Considérant que son statut privilégié vis-à-vis de l'État ne peut être remis en cause, l'Église orthodoxe de Géorgie s'oppose à toute évolution vers le pluralisme religieux[32],[33], elle suit ainsi de près la position de l'Église orthodoxe de Russie à laquelle elle est liée par des liens de proximité datant du XXe siècle.

Devant les pressions internationales (Cour européenne des droits de l'homme en particulier), une agence gouvernementale des Affaires religieuses a été créée en février 2014, avec pour objectif la coordination de la politique gouvernementale en termes religieux (éducation, propriété des biens, financement, ...). Le rapport annuel de 2014 du Département d'État des États-Unis demeure néanmoins très critique[34].

Société[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Les jours fériés et fêtes de la République de Géorgie sont définies par l'article 20 du Code de travail national.

Éducation en Géorgie[modifier | modifier le code]

L'éducation est gratuite et obligatoire pour tous les élèves. La scolarité commence dès 6 ans et se termine vers 17-18 ans. En 1996, 88,2 % des enfants était scolarisés, dont 48,8 % de filles et 51,8 % des garçons. Aujourd'hui tous les enfants sont scolarisés.

Problèmes d'hier et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Géorgie.

Indépendante depuis avril 1991 et membre du Conseil de l'Europe depuis le , la Géorgie est une république présidentielle. Cependant, à l'automne 2007, le patriarche orthodoxe propose de restaurer la monarchie constitutionnelle, une idée qui rencontre un certain succès dans les rangs de l'opposition, agacée par les pouvoirs renforcés du président Saakachvili[35]. Ce dernier a indiqué qu'il est membre de la grande dynastie caucasienne, les Bagration et a organisé sa prise de fonctions sur la tombe du roi David le Reconstructeur[36]. Les événements d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ont depuis relégué cette idée au second plan.

Le pouvoir exécutif est représenté par le président, Guiorgui Margvelachvili depuis le 17 novembre 2013, qui est élu pour cinq ans. Le Premier ministre, Guiorgui Kvirikachvili depuis le 30 décembre 2015, détient l'essentiel des pouvoirs.

Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement de Géorgie (Sakartvelos Parlamenti), composé de 150 députés élus pour un mandat de 4 ans.

La Cour suprême constitue le sommet du pouvoir judiciaire. Elle est composée de juges élus par le Parlement sur la recommandation du président. Il existe également une Cour constitutionnelle.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Géorgie.

La Géorgie a des ressources en cuivre, en manganèse et, plus limitées, en charbon. La production d'hydroélectricité est importante. La viticulture en Géorgie joue un rôle clé dans l'économie de ce pays[37]. Son PIB par habitant est de 5 400 $ USD en 2011. La Géorgie a exporté pour 2,189 milliards USD en 2011. Ses principaux produits exportés sont: des véhicules, des engrais, des noix, de la ferraille, de l'or et des minerais de cuivre. Elle a importé pour 7,058 milliards USD en 2011. Les principaux produits importés sont : des combustibles, des véhicules, de la machinerie, des grains et autres produits agricoles, ainsi que des produits pharmaceutiques[38].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Géorgie.

La langue officielle de la Géorgie est le géorgien.

Le russe se trouve également très présent en raison de l'appartenance de la Géorgie à l'URSS jusqu'en 1991. Il fut obligatoire de l'école primaire au lycée durant la période soviétique ; au moins 50 % de la population du pays sait parler russe. Les rivalités entre les deux pays empêchent cependant d'obtenir des estimations fiables. De plus, la Géorgie souhaite se tourner vers l'Europe ; désormais les plus jeunes optent en grand nombre pour l'anglais, qui prend une importance grandissante.

La Géorgie est aussi membre de l'Organisation internationale de la francophonie, et le français figure en relativement bonne place, tout comme l'allemand. La Géorgie compte aussi d'importantes communautés arménienne et grecque qui n'ont cessé de pratiquer leurs langues d'origine.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique géorgienne.

