Réaction paradoxale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Une réaction paradoxale, ou un « effet paradoxal », est l'effet d'un traitement médical, habituellement un médicament, qui est à l'opposé de l'effet qui est normalement attendu.

Un exemple de réaction paradoxale est quand un médicament prévu pour soulager la douleur, provoque une augmentation de la douleur.

L'effet paradoxal a été observé avec des anxiolytiques (benzodiazépines), des antidépresseurs, des sédatifs, des stimulants, des antipsychotiques, des antibiotiques, et des barbituriques.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Benzodiazépines.

Les benzodiazépines, une classe de médicaments psychoactifs, ont des propriétés hypnotiques, sédatives, anxiolytiques, antiépileptiques, et de relaxants musculaires ; mais elles peuvent aussi susciter des effets exactement opposés.

Les individus sensibles peuvent réagir à un traitement benzodiazépines par une augmentation de l'anxiété, de l'agressivité, de l'agitation, de la confusion, de la désinhibition, de la perte de contrôle concernant les impulsions, de la loquacité, des comportements violents, et même des convulsions. Les effets indésirables paradoxaux peuvent même conduire à un comportement criminel[1].

De graves changements de comportement causés par les benzodiazépines ont été rapportés, incluant: la manie, la schizophrénie, la colère, l'impulsivité et l'hypomanie[2].

Dans une lettre au British Medical Journal, il a été signalé qu'une forte proportion de parents dénoncés pour maltraitance sur mineur (effective ou sous forme de menace), prenaient des médicaments au moment de la maltraitance, souvent une combinaison de benzodiazépines et d'antidépresseurs tricycliques. Beaucoup de mères décrivent qu'au lieu de se sentir moins anxieuses ou moins déprimées, elles sont devenues plus hostiles et plus ouvertement agressives envers l'enfant ainsi qu'envers les autres membres de la famille tout en consommant des tranquillisants. L'auteur met en garde sur les contraintes environnementales ou sociales, telles que la difficulté à faire face à un bébé qui pleure, qui combinées avec les effets des tranquillisants peuvent précipiter un événement de maltraitance sur mineur[3].

L'auto-agression a été signalée, et il a été démontré que le diazépam, une benzodiazépine, augmente le désir des sujets de se faire du mal[4].

Antidépresseurs[modifier | modifier le code]

Rarement, les antidépresseurs peuvent entrainer chez les utilisateurs des comportements violents ou des compulsions suicidaires, ce qui est à l'opposé de l'effet attendu et peut être considéré comme une réaction paradoxale[5].

Les enfants et les adolescents sont plus sensibles aux réactions paradoxales d'automutilation et d'idées suicidaires pendant un traitement antidépresseur, mais les cas sont très rares[6].

Antipsychotiques[modifier | modifier le code]

La chlorpromazine, un médicament antipsychotique et antiémétique, qui est classé comme tranquillisant, peut entraîner des effets paradoxaux tels que l'agitation, l'excitation, l'insomnie, des rêves bizarres, l'aggravation des symptômes psychotiques et des états confusionnels toxiques[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bramness JG, Skurtveit S, Mørland J, « Flunitrazepam: psychomotor impairment, agitation and paradoxical reactions », Forensic Sci Int, vol. 159, nos 2–3,‎ , p. 83–91. (PMID 16087304, DOI 10.1016/j.forsciint.2005.06.009, lire en ligne)
  2. (en) Cole JO et Kando JC., « Adverse behavioral events reported in patients taking alprazolam and other benzodiazepines », The Journal of clinical psychiatry, vol. 54(Suppl:49–61),‎ , p. 62–3. (PMID 8262890)
  3. (en) « Letter: Tranquilizers causing aggression », British medical journal, vol. 1, no 5952,‎ , p. 266 (PMID 234269, PMCID PMC1672080, DOI 10.1136/bmj.1.5952.266)
  4. (en) Berman ME, Jones GD, McCloskey MS, « The effects of diazepam on human self-aggressive behavior », Psychopharmacology (Berl.), vol. 178, no 1,‎ , p. 100–6 (PMID 15316710, DOI 10.1007/s00213-004-1966-8)
  5. (en) Teicher MH, Glod C, Cole JO, « Emergence of intense suicidal preoccupation during fluoxetine treatment », Am J Psychiatry, vol. 147, no 2,‎ , p. 207–10 (PMID 2301661)
  6. (en) King RA, Riddle MA, Chappell PB, et al., « Emergence of self-destructive phenomena in children and adolescents during fluoxetine treatment », J Am Acad Child Adolesc Psychiatry, vol. 30, no 2,‎ , p. 179–86 (PMID 2016219, DOI 10.1097/00004583-199103000-00003)
  7. « Chlorpromazine - Adverse Effects- Behavioral Reactions »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  8. (en) « Product Monograph, Pr Teva-Chlorpromazine », sur tevacanada, (consulté le 10 février 2015)