Réduction d'URL

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La réduction d'URL est une technique utilisée sur Internet qui permet de rendre une page accessible par l'intermédiaire d'une très courte URL.

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe général de la réduction d'URL consiste à assigner une clé unique de quelques caractères à une page web spécifique. Un utilisateur désirant se rendre sur cette page web peut ensuite simplement fournir cette clé à la suite du nom de domaine d'un tel service de réduction, qui le redirige (redirection d'URL) alors vers la page appropriée.

Par exemple, la page d'accueil de Wikipédia, dont l'URL est http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil, est codée avec la clé wikifr sur le service de réduction Ac-URL (soit : http://ac-url.fr/wikifr) ; il est donc possible d'y accéder en tapant simplement cette clé à la suite du nom de domaine.

Une clé est générée si un utilisateur du service en fait la demande pour une page spécifique. Les modalités de génération de cette clé varient suivant les implémentations :

  • Certains services générèrent les clés séquentiellement à partir des 26 lettres de l'alphabet latin et des 10 chiffres ;
  • D'autres proposent un nombre aléatoire ;
  • Enfin, certains offrent la possibilité à l'utilisateur de spécifier lui-même la clé.

Utilité[modifier | modifier le code]

Au même titre que la compression de données, réduire une adresse web (URL) permet d'économiser plusieurs octets. Cela offre quelques avantages parmi lesquels:

  • diminuer la taille des requêtes HTTP, sous condition (pour l'appel des pages) que le service de réduction d'URL proposé soit propre au site web et qu'il ne s'agisse pas d'un service de redirection (comme le proposent TinyURL ou Google url shortener). En réduisant la taille des liens hypertexte d'une page web on allège la taille de la page à charger, notamment si elle en contient plusieurs. Ce service s'avère indispensable pour les abonnés d'un fournisseur d'accès à internet ou d'un opérateur mobile dont l'accès à internet est limité.
  • rendre plus simple la lisibilité et mémorisation d'une adresse web au nombre d'attributs descriptifs (paramètres) conséquents et dont la taille peut rapidement atteindre une centaine de caractères. Par exemple, http://osm.org/go/G0ke520 est plus facile à retenir que http://www.openstreetmap.org/?lat=-27.1261&lon=-109.3503&zoom=13&layers=M.

Historique[modifier | modifier le code]

L'implémentation d'un service de réduction d'URL date d'au moins 2001, avec le lancement de makeashorterlink.com[1]. Cependant, le premier service notable, TinyURL, est lancé en 2002.

La popularité de TinyURL a influencé la création de plus d'une centaine de sites similaires[2]. La plupart fournissent exactement le même service, mais leur nom de domaine est souvent plus court. D'autres possèdent des fonctionnalités additionnelles, comme la génération de statistiques d'utilisation.

À l'origine, Twitter traduisait automatiquement les URL trop longues à l'aide de TinyURL. Depuis 2009, le site a utilisé bit.ly[3], jusqu'en octobre 2010. Depuis c'est le service interne t.co[4] qui remplace officiellement bit.ly comme réducteur d'URL pour ce service.

En 2010, Google lance son propre service: goo.gl[5].

Critiques[modifier | modifier le code]

Une URL réduite masque l'adresse originale. Par conséquent, il n'est pas possible d'être certain à l'avance du site vers lequel cette URL réduite redirige. Les services de réduction d'URL peuvent être utilisés afin de disperser du spam, de contraindre un utilisateur à accéder à un site malveillant ou choquant, ou simplement par plaisanterie (comme dans le cas du rickroll). Certains sites comme MySpace, Yahoo! Questions/Réponses ou Orkut ont bloqué l'utilisation de TinyURL sur leurs services.

TinyURL a lutté contre ce problème en offrant la possibilité de prévisualiser le site de destination au lieu d'y être redirigé directement. Des services[6] ou programmes[7] permettent également à l'utilisateur de connaître, avant de cliquer sur le lien, la véritable destination de l'URL.

Limites théoriques[modifier | modifier le code]

De façon générale, si un service de réduction d'URL utilise un jeu de r caractères et une longueur maximale de clé de n caractères (et minimale de 1 caractère), le nombre maximal de pages qu'il peut réduire est égal à \sum_{k=1}^{n} r^k = \frac{r\cdot(r^n-1)}{r-1}.

Un service comme TinyURL utilise les 26 lettres de l'alphabet et les 10 chiffres (soit 36 caractères) et une longueur maximale de 7 caractères ; il permet donc d'encoder un peu plus de 76 milliards de pages web distinctes. Bit.ly fait la distinction entre les lettres minuscules et majuscules, soit 62 caractères, et utilise actuellement une longueur de clé de 6 caractères, permettant de lier près de 58 milliards de pages.

TinyArro.ws et Doiop autorisent les caractères Unicode, permettant un nombre de liens énorme même pour de petites longueur de clé. Par exemple, même avec 2 caractères par clé, TinyArro.ws peut générer plusieurs milliards de combinaisons. Les caractères Unicode (non ASCII) nécessitent cependant au moins deux octets pour être encodés. Certains services (comme 1do.me ) exploitent la distribution de noms de domaines très courts pour garantir les meilleures réductions d’URL. Les limites théoriques pour un seul service sont donc multipliées selon la taille de la distribution.

Services proposant la réduction d'URL[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Comment thread 8916 », metafilter.com,‎ 10/06/2001 (consulté en 16/09/2009)
  2. (en) « 90+ URL Shortening Services », mashable.com,‎ 08/01/2008 (consulté en 16/09/2009)
  3. (en) J. Wortham, Bits, « Bit.ly Eclipses TinyURL on Twitter »,‎ 07/05/2009 (consulté en 16/09/2009)
  4. (en) Twitter, « http://t.co - Le raccourcisseur d'URL Twitter »
  5. Google étend la disponibilité de son raccourcisseur d'URL, Clubic, Audrey Oeillet, 4 octobre 2010
  6. http://www.progmatique.fr/services/unshorturl/index.html
  7. Firefox, « LongURL Mobile Expander »

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liste de services de réduction (shortening) d'URL (afin d'obtenir des adresses courtes), mêlés à des services de redirection d'URL :