Quentin Durward

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Quentin Durward
ou l’Écossais à la cour de Louis XI
Auteur Walter Scott
Pays Drapeau de l'Écosse Écosse
Genre roman historique
Version originale
Langue anglais
scots des Lowlands
Titre Quentin Durward
Éditeur Hurst, Robinson
Lieu de parution Londres
Date de parution
Version française
Traducteur Defauconpret
Éditeur Gosselin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1823
Type de média 4 vol. in-12
Chronologie

Quentin Durward est un roman historique de l'auteur écossais Walter Scott, paru en 1823. À travers un épisode de la lutte entre Louis XI et Charles le Téméraire, il évoque le déclin de l'esprit de chevalerie qui animait le système féodal. Le réalisme politique s'impose. Le centralisme se met en place.

Un jeune archer écossais, au service du roi de France, est le témoin d'événements majeurs de l'année 1468. Louis XI craint une alliance entre Charles le Téméraire et le beau-frère de celui-ci, le roi d'Angleterre. Voulant négocier avec son bouillant vassal, il se rend imprudemment à Péronne, sous faible escorte. Deux jours plus tard, Charles apprend la révolte des Liégeois et l'assassinat du prince-évêque, son cousin et protégé. Fou de rage, il soupçonne Louis XI d'avoir fomenté ces désordres. Le roi, retenu prisonnier, se trouve en danger de mort.

Une scène du roman inspire à Delacroix un de ses plus tumultueux chefs-d'œuvre, L'Assassinat de l'évêque de Liège.

Genèse[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

L'auteur s'inspire principalement des Mémoires de Commynes[1], « source historique d'une très grande valeur[2] ». Commynes est pendant sept ans au service de Charles le Téméraire[1]. On arrive à déterminer son rôle à Péronne grâce à la Chronique scandaleuse attribuée à Jean de Roye[3]. Commynes joue « certainement un rôle de modérateur[4] » : il permet sans doute au roi de se sortir à moindres frais de ce mauvais pas. Quatre ans plus tard, Commynes devient conseiller de Louis XI. Il le suit jusqu'à la fin de son règne[5].

Scott tire profit également de la lecture du journal de voyage de James Skene, un ami qui revient de France. Ce journal contient des illustrations qui guident Scott dans ses descriptions très précises, par exemple dans celle du château de Plessis-lèz-Tours[6].

Écriture[modifier | modifier le code]

Peveril du Pic paraît le . La correspondance de Scott donne à penser qu'il commence à écrire Quentin Durward à la mi-janvier[1]. Il comprend qu'en France, après les bouleversements révolutionnaires et napoléoniens, il existe un grand intérêt pour Louis XI, dont le règne marque le déclin de la féodalité et la naissance du premier État centralisé des temps modernes[1]. Il s'agit de la première fiction de Scott dont l'action se déroule sur le continent. L'auteur espère ainsi dérouter la meute des imitateurs qui explorent inlassablement après lui l'histoire de l'Écosse et de l'Angleterre[7].

Il écrit très vite puisque, le , deux des trois volumes sont déjà sous presse[8]. Ce mois-là, Scott est très affecté par la mort de son frère Tom. Elle fait de lui le dernier survivant d'une fratrie de douze filles et garçons. Le rythme d'écriture se ralentit. En avril, l'auteur décide de retrancher une partie de l'évocation historique de son roman. Il en réserve la matière pour Anne de Geierstein, qu'il va écrire six ans plus tard, et qui va évoquer les guerres de Bourgogne (1674-1677).

Vers la fin avril, l'imprimeur Ballantyne juge la fin du roman trop abrupte. Scott la revoit, et le livre est terminé le . Scott l'intitule Durward. C'est l'éditeur Constable qui suggère d'ajouter le prénom[1].

Publication[modifier | modifier le code]

Un ouvrage anonyme paru deux ans plus tôt, Letters to Richard Heber, esq., a démontré que l'auteur des Waverley Novels ne pouvait être que Walter Scott[9]. La véritable identité de « l'auteur de Waverley » est donc en 1823 un secret de Polichinelle, d'autant que les traductions vendues sur le continent portent depuis longtemps la signature Walter Scott. Mais l'auteur persiste à croire à son incognito. Il signe toujours « l'auteur de Waverley »[10].

Quatre mois seulement après Peveril du Pic, le , Quentin Durward, « par l'auteur de Waverley, Peveril du Picetc. », paraît à Londres, chez Hurst et Robinson. Il paraît deux jours plus tard à Édimbourg chez Archibald Constable[1].

Les introductions[modifier | modifier le code]

La première édition s'ouvre sur une de ces introductions bouffonnes et verbeuses qu'affectionne Scott. Il prétend avoir rencontré sur les bords de Loire un certain marquis de Haut-Lieu ayant des ancêtres écossais. C'est dans la bibliothèque de ce vieux gentilhomme qu'il découvre des mémoires familiaux « composés en grande partie sur les renseignements donnés par Quentin Durward ». Ces mémoires lui permettent d'écrire « cette histoire véritable »[11].

En 1831, Scott rédige une introduction plus conventionnelle pour l'édition Magnum Opus. Il raconte comment, dès le XIVe siècle, les « principes extravagants et exclusifs d'honneur et de vertu » qu'inspire l'idéal chevaleresque commencent à être traités ouvertement d'« absurdes », car « jetés dans un moule trop parfait pour être mis en pratique par des êtres imparfaits[12] ». Au XVe siècle, l'ambitieux, cupide, égoïste et déloyal Louis XI ne va pas manquer de « ridiculiser » les derniers principes d'abnégation, de générosité, d'oubli de soi-même hérités de la chevalerie. Quand ces vertus subsistent dans l'un de ses adversaires, Louis sait en tirer profit dans la négociation : l'adversaire se regarde comme « engagé », tandis que Louis se considère comme « libre »[13]. Scott n'hésite pas à comparer ce « démon froid et railleur » au Méphistophélès de Goethe, qui rabaisse tout ce dont on ne tire pas un avantage personnel[14].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Comme dans ses autres romans historiques, Scott montre l'ordre ancien s'apprêtant à céder la place à l'ordre nouveau. Ici, les lois morales de la chevalerie perdent pied devant le réalisme politique. La rivalité entre le duc de Bourgogne et le roi de France, dit Isabelle Durand-Le Guern, « exprime l’opposition entre deux tendances présentes à l’époque : Charles représente un Moyen Âge féodal, fondé sur l’héroïsme et les valeurs guerrières de la chevalerie, alors que Louis XI est une figure de la modernité, soucieux qu’il est de maintenir l’unité du royaume et de faire cesser les dissidences de ses vassaux[15]. »

Les archers de la garde écossaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Garde écossaise (France).

Les nobles de France étant d'une fidélité douteuse, Charles VI choisit de s'entourer d'une garde de gentilshommes écossais[16]. Chargés de la sûreté de la personne royale, les archers de la garde bénéficient de privilèges honorifiques, d'un équipage somptueux et d'une forte paye. Chacun a le droit d'entretenir un écuyer, un page et un varlet recrutés parmi des cadets d'excellente famille écossaise aspirant à devenir à leur tour archers. Il a en outre deux serviteurs, recrutés dans le peuple écossais : l'un est le coutelier, chargé d'expédier les adversaires que son maître a renversés dans la mêlée[17].

