Quadrirotor

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Le X-UFO, jouet radio-commandé quadrirotor.

Un quadrirotor est un giravion, un aéronef à voilure tournante comportant quatre rotors pour sa sustentation. Les rotors sont généralement placés aux extrémités d'une croix. Afin d'éviter à l'appareil de tourner sur lui-même sur son axe de lacet, il est nécessaire que deux hélices tournent dans un sens et les deux autres dans l'autre sens. Pour pouvoir diriger l'appareil, il est nécessaire que chaque couple d'hélices tournant dans le même sens soit placé aux extrémités opposées d'une branche de la croix sur un chassis en "X". Sur un chassis en "+" le sens de rotation des hélices des extrémités opposées de la croix est contraire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bréguet n°1, 1907

Le premier quadrirotor à décoler du sol, est le gyroplane Breguet-Richet, développé par société Breguet en 1907, il ne décolle alors qu'à 60 cm et quatre hommes maintiennent la structure. L'année suivante une seconde version sur laquelle sont ajoutés des ailes biplans avance de quelques mètres en inclinant de 12° vers l'avant le fuselage. La version 2bis est présentée au Grand Palais en 1908.

Le quadrirotor de de Bothezat, 1923
L'appareil no 2 d'Œhmichen, 1923

À la suite d'un contrat engagé par l'armée américaine en janvier 1921, c'est l'Américain d'origine russe George de Bothezat qui fut le premier à faire voler un appareil quadrirotor[1]. Il réussit son premier vol en octobre 1922 et réalise un vol de 1 minute 42s à 1,8 m du sol le . Le 19 janvier 1923, l'appareil emporte deux personnes à 1,2 m du sol[1]. De nombreux vols furent effectués en 1923 mais l'appareil ne s'élevera pas au-dessus de 5 mètres et l'armée mettra fin au contrat.

En Europe, le quadrirotor du Français Étienne Œhmichen, construit en 1922, réussit un vol stationnaire de cinq minutes en juin 1923. En mai 1924, il monte à plus de dix mètres d’altitude et effectue une boucle complète sur un kilomètre en sept minutes et quarante secondes devant le capitaine Cholat de l'Aéro-Club de France. En sus des quatre rotors de sustentation, le type no 2 d'Œhmichen était doté de huit hélices de direction.

Aujourd'hui, des quadrirotors sont principalement proposées comme maquettes télécommandées, appelés drones.

En janvier 2016, la société chinoise Ehlang basé à Guangzhou présente au CES de Las Vegas, aux États-Unis, un drone quadrirotor capable de transporter une personne jusqu'à 100 Kg, à 500 mètres d'altitude[2].

Figures en vol[modifier | modifier le code]

Le fonctionnement d'un quadrirotor est assez particulier. On distingue quatre mouvements possibles : les gaz, le lacet, le roulis et le tangage. Pour garder le contrôle du lacet, cela implique que deux hélices tournent dans le sens horaire (hélice à pas normal) et les deux autres dans le sens antihoraire (hélices à pas inversé).

Les gaz[modifier | modifier le code]

Le mouvement de gaz correspond tout simplement à la montée/descente du quadrirotor. La montée est obtenue en augmentant la vitesse des quatre moteurs. La descente, qui elle est plus difficile à doser, s'obtient par la réduction de la vitesse des moteurs.

Le lacet[modifier | modifier le code]

Le mouvement de lacet sert à faire tourner le quadrirotor sur lui-même. Il est obtenu en augmentant la vitesse des hélices à pas normal et en diminuant proportionnellement la vitesse des hélices à pas inversé.

Le roulis et le tangage[modifier | modifier le code]

Le roulis et le tangage sont des mouvements assez similaires visant à pencher le quadrirotor sur un axe ou sur un autre. Ce mouvement est obtenu en augmentant la vitesse d'une hélice et en abaissant proportionnellement la vitesse de l'hélice opposée (hélice du même couple).

Utilisations et variantes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : drone quadrirotor.

Des drones quadrirotor sont de plus en plus utilisés pour leur capacité à embarquer une caméra numérique et les nouveaux angles de prise de vue qu'ils offrent une fois en vol grâce à leur stabilité. L'opérateur reçoit, en général, les images directement sur une tablette tactile, un smartphone ou un poste de commande, ou les récupère après le vol.

Ce type de drone peut être utilisé en essaim de drones, pour différent type de tâches.

Sur les drones de course, un domaine plus réservé au hackers, où les drones sont modifiés pour les besoins des utilisateurs, les vitesses peuvent passer de 0 à 100 km/h en 1 seconde et les stabilisateurs sont souvent coupés afin d'augmenter la manœuvrabilité. Des Visiocasques sont alors utilisées pour le pilotage en immersion (ou FPV dans le jargon), par opposition au vol à vue dans ce domaine, décrivant un vol sans visiocasque un utilisant la commande et regardant le drone évoluer (à ne pas confondre avec le vol à vue en aéronautique qui s'oppose au vol aux instruments), et des systèmes de transmissions plus rapides, et permettant les défauts d'affichage (bruit, basse résolution) afin d'éviter les latences, sont utilisés.

Il existe aussi des drones octorotor ayant l'aspect des quadrirotor car ceux-ci ont des moteurs coaxiaux, donc deux sur un même bras. les moteurs sont montés l'un sur l'autre et tournent dans le sens opposé l'un de l'autre.

Les professions liées aux drones quadrirotor[modifier | modifier le code]

L'avènement du drone quadrirotor[3] a permis la création de nouvelles méthodes de travail.

Ces drones sont à présent utilisés par des journalistes, des réalisateurs et des photographes pour réaliser des prises de vue aériennes inédites mais également par les services d'intervention, police (surveillance des manifestations[4] ou filatures[5], les pompiers, l'armée... afin de réaliser une prise d'informations préalables à des interventions en hauteur et délicates. Ils sont également utilisé pour la surveillance de masse, dans les manifestations, Elles sont également utilisés dans différents domaines pour des relevés de terrain en utilisant toute sorte de capteurs. Il peut s'agir de relevés topologiques, chimiques, volumétriques, permettant par exemple d'estimer les stocks, ou encore l'inspection de l'état de matériel difficilement accessible[6]. Ils sont également de plus en plus utilisés par des trafiquants de drogue pour en fournir à l'intérieur des prisons[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]