Quinidine

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Quinidine
Image illustrative de l’article Quinidine
Identification
Nom UICPA (9S)-6'-méthoxycinchonan- 9-ol
No CAS 56-54-2
No ECHA 100.000.254
No EC 200-279-0
Code ATC C01BA01
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C20H24N2O2  [Isomères]
Masse molaire[2] 324,4168 ± 0,0187 g/mol
C 74,05 %, H 7,46 %, N 8,64 %, O 9,86 %,
pKa 8.56 (25 °C)[1]
Propriétés physiques
fusion 174 °C[1]
Solubilité 140 mg·L-1 (eau, 25 °C)[1]
Écotoxicologie
DL50 535 mg·kg-1 (souris, oral)
53,6 mg·kg-1 (souris, i.v.)
135 mg·kg-1 (souris, i.p.)[1]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La quinidine est un médicament qui agit comme antiarythmique de classe I sur le cœur. C'est un stéréoisomère de la quinine, dérivé originellement de l'écorce de quinquina.

Comme tous les antiarythmiques de classe I, la quinidine agit primairement en bloquant le courant rapide d'entrée du sodium (INa). Les effets de la quinidine sur INa est appelé bloc dépendant de l'usage.

Découverte de la quinidine[modifier | modifier le code]

Une douzaine d'années après la découverte de deux principes actifs de l'écorce de quinquina (la quinine et la cinchonine) par Pelletier et Caventou, Henry fils et A. Delondre annoncent en 1833 à la Société de pharmacie « qu'ils ont découvert dans le quinquina jaune une nouvelle substance alcaloïde qu'ils se proposent d'appeler quinidine[3]. »

Action pharmacologique[modifier | modifier le code]

Actuellement, la quinidine est produite essentiellement par hémisynthèse à partir de la quinine.

C'est l'antiarythmique le plus ancien. Elle est en outre souvent utilisée pour traiter les dysfonctions de la mamelle.

Cette molécule est un antifibrillant[4], placé dans la classe Ia des « stabilisants de membrane ». Elle agit en déprimant le courant entrant sodique rapide des cellules cardiaques et rend les cellules moins excitables : effet bathmotrope négatif.

Quinidine
Noms commerciaux
  • Kinidine Durettes (Belgique),
  • Kinidin-Duriles (Suisse),
  • Longacor (France)
Classe Antiarythmique
Autres informations Sous classe : Antiarythmique classe Ia

Utilisations[modifier | modifier le code]

Historiquement utilisée dans la prévention de la récidive de la fibrillation auriculaire, elle a été supplantée par les antiarythmiques de classe IC (Flécaïnide, cibenzoline, propafénone), surtout devant une suspicion d'une augmentation de la mortalité[5].

Elle retrouve une actualité dans le traitement de certains troubles du rythme cardiaque. Ainsi, dans le syndrome de Brugada, elle permet de réduire l'induction d'un trouble du rythme ventriculaire[6] et permet d'apaiser les « orages rythmiques »[7]. Elle réduit le risque de récidive d'une fibrillation ventriculaire idiopathique, du moins lors d'une exploration électrophysiologique de déclenchement[8] et serait efficace en cas de troubles rythmiques secondaires à une repolarisation précoce[9] ou d'un syndrome du QT court[10].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Le principal est le prolongement de l'intervalle QT sur l'électrocardiogramme, avec le risque de survenue de torsades de pointe, particulièrement en cas de cœur lent (bradycardie) ou de taux sanguin bas du potassium (hypokaliémie)[11].

Marché[modifier | modifier le code]

La molécule n'est plus produite par son principal fabriquant, le laboratoire AstraZeneca depuis 2006. Elle est encore synthétisée par plusieurs laboratoires (dont Sanofi en France) mais il existe une pénurie dans certains pays, même occidentaux[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Quinidine », sur ChemIDplus, consulté le 8 février 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) « Séance du 2 octobre 1833, Société de pharmacie », Journal de chimie médicale, de pharmacie et de toxicologie, vol. tome 9,‎
  4. Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales, , 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)
  5. Lafuente-Lafuente C, Mouly S, Longas-Tejero MA et al. Antiarrhythmic drugs for maintaining sinus rhythm after cardioversion of atrial fibrillation: a systematic review of randomized controlled trials, Arch Intern Med, 2006;166:719–728
  6. Belhassen B, Glick A, Viskin S, Efficacy of quinidine in high-risk patients with Brugada syndrome, Circulation, 2004;110:1731-1737
  7. Haghjoo M, Arya A, Heidari A, Sadr-Ameli MA, Suppression of electrical storm by oral quinidine in a patient with Brugada syndrome, J Cardiovasc Electrophysiol, 2005;16:674
  8. Belhassen B, Glick A, Viskin S, Excellent long-term reproducibility of the electrophysiologic efficacy of quinidine in patients with idiopathic ventricular fibrillation and Brugada syndrome, Pacing Clin Electrophysiol, 2009;32:294-301
  9. Haissaguerre M, Sacher F, Nogami A, Characteristics of recurrent ventricular fibrillation associated with inferolateral early repolarization role of drug therapy, J Am Coll Cardiol, 2009;53:612-619
  10. Kaufman ES, Quinidine in short QT syndrome: an old drug for a new disease, J Cardiovasc Electrophysiol, 2007;18:665-666
  11. Roden D, Woosley R, Primm R, [Roden D., Woosley R., Primm R.; Incidence and clinical features of the quinidine-associated long QT syndrome: Implications for patient care. Am Heart J. 1986;111:1088-1093. Incidence and clinical features of the quinidine-associated long QT syndrome: Implications for patient care, Am Heart J, 1986;111:1088-1093.
  12. Viskin S, Wilde AA, Guevara-Valdivia ME et al. Quinidine, a life-saving medication for Brugada syndrome, is inaccessible in many countries, J Am Coll Cardiol, 2013;61:2383-2387

Articles connexes[modifier | modifier le code]