La famille de Croÿ[modifier | modifier le code]

Le nom de l'héroïne, Isabelle de Croye, fait songer à celui des Croÿ. Mais il y a très peu de ressemblances entre les deux familles. Antoine Ier de Croÿ, d'obscure noblesse picarde, est un conseiller très influent de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui couvre sa famille de charges, de titres et de bienfaits[18]. La puissance de cette famille suscite la rage de Charles le Téméraire, qui est tenu écarté du pouvoir[19]. En 1465, il obtient de son père le bannissement des Croÿ. La plupart trouvent refuge à la cour de France. Dans Quentin Durward, le comte Reinold de Croye est un guerrier, un « fidèle et loyal serviteur » de Charles. Après sa mort, sa fille Isabelle refuse le mari que veut lui donner Charles. Elle s'enfuit en France pour demander la protection de Louis XI.

La principauté de Liège[modifier | modifier le code]

Peinture. Portrait de trois quarts. Béret noir. Vêtu de violet. Barbe noire. Inscription « 1456 LODOVIC. BORBON. » Armoiries.
Louis de Bourbon, évêque de Liège, en 1456.

Depuis saint Hubert (706-727), les évêques de Tongres résident à Liège. C'est sous l'épiscopat de Richer (920-945) que l'on trouve la première mention d'« évêque de Liège »[20]. En 985, l'impératrice régente Théophano concède le comté de Huy à l'évêque Notger. Ainsi naît la principauté épiscopale de Liège[21], État du Saint-Empire romain. Les habitants de Liège forment une commune. En 1111, pour la première fois, il est fait mention d'un maïeur[22]. Le pouvoir épiscopal se heurte aux Liégeois. Leurs soulèvements sont incessants.

En 1456, Louis de Bourbon devient prince-évêque. Il est le neveu et le protégé de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. En rivalité avec la maison de Bourgogne, Louis XI finance les révoltes des Liégeois[23].

Le , un traité d'alliance est conclu entre la France et les Liégeois, contre la Bourgogne. En , les Liégeois sont vaincus à Montenaken par Charles le Téméraire, alors comte de Charolais. Le pape Paul II restitue à Louis de Bourbon l'autorité spirituelle et temporelle que lui avaient retirée les bourgeois. Mais le prince-évêque se trouve désormais sous la suzeraineté du duc de Bourgogne, gardien et haut avoué héréditaire de la principauté[24]. En 1467, les milices communales liégeoises sont défaites à Brustem par Charles le Téméraire, devenu duc de Bourgogne.

Le , les Liégeois entrent dans Tongres. Le lendemain, ils capturent l'évêque[24].

L'entrevue de Péronne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de Péronne (1468).

Le , deux ans après la ligue du Bien public, Charles le Téméraire forme une nouvelle ligue de princes contre Louis XI[25]. Celui-ci, par les états généraux de Tours () et par le traité d'Ancenis (), obtient que son frère Charles et François II de Bretagne rompent leur alliance avec Charles le Téméraire[26]. Le roi se trouve maintenant en meilleure position pour négocier avec le duc de Bourgogne. Celui-ci vient en effet — malgré toutes les manigances de Louis XI[27] — d'épouser la sœur du roi d'Angleterre, et ce rapprochement a de quoi inquiéter le roi de France. Louis préfère assurer la paix.

Charles le Téméraire rassemble des troupes contre la France à Lihons, au sud-ouest de Péronne[28]. L'armée française est plus puissante[29], mais Louis XI tient à privilégier la voie diplomatique. Comme les négociations traînent en longueur[30], il prend le risque considérable, le , de se rendre lui-même à Péronne (où Charles se trouve depuis quatre jours[28]) sous faible escorte, se mettant à la merci de son impétueux adversaire[30].

Les pourparlers s'engagent. Mais, le au soir, la nouvelle de l'insurrection des Liégeois arrive à Charles[31]. La présence à Liège d'agents de Louis XI lui est signalée[32]. Une rumeur lui fait même croire que son cousin et protégé, l'évêque de Liège, a été assassiné[33]. Charles entre en fureur contre Louis, qu'il soupçonne d'avoir tout orchestré. Il le retient prisonnier plusieurs jours, envisageant de le tuer. Pour sauver sa liberté — et peut-être sa vie —, Louis XI est contraint d'accepter un traité déshonorant. Suprême humiliation, il doit même participer à l'expédition punitive de Charles contre les Liégeois[34]. Ces derniers sont vaincus le . Louis XI quitte les lieux le . Le lendemain, commence la destruction de Liège. Elle va durer sept semaines[24].

Lieux du récit[modifier | modifier le code]

Plessis-lèz-Tours[modifier | modifier le code]

Le récit débute près du château de Plessis-lèz-Tours, résidence favorite de Louis XI. Cet édifice est presque entièrement détruit après la Révolution. Il ne reste aujourd'hui que la partie sud (restaurée aux XIXe et XXe siècles) du logis royal[35]. Le château se trouve à La Riche, en banlieue ouest de Tours.

La résidence de l'évêque de Liège[modifier | modifier le code]

Commynes rapporte qu'en 1468 Louis de Bourbon est capturé dans la ville de Tongres[33], à 32 km au nord-ouest de Liège. Dans le roman, l'évêque de Liège est réfugié dans un château que Scott appelle Schonwaldt, et qu'il situe à 1,6 km de Liège.

La prise de Tongres en 1468 ne doit pas être confondue avec un événement de l'année précédente, dont Scott s'inspire également : les Liégeois assiégeaient leur évêque dans le Tchestia, l'ancien château de Huy[36] (démoli à partir de 1717[37]), résidence des évêques, à 40 km au sud-ouest de Liège. Cette fois-là, Louis de Bourbon avait réussi à fuir.

La grosse tour du château de Péronne[modifier | modifier le code]

Rempart et tour. En arrière-plan, une église.
Le château de Péronne.

À la fin de l'été 1468, l'armée royale se tient à Pont-Sainte-Maxence, dans le Valois. Louis XI est à Compiègne[30]. Le Téméraire rassemble ses troupes plus au nord, dans le Vermandois, non loin de Péronne : sur les bords de Somme, entre Éclusier et Cappy ; puis, à partir du , à Lihons[38]. À partir du , Charles lui-même est à Péronne.

Le premier château en pierre de Péronne est construit à la fin du IXe siècle[39]. Charles le Simple, prisonnier d'Herbert II de Vermandois depuis 925, y est transféré en 928. Il y reste jusqu'à sa mort, en 929[40] (il n'est pas assassiné[41]). Le château dans lequel séjourne Louis XI date de 1204. Selon Commynes, « le roy […] se voyait logé rasibus[42] d'une grosse tour, où un comte de Vermandois fit mourir un sien prédécesseur roy de France[33]. » Louis XI est donc logé tout près d'une grosse tour — et non à l'intérieur, comme dans le roman. Mais, dit Commynes, si Charles avait trouvé auprès de lui des gens prêts à lui conseiller de faire un mauvais sort au roi, « pour le moins il l'aurait mis dans cette grosse tour[43] ». On n'en sait pas plus concernant la tour. S'agissait-il d'un vestige du IXe siècle ? Ou bien la tradition locale voyait-elle dans une tour du XIIIe siècle la geôle de Charles le Simple ? La tour dont parle Commynes est détruite lors du siège de 1536. Sur son emplacement, on construit un donjon quadrangulaire, toujours visible[44].

Dans le roman, Charles le Simple a bel et bien été détenu et assassiné dans la « tour du comte Herbert[45] » ; on sait par quel escalier dérobé les meurtriers sont venus ; on voit toujours le sang sur le parquet ; et c'est dans cette même tour qu'est enfermé un Louis XI semblant promis au même sort.

Dates du récit[modifier | modifier le code]

Les anachronismes sont nombreux dans Quentin Durward, et pour la plupart volontaires : il s'agit, pour des raisons d'intérêt dramatique, de concentrer l'action sur une courte période (un peu plus d'un mois) ou de faire intervenir certains personnages historiques[46].

