Réplique antique du Discobole de Myron

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Le discobole (Ra 334)
Discobole-Ra 334-P9020619-gradient.jpg
Artiste
Date
IIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Matériau
Dimensions (H × L × l)
86,5 × 66 × 37 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Localisation
2e étage d'exposition du musée Saint-Raymond (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Numéro d’inventaire
RA 334, 30013Voir et modifier les données sur Wikidata

Le Discobole est une sculpture romaine, réplique antique du célèbre Discobole de Myron, conservée au musée Saint-Raymond de Toulouse datée du IIe siècle environ.

Historique de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La sculpture a été découverte dans le lit de l'Aude à Carcassonne au XVIIIe siècle à une époque où se manifeste un goût prononcé pour la sculpture antique. On ignore son origine, sa date de création et sa provenance exacte.

En 1784 elle entre dans les collections du Chevalier Pierre Rivalz et figure à son inventaire au no 17[1] avec pour description ː "Torce de marbre blanc, plus grand que le naturel". L'eau forte originale conservée au musée Paul-Dupuy (D 68.1.5) est reproduite inversée dans ce catalogue en raison du procédé de la gravure[2]. La sculpture y est représentée en position assise à la manière du torse du Belvédère au Vatican. À cette époque on n'a pas encore fait le rapprochement avec la sculpture de Myron encore méconnue, le Discobole Lancelot ayant été trouvé en 1781 et étant encore peu diffusé à ce moment-là.

Elle entre ensuite dans les collections de l'Académie royale de peinture et de sculpture de Toulouse puis à la Révolution elle rejoint le Museum du Midi de la République où on lui attribue le numéro d'inventaire 30.013.

Torse du Belvédère, musée Pio Clementino, musées du Vatican, Rome

C'est seulement en 1903 que dans une étude Léon Joulin fera le rapprochement avec la statue de Myron et que l'on considèrera que celle du musée Saint-Raymond en est une des nombreuses répliques[3].

À partir du début du XXe siècle le Discobole est devenu un des premiers canons emblématiques de la sculpture grecque classique[4].

La réplique est exposée au second étage du musée sous le numéro d'inventaire Ra 334.

Eau-forte représentant le Discobole en position assise, musée Paul-Dupuy

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une copie en marbre du Pentélique[5] d'un original en bronze réalisé par le sculpteur grec Myron au Ve siècle av. J.-C. aujourd'hui disparu.

La sculpture est très fragmentaire (sans bras, jambe et tête) et son modelé a souffert de l'érosion liée à son séjour dans l'eau parmi les galets de l'Aude.

Elle représente un lanceur de disque au moment où l'athlète effectue le dernier balancement avant le lancement. Le bras est tendu vers l'arrière et la jambe contrebalance le déséquilibre du corps témoignant de la virtuosité de l'artiste pour traduire le mouvement de torsion et la tension musculaire.

Le lancer de disque faisait partie des disciplines les plus pratiquées dans le domaine du sport en Grèce antique.

Ce sujet illustre également un des exercices guerriers très courant où le disque était en premier lieu une arme de jet direct avec laquelle Apollon tue Hyacinthe et Persée tue Acrisios[6].

On connait de nombreuses répliques du Discobole dont la plus complète est celle trouvée à Rome provenant de la collection de la famille Lancelotti aujourd'hui conservée au palais Massimo alle Terme. Celle du musée Saint-Raymond est la seule trouvée en France.

Discobole Lancelotti, palais Massimo elle Terme, Rome

Ce thème est également fréquemment illustré sur les décors de céramique grecque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Différents morceaux antiques que l'on voit à Toulouse, chez M. Rivalz, Professeur de l'Académie royale des Arts, 1782-1785
  2. Dans l'œil du viseur. La Photo révèle l'archéo : exposition musée Saint-Raymond 14 mai-20 septembre 2015, Toulouse, musée saint-Raymond, , p. 19
  3. Daniel Cazes, Les collectionneurs toulousains du XVIIIe siècle, Paris, Somogy, , « Du cabinet de M. Rivals, professeur- Réplique antique (mutilée) du Discobole de Myron », p. 103-105
  4. Françoise Frontisi-Ducroux, Itaca. Quaderns Catalans de Cultura Classica, La vache et le discobole, p. 20-24
  5. Gaston Astre, Dossier d'œuvre Ra 334, Conservation du musée Saint-Raymond
  6. Charles Picard, Manuel d'archéologie grecque, Paris, Charles Picard, , p. 15

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Le stade romain et ses spectacles, musée archéologique Henri-Prades, Lattes, 1994, no 81
  • Toulouse et l'Antiquité retrouvée au XVIIIe siècle, Toulouse, musée Saint-Raymond, juin-août 1989, no 3

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Conservation du musée Saint-Raymond, Dossier d'œuvre Ra 334, Toulouse
  • L'essentiel des collections. Musée Saint-Raymond, musée des antiques de Toulouse, Toulouse, Mairie de Toulouse, , 63 p. (ISBN 2-909454-31-2), p. 20-21
  • Françoise Frontisi-Ducroux et François Lissarrague, « La vache et le discobole », Itaca. Quaderns Catalans de Cultura Classica, Societat Catalana d'Estudis Classics, no 21,‎ , p. 19-29
  • Daniel Cazes, Les collectionneurs toulousains du XVIIIe siècle, Toulouse, Somogy, , p. 103-105
  • Toulouse et l'Antiquité retrouvée au XVIIIe siècle : exposition musée Saint-Raymond juin-août 1989, Toulouse, musée Saint-Raymond, , p. 38-40
  • Charles Picard, Manuel d'archéologie grecque : La sculpture, II Période classique, Ve siècle, Paris, Auguste Picard, , p. 226

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]