Référendum de 2020 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie

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Référendum de 2020 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie
2020
Type d’élection Référendum sur l'indépendance
Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?
Oui
0,00 %
Non
0,00 %
Site internet

Le référendum de 2020 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie est un référendum d'autodétermination organisé en 2020 dans le cadre de l'accord de Nouméa. Il s'agit du troisième référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, après celui organisé en 1987 et celui de 2018.

Contexte[modifier | modifier le code]

Référendum de 1987 et accords de Matignon[modifier | modifier le code]

Après les « événements » des années 1980 en Nouvelle-Calédonie, un référendum se tient en 1987. Boycotté par les indépendantistes, il aboutit au maintien au sein de la République par 98,30 % des voix avec une participation de 59,10 %.

Les accords de Matignon, signés en 1988 et approuvés par un référendum national le , prévoient un référendum lors de l’année 1998. Puis l’accord de Nouméa, signé en 1998, prévoit que le référendum ait lieu entre 2014 et 2018, et puisse être suivi de deux autres[1],[2],[3]. Cet accord est inscrit dans les articles 76 et 77 de la Constitution.

Référendum de 2018[modifier | modifier le code]

Résultat du référendum de 2018 par commune néo-calédonienne

Le scrutin de 2018 — marqué par une forte participation (81,01 %) — voit les votants répondre « non » à 56,67 % à la proposition d'indépendance. Les résultats renouvellent le constat d'une importante disparité entre les votes des deux principales communautés, kanak et européennes, tandis que 17 % des électeurs vivant dans l'archipel sont exclus du scrutin, en accord avec les listes établies par l'accord de Nouméa.

Dans un contexte de forte participation (6,4 points de plus que lors de la consultation de 1998 sur de l’accord de Nouméa), le « non » obtient un score moins important que prévu par les sondages. Les anti-indépendantistes espéraient une large victoire du « non » afin de voir annulée la tenue des deuxième et troisième référendums prévus par l’accord de Nouméa[4]. Les résultats font en outre apparaître une fracture territoriale et sociologique importante[5]. En effet, Nouméa et la province Sud, la plus riche, concentrent le vote pour le non à plus de 75 %. Si le vote indépendantiste obtient un résultat plus important que prévu, il n'effectue pas de percée, mais est lié à une bonne mobilisation de l'électorat indépendantiste, attribuée à la campagne unitaire des deux courants du FLNKS[4]. L'article 217 de la loi organique no 99-209 du relative à la Nouvelle-Calédonie prévoit alors un mécanisme où le tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie peut, à compter du sixième mois suivant la consultation (soit le 5 mai 2019), demander l'organisation de deux nouvelles consultations dans les deux et quatre ans après le premier référendum[6]. Au sein du Congrès élu pour la période 2019-2024, les indépendantistes détiennent ensemble 26 sièges sur 54, soit un peu plus de 48 % de ses membres.

A la mi-juin 2019, une majorité des membres du Congrès demandent l'organisation de cette nouvelle consultation, qui pourrait avoir lieu au second semestre 2020[7].

Modalités[modifier | modifier le code]

Question posée[modifier | modifier le code]

La consultation porte sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, sur l’accès à un statut international de pleine responsabilité et sur l’organisation de la citoyenneté en nationalité[8]. Le référendum est officiellement appelé « consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté[9] ».

La question posée aux Néo-Calédoniens avait fait l'objet d'un débat en 2018 pour le premier référendum entre indépendantistes et anti-indépendantistes concernant les expressions « pleine souveraineté » et « indépendance »[10]. Le , un compromis avait finalement été trouvé après des négociations entre le gouvernement d’Édouard Philippe et les différentes parties[11]. La question retenue pour le référendum sur l'indépendance était :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Conditions de participation[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir voter, il faut d'abord être inscrit sur la liste électorale générale et sur la liste électorale pour la consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté (LESC). Quelque 35 950 électeurs inscrits sur la liste générale sont ainsi exclus du scrutin, soit 17 %[12]. Il s'agit essentiellement d'Européens arrivés en Nouvelle-Calédonie après 1994[12].

Résultats[modifier | modifier le code]

Globaux[modifier | modifier le code]

Résultats
Choix Votes %
Oui
Non
Exprimés
Blancs
Nuls
Total ' 100
Abstentions
Inscrits/participation

Par province[modifier | modifier le code]

Résultats par provinces
Drapeau de la Province Nord de Nouvelle-Calédonie
Province Nord
Choix Votes %
Oui
Non
Exprimés
Blancs
Nuls
Total ' 100
Abstentions
Inscrits/participation
Drapeau de la Province Sud de Nouvelle-Calédonie
Province Sud
Choix Votes %
Oui
Non
Exprimés
Blancs
Nuls
Total ' 100
Abstentions
Inscrits/participation
Drapeau de la Province des îles Loyauté de Nouvelle-Calédonie
Îles Loyauté
Choix Votes %
Oui
Non
Exprimés
Blancs
Nuls
Total ' 100
Abstentions
Inscrits/participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Loi organique du relative à la consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté », sur www.vie-publique.fr, (consulté le 7 mai 2018).
  2. « Organisation du référendum / Le référendum de 2018 / Référendum 2018 / Politiques publiques / Accueil - Les services de l'État en Nouvelle-Calédonie », sur www.nouvelle-caledonie.gouv.fr (consulté le 1er février 2017).
  3. « Nouvelle-Calédonie: le référendum sur l'indépendance aura lieu le 4 novembre », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mars 2018).
  4. a et b « Référendum en Nouvelle-Calédonie : la victoire en demi-teinte du non à l’indépendance », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018).
  5. « La Nouvelle-Calédonie choisit la France, Macron exprime sa «fierté» », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018).
  6. Loi organique n° 99-209 du relative à la Nouvelle-Calédonie (lire en ligne).
  7. A quand le prochain référendum : avant ou après juillet 2020 ?
  8. « Organisation du référendum », sur www.nouvelle-caledonie.gouv.fr (consulté le 3 mai 2018).
  9. « Loi organique du 19 avril 2018 relative à l'organisation de la consultation sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie », sur www.vie-publique.fr, (consulté le 9 juin 2018).
  10. Claudine Wéry, « Nouvelle-Calédonie : la question du référendum en débat », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mars 2018).
  11. « Nouvelle-Calédonie : un compromis a été trouvé sur la question posée lors du référendum d’indépendance », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mars 2018).
  12. a et b « Référendum en Nouvelle-Calédonie: pourquoi les «Zoreille» n'ont pas le droit de voter », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]