Le récit se déroule en 1468. Il débute deux jours avant la Saint-Martin[47], soit le . C'est une erreur, puisque les événements historiques relatés par la suite ont lieu en (Scott n'en précise pas les dates). Historiquement, Louis XI arrive à Péronne le . L'insurrection liégeoise se déclenche le soir même. Le , les Liégeois capturent l'évêque de Liège[31]. Le au soir, Charles apprend la nouvelle de l'insurrection[31]. Il retient Louis XI prisonnier. Le , a lieu une entrevue extrêmement tendue entre les deux hommes. Ils jurent un traité de paix. Le , ils quittent ensemble Péronne.

Scott vieillit Anne de Beaujeu, Jeanne de France et Louis d'Orléans (le futur Louis XII). Il en fait des adultes. En 1468, Anne n'a que sept ans, Jeanne quatre ans et son fiancé Louis six ans. Scott donne par ailleurs 50 ans à Charlotte de Savoie, qui n'en a que 26.

Le jeune frère de Louis XI, Charles, né en 1446, ne mourra qu'en 1472. Dans le roman, il est déjà mort[48]. Par ailleurs, il n'y a pas de dauphin en 1468. Dans le roman, il y en a un[49].

En 1468, l'évêque Louis de Bourbon est fait prisonnier. L'annonce de son assassinat, qui parvient à Charles le Téméraire, n'est qu'une rumeur[46]. Scott transforme la rumeur en réalité : dans le roman, l'évêque est assassiné. Historiquement, Louis de Bourbon est tué par Guillaume de La Marck et ses hommes quatorze ans plus tard, à Grivegnée, près du moulin de Wez[36]. Scott dit avoir antidaté cet événement « pour des raisons que le lecteur devinera facilement[46] ».

Historiquement, La Marck appuie les Liégeois dans l'assaut d'un château de leur évêque, mais il s'agit du Tchestia, à Huy, en 1467. La Marck n'est pas mêlé, comme dans le roman, à l'insurrection de 1468. Et il ne meurt pas cette année-là : il sera exécuté à Maastricht en 1485[36].

Résumé[modifier | modifier le code]

Quentin Durward, noble écossais d'une vingtaine d'années, vient chercher fortune en France. Tout près du château de Plessis-lèz-Tours, il s'éprend d'une servante d'auberge. Admis comme écuyer dans la garde écossaise de Louis XI, il découvre que la jeune fille est la riche comtesse Isabelle de Croye, vassale et pupille de Charles le Téméraire. Elle a fui Dijon, car Charles entend la marier à son favori Campobasso. Elle réclame la protection de Louis XI.

Le comte de Crèvecœur, un envoyé du duc de Bourgogne, arrive au château. Entre autres griefs de Charles, il exprime le mécontentement de celui-ci de savoir Isabelle sous la protection du roi. Louis refuse réparation des griefs formulés. Crèvecœur jette son gantelet : le duc, par sa bouche, renonce à sa foi et à son hommage envers la couronne, et défie le roi.

Dans une partie de chasse, Louis se trouve en grand danger face à un sanglier. L'intervention de Quentin lui sauve la vie.

Fourberie de Louis XI[modifier | modifier le code]

Le roi ne souhaite pas prendre ostensiblement Isabelle de Croye sous sa protection. Ce serait la guerre entre la France et la Bourgogne. Par ailleurs, Louis d'Orléans, à qui l'idée d'épouser la princesse Jeanne n'inspire qu'horreur, ne cache pas son intérêt pour Isabelle. Cette contrariété fournit à Louis XI une raison de plus d'éloigner la jeune fille.

Olivier Le Dain conseille au roi de la marier à un homme sûr, car la jeune fille hérite d'un château qui constitue, entre Bourgogne et Flandre, une place imprenable. Retranché dans cette place, le mari, allié fidèle, incitera les bourgeois mécontents de Gand et de Liège à se révolter contre Charles le Téméraire. Les révoltes fourniront à Charles de l'occupation pour plus d'un an, l'affaiblissant vis-à-vis de la France. Reste à trouver le mari. Louis XI choisit Guillaume de La Marck, dit « le Sanglier des Ardennes », brigand laid, grossier, « le plus féroce assassin qui soit dans toute la Flandre[50] ».

Louis convainc Isabelle d'aller se mettre sous la protection de son parent, l'évêque de Liège. Quentin Durward est chargé de commander l'escorte. Ce que Louis XI omet de préciser, c'est que les hommes de La Marck attaqueront l'escorte pour prendre possession d'Isabelle. Seul le guide, le Bohémien Hayraddin, est informé de cette disposition.

À l'approche de Namur, Quentin découvre le projet d'embuscade. Gagnant Liège par un autre chemin, il s'estime délié de ses engagements envers un roi qui l'a envoyé délibérément à la mort. Les jeunes gens sont accueillis par l'évêque dans son château de Schonwaldt, non loin de Liège.

L'assassinat de l'évêque[modifier | modifier le code]

Quatre nuits plus tard, le château est attaqué. Les Liégeois viennent de se soulever. Guillaume de La Marck est à leur tête, avec ses hommes, qui sont bientôt maîtres des lieux. Durant le banquet des vainqueurs, La Marck fait assassiner l'évêque. Quentin et Isabelle réussissent à s'enfuir du château en compagnie des bourgeois de Liège. Mais la comtesse Hameline, tante d'Isabelle, est tombée dans les mains de La Marck. Ayant quitté Liège, Quentin et Isabelle sont pris en chasse par les cavaliers noirs de La Marck. Ils sont sauvés par l'intervention du comte de Crèvecœur. Celui-ci fait aussitôt route sur Péronne, pour informer Charles le Téméraire de l'insurrection.

Louis XI prisonnier à Péronne[modifier | modifier le code]

Les troupes bourguignonnes et françaises se font face, entre Somme et Oise. Mais un événement stupéfiant vient de se produire. Louis XI est à Péronne, tentant de sauver la paix. Il est venu avec une suite peu nombreuse — et avec quatre mules chargées d'or et d'argent, à toutes fins utiles.

Crèvecœur entre dans Péronne. Il apprend à tous la révolte des Liégeois et l'assassinat de l'évêque. Charles le Téméraire entre dans une terrible fureur. Il fait enfermer Louis dans la grande tour sombre, celle même où le comte Herbert avait emprisonné et fait assassiner Charles le Simple.

Campobasso conseille au duc une solution expéditive. D'Hymbercourt, Commynes et Crèvecœur tentent au contraire de calmer Charles. Commynes lui recommande de tirer profit de la situation non par une sanglante vengeance, mais en obtenant, par un traité, des avantages durables.

Commynes va préparer Louis à toutes les exigences que formulera Charles. Pendant ce temps, Olivier Le Dain s'emploie à corrompre les courtisans bourguignons pour qu'ils soient disposés à calmer la fureur de Charles plutôt qu'à l'exciter.

Malgré sa rancune, Quentin Durward est déterminé à rester loyal à son engagement. Il taira les soupçons qu'il nourrit à l'égard du roi. Et il recommande à Isabelle d'agir de même : elle ne doit pas mentionner ce qu'on a pu lui raconter sur le rôle de Louis XI, elle ne doit rien dire qu'elle n'ait observé par elle-même.

Louis est transféré dans la salle du conseil, où il est assis sur un trône plus élevé que celui de Charles, qui se trouve à son côté : l'assemblée « semblait présidée par l'individu même qu'elle était en quelque sorte convoquée pour juger[51] ». Lors de son audition, Isabelle précise qu'elle ignore si c'est bien Louis XI qui lui a proposé de venir se réfugier à sa cour, ou si ce ne serait pas une invention des Bohémiens qui se prétendaient missionnés par lui. Elle fait observer qu'elle a reçu, à Plessis-lèz-Tours, un très mauvais accueil de la part du roi. Quentin paraît à son tour et raconte le projet d'embuscade. Bien que persuadé que l'ordre venait de Louis XI, il n'en souffle mot.

