Réglure

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Un exemple de réglure, proche du format millimétré. (Cliquer pour agrandir.)

La réglure est un quadrillage imprimé sur une feuille de papier afin d'y permettre la régularité de l'écriture.

Dans les manuscrits anciens la réglure désignait l'ensemble des lignes tracées sur la feuille pour faciliter l'écriture[1]. Ces lignes étaient effacées après copie du texte. Sur les manuscrits anciens précieux la réglure était faite à la pointe sèche (ou, plus rarement à la mine, ce qui permettait de ne pas gêner l'enlumineur avec le creux laissé par la pointe sèche)[2].
Ces manuscrits présentent souvent aussi des lignes de piqures dans le papier (côté reliure et parfois côté tranche) qui servaient à guider la réglure[2].

En France, selon Anne-Marie Chartier la forme générale de la page d'écriture de l'élève « semble en place vers 1914. L’écriture des enfants est encadrée par une réglure qui limite la grosseur des lettres et la hauteur des jambages. L’écriture recommandée est d’abord inclinée (au XIXe siècle) puis droite (après 1920), avec des réglures obliques puis verticales et toujours à gauche, la ligne rouge délimitant la marge réservée au correcteur. »[3],[4],

Outre le quadrillage principal qui occupe l'essentiel de la page, une partie est souvent réservée sur la gauche pour une marge, une ligne de couleur différente séparant parfois la marge du reste de la page.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon Dard Hunter c'est en 1770 que John Tetlow a déposé un brevet d'invention pour une machine permettant la réglure pour le papier à musique et les livres de compte[5].

Selon Brigitte Dancel [6] la réglure du cahier a accompagné l'école obligatoire d'abord avec un simple lignage des cahiers (première moitié du XIXe siècle) puis avec des carreaux pour aider l’élève à tracer au porte-plume des lettres correctement penchées et bien proportionnées. En France, ce serait Jean-Alexandre Seyès (libraire-papetier à Pontoise) qui le 16 août 1892 a déposé au tribunal de Pontoise la réglure encore utilisée par la papeterie scolaire française présentant un carroyage de 0,8 cm de côté découpé horizontalement en quatre espaces de 0,2 cm de haut. Peu avant la Première Guerre mondiale cette réglure s'est imposée. dans le « cahier à grands carreaux » le plus utilisé, mais au XXème siècle une réglure à carreaux rectangulaire a aussi existé.

Réglures fréquemment utilisées[modifier | modifier le code]

  • 5 × 5, ou « petits carreaux »
    • Lignes horizontales et verticales tous les 5 mm.
    • Usage généraliste. Avec ou sans marge selon les variantes.
  • Seyès, ou « grands carreaux »
    • Lignes horizontales fines tous les 2 mm, lignes horizontales et verticales tous les 8 mm.
    • Typique du cahier d'écolier en France. Ce lignage semble toujours accompagné d'une marge à gauche.
    • Créé en 1892 par Jean-Alexandre Seyès, libraire-papetier à Pontoise[7].
    • Une feuille Seyès de format A4 dispose de 21 carreaux complets sur une ligne et de 29 carreaux complets sur une colonne, soit un total de 609 carreaux complets.
  • Millimétré
  • Millimétré semi-logarithmique
  • Millimétré logarithmique
    • Lignes horizontales et verticales : fines tous les 1 mm, moyennes tous les 5 mm, épaisses tous les 10 mm. Dans le cas des réglures logarithmiques, un seul ou les deux axes sont gradués suivant une échelle de progression non linéaire.
    • Dessin technique, graphiques. Aucune marge ou sinon une marge de 10 mm tout autour de la feuille.
  • Lignage simple
    • Lignes horizontales tous les 10 mm.
    • Papier à lettre classique. Pas de marge.
  • Lignage double 7 mm
    • Groupes de deux lignes horizontales.
    • Souvent utilisé pour l'apprentissage de l'écriture chez les très jeunes enfants.
  • Lignage double 3 mm
    • Groupes de deux lignes horizontales.
    • Souvent utilisé pour l'apprentissage de l'écriture chez les jeunes enfants.
  • Papier à musique
    • Groupes de cinq lignes.
  • Journal comptable
    • Lignes horizontales tous les 10 mm, lignes verticales pour séparer les colonnes (désignation, crédit, débit) et les chiffres.

Réglures dans les pays anglo-saxons[modifier | modifier le code]

L'usage de mesures impériales entraîne des quadrillages aux proportions différentes.

Réglures pour les alphabets autres que latins[modifier | modifier le code]

L'orientation de l'écriture conditionne directement le quadrillage utilisé pour le papier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Anne Zali (dir.), L'aventure des écritures : la page, Paris : Bibliothèque nationale de France, 1999, p. 24.
  2. a et b Jean Vezin & Jean Dufour (1977), Paléographie et codicologie, École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, Volume 109 Numéro 1 pp. 489-505 Fait partie d'un numéro thématique : Annuaire 1976-1977 voir p 494
  3. Anne-Marie Chartier (2003) Exercices écrits et cahiers d’élèves : réflexions sur des pratiques de longue durée ; INRP-Service d’histoire de l’éducation ; Le Télémaque 2003/2 (n ° 24) ;Pages : 178 ; (ISBN 9782841332014) ; DOI : 10.3917/tele.024.0081
  4. C. Hubert et J. Hébrard, « Fais ton travail ! », Enfances et Cultures, 2, 1979, p. 46-59, et J. Hébrard, « Por uma bibliografia material das escritas ordinárias ; o espaço gráfico do caderno escolar (França XIXe-XXe) », Revista Brasileira da História da Educação, 1, 2001, p. 115-141
  5. Dard Hunter () Papermaking, the history and technique of an ancien craft
  6. Dancel B (2002) Nos cahiers d'écoliers, 1880-1968, Paris, Ed. des Arènes
  7. http://www.arte.tv/fr/l-ecole-la-reglure-seyes/7817326,CmC=7817332.html