La musique géorgienne se caractérise par des polyphonies anciennes aux échelles particulières. Un riche instrumentarium ponctue par ailleurs les autres formes folkloriques.

Écrivains[modifier | modifier le code]

Artistes chorégraphiques[modifier | modifier le code]

Musiciens[modifier | modifier le code]

Cinéastes[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport en Géorgie.

Le circuit automobile Roustavi se trouve à 20 km de Tbilissi. En 2011-2012 la piste est entièrement reconstruite conformément aux standards de catégorie 2 FIA et il devient le premier circuit professionnel construit dans la région de Transcaucasie.

La Géorgie a traditionnellement une grande culture sportive de la lutte. Le judo se développe également beaucoup et le rugby à XV donne lieu à de nombreux « exodes » de joueurs de haut niveau, en particulier vers la France. L'équipe nationale géorgienne participe régulièrement à la Coupe du monde de rugby à XV.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Population : 4 630 841 habitants (estimation de 2008). 0-14 ans : 16,3 % ; 15-64 ans : 67,1 %; + 65 ans : 16,6 %
  • Littoral : 310 km
  • Extrémités d'altitude : 0 m > + 5 201 m
  • Espérance de vie des hommes : 73,21 ans (estimation de 2008)
  • Espérance de vie des femmes : 80,26 ans (estimation de 2008)
  • Taux de croissance de la population : -0,325 % (estimation de 2008)
  • Taux de natalité : 10,62 ‰ (estimation de 2008)
  • Taux de mortalité : 9,51 ‰ (estimation de 2008)
  • Taux de mortalité infantile : 16,78 ‰ (estimation de 2008)
  • Taux de fécondité : 1,43 enfant/femme (estimation de 2008)
  • Taux de migration : -4 36 ‰ (estimation de 2008)
  • Lignes de téléphone : 544 000 (en 2007)
  • Téléphones portables : 2 400 000 (en 2007)
  • Postes de radio : 3,5 millions (en 2006)[réf. nécessaire]
  • Postes de télévision : 3,6 millions (en 2006)[réf. nécessaire]
  • Utilisateurs d'Internet : 332 000 (en 2006)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 14 (en 2006)[réf. nécessaire]
  • Routes : 20 274 km (dont 7 973 km goudronnés) (en 2004)
  • Voies ferrées : 1 612 km
  • Voies navigables : 324 km[réf. nécessaire]
  • Nombre d'aéroports : 23 (dont 19 avec des pistes goudronnées) (en 2007)[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Population année 2015
  2. International Geographic Encyclopaedia and Atlas. Springer, 24/11/1979, 273 [1]
  3. Parlement européen, Resolution 2014/2717(RSP), 17 juillet 2014: "...pursuant to Article 49 of the Treaty on European Union, Georgia, Moldova and Ukraine – like any other European state – have a European perspective and may apply to become members of the Union provided that they adhere to the principles of democracy, respect fundamental freedoms and human and minority rights and ensure the rule of law...""
  4. Grande Encyclopédie soviétique, 2e édition, Volume XV, Moscou, URSS: 1952, page 382.
  5. (en) Encyclopedic World Atlas, George Philip & Son, Oxford University Press, Oxford University Press, USA, 26 déc. 2002, 280 pages, p.104
  6. Pierre Razoux, Histoire de la Géorgie, la Clé du Caucase, Paris, Perrin, 2009, l.1 à 3.
  7. (en)National Statistics Office of Georgia : Population (1st January 2014.
  8. Organisation du traité de l'Atlantique nord (NATO), "Relations with Georgia", 7 juin 2016
  9. Pierre Razoux, Histoire de la Géorgie, la Clé du Caucase, Paris, Perrin, 2009 (p. 16 à 18).
  10. Aujourd’hui, ce mot est utilisé sous la forme ქართი et veut dire enclos.