Un héraut de La Marck se présente alors. Il annonce que le Sanglier des Ardennes s'est attribué le titre de prince-évêque de Liège et, par suite de son mariage avec Hameline, celui de comte de Croye. Ayant appris par Commynes que Charles veut lui imposer de faire partie d'une expédition punitive contre Liège, Louis XI prend les devants : il annonce au prétendu héraut qu'il va partir incessamment à Liège pour venger l'évêque et faire pendre La Marck. Sur sa proposition, une chasse à courre est improvisée, dont le héraut est le gibier. Au terme de celle-ci, comme les chiens s'apprêtent à étouffer le malheureux, Charles lui fait grâce. Mais ce héraut d'occasion n'est autre qu'Hayraddin, un des agents bohémiens de Louis XI. Pour éviter qu'il ne vienne à évoquer les ordres royaux qu'il a reçus, Louis ordonne qu'il soit pendu. L'euphorie de la chasse à courre a décrispé Charles. Il s'amuse à rivaliser avec Louis de noires plaisanteries sur le condamné, et ce sont de grands éclats de rire. La joie et la cordialité s'installent à nouveau entre les deux facétieux compagnons[52].

Le roi est contraint d'accepter le mariage de Louis d'Orléans et d'Isabelle de Croye. Mais cette dernière refuse, préférant se retirer dans un monastère. Charles ordonne qu'elle soit enfermée au Zucht-haus, maison de pénitence pour les prostituées. Crévecœur réussit à lui faire entendre combien la décision est contraire aux lois de la chevalerie. Charles décide alors que la main d'Isabelle sera accordée à celui qui lui rapportera la tête du Sanglier des Ardennes.

L'expédition punitive[modifier | modifier le code]

Quelques jours plus tard, Charles quitte Péronne, accompagné de Louis XI. Leurs troupes s'établissent sous les murs de Liège. Les hommes de La Marck font une sortie dans la nuit. Quentin reconnaît le Sanglier des Ardennes. Il engage avec lui un terrible combat. À ce moment, promise aux violences d'un soldat, une jeune Liégeoise connue de Quentin l'appelle à son secours. Quentin cède alors la place dans la lutte à son oncle le Balafré. Celui-ci finit par tuer le Sanglier. Il lui tranche la tête. Il renonce à la main d'Isabelle au profit de son neveu, qui a pris une large part dans la victoire sur La Marck.

Personnages[modifier | modifier le code]

Quentin Durward[modifier | modifier le code]

Deux hommes attablés. L'un se retourne pour donner une chaînette à un troisième, debout.
Quentin et son oncle le Balafré. À droite, Andrew, le « coutelier » de ce dernier. Esquisse d'Eugène Delacroix.

Quentin Durward est un orphelin écossais de 19 ou 20 ans venu chercher fortune en France. Il sait lire, écrire et compter. Il est prudent, fin et adroit. Épris de l'idéal chevaleresque, il veut d'abord se mettre au service de Charles le Téméraire. C'est par la force des circonstances, pour échapper au gibet, qu'il se retrouve au service de Louis XI. Il s'engage dans la garde écossaise comme écuyer de son oncle, le Balafré.

Il reçoit une nouvelle leçon de réalisme quand il apprend que le roi (à qui il a sauvé la vie) le manipule et l'envoie délibérément à la mort. Il s'estime alors délié de tout serment de fidélité envers lui. Pourtant, alors qu'il détient à Péronne le pouvoir de se venger de Louis XI en disant tout ce qu'il soupçonne, il choisit de se taire : il établit une distinction entre son devoir, qui lui interdit d'évoquer ce qu'il a cru comprendre durant son service, et sa rancune qui lui impose de quitter bientôt ce même service. Il obtient le silence d'Isabelle de Croye en agitant la perspective de la mort de Louis XI et d'une terrible guerre entre la France et la Bourgogne. Pour Isabelle Durand-Le Guern, Quentin symbolise, par son évolution, « la victoire inéluctable des valeurs représentées par le roi contre des idéaux archaïques[15]. »

Louis XI[modifier | modifier le code]

« Le Louis XI de Scott n'est probablement pas très véridique, dit Henri Suhamy, et celui que l'historien américain Paul Murray Kendall a reconstitué[53] a sans doute plus d'authenticité, mais c'est dans Quentin Durward que de nombreuses générations ont fait la connaissance de cette illustre figure[54]. »

Louis XI apparaît au début du livre sous le nom de maître Pierre, riche marchand de soie, revêche, morose, sarcastique. Ce « vieillard » de 45 ans est roi de France depuis sept ans. Une humeur sombre, mais des éclairs de gaieté cruelle. Sardonique. Une causticité de ton et de manières. Vindicatif. Égoïste. « Un profond dédain pour l'intelligence et les qualités du beau sexe[55]. » Avare. « Un habit montrant la corde[56]. »

Cauteleux, profondément hypocrite. La dissimulation est en lui une seconde nature. Même ses proches ne peuvent démêler s'il joue ou s'il est naturel. Une connaissance intime « de tous les ressorts qui peuvent influer sur les actions des hommes[57] ». Fourbe, une adresse sans égale. Maîtrise mieux que quiconque les intrigues de la politique. Corrompt les nobles ennemis en leur accordant des égards, en leur distribuant adroites flatteries et cadeaux. De son propre aveu, sa dignité ne le gêne guère quand il doit penser « à de plus grands intérêts[58] ».

Subtil, plein de pénétration. « Un des monarques les plus remplis de sagacité qui aient jamais régné[59] ». Une imperturbable présence d'esprit, une prompte décision. Il ne prétend pas avoir de grandes connaissances militaires, mais son intelligence supérieure y supplée.

De l'aisance, du sang-froid. Adroit, précis, ferme et plein de prudence dans la réflexion. Il sait maîtriser ses passions. Il sait garder un ton calme et doux dans les circonstances les plus difficiles. Indifférent au danger : il ne le cherche ni ne le fuit.

« Des accès de piété superstitieuse[59] ». Il est disposé à se laisser berner par les devins et astrologues. Il s'imagine avoir lui-même des dispositions pour l'astrologie, qu'il a étudiée.

Charles le Téméraire[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire est duc de Bourgogne depuis un an. Puissant, il possède presque tous les Pays-Bas, le plus riche pays d'Europe.

Hautain, des traits durs et sévères, une physionomie farouche. Quand il tente de sourire, il ne produit qu'une grimace diabolique.

Franc et grossier. Brusque, fier. Entreprenant, arrogant, querelleur, dogmatique, poussant les choses à l'extrême quand il sent l'occasion favorable. Ses passions exercent sur son esprit « un empire absolu[60] ». Emporté. Fougueux. Terrible. Impétueux, impatient, imprudent. « D'un caractère bouillant et violent plutôt que méchant[61]. » Brute aveugle, opiniâtre, indomptable, un fou vindicatif, selon Louis XI, pour qui ce « taureau sauvage[62] » n'est pas en état de comprendre le « plus simple argument[58] ».

