Quartier Grésilles

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Quartier des Grésilles
Quartier Grésilles
Carte du quartier Grésilles
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Ville Dijon
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 59″ nord, 5° 03′ 57″ est
Transport
Tramway    T   1  
Bus    L   3  

   F  40 

 COROL 
Localisation
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Quartier des Grésilles
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Quartier des Grésilles

Les Grésilles est un quartier administratif de Dijon[1] situé au nord-est de la ville, à la limite avec Saint-Apollinaire. Il est découpé en plusieurs secteurs : Cap-Nord et Grésilles.

Secteur Grésilles[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Il était autrefois partagé entre une partie populaire, faite de barres d'immeubles et une autre partie faite de petites maisons mitoyennes habitées par des ouvriers aussi bien que par des cadres. Entre ses deux parties, séparées par le Boulevard des Martyrs de la Résistance, le centre civique, religieux et commercial des Grésilles fédérait l'ensemble. Les deux supermarchés, les petits commerces (boulangerie, drogueries, marchand de journaux) et le marché couvert pour la partie chalandise, l'église Sainte-Bernadette remarquable pour son architecture de béton typique des années 1960, et les bâtiments paroissiaux de l'autre côté de l'avenue des Grésilles pour la partie religieuse, enfin le Centre Social, la poste et divers bâtiments administratifs qui formaient la partie civique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Dijon a dû mettre en place, conformément aux directives de l'État, des zones à urbaniser en priorité (ZUP) au nombre de deux : le quartier des Grésilles a été entrepris en 1949. Il réunit de manière confuse des immeubles et « barres » de types variés.

Le quartier atteint son maximum d'habitants (15 320), en 1968[2].

Délaissé par les services publics, le quartier est partiellement réhabilité sous le mandat de François Rebsamen, dès 2005[3]. Les anciennes « barres » Épirey, les Lochères, la célèbre « Billardon » et Paul Bur[4],[5] sont détruites et 660 nouveaux logements sont construits, dont 105 en accession à la propriété, sur un modèle de maisons pavillonnaires.

Aujourd'hui, la rénovation urbaine est passée par-là et les Grésilles[6] ressemble de plus en plus à une cité-dortoir. Au sud-ouest, les petites maisons mitoyennes avec jardins sont progressivement rasées au profit d'immeubles résidentiels.

En , un grave conflit a lieu pendant plusieurs jours dans ce quartier, entre des centaines de ressortissants tchétchènes et des habitants, ce qui a eu un écho national et des impacts politiques[7]. Du 12 au , des événements inédits dans l'histoire de la ville, bien que précédés par des incidents similaires mais de moindre ampleur à Nice, Rouen et Troyes[8], surviennent. Des membres de la communauté tchétchène de France viennent de tout l'Hexagone à Dijon, après l'agression d'un jeune Tchétchène qu'ils imputent à des dealers maghrébins du quartier des Grésilles[9], ce qui amène plusieurs dizaines de Tchétchènes, estimés autour de 150[10], à mener une expédition punitive contre l'ensemble du quartier et des Maghrébins qui y habitent[8], provoquant 3 nuits de violences urbaines parfois avec des armes de guerre[11], puis une dernière nuit de violence dans le quartier du Mail à Chenôve[12], laissant 20 blessés dont un par balles[13],[14]. Le , l'imam de Quetigny Mohamed Ateb parvient à réunir des représentants des deux communautés et les persuade de mettre en place un « armistice » entre leurs communautés[9]. L’État et la police sont critiqués par des habitants des Grésilles qui leur reprochent d'avoir tardé 3 jours à agir[15]. Le , 4 hommes dont 3 de nationalité russe sont déférés devant le parquet en lien avec les affrontements[14].

Secteur Cap-Nord[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La bibliothèque municipale Champollion située aux Grésilles

Le quartier est doté de plusieurs infrastructures dont :

Outre ces équipements, l'église des Grésilles est un monument remarquable situé au cœur du quartier. Classé monument historique et labellisé « Patrimoine du XXe siècle » par le Ministère de la Culture, l'édifice est représentatif des constructions en béton/acier du début des années 60[16]. L'église Sainte-Bernadette des Grésilles est par ailleurs peut-être la première église construite dans l'esprit de Vatican II. Elle a accueilli un temps les musulmans du quartier dans les années 90 car ceux-ci n'avaient pas d'espaces spécifiques pour prier[17]. Depuis, la construction de la Grande Mosquée des Grésilles (Masjid An-nour) a permis d'accueillir dans des conditions de culte plus décente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.dijon.fr/Dans-votre-quartier/Gresilles
  2. « Eglise Sainte Bernadette des Grésilles à Dijon », sur www.dijon-sainte-bernadette.fr (consulté le )
  3. « DIJON Le renouvellement urbain des Grésilles est bouclé », Quotidien,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « A Dijon, les 60 ans d'histoire du quartier des Grésilles », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté (consulté le )
  5. « Démolition immeuble Paul Bur », sur Pennequin (consulté le )
  6. « Grand Dijon Habitat - Bienvenue chez vous ! - La Rénovation Urbaine aux Grésilles saluée », sur www.granddijonhabitat.fr (consulté le )
  7. Dijon : après quatre nuits de troubles et d’expéditions punitives, l’Etat promet « une réponse extrêmement ferme », Le Monde, 16 juin 2020
  8. a et b Pierre Sautreuil, « Une note confidentielle s'inquiète de la progression du crime organisé tchétchène en France », sur lefigaro.fr, (consulté le )
  9. a et b « Dijon : les communautés se sont rencontrées pour décider de l'arrêt des violences », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le )
  10. Guillaume Chieze, « Violences à Dijon : comment en est-on arrivé là ? », sur rtl.fr, (consulté le )
  11. Fabien Leboucq, Anaïs Condomines, « Les armes exhibées dans les vidéos d'affrontements à Dijon sont-elles réelles ou factices ? », sur liberation.fr, (consulté le )
  12. A. Ma., N.D., « Nuit agitée à Chenôve : "J'ai regardé ma voiture partir en fumée" », sur bienpublic.com, (consulté le )
  13. « Dijon : quatre interpellations après une nouvelle soirée de violences aux Grésilles », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le )
  14. a et b Bénédicte Lutaud, « Violences à Dijon : 20 blessés et 4 hommes déférés au parquet », sur lefigaro.fr, (consulté le )
  15. « Dijon est sécurisée, mais la population ne décolère pas », sur francetvinfo.fr, (consulté le )
  16. « Eglise Sainte-Bernadette », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  17. « Eglise Sainte Bernadette des Grésilles à Dijon », sur www.dijon-sainte-bernadette.fr (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]