Réflexions sur l'esclavage des nègres

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Réflexions sur l’esclavage des nègres est un texte de Nicolas de Condorcet publié en 1781 qui dénonce la pratique de l'esclavage jugé comme un véritable crime. Il plaide pour une suppression progressive de l’esclavagisme en expliquant que si cela n’est pas possible demain, l’abolition est un objectif réalisable sans trop de difficulté économique.

Son opposition à l’esclavage se fait au nom de droits naturels de l’humanité. « Les sociétés politiques ne peuvent avoir d’autre but que le maintien des droits de ceux qui les composent », c’est donc au nom du droit naturel de possession que l’État se doit d’abolir l’esclavage. On ne peut enlever un droit naturel à un homme sauf si celui-ci est « hors d’état d’exercer ses droits, et que si on lui en confie l’exercice, il en abusera contre les autres, ou qu’il s’en servira à son propre préjudice ; alors la société peut le regarder comme ayant perdu ses droits ». De même Condorcet pense qu’une « taxe sur les terres, sur les personnes, sur les consommations peut être injuste, parce qu’elle attaque la propriété et la liberté, toutes les fois qu’elle n’est pas une condition ou nécessaire au maintien de la société », ce qui une fois de plus rentre dans la logique de l’état garant de la liberté mais qui peut aussi en être le destructeur. (Locke) Condorcet est conscient que l’utilisation de l’esclavage est une bonne chose pour la nation. Mais « l’intérêt de puissance et de richesse d’une nation doit disparaître devant le droit d’un seul homme. » Le problème des comportements des noirs ne repose pas sur la paresse mais ce sont les lois qui les gouvernent qui les font devenir paresseux.

Condorcet utilise le dernier chapitre de son essai pour répondre aux questions que le lecteur pourrait se poser. Il anticipe ainsi les insuffisances de son livre. Il s’adresse directement à eux par l’utilisation directe de la deuxième personne du pluriel. Enfin, il conclut son livre sur la place du philosophe dans la société, sur ces gens qui se doivent d’éclairer la société, qui se doivent d’être à l’avant-garde des combats, de les anticiper.

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