Quand il ne se laisse pas emporter par la violence de ses passions, il n'est pourtant pas dépourvu de bonne foi ni de générosité. Il a le sens de l'honneur. Il agit toujours en pleine lumière : sa noblesse de caractère lui interdit toute dissimulation. Scott va le mettre à nouveau en scène dans Anne de Geierstein, parfois intitulé Charles le Téméraire.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Tristan L'Hermite, 35 ans environ, grand prévôt de la maison du roi. Personnage historique. Homme méchant. Un aspect bourru, mécontent, sauvage. Son regard sombre exprime une malveillance à faire frémir. « L'air en dessous », un sourire sinistre si d'aventure il sourit. Parle peu. A de grosses difficultés de compréhension : il lui arrive, parce qu'il a mal interprété les consignes du roi, d'envoyer au gibet une autre personne que celle désignée ; il doit alors procéder à une deuxième exécution[63].
  • Zamet Maugrabin, Bohémien, agent de Louis XI. Avec son frère Hayraddin, il tourne la tête de la crédule Hameline par des prédictions astrologiques. Il l'incite à fuir la cour de Bourgogne en compagnie d'Isabelle. Puis il trahit le roi : il informe le duc de Bourgogne de la présence d'Isabelle à l'Auberge des Fleurs de lis. C'est ce qui lui vaut d'être pendu.
  • Ludovic Lesley, dit « le Balafré », archer écossais de la garde du roi, oncle maternel de Quentin. Une barbe large comme une pelle de boulanger. N'est plus « dans la première fleur de sa jeunesse[64] ». A fini par acquérir beaucoup d'indifférence pour la vie et les souffrances d'autrui. Si insensible qu'il peut apprendre la mort de sa sœur et de toute la famille de celle-ci sans manifester la moindre émotion. Si égoïste qu'il est incapable de tenir une conversation sans en ramener le sujet à lui-même. Ignorant, avide de butin, peu scrupuleux sur les moyens de se le procurer. Un âne et une brute, selon son capitaine. Mais il aide une joyeuse commère du Plessis à dépenser les ducats dont l'astrologue Galeotti la couvre — sans que les astres en informent ce dernier.
  • Petite-Mesure, maître de l'Auberge des Fleurs de lis, dite l'auberge du bosquet de mûriers.
  • Guillaume de La Marck, dit Guillaume à la longue barbe, dit « le Sanglier des Ardennes », seigneur de Lumain et de Schleiden[65], un des plus puissants seigneurs de la principauté de Liège. Personnage historique, vis-à-vis duquel Commynes se montre moins dur que ne le fait le romancier Scott[66]. Élevé dans la maison de l'évêque de Liège, La Marck en a été chassé pour avoir assassiné un des domestiques. Il est devenu l'ennemi farouche du prélat. Allié de Louis XI. « Les manières, le visage, les airs et le cœur d'un boucher flamand[67]. » Un caractère turbulent. Brave, mais sanguinaire. Cruel, insolent, débauché, ivrogne, libertin. Mis au ban de l'Empire par la Diète. Il a une bande de plus d'un millier d'hommes méprisant tout autant que lui l'autorité civile ou religieuse. Cette petite armée lui permet de rester indépendant vis-à-vis de Charles le Téméraire et d'exercer rapines et violences aussi bien sur les laïcs que sur les gens d'Église. Il affiche ses relations avec les chefs des mécontents de Liège.
  • Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connu sous le nom de connétable de Saint-Pol. Personnage historique. Louis XI estime que sa tête, la meilleure de France, manque à l'entrevue de Péronne ; qu'elle serait très utile pour rétablir l'harmonie ; mais en laissant le corps à Saint-Quentin, « pour plus de commodité[68] ».
  • Jacqueline, servante de l'Auberge des Fleurs de lis, une quinzaine d'années. Il s'agit en réalité de la comtesse Isabelle de Croye, orpheline du violent et sanguinaire comte Reinold. Vassale et pupille de Charles le Téméraire. Aime Quentin, dont elle est aimée.
  • Dame Perrette, aubergiste. En réalité, la « vieille » comtesse douairière[66] Hameline de Croye, au moins 35 ans, sœur du comte Reinold. De « petites difficultés » subsistent entre elle et sa nièce « relativement à leurs droits mutuels de succession au comté de Croye[69] ». Aime les fêtes pour y briller, et les courtisans pour être admirée. Se plaît à raconter par le menu la joute d'Haflinghem, dont elle fut l'enjeu dans sa jeunesse, et qui coûta deux vies, une colonne vertébrale, une épaule, trois jambes, deux bras cassés, ainsi qu'un grand nombre de blessures et de contusions. Elle regrette l'esprit de chevalerie, et l'époque révolue où dix hommes pouvaient se faire tuer dans un même tournoi « pour acquérir de l'honneur, ou pour secourir la beauté[70] ». Très sotte, selon Hayraddin. Idiote, selon Crèvecœur. Un caractère vain et faible. Des passions violentes. Elle s'imagine que c'est d'elle que le jeune Quentin est épris. Elle veut l'épouser. Elle finit par épouser La Marck. « Cette vieille folle, dit Louis XI, avait une telle envie de se marier qu'elle aurait accepté la main de Satan[71]. » Hameline est un personnage fictif. La véritable épouse de La Marck est Jeanne d'Aerschel de Schoonhoven.
  • Père Boniface, moine de Saint-Martin[72]. Compagnon de boisson et confesseur du Balafré.
  • Olivier Le Dain ou Le Daim, dit « le Mauvais » ou « le Diable », barbier et premier valet de chambre de Louis XI, et l'un de ses principaux conseillers. Personnage historique. Petit homme pâle et maigre. Sans naissance, sans éducation. Mielleux, un sourire insinuant. Modeste, tranquille, humble et furtif. Dans ses relations avec le roi, il se dépouille de cette affectation d'humilité, sachant bien que l'hypocrite Louis XI lit à travers l'hypocrisie des autres. Peu de religion. Un courage « plus que douteux[73] ». Sa prudence lui tient lieu d'intelligence. Habile, mais dénué de principes. Le cœur « aussi dur qu'une meule de moulin[58] », selon Louis XI.
  • Trois-Échelles, exécuteur des hautes œuvres du grand prévôt. Surnommé Démocrite par Louis XI et Jean-qui-pleure par Tristan L'Hermite. Grand, sec, maigre, laid. L'air lugubre, il met un rosaire à la disposition des condamnés, et il les gratifie de considérations en latin sur le néant et la vanité de la vie humaine. Porte en permanence, où qu'il aille, une corde à nœud coulant autour du corps.
  • Petit-André, exécuteur des hautes œuvres du grand prévot. Surnommé Héraclite par Louis XI et Jean-qui-rit par Tristan L'Hermite. Petit homme tout rond, « gaillard des plus joyeux », sarcastique, facétieux, prenant manifestement grand plaisir à son métier. Parle avec beaucoup d'affection aux condamnés, et les régale d'une ou deux plaisanteries dans la montée de l'échelle. Il a même craint plusieurs fois les faire mourir de rire avant qu'ils n'arrivent en haut. Il n'éprouve aucune rancune envers ses victimes. A toujours en poche une poulie pour ne pas être pris au dépourvu s'il n'y a pas d'arbre à proximité.
  • John Crawford, 75 ans, capitaine écossais de la garde du roi. Un caractère franc et loyal. Un grand ascendant sur le roi. Prêche la tempérance à ses hommes, mais ne dédaigne pas de se joindre à eux pour festoyer. Jadis, il aurait pu défier le plus hardi buveur de Bourgogne. À présent, deux malheureux litres de vin le mettent « hors de combat[74] ».
  • Philippe Crèvecœur des Cordes. Grand maréchal de la maison du duc de Bourgogne. Cousin d'Isabelle de Croye. Guerrier intrépide. Fier, martial. Un air sévère, mais franc. N'a que mépris pour les sentiments amoureux. Personnage historique.
