Rémy Pautrat

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Rémy Pautrat
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Fonctions
Préfet du Nord
Nord-Pas-de-Calais
-
Alain Ohrel (d)
Préfet du Calvados
Basse-Normandie
-
Roger Gros (d)
Hubert Fournier (d)
Préfet de l'Essonne
-
Jean-Louis Dufeigneux (d)
François Leblond (d)
Directeur de la surveillance du territoire
-
Préfet des Hautes-Alpes
-
Lucien Kalfon (d)
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Distinctions

Rémy Raymond Pautrat (né le à Nevers dans la Nièvre[1]) est un haut fonctionnaire français, ex-directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST, d'août 1985 à avril 1986) succédant à Yves Bonnet. Nommé ensuite conseiller à la sécurité du Premier ministre Michel Rocard (1988-1991)[2], puis préfet de l'Essonne (1991-1994), il fut ensuite directeur du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN) de 1994 à 1996, sous Balladur puis Juppé [3]. Préfet du Calvados puis du Nord-Pas-de-Calais, il siège aujourd'hui au comité d'éthique de la ville de Paris sur la vidéosurveillance. Il est l'un des initiateurs en France du développement de l'intelligence économique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et début de carrière[modifier | modifier le code]

Né d'un père ouvrier à la SNCF, il effectue sa scolarité au lycée Jules Renard de Nevers[4]. Il obtient une licence en droit aux facultés de droit et des sciences économiques de Clermont-Ferrand et de Paris[1]. Inspecteur élève (1963-1965), puis inspecteur des impôts (1965), il est détaché en qualité de coopérant technique auprès du ministre algérien des Finances et du Plan (1966-1969)[1].

Il devient ensuite Stagiaire au cycle préparatoire à l'École nationale d'administration, puis l'intègre, faisant partie de la promotion Simone Veil (1974)[1], avec Élisabeth Guigou et Hubert Védrine. Il devient chef du bureau de la production, du transport et de la distribution de l’électricité au ministère de l'Industrie et secrétaire général adjoint du Conseil supérieur de l'électricité et du gaz ()[1].

Nommé sous-préfet et directeur de cabinet du préfet de la Manche (), il devient secrétaire général de l'Yonne ()[1]. Administrateur civil hors classe, chef de cabinet du ministre des Relations extérieures Claude Cheysson () après l'élection de François Mitterrand[1]. Préfet, commissaire de la République des Hautes-Alpes (), il est titularisé préfet ()[1].

Devenu préfet hors cadre, il dirige la Direction de la surveillance du territoire (DST) à partir d'[1] et est également secrétaire général de la préfecture de la région Ile-de-France.

Conseiller à la sécurité de Rocard[modifier | modifier le code]

En tant que conseiller technique puis conseiller à la sécurité du Premier ministre, il essaie de relancer le comité interministériel du renseignement (CIR[5]) et un Plan national de renseignement[2].

SGDN (1994-1996)[modifier | modifier le code]

Au SGDN, il met en place en 1995 un « dispositif national de compétitivité et de sécurité économique » [6]; présidée par le ministre de l'Economie, cette instance préfigure le poste de haut responsable chargé de l'intelligence économique qui sera créé 10 ans plus tard[3], avec Alain Juillet comme titulaire. En 2007, la journaliste Nicole Chevillard témoignera devant la justice avoir eu une discussion avec Pautrat en 1996, à la suite d'une étude sur l'armée algérienne, au cours de laquelle celui-ci lui aurait dit que les responsables des services secrets algériens se « sont vantés d'avoir retourné Djamel Zitouni », l'émir des Groupes islamiques armés (GIA), responsables des huit attentats commis en 1995 [7]. En 2002, Rémy Pautrat avait confirmé au journaliste Jean-Baptiste Rivoire, lors d'une interview enregistrée pour Canal plus, avoir appris dès 1994 que Djamel Zitouni avait été volontairement épargné par la sécurité militaire algérienne lors d'une embuscade, parce qu'elle le contrôlait : « Ils avaient effectivement épargné Zitouni, déclara notamment Remy Pautrat à Canal plus, alors que tout avait été fait pour que l’embuscade soit un succès et qu’ils auraient pu tuer tout le monde s’ils l’avaient voulu. Ils l’avaient donc épargné volontairement » Et l'ancien patron de la DST ira plus loin, trahissant le fait que dès 1994, il savait que la sécurité militaire entretenait des contacts avec Djamel Zitouni : « Qu’on ait épargné un type parce qu’on avait déjà des contacts avec lui et qu’on pensait qu’après, il prendrait la relève, ce qui s’est effectivement passé, et qu’il serait plus accommodant, cela me paraissait dans l’ordre des choses … ». Selon Remy Pautrat, qui connaissait Smain Lamari pour avoir dirigé la DST de 1985 à 1986, ce dernier entretenait donc des « contacts » avec Djamel Zitouni et il trouvait « accommodant » l’émir du GIA censé avoir assassiné 5 français à Alger début aout 1994. Toujours selon Pautrat, en cette fin 1994, la sécurité militaire algérienne avait « épargné volontairement » Djamel Zitouni et l’avait laissé repartir dans les maquis pour qu’il « prenne la relève » de Gousmi à la tête du GIA. Quelques semaines plus tard, Zitouni parvint effectivement à prendre le contrôle du principal mouvement terroriste algérien[8],[9].

