Quenettier

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Melicoccus bijugatus

Le quenettier (Melicoccus bijugatus) est un arbre fruitier originaire d'une zone s'étendant de la Colombie à la Guyane. Il appartient à la famille des Sapindacées. Il est indigène ou naturalisé dans un vaste domaine intertropical américain comprenant l'Amérique central, la Colombie, le Venezuela, le Suriname et les Antilles[1]. Il est caractérisé par son fruit, qui est proche du litchi, de la longane et du ramboutan. Ce fruit est de forme ronde ou un peu allongée, comme un petit citron vert. il et possède une peau verte, lisse et rigide. Sa pulpe est juteuse, sucrée et de couleur jaune orangé. Le noyau, de grande taille, contient une amande comestible une fois grillée. Il est très populaire à Cuba et en République dominicaine. Mamoncillo est le nom anglais le plus porté. Il existe toutefois d’autres nominations utilisées, en fonction de sa localisation. Ce sont probablement des noms d’origine précolombienne, tel que mauco ou muco en Colombie et au Venezuela ; on a encore Kenepa, Guenepa, Genip, Guinep dans les Antilles Britanniques ; Ackee pour la Barbade; Limoncillo en République Dominicaine; Canopi au Brésil ; Quenepe en Haïti ; Quenette dans les Antilles Françaises et bien d'autre nominations dans les Caraïbes et l'Amérique du Sud[1],[2].

Description générale[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

L'arbre mamoncillo possède une écorce grise, épaisse et lisse avec des branches étalées, sa croissance est lente et atteint 6 à 15 m avec des maximums allant de 25 à 30 m de haut et un tronc d'une épaisseur allant jusqu'à 1,7 m. Ses feuilles sont caduques(tombant durant l'hiver), alternes avec deux paires de feuilles opposées, elliptiques, de 5 à 12,5 cm de long et 3,25 à 6,25 cm de large, le rachis est souvent ailé[2].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

L'espèce est dioïque mais certains arbres sont en partie hermaphrodites. Les fleurs blanches et parfumées sont regroupées en grappe sur un pédicelle court de 4 à 8 mm. Les grappes sont très ramifiées pour les fleurs mâles et en général simple pour la fleur femelle, 6 à 10 cm de long et 5 à 8 mm de large. Les fleurs sont composées de quatre petits sépales et quatre pétales de respectivement 2 et 3 mm de long, huit étamines ou un pistil avec un stigmate bifide. Les fleurs hermaphrodites ont généralement du pollen stérile. Le fruit est une drupe arrondie de couleur verte (2,5 à 3,5 cm de diamètre) avec une petite protubérance terminal. La peau du fruit est lisse, mince, coriace mais cassante. L’arille, de couleur saumon translucide gélatineux et juteux, est fermement accroché à la graine de taille volumineuse. La pulpe est généralement acide-sucré et légèrement astringent. En général il n'y a qu'une graine de grande taille à carapace dure au sein du fruit, toutefois certains arbres produisent des fruits avec deux graines hémisphériques [1],[2].

Espèces voisines[modifier | modifier le code]

Melicoccus lepidopetalus Radlk est un autre membre du genre similaire et est utilisé comme un fruit frais en Bolivie, au Paraguay et en Argentine[2].

Écologie[modifier | modifier le code]

Origine et distribution[modifier | modifier le code]

Le mamoncillo est originaire de Colombie, du Venezuela, de l'île de Margarita, de Guyane française et du Surinam. Il est communément cultivé et pousse naturellement dans ces pays, mais également sur les côtes de Équateur, les plaines de l'Amérique centrale, les Antilles et les Bahamas. Ces arbres sont cultivés aussi en Floride[2]. Il y a quelques spécimens en Californie et dans les jardins botaniques aux Philippines, Zanzibar, Hawaï et ailleurs. Quelques arbres poussent en Israël, mais aucun ne fleurit avant d'avoir atteint l'âge de 10 ans [2]. L’espèce était assez rare au 19éme siècle et elle est devenue très commune au 20éme siècle, grâce à la cultivation [3].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La floraison à lieu une fois par an, d'avril à juin à Porto Rico, deux mois plus tard à Trinidad, et de juillet à décembre avec des variations entre les régions des Caraïbes. En générale, la présence d'un arbre mâle est nécessaire pour polliniser les fleurs des arbres femelles. Seule une petite proportion des fleurs se développent en fruits, un processus qui prend une centaine de jours. Les fleurs ont un nectar attirant pour leur pollinisateurs tels que les colibris et les abeilles[1].

Habitat[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Le Mamoncillo n'est pas strictement tropicale, car il monte jusqu'à 1000 m au-dessus du niveau de la mer en Amérique du Sud. Il peut supporter plusieurs degrés de gel en Floride. Il peut tolérer de longues périodes de sécheresse [1].

