Quiscale bronzé

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Quiscalus quiscula

Quiscalus quiscula
Description de cette image, également commentée ci-après
Quiscale bronzé
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Icteridae
Genre Quiscalus

Espèce

Quiscalus quiscula
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( NT )
NT  : Quasi menacé

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
bleu: zone de nidification
vert: présent toute l'année

Le Quiscale bronzé (Quiscalus quiscula) est une grande espèce d'oiseau de la famille des Icteridae, résidant dans l'est de l'Amérique du Nord.

Description[modifier | modifier le code]

Le quiscale bronzé est un oiseau de couleur sombre, mesurant entre 28 et 34 cm de long. Les oiseaux adultes ont un bec grand et noir, les yeux jaunes, et une queue longue[1] ; son plumage irisé se caractérise par la tête bleue et le corps de couleur bronze. Les femelles sont un peu moins grandes et moins luisantes. Les juvéniles sont plutôt bruns, ternes, avec des iris jaunes[2].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

Sa population s'étend rapidement, et il est devenu l'une des espèces les plus proéminentes d'Amérique du Nord durant ces 50 dernières années. Le quiscale bronzé est répandu à travers l'est de l'Amérique du Nord. On le retrouve toute l'année dans la moitié est des États-Unis. Les populations situées au nord de l'Iowa et à l'est du Texas et du Kansas sont migratrices. On le trouve dans une large partie du Canada, jusqu'au nord de l'Alberta. On peut également le trouver dans une petite partie du nord-ouest du Mexique[2].

Migration[modifier | modifier le code]

Les populations du nord et de l'est sont migratoires, quittant leur lieu de reproduction entre août et début décembre, parcourant entre 200 et 1 000 km en fonction de la latitude de départ. Il repart de ses quartiers d'hiver à partir de la mi-février, achevant sa migration avant la fin avril[2].

Il se déplace en journée, souvent en nuée mixte avec d'autres oiseaux comme l'étourneau sansonnet, la carouge à épaulettes ou le vacher à tête brune. Les nuées peuvent atteindre plusieurs centaines d'individus[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

Le quiscale bronzé occupe une large gamme d'habitats ouverts avec quelques arbres, incluant les forêts ouvertes ou les lisières ; on peut aussi le trouver dans des marais[3]. Il n'apprécie pas les forêts trop denses[4]. On peut le retrouver proche des habitations humaines, dans les parcs, les cimetières ou les plantations de conifères[5]. Il occupe des habitats similaires lors de sa migration, se regroupant en larges dortoirs rassemblant des centaines de milliers d'individus[2].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le Quiscale bronzé a un régime alimentaire diversifié (majoritairement graines et céréales, insectes, et moins fréquemment vers, grenouilles, poissons[6], souris, œufs et oisillons[7]) en plus de visiter les mangeoires[8]. Durant la saison de la reproduction, il privilégie les invertébrés ; il se nourrit plutôt de matières végétales pendant la migration et durant l'hiver. Il est très opportuniste et trouve facilement de quoi subsister[2].

Il se nourrit principalement au sol, utilisant son bec pour fouiller la terre, mais aussi dans la végétation environnante. Il est souvent en groupe avec d'autres espèces de la même famille ou des étourneaux[2].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La période de reproduction début à la fin du mois de mars, période à laquelle les quiscales forment des couples monogames. La femelle construit le nid, fréquemment situé proche de l'eau, dans les branches de conifères[2]. Il s'agit d'un nid en bol, constitué de jeunes pousses, de feuilles et d'herbes fines, et doublé de boue séchée recouverte de poils d'herbes plus douces[9]. Il peut aussi y incorporer de nombreux matériaux différents, incluant par exemple du tissu, des fils, des plumes ou de l'écorce[2].

La femelle pond entre 1 et 7 œufs, avec une couleur plutôt bleu clair ou gris, mais pouvant varier du blanc au brun. Elle les couve seule, sur une durée entre 13 et 14 jours[2] ; une partie des mâles désertent à cette période[10]. Les jeunes quiscales quittent généralement le nid entre 12 et 15 jours après l'éclosion, continuant à être nourris par les adultes pendant plusieurs semaines par la suite[11].

Prédation et parasitisme[modifier | modifier le code]

Le vacher à tête brune est susceptible de parasiter les couvées des quiscales bronzés ; cependant, les occurrences du parasitisme sont rares, et souvent sans effet sur les couvées du quiscale, dont les juvéniles sont sensiblement plus gros que les petits vachers. Le quiscale est aussi capable de rejeter les œufs de vacher et a un comportement agressif s'il repère un vacher à proximité du nid. Il semble que le quiscale ait été plus apte à rejeter les œufs parasites par le passé, ce qui explique que les vachers le parasitent plus rarement[12].