  • Campobasso, favori de Charles le Téméraire, qui lui destine Isabelle de Croye. La jeune fille s'en fait une image « hideuse » et « dégoûtante[75] » : un air hypocrite, un esprit bas et perfide, un cou de travers et des yeux louches. Personnage historique. On le retrouve dans Anne de Geierstein.
  • Jeanne, fille de Louis XI. Pâle, maigre, contrefaite. Timide, mélancolique, résignée. De la douceur, du chagrin, de la patience. Fiancée dès son plus jeune âge à Louis d'Orléans, à qui elle n'inspire que répulsion. Son père ne l'aime pas.
  • Comte de Dunois, fils de Jean, le compagnon de Jeanne d'Arc. Le meilleur chevalier de France. Un caractère ouvert et intrépide. Si franc et si loyal qu'il réussit à échapper aux soupçons de Louis XI, qui aime à le voir près de lui. Remplit les fonctions de grand veneur, probablement sans en avoir le titre[76]. Personnage historique.
Gravure en buste, de face, avec barrette et camail.
Le cardinal de La Balue.
  • Louis (le futur Louis XII), duc d'Orléans, premier prince du sang, héritier présomptif de la couronne. Doux, paisible, bienveillant. Se méfiant de lui, Louis XI le maintient à la cour sans lui offrir aucun crédit ni aucun emploi. Cet état « de dégradation et presque de captivité[76] » imprime sur le visage du jeune homme un air d'abattement. Sa mélancolie se trouve renforcée par la détermination de Louis XI à lui faire épouser la princesse Jeanne.
  • Cardinal Jean de La Balue, ministre favori de Louis XI. Personnage historique. De naissance obscure (son père est tailleur), d'une éducation limitée : Louis XI l'a tiré du plus bas rang. Sans doute ébloui par son ascension fulgurante, il se croit capable de traiter toutes choses sortant de sa sphère de compétence. Beaucoup d'influence sur le roi. « Tout bouffi de sa dignité[77] », grand, mais d'une tournure gauche. Des prétentions sur le beau sexe. Aime à faire admirer ses grosses jambes charnues en maintenant relevée d'un côté sa robe de cardinal. Dans le récit, Scott reprend la tradition répandue par « quelques écrivains[78] », qui voient en La Balue le concepteur des cages de fer de Louis XI, un concepteur qui aurait été amené à tester lui-même, près de douze années durant, les propriétés de son invention[79]. Selon une note du livre, « l'honneur » de l'idée de ces cages reviendrait en réalité à Guillaume de Haraucourt, évêque de Verdun[80], mis en prison en 1469. Il y reste quinze ans.
  • Louis de Bourbon, évêque de Liège, prince du Saint-Empire romain. Fils d'Agnès de Bourgogne, l'évêque est donc le cousin germain de Charles. De plus, celui-ci avait épousé en deuxièmes noces Isabelle, sœur de l'évêque. Louis est le protégé de la maison de Bourgogne. Il est si étroitement lié à elle que Charles considère le prélat comme son « frère », et le pays de Liège comme lui appartenant. Selon une note d'éditeur, le romancier Scott décrit avec un peu trop d'indulgence ce personnage historique[66] : il en fait un « bon », pour contraster avec le « méchant » La Marck, dont il noircit le portrait. L'évêque du roman a un excellent cœur. Il est doux, franc, honnête. Cependant il mène une vie dissolue. Riche et mondain. Généreux, magnifique, mais d'un caractère manquant de fermeté. Un gouvernement indolent, insouciant, qui ne fait qu'encourager les projets séditieux de ses riches et turbulents sujets.
  • Galeotti Martivalle, célèbre astrologue, poète et philosophe. Colosse italien qui s'est illustré jadis dans la lutte et à la guerre. Historiquement, il n'a jamais été à la cour de Louis XI[81]. Des talents, du savoir, de l'éloquence. Dépensier, magnificent. Un goût élégant. Un « bel extérieur[57] » : belle taille, figure régulière, traits imposants, belle barbe. Un air de dignité empruntée. Il regrette beaucoup d'avoir quitté la cour du magnifique Mathias Corvin pour venir se mettre au service d'un aussi méprisable avare que le roi de France. Selon le Balafré, un certain Saunders Souplesaw, un savetier de Glen-Houlakin doué de double vue, prédit deux fois mieux l'avenir que Galeotti.
  • Hayraddin Maugrabin, Bohémien. Frère de Zamet et, comme lui, agent de Louis XI. Guide de Quentin. Il lui est reconnaissant d'avoir tenté de sauver son frère. Se présente à Péronne comme Sanglier-Rouge, héraut de La Marck.
  • Marton, fidèle femme de chambre des deux comtesses. En réalité, Rizpah, une Bohémienne, agent de Louis XI. C'est elle qui introduit les deux frères Maugrabin auprès d'Hameline.
  • Rouslaer, un des bourgmestres de la ville de Liège (il y a deux bourgmestres[82]), chef des mécontents. Fonctionnaire bien nourri. Son gros ventre lui fraie un chemin dans la foule, « comme un bélier fait une brèche aux murailles d'une ville[83] ».
  • Hermann Pavillon, riche tanneur, l'autre bourgmestre de la ville de Liège, et autre chef des mécontents. Figure respectable, habit de velours, chaîne d'or. A combattu à Saint-Trond l'année précédente. En politique, il est brouillon, écervelé. Dans le privé, il est doux et humain — un peu vaniteux, mais plein de bienveillance.
  • Nikkel Blok, chef de la corporation des bouchers de Liège. Puise dans le brandevin le courage et la grâce nécessaire à l'immolation de ses victimes. Les bouchers nourrissent une vieille jalousie contre les bourgeois formant les corps de métier, qui bénéficient de privilèges.
  • Trudchen (Gertrude), fille de Pavillon. Jolie, généreuse.
  • Peterkin Geislaer, lieutenant de Pavillon, son fidèle conseiller, son homme de confiance en toute circonstance. Vigoureux, une figure large, de gros sourcils noirs. Toujours grommelant. Suffisant, mais bon et honnête.
  • Carl Eberson[84], fils naturel de La Marck. Hameline le verrait bien épouser Isabelle.
  • Mabel, épouse de Pavillon, petite femme ronde. Un nez rouge et pointu, une voix aigre. Tient son mari d'une poigne de fer à la maison, en considération de l'autorité qu'il exerce au dehors.
  • Hans Glover, amoureux de Trudchen. Une figure honnête et paisible. Guère intelligent, mais du cœur et de l'enjouement. Du bon sens et de la discrétion.
  • Baron d'Hymbercourt, maréchal de camp bourguignon, grand, fier, une « vraie figure de baron féodal ». Teint brun, air sombre.
  • Philippe de Comines, ou Commynes, que Scott appelle le plus souvent d'Argenton (Commynes n'achètera cette seigneurie que dix ans plus tard[85]). Personnage historique. Scott le décrit de petite taille ; un coup d'œil pénétrant, mais un mouvement de la lèvre supérieure annonçant de la réflexion et de la gravité ; peu fait pour l'action, lent à prendre son parti, prudent à l'exécuter. Scott reconnaît qu'il a tracé ce portrait « au hasard ». Il a découvert par la suite que Commynes était grand, de noble prestance, et qu'il figurait dans les jeux de chevalerie[86]. Des talents politiques. Ne se laisse pas corrompre. Louis XI lui reconnaît (devant lui) « des vues profondes en affaires d'État », ainsi qu'une conscience le mettant à même de « discerner le bien et le mal[58] ». En aparté, le roi est plus sévère : « Il se croit vertueux parce qu'il a refusé mon argent ! mais il n'a pas fermé l'oreille à mes flatteries et à mes promesses ; il n'est pas insensible au plaisir de venger un affront fait à sa vanité. Il a refusé mon argent ! il en est plus pauvre, mais il n'en est pas plus honnête. Il faut pourtant qu'il soit à moi, car c'est la meilleure tête de toute la Bourgogne[87]. »
  • Toison-d'Or, vieux chef des hérauts de Charles le Téméraire.
  • Tiel Wetzweiler, dit « le Glorieux », fou de Charles le Téméraire.
  • Comtesse de Crévecœur, épouse de Philippe. Toujours remarquablement belle dans son âge mûr. Femme d'un haut courage.