Sol[modifier | modifier le code]

À Cuba, l'arbre s'épanoui dans presque tous les types de terrains, mais en particulier dans les sols profonds, et d'origine calcaire. La croissance est spontanée, en particulier dans les zones côtières sèches [1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le fruit du Mamoncillo est consommé frais comme collation en déchirant simplement la couenne et en suçant la pulpe et le jus. Il est également utilisé pour faire de la confiture, de la marmelade ou de la gelée, ce qui implique beaucoup de travail pour des petites quantités de matières comestibles. Il est aussi pelé et bouilli pour faire des boissons froides. Dans certains pays le jus est commercialisé et ses graines sont grillées et mangées [1]. C’est un fruit particulièrement riche en sucrose, glucose et fructose ainsi qu’ en fer et en phosphore [1],[4].

Usages médicinaux[modifier | modifier le code]

Au Venezuela, les graines sont grillées, encrassées puis mélangées avec du miel. La substance est alors administrée pour arrêter la diarrhée. La décoction de feuilles astringente est donnée comme un lavement des plaintes intestinales[1].

Bois[modifier | modifier le code]

Son bois à le cœur jaune avec des lignes sombres, il est compact, dur et lourd, ce qui lui donne une valeur pour les chevrons. Il est donc très apprécié en ébénisterie, pour réaliser les cadrages intérieurs ou autre [2].

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

On le trouve au bord des routes et dans les jardins des Antilles et de l’Amérique du Sud où il est utilisé comme décoration[2].

Plante mellifère[modifier | modifier le code]

Les abeilles le butinant produisent un miel foncé, d'une saveur très agréable. L'arbre est apprécié par les apiculteurs même si la période de floraison est courte [2].

Plante tinctoriale[modifier | modifier le code]

Un colorant a été expérimentalement fabriqué à partir du jus du fruit cru qui fait une tache indélébile[1].

Autres[modifier | modifier le code]

Au Panama, les feuilles sont dispersées dans les maisons où il y a beaucoup de puces. On prétend que les puces sont attirées par les feuilles et certains croient que les feuilles tuent effectivement les puces[1].

Culture[modifier | modifier le code]

Méthode de culture[modifier | modifier le code]

Le Mamoncillo est généralement cultivé à partir de semences, l'arbre ne reçois pas de soins particuliers, sauf pour l'arrosage et la fertilisation lors de la première planté [1]. En Floride, les fruits mûrissent de juin à septembre. Dans les Caraïbes, la saison s'étend de juillet à octobre[1]. Pour la cueillette des fruits une échelle est souvent nécessaire car l'arbre est généralement de grande taille. Une fois mure la croûte du fruit devient cassante, mais ne change pas de couleur. En raison de sa peau coriace, le fruit reste frais pendant une longue période [1].

Ennemis (maladies et ravageurs)[modifier | modifier le code]

L'arbre est un hôte de la mouche noire Citrus, Aleurocanthus woglumi. Plusieurs parasites (Prospaltella spp., Eretmocerus serius et Amitus hesperidium) permettent de contrôler ce ravageur. En Floride, le champignon Armillariella (Clitocybe) tabescens provoque la pourriture des racines [1].

Aspect économique[modifier | modifier le code]

Production et exportation[modifier | modifier le code]

Le fruit de Melicoccus bijugatus est généralement consommé localement, les habitants le cultivent. Néanmoins il existe un commerce de Mamoncillo ; le principal exportateur est la République Dominicaine qui se place devant Haïti et la Jamaïque avec 20.454 tonnes pour une valeur de 552.000 dollars en 2002, dont 1700 tonnes exportés aux Etats-unis. Le Canada et l’Europe aussi importent ces fruits [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Morton, J. 1987. Mamoncillo. p. 267–269. In: Fruits of warm climates. Julia F. Morton, Miami, FL, http://www.hort.purdue.edu/newcrop/morton/mamoncillo.html.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Janick J., Paull R.E., 2008.The encyclopedia of Fruit & Nuts. Purdue University, USA. Cabi publishing.
  3. Francoise Hatzenberger, 2001.Paysages et végétations des Antilles. KARTHALA Editions
  4. BYSTROM, L.M., LEWIS, B.A., BROWN, D.L., RODRIGUEZ, E. and OBENDORF, R.L., 2008. Characterisation of phenolics by LC-UV/Vis, LC-MS/MS and sugars by GC in Melicoccus bijugatus Jacq. 'Montgomery' fruits. Food Chemistry, 111(4), pp. 1017-1024


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janick J., Paull R.E., 2008.The encyclopedia of Fruit & Nuts. Purdue University, USA. Cabi publishing.

Articles connexes[modifier | modifier le code]