Préfet[modifier | modifier le code]

Nommé préfet de Basse-Normandie et du Calvados le [1], il conçoit un schéma régional d’intelligence économique[3] et lance l'idée des pôles stratégiques[3]. Avec son chargé de mission sur l'intelligence économique, Philippe Clerc, et Philippe Caduc, PDG de l'Agence pour la diffusion de l'information technologique (ADIT), Pautrat organise aussi à Caen les premières assises régionales de l'intelligence économique ()[3],[10]. À la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale, le président Jacques Chirac annule sa visite à ces assises[10].

Il signe le la convention « pour le développement de l'intelligence économique et l'internationalisation des PME en Basse Normandie » avec le secrétaire d'État au commerce extérieur et le président du Conseil régional de Basse-Normandie, René Garrec (UDF)[10].

Il évoquera par la suite le cas de Moulinex comme exemple de faible anticipation par la direction de l'environnement économique[2].

Devenu préfet du Nord et de la Région Nord-Pas-de-Calais en 1999, il y crée, en partenariat avec des chefs d’entreprise de la région et l’université Lille 2, le Comité de développement de l'intelligence économique et stratégique (CDIES)[3], qui employait en 2009 80 personnes, étant le deuxième centre après Metz[11].

Il est nommé en 2002 président du conseil d’administration de l’Agence de l'eau Artois-Picardie[1], puis, après l'élection présidentielle de 2002, Préfet en mission extraordinaire chargé auprès du ministre de l’Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, de l’évaluation de l’action des préfets en poste territorial ()[1]. En service détaché, il devient en 2004 vice-président exécutif de l'Agence pour la diffusion de l’information technologique (ADIT)[1].

Activités ultérieures[modifier | modifier le code]

À la retraite, Rémy Pautrat a ensuite été délégué général de France Intelligence Innovation, Président de l'IERSE (Institut d'études et de recherches pour la sécurité des entreprises) à partir du [1] et siège depuis au comité d'éthique de la ville de Paris sur la vidéosurveillance[12]. Il est aussi l'un des dirigeants de la Compagnie européenne d'intelligence stratégique (CEIS)[11]. Enfin, avec Jean-Pierre Mignard et Mireille Delmas-Marty, il fait partie de la haute autorité chargée de veiller à la régularité du processus des primaires pour 2012 du Parti Socialiste[13].

En 2005, il est le parrain d'une promotion de l'École de guerre économique[14].

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Préface à L'intelligence économique : une nouvelle culture pour un nouveau monde d'Éric Delbecque (PUF, 2006)

Sur Pautrat[modifier | modifier le code]

  • Faligot, Roger et Krop, Pascal, DST police secrète, Paris, Flammarion, 1999, p. 397-398, 401-403, 408.
  • Leclerc, Marcel, De l’antigang à la criminelle, un grand flic ouvre ses dossiers, Paris, Plon, 2000, p. 393.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Notice biographique, Société française d'histoire de la police
  2. a b et c Entretien avec Remy Pautrat, Observatoire français des think tanks, 30 août 2007
  3. a b c d e et f Préfet Rémy PAUTRAT : Lauréat du Prix Spécial du 10e anniversaire de l’Académie, IE-News.com
  4. « Pautrat - Formations Intelligence économique Cyber Sûreté », sur www.ege.fr (consulté le )
  5. Décret n° 89-258 du 20 avril 1989 fixant la composition et les attributions du comité interministériel du renseignement
  6. Des remous dans la "piscine", Nouvel Observateur, 7 mars 1996
  7. David Servenay, Attentats de 1995 : la piste des généraux algériens, Rue89, 22 octobre 2007
  8. Voir Françalgérie, crimes et mensonges d'États, L. Aggoun et J. B. Rivoire, La découverte, Paris, 2004.
  9. Attentats de Paris : enquête sur les commanditaires, 90 minutes, Canal plus, novembre 2002
  10. a b et c Repères chronologiques sur l'intelligence économique
  11. a et b « Intelligence économique : l'ancien préfet Rémy Pautrat revient dans le Nord », Nord éclair, 20 mars 2009
  12. Un comité d’éthique pour faire passer la pilule, Souriez vous êtes filmés, 16 septembre 2010
  13. « Le PS nomme les membres d'une Haute autorité en vue des primaires pour 2012 », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Les parrains de promotion - Formations Intelligence économique Cyber Sûreté », sur www.ege.fr (consulté le )
  15. Décret du 10 novembre 1998 portant promotion et nomination
  16. Décret du 13 juillet 1994 portant promotion et nomination

Liens externes[modifier | modifier le code]