Accueil[modifier | modifier le code]

En Écosse et en Angleterre, les ventes de Quentin Durward ont bien du mal à démarrer[88]. La bouderie des lecteurs provient peut-être d'un certain scepticisme de leur part : ils ont peine à croire que l'auteur de Peveril du Pic ait pu écrire un nouveau livre en quatre mois[1]. Pourtant, le roman est encensé par l'Edinburgh Magazine et le British Magazine. Mais des critiques négatives se font aussi entendre : le livre n'aurait pas cette touche de génie que l'on trouve dans les plus modestes de ses prédécesseurs ; personnages et situations ne feraient que reprendre ceux des livres précédents ; on serait en présence du pire livre de son auteur[1]

En France, le roman a un effet retentissant, comparable à celui qu'avait produit Waverley en Écosse neuf ans plus tôt[1]. Le triomphe est immédiat, grâce au fait que le récit se déroule en terre connue, grâce au vigoureux portrait de Louis XI donné par l'auteur, grâce aussi à un article élogieux de Victor Hugo, paru en juillet 1823 dans La Muse française[88],[89]. Le succès du roman gagne l'Italie, puis d'autres pays d'Europe, et enfin, par ricochet, la Grande-Bretagne[1]. Dans sa préface de 1831, Scott rappelle que Quentin Durward a non seulement rencontré un beau succès sur le continent, mais qu'il s'est aussi mieux vendu en Écosse que quelques-uns de ses livres précédents[90].

Influence de Scott en France[modifier | modifier le code]

Dans les années 1820, aucun nom français n'est en France « plus connu et glorieux[91] » que le nom de Walter Scott — dans le peuple comme dans l’élite intellectuelle et artistique. Jamais un étranger n’a suscité un tel engouement[91]. L’imitation de Scott touche dans un premier temps le roman historique[92]. Cent cinquante romans historiques paraissent d'avril à août 1822. « On n’écrit plus maintenant que des romans historiques », soupire Le Globe du [93]. Vigny, Mérimée, Balzac s'y essaient. Et Quentin Durward inspire à Victor Hugo Notre-Dame de Paris, publié en 1831[94]. Mais, comme le montre Louis Maigron dans Le Roman historique à l'époque romantique, l’influence de Scott en France est loin de se limiter au roman historique. C’est tout l’art du roman — jusque-là recroquevillé sur l'analyse amoureuse et sur l'individu — qui est redevable aux romans historiques de Scott de quantité de nouveautés : ravages exercés par d'autres passions que l'amour (ambition, vanité, égoïsme, orgueil)[95], intérêt porté à la société, aux passions sociales[96], composition dramatique, descriptions pittoresques, dialogues naturels et vivants[97]

Traductions[modifier | modifier le code]

Premières éditions en français[modifier | modifier le code]

  • En 1823, année même de la parution de l'édition originale, une traduction en langue française paraît chez le libraire Charles Gosselin, à Paris, en quatre volumes in-12 : Quentin Durward, ou l'Écossais à la cour de Louis XI. Elle est due au « traducteur des romans historiques de sir Walter Scott (M. A.-J.-B. Defauconpret) »[98].
  • Une « traduction nouvelle », sous le titre Quentin Durward, est proposée en 1825 chez Pierre Chaillot jeune, à Avignon.
  • En 1830, sous le titre Quentin Durward, paraît la traduction d'Albert de Montémont, chez Armand-Aubrée, à Paris[99].

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Beaux-Arts[modifier | modifier le code]

Dans une salle immense, devant une table de banquet où ripaillent des soldats, un évêque est assailli.
L'Assassinat de l'évêque de Liège par Delacroix, d'après le roman.
  • Eugène Delacroix voyage en Angleterre de mai à août 1825, deux ans après la parution de Quentin Durward. Il se passionne alors pour la littérature britannique, en particulier pour Shakespeare et Walter Scott. Quentin Durward lui inspire plusieurs œuvres[102].
    • Le Sanglier des Ardennes, encre sur papier, 15 × 10,5 cm (vers 1827-1829), Paris, coll. particulière[102].
    • Quentin Durward et le Balafré, esquisse (vers 1828-1829), musée des beaux-arts de Caen.
    • L'Assassinat de l'évêque de Liège, huile sur toile[103], 91 × 116 cm (1829), Paris, musée du Louvre[104]. Exposé au Salon de 1831[105]. « Par son sujet comme son exécution fiévreuse, l’un des manifestes romantiques de Delacroix[103]. » Pour Étienne-Jean Delécluze, « cette petite toile hurle, vocifère, blasphème… on entend les chansons obscènes de cette soldatesque avinée. Quelles figures de brigands !… Quelle bestialité joviale et sanguinaire ! Comme cela fourmille et glapit, comme cela flamboie et pue[106] ! » Théophile Gautier s'enthousiasme : ce tableau, « pour le mouvement et la fureur de la composition, est un chef-d’œuvre inimitable, c’est un tourbillon peint, tout remue et tout se démène frénétiquement dans ce petit cadre, d’où il semble entendre sortir des mugissements et des tonnerres ; jamais on n’a jeté sur une toile une foule plus drue, plus fourmillante, plus hurlante et plus enragée […] Cette peinture est réellement tumultueuse et sonore ; on l’entend aussi bien qu’on la voit[107]. »
  • Gillot Saint-Evre, Louis XI et Isabelle de Croye, scène de Quentin Durward, lithographie, 42 × 39 cm (1828), Paris, galerie Terrades[108].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Mély-Janin fait représenter au Théâtre-Français, à Paris, le , Louis XI à Péronne, comédie historique en cinq actes[109] inspirée de Quentin Durward[110].

Opéra[modifier | modifier le code]

