Réduit national

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Carte du Réduit national (trait rouge plein)

Le « Réduit national » ou « Réduit » est un terme utilisé en Suisse pour désigner la ligne de fortifications dans les Alpes, du Jura jusqu'au lac de Constance. Il fut planifié dès les années 1930 avec son apogée durant la Seconde Guerre mondiale et tomba peu à peu en désuétude devant les changements géopolitiques en Europe (fin de la guerre froide), la modernisation de l'armement et les réformes de l'Armée suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Camouflage en faux rocher de deux canons de 10,5 cm en coupole du Fort d'artillerie de San Carlo au col du Saint-Gothard en 2005

Ce principe de défense suisse a été théorisé par Max Alphons Pfyffer von Altishofen (1834–1890) au XIXe siècle[1].

En 1933, le gouvernement suisse prend des dispositions pour mettre en place des fortifications dans les montagnes suisses. Les travaux se poursuivent durant toute la décennie suivante.

Le général Henri Guisan se rend compte bien vite, au début de la Seconde Guerre mondiale, que la Suisse ne peut pas résister à une invasion allemande sur le plateau, essentiellement formé de rase campagne. L'armée se voit donc attribuer la tâche de construire dans les Alpes un noyau bien fortifié : le réduit national.

Celui-ci englobe les forteresses de Saint-Maurice, du massif du Saint-Gothard et de Sargans. Ce nouveau principe de la politique militaire est approuvé dès juillet 1940 par le Conseil fédéral de la Suisse.

Le 25 juillet de la même année, Henri Guisan convoque les officiers lors du rapport du Grütli pour y exposer sa nouvelle stratégie, tout en voulant redonner confiance à l'armée et à la population.

Le but de son nouveau plan est de défendre les objectifs stratégiques les plus importants pour l'Allemagne : les axes de communication à travers les Alpes. En cas d'attaque, l'ennemi doit faire face à une longue et épuisante guerre de montagne pour finalement trouver les principaux itinéraires rendus impraticables : les tunnels et les ponts sont minés dans ce but.

Mais le plan a aussi l'inconvénient de laisser le plateau et sa population quasiment sans défense, d'autant que toute l'industrie y est concentrée.

De 1940 jusqu'à la fin de la guerre, l'armée construit 21 000 ouvrages fortifiés[réf. nécessaire]. Cet ensemble de fortification présente la particularité d'être entièrement et astucieusement camouflé : faux rochers, fausses falaises, fausses cabanes ou maisons, fausses granges, etc.

Démantèlement[modifier | modifier le code]

Une partie des 7,6 km de galerie souterraine du fort d'artillerie de Furkels, Pfäfers, SG
Baraquement souterrain du fort d'artillerie de Furkels, Pfäfers, SG

Une bonne partie de ce dispositif, obsolète, coûteux et ne répondant plus aux exigences militaires, fut progressivement démantelée après guerre. Certaines constructions peuvent maintenant être visitées, comme le Fort de Pré-Giroud à Vallorbe.

D'autres forts importants ont toutefois été modernisés et sont toujours actifs, comme le Fort de Dailly sur la rive droite du Rhône près de Saint-Maurice (le Fort de Savatan étant maintenant occupé par l'Académie de Police et les galeries de la rive gauche ayant été abandonnées au début des années 1990). D'autres bunkers, en particulier ceux destinés à l'aviation et à l'artillerie, sont encore utilisés par l'Armée suisse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Sérié, « Dans le «gruyère» de la défense suisse », Le Figaro,‎ (consulté le 19 novembre 2010)