Systématique[modifier | modifier le code]

Le quiscale bronzé est représenté par trois sous-espèces[13],[2] :

  • Quiscalus quiscula quiscula (Linnaeus, 1758) : Occupe le sud de l'aire de répartition, du sud-est de la Louisiane au sud-est de la Caroline du Sud et en Floride. Son dos est vert sombre et sa queue bleu-vert, avec une tête plutôt violette et un ventre violet-bleu.
  • Quiscalus quiscula versicolor (Vieillot, 1819) : Occupe la majeure partie de l'aire de répartition, au nord et à l'ouest d'une ligne reliant la Louisiane et la Nouvelle-Angleterre. Sa couleur bronzée est assez uniforme, avec une queue légèrement violette et une tête bleu-vert. Il s'agit de la sous-espèce la plus migratrice.
  • Quiscalus quiscula stonei (Chapman, 1935[14]) : La répartition n'est pas bien connue, mais serait entre le sud-est de l'État de New York à l'Alabama et au centre de la Louisiane. Son dos et ventre sont violets, sa queue bleu-vert.

Le quiscale bronzé et l'humain[modifier | modifier le code]

Conservation[modifier | modifier le code]

Le quiscale bronzé est classé comme "quasi-menacé" par l'UICN, en raison d'une récente étude qui suggère une forte diminution des populations par rapport aux niveaux historiques (passant de 190 millions en 1977 à 70 millions en 2011). Les études sur le déclin ou l'augmentation des populations de quiscales sont cependant conflictuelles[15].

Il bénéficie fortement de la présence humaine et de la déforestation pour l'agriculture. Se nourrissant de graines et de fruits, il est considéré comme indésirable par les agriculteurs nord-américains[16].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brûlotte, Suzanne., Les oiseaux du Québec : guide d'initiation, Broquet, 2001, c2000 (ISBN 2-89000-535-6 et 9782890005358, OCLC 46618753, lire en ligne), p. 172
  2. a b c d e f g h i j et k (en) Brian D. Peer et Eric K. Bollinger, « Common Grackle (Quiscalus quiscula), version 1.0 », Birds of the World,‎ (DOI 10.2173/bow.comgra.01, lire en ligne, consulté le )
  3. Erskine, A. J., « Some new perspectives on the breeding ecology of Common Grackles », Wilson Bulletin,‎ (lire en ligne [PDF])
  4. (en) Peterjohn, B. G., The Birds of Ohio, Bloomington, IN, USA, Indiana University Press,
  5. (en) Homan, H. J., « Nest-site selection by Common Grackles (Quiscalus quiscula) in Benson County, North Dakota. », North Dakota State Univ., Fargo,‎
  6. (en) F. G. Whoriskey et G. J. Fitzgerald, « The effects of bird predation on an estuarine stickleback (Pisces: Gasterosteidae) community », Canadian Journal of Zoology, vol. 63, no 2,‎ , p. 301–307 (ISSN 0008-4301 et 1480-3283, DOI 10.1139/z85-046, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Sealy, S. G., « Observed acts of egg destruction, egg removal, and predation on nests of passerine birds at Delta Marsh, Manitoba », Canadian Field-Naturalist,‎ , p. 108:41-51
  8. Jean Paquin et Ghislain Caron, Oiseaux du Québec et des Maritimes, Waterloo, Éditions Michel Quintin, , 390 p. (ISBN 2-89435-101-1), p. 363
  9. (en) Maxwell II, G. R., « Pair formation, nest building, and egg laying of the Common Grackle in northern Ohio », Ohio Journal of Science,‎ , p. 70:284-291
  10. Wiley, R. H., « Affiliation between the sexes in Common Grackles I: specificity and seasonal progression », Zeitschrift für Tierpsychologie,‎ , p. 40:59-79
  11. (en) Howe, H. F., « Egg size, hatching asynchrony, sex and brood reduction in the Common Grackle », Ecology,‎ , p. 57:1195-1207
  12. Brian D. Peer et Eric K. Bollinger, « Explanations for the Infrequent Cowbird Parasitism on Common Grackles », sur academic.oup.com, The Condor, (DOI 10.2307/1370233, consulté le )
  13. (en) « Quiscalus quiscula (Common Grackle) - Avibase », sur avibase.bsc-eoc.org (consulté le )
  14. (en) Frank M. Chapman, « Further Remarks on the Relationships of the Grackles of the Subgenus Quiscalus », sur academic.oup.com, The Auk, (DOI 10.2307/4077103, consulté le )
  15. (en) Matthew D. Strassburg, « The Evaluation of Christmas Bird Counts as an Indicator of Population Trends and Habitat Selection in Blackbirds and Starlings », Mémoire de Master,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Richard A. Dolbeer, « Blackbirds and Corn in Ohio », USDA Wildlife Services - Staff Publications,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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