Règle de Bergmann

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La règle de Bergmann est, en zoologie, un principe observé au sein d'un clade, qui corrèle la température de l'environnement avec la masse du corps chez les animaux endothermes, ceux dont la température intérieure est indépendante du milieu.

Généralités[modifier | modifier le code]

Parmi les mammifères et les oiseaux, les individus d'un taxon (type) particulier tendent à avoir une masse corporelle plus importante dans les climats froids que ceux qui sont natifs d'une contrée plus chaude. Par exemple les chevreuils à queue blanche sont plus grands au Canada que dans les Keys de Floride. Les cas des sangliers, des manchots ou des ours sont également fréquemment cités.

Cette règle empirique est nommée d'après le biologiste allemand du XIXe siècle Carl Bergmann. Elle s'explique souvent par le fait que les proportions corporelles jouent un rôle important dans la thermorégulation et l'adaptation au climat, les plus grands animaux ayant un rapport entre surface et volume du corps plus petit, si bien qu'ils irradient moins de chaleur corporelle. Néanmoins, cette règle comporte de nombreuses exceptions connues. Bien que formulée au départ pour des types d'animaux considérés comme une espèce d'un même genre, la règle est aujourd'hui fréquemment appliquée aux sous-espèces ou variétés d'une même espèce. De plus, on la retrouve parfois pour des animaux ectothermes.

F. Delpech, qui cite le cas du Cervus simplicidens, du renne[1], de la hyène des cavernes et d'autres animaux[2], note que les températures froides amènent un environnement steppique, des tailles d'individus plus grandes et des populations moins importantes ; tandis que les températures plus clémentes correspondent à un habitat forestier, des tailles d'individus plus petites et des populations plus importantes[1]. Elle constate que « la mise en place de la forêt, qu'il s’agisse de la taïga ou de la forêt caducifoliée, entraîne toujours une baisse de la biomasse des ongulés », et que la réduction importante de taille des carnivores est en corrélation avec la raréfaction du gibier[2].

Critiques[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas encore de consensus scientifique quant à l'existence de cette règle[3]. Cela est dû en grande partie à la confusion qui règne quant au niveau taxonomique auquel elle est censée s’appliquer et à l'amalgame entre les facteurs en cause dans les mécanismes évolutifs et écologiques sous-jacents à cette règle[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [Delpech 2020] Françoise Delpech, « Biostratigraphie et datations de la fin des temps glaciaires. Nouvelles visites des faunes de quelques gisements du Grand Sud-ouest de la France », Paléo, vol. 30, no 2,‎ , p. 92-106 (lire en ligne [sur journals.openedition.org], consulté en avril 2021), paragr. 41.
  2. a et b Delpech 2020, paragr. 42.
  3. [Atkinson 1994] (en) David Atkinson, « Temperature and Organism Size—A Biological Law for Ectotherms ? », Advances in Ecological Research, vol. 25,‎ , p. 1-58 (DOI 10.1016/S0065-2504(08)60212-3, lire en ligne [sur researchgate.net]).
  4. [Blackburn et al. 1999] (en) Tim M. Blackburn, Kevin J. Gaston et Natasha Loder, « Geographic gradients in body size: A clarification of Bergmann's rule », Diversity and Distributions, vol. 5, no 4,‎ , p. 165-174 (DOI 10.1046/j.1472-4642.1999.00046.x, lire en ligne [sur onlinelibrary.wiley.com]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]