  11. Lang, David Marshall (1966), The Georgians, pp. 5-6. Praeger Publishers. Khintibidze, Elguja (1998), The Designations of the Georgians and Their Etymology, pp. 29-30. Tbilisi State University Press, ISBN 5-511-00775-7.
  12. Selon René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071, Paris, Payot, (réimpr. 1973, 1984, 1995, 2008), 644 p., p. 398 Adarnassé IV reçoit la couronne royale de « roi des Géorgiens » du « roi des rois » Smbat Ier d'Arménie, représentant de la branche aînée des Bagratides.
  13. Biographie d'Evguéni Guéguétchkori consultée le 7 janvier 2014.
  14. Biographie de Nicolas Tchkhéidzé (Nicolas Tchéidzé) consultée le 7 janvier 2014.
  15. Biographie d'Akaki Tchenkéli consultée le 7 janvier 2014.
  16. Biographie de Noé Jordania consultée le 7 janvier 2014.
  17. Biographie de Noé Ramichvili consultée le 7 janvier 2014.
  18. Hélène Carrère d'Encausse, La Gloire des nations : Ou la fin de l'Empire soviétique, Fayard, , 492 p. (ISBN 2213649715 et 9782213649719, lire en ligne), p. Chapitre V, «Dimanche noir».
  19. Hélène Carrère d'Encausse, Six années qui ont changé le monde 1985-1991 : La chute de l'Empire soviétique, Fayard, , 432 p. (ISBN 2213699666 et 9782213699660, lire en ligne)
  20. Irakli Metreveli, « La Géorgie se dit occupée par la Russie, qui dément vouloir attaquer Tbilissi », AFP,‎ .
  21. « Le Tuvalu reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud », Libération,‎ .
  22. « La Géorgie rompt ses relations diplomatiques avec Moscou », Le Figaro,‎ .
  23. (en) IPN, « Kazbegi-Zemo Larsi checkpoint is Open from Georgian Side », The Georgian Times,‎ (consulté le 30 décembre 2011).
  24. « Conseil européen – L’UE signe des accords d’association avec la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine sur fond de crise ukrainienne et donne trois jours à la Russie pour engager des actions concrètes vers la désescalade », EuropaForum.lu,‎ .
  25. (pt) « Observadores Associados », CPLP (consulté le 24 août 2014).
  26. (ru) Recensement de l'Abkhazie de 1886 à 2003 N.B. : Ici, les Mingréliens ont été rangés dans un groupe différent des Géorgiens même si ethniquement, ils ont un sous-groupe de l'ethnie géorgienne
  27. Luc et Mirian Méloua, « Leuville-sur-Orge et la Géorgie, une histoire commune ».
  28. Jean Chardin, Voyage de Paris à Ispahan, I. De Paris à Tiflis, p. 291
  29. « Sylvaine Pasquier : la Géorgie à l'ombre de l'Église », L'Express, 7 janvier 2008.
  30. Les Sœurs catholiques romaines de Sainte-Nino, Akhlatsikhé, 1er décembre 2015.
  31. (en) Four Groups Registered For Now Under New Law of Legal Status of Religious Minorities, 28 septembre 2011.
  32. Géorgie, radiographie d'une Eglise orthodoxe nationale 2 juillet 2013.
  33. Silvia Serrano : religion et politique en Géorgie post-soviétique, 24 mai 2013.
  34. (en) 2014 Report on International Religious Freedom - Georgia : Government Practices, 14 octobre 2015.
  35. « Géorgie: la monarchie constitutionnelle soutenue par une partie de l'opposition », RIA Novosti repris par, Caucaz europenews,‎ .
  36. Nicolas Landru, « Un royaume de Géorgie d’actualité ? », Caucaz europenews,‎ .
  37. Pierre Razoux, Histoire de la Géorgie : la clé du Caucase, Perrin, , p. 19
  38. a et b (en) « Georgia », sur CIA World Factbook

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viatcheslav Avioutskii, Géopolitique du Caucase, Paris, Armand Colin, 2005
  • Thomas Balivet, Géopolitique de la Géorgie, souveraineté et contrôle des territoires, Paris, L'Harmattan, 2005
  • Pierre Razoux, Histoire de la Géorgie, Perrin, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]