Régie co-intéressée des tabacs de l'empire ottoman

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La Régie co-intéressée des tabacs de l'empire ottoman était une société anonyme turque contrôlée par l'État mais cotée en Bourse de Paris, qui avait le monopole du tabac.

Histoire[modifier | modifier le code]

La création de la Régie des Tabacs est le résultat du processus d’endettement de l’Empire ottoman découlant de la guerre de Crimée. Les banquiers de Londres et de Paris, bénéficient dans un premier temps de l’engouement des épargnants anglais et français pour les « valeurs à turban »[1], et du déclenchement d’un processus de prêts « à jet continu ». Mais les difficultés de remboursement se profilent ensuite. L'administration du tabac ottoman fait alors appel des capitaux étrangers, ce qui constitue une sorte de premier cas de privatisation partielle.

En 1884 le gouvernement ottoman institue le monopole du tabac et l'attribue à une société partiellement étrangère, la "Régie co-intéressée des tabacs de l'empire ottoman"[2], qui s'appuie sur un consortium de banques européennes et sur la Banque impériale ottomane, également cotée à Paris. Fondée en 1863, cette dernière [1] réunit des actionnaires français complétant des apports de fonds des anglais en 1856. Toutes deux ont des bureaux à Paris, place de la Bourse.

La Régie doit exploiter ce qui représente une des principales richesses de la Turquie. Le groupe de la Banque impériale ottomane cotise pour 50% du capital, celui du Credit Anstalt de Vienne pour 30% et celui de Bleichröder pour 20%[1]. La Régie a commencé ses activités dans d’importants centres de production de tabac à Salonique, Izmir, Alep, et Samsun, ville qui abrite une fabrique de tabac, et les "Quais des Tabacs de Samsun"[3].

La Régie sera ensuite violemment attaquée par le mouvement des Jeunes-Turcs un parti politique réformateur ottoman créé en 1889, surtout à partir de 1908[1]. Elle a été nationalisée en 1925 pour devenir la société Tekel (en), cédée à British American Tobacco en 2008.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d "LE CAPITAL FRANÇAIS ET ETRANGER DANS L’EMPIRE OTTOMAN JUSQU'A LA GRANDE GUERRE", par Jacques Thobie [1]
  2. "NOUVEAUX VISAGES DE LA FRANCOPHONIE EN EUROPE", ouvrage collectif, Éditions L'Harmattan, 2012, page 154 [2]
  3. Centre d’archives et de recherche de la Banque Ottomane