Quentin Durward : opéra comique en trois actes de François-Auguste Gevaert, sur un livret d'Eugène Cormon et de Michel Carré, est donné le à l'Opéra-Comique, à Paris[111].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Quentin Durward (1971), série télévisée franco-allemande en sept épisodes, réalisée par Gilles Grangier[116].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Quentin Durward, bande dessinée prépubliée dans les années 1950 dans le journal pour enfants Cavaleiro Andante (pt), par le Portugais Fernando Bento (pt).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Quentin Durward », sur walterscott.lib.ed.ac.uk, 19 décembre 2011 (consulté le 28 juin 2016).
  2. Laffont, Bompiani, « Mémoires de Commynes », Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, Bompiani, Laffont, 1994, t. IV, p. 4510.
  3. Joël Blanchard, Philippe de Commynes, Paris, Fayard, 2006, p. 92.
  4. Jacques Brosse, « Commynes, Philippe de », in Laffont, Bompiani, Le Nouveau Dictionnaire des auteurs de tous les temps et de tous les pays, Bompiani, Laffont, 1994, t. I, p. 719.
  5. Laffont, Bompiani, « Mémoires de Commynes », op. cit., p. 4509 et 4510.
  6. (en) John Gibson Lockhart, The Life of Sir Walter Scott, Bart., Édimbourg, A. & C. Black, 1871, p. 529-530. Cité par Richard Hill, « Walter Scott and James Skene: A Creative Friendship », sur sites.cardiff.ac.uk, Romantic Textualities, Centre for Editorial and Intertextual Research Cardiff University, no 21, hiver 2013, p. 76. Mis en ligne le 16 juillet 2014 (consulté le 12 juillet 2016).
  7. (en) The new continental sitting will confound 'the vulgar dogs of imitators' busily exploring the avenues of Scottish and British history in Scott's wake. « Quentin Durward », article cité. Il renvoie aux lettres de Scott, VII, 208.
  8. « Quentin Durward », article cité. — Le deuxième volume de l'édition originale se clôt sur le chapitre XXIV. Crèvecœur laisse Isabelle à Charleroi, tandis qu'il poursuit vers Péronne en compagnie de Quentin.
  9. Publié anonymement à Londres en 1821 chez Rodwell et Martin, Letters to Richard Heber, esq. est dû à John Leycester Adolphus (en). Henri Suhamy, Sir Walter Scott, Paris, Fallois, 1993, p. 332 et 333.
  10. Henri Suhamy, op. cit., p. 332 et 333. — Il faut attendre 1827 pour que Scott admette, au cours d'un dîner, être « l'auteur de Waverley ». (en) « Chronology », sur walterscott.lib.ed.ac.uk, 20 juillet 2012 (consulté le 25 août 2016).
  11. Walter Scott, Quentin Durward, in Œuvres de Walter Scott, t. XV, Paris, Furne, Gosselin, Perrotin, 1835, p. 34 et 35, 181.
  12. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 3.
  13. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit, p. 5.
  14. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 1 et 2.
  15. a et b Isabelle Durand-Le Guern, « Louis XI entre mythe et histoire », sur crm.revues.org, Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 11, 2004.
  16. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 80 et 81.
  17. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 81.
  18. Joël Blanchard, op. cit., p. 53.
  19. Joël Blanchard, op. cit., p. 54.
  20. « De la fondation de la ville à la cité épiscopale », sur perso.infonie.be, 9 janvier 2013 (consulté le 22 juillet 2016).
  21. « Notger, premier prince-évêque », sur perso.infonie.be, 30 janvier 2014 (consulté le 20 juillet 2016).
  22. « L'église impériale : de Baldéric II à Otbert », sur perso.infonie.be, 7 janvier 2013 (consulté le 20 juillet 2016).
  23. Ivan Gobry, Louis XI : la force et la ruse, Paris, Tallandier, 2000, p. 66.
  24. a, b et c « Le péril bourguignon », sur perso.infonie.be, 22 janvier 2013 (consulté le 23 juillet 2016).
  25. Jacques Heers, Louis XI : le métier de roi, Paris, Perrin, 1999, p. 66.
  26. Jacques Heers, op. cit., p. 67.
  27. Amable Sablon du Corail, Louis XI ou le Joueur inquiet, Paris, Belin, 2011, p. 231.
  28. a et b Joël Blanchard, op. cit., p. 88.
  29. Louis Michelant, « Entrevue de Péronne », sur vallee-du-ciron.com, Faits mémorables de l'histoire de France, Paris, Didier, 1858, mis en ligne en novembre 2005 (consulté le 18 juillet 2016).
  30. a, b et c Joël Blanchard, op. cit., p. 89.
  31. a, b et c Bernard de Mandrot, in Mémoires de Philippe de Commynes, sur gallica.bnf.fr, Paris, Picard, 1901, t. I, p. 137, note 1.
  32. Mémoires de Philippe de Commynes, éd. cit., t. I, p. 135.
  33. a, b et c Mémoires de Philippe de Commynes, éd. cit., t. I, p. 137.
  34. Jacques Heers, op. cit., p. 68.
  35. « Le château de Plessis-lès-Tours », sur ville-lariche.fr (consulté le 12 juillet 2016).
  36. a, b et c Henri Lonchay, « Guillaume de La Marck », sur perso.infonie.be, Biographie nationale, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1897, t. IV, p. 207 sq.
  37. « Huy, une ville, une histoire : historique », sur perso.fundp.ac.be (consulté le 10 juillet 2016).
  38. Joël Blanchard, op. cit., p. 87 et 88.
  39. « Le Château de Péronne », sur ot-peronne.pagesperso-orange.fr (consulté le 19 juillet 2016).
  40. « Château de Péronne », sur montjoye.net, 28 avril 2016 (consulté le 19 juillet 2016).
  41. Bernard de Mandrot, in Mémoires de Philippe de Commynes, éd. cit., t. I, p. 137, note 2. Mandrot renvoie à Histoires de Richer, I, in Pertz, Monumenta German. historica, Scriptores, III, 582 ; Annales de Flodoard, ibid., 378.
  42. Rasibus : tout près de.
  43. Mémoires de Philippe de Commynes, éd. cit., t. I, p. 138.
  44. Robert Embry, « Suivi archéologique des travaux au château de Péronne (Somme) », sur persee.fr, Revue archéologique de Picardie, no 3-4, 1998, p. 215.
  45. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 378.
  46. a, b et c « Notes de Quentin Durward », in Œuvres de Walter Scott, éd. cit., p. 505.
  47. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 132.
  48. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 385.
  49. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 216, 412, 418.
  50. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 331.
  51. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 434.
  52. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 452 et 453.
  53. Paul Murray Kendall, Louis XI : l'universelle araigne, Paris, Fayard, 1991.
  54. Henri Suhamy, op. cit., p. 342.
  55. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 71, note 1.
  56. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 346.
  57. a et b Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 402.
  58. a, b, c et d Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 420.
  59. a et b Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 189.
  60. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 403.
  61. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 468.
  62. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 362.
  63. Antoine Varillas, Histoire de Louis onze, Paris, Barbin, 1689. Cité dans Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 390, note 1.
  64. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 494.
  65. Voir : Seigneurie de Schleiden (de).
  66. a, b et c Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 472, note 1.
  67. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 186.
  68. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 351 et 352.
  69. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 473.
  70. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 251.
  71. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 419.
  72. Depuis le concile d'Aix-la-Chapelle de 817, Saint-Martin de Tours n'est plus un monastère, mais une collégiale, desservie par des chanoines.
  73. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 184.
  74. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 355.
  75. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 221.
  76. a et b Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 125.
  77. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 127.
  78. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 384, note 2.
  79. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 384, 471.
  80. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 219, note 1.
  81. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 194, note 1.
  82. « Les Bourgmestres de Liège », sur perso.infonie.be, 7 janvier 2013 (consulté le 22 juillet 2016).
  83. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 266.
  84. Écrit aussi Carl Eberon. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 304, 473.
  85. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 340, note 2.
  86. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 506, note h.
  87. Walter Scott, Quentin Durward, éd. cit., p. 421.
  88. a et b Henri Suhamy, op. cit., p. 341.
  89. Myriam Roman, « Victor Hugo et le roman historique », sur groupugo.div.jussieu.fr, 25 novembre 1995 (consulté le 25 juillet 2016).
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  91. a et b Louis Maigron, Le Roman historique à l'époque romantique : essai sur l'influence de Walter Scott, Paris, Champion, 1912, p. 51.
  92. Louis Maigron, op. cit., p. 62.
  93. Louis Maigron, op. cit., p. 63.
  94. Jacques Seebacher. Rapporté par Myriam Roman, article cité.
  95. Louis Maigron, op. cit., p. 233.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Magnette, Précis d'histoire liégeoise à l'usage de l'enseignement moyen, Liège, Vaillant-Carmanne, 1928.
  • Paul Murray Kendall, Louis XI : l'universelle araigne, Paris, Fayard, 1991.

Articles connexes[modifier | modifier le code]