Qalb Lozeh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Qalb Lozeh
Kalb Lose SYRIE 280.jpg
Géographie
Pays
Partie de
Villages antiques du Nord de la Syrie, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Superficie
4,6 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Fonctionnement
Statut
Statut patrimonial
Partie d'un site du patrimoine mondial (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
TGN

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Point carte.svg
La basilique, vue du sud-est.
Localisation.

Qalb Lozeh, ou Qalb Lawzeh (قلب لوزة, ce qui signifie « cœur d'amande »), est un village du nord-ouest de la Syrie à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest d'Alep, non loin de la frontière turque et au nord du djebel al-Ala, à 670 mètres d'altitude. Il dépend administrativement du gouvernorat d'Idleb. Il fait partie de la liste des villages antiques du Nord de la Syrie protégés par l'UNESCO depuis 2011. Le village était peuplé d'environ un millier d'habitants, en majorité druzes, avant la prise de la région par les forces rebelles djihadistes en 2014. Mais le village, par la voix de ses anciens, demeure relativement neutre ne prenant pas partie pour la rébellion. Toutefois les rebelles djihadistes du front al-Nosra (affiliés à al-Qaïda) massacrent une vingtaine d'habitants du village, le 10 juin 2015[1],[2]. Les habitants vivent de la culture d'oliviers et de plants de tabac.

Archéologie[modifier | modifier le code]

La petite basilique paléochrétienne remonte au milieu du Ve siècle. Elle était entourée d'un haut rempart (le tout constituant un téménos) et desservait une communauté villageoise s'étendant sur trois hectares, au milieu d'oliveraies. Le village de Qalb Lozeh servait d'étape aux pèlerins se rendant au nord sur le mont Siméon où vécut Siméon le Stylite et à l'église Saint-Siméon-le-Stylite pour vénérer les reliques de saint Siméon. Cette église est plus ancienne d'une dizaine d'années et reprend la tradition des temples gréco-romains avec des symboles que l'on retrouve plus tard dans l'architecture romane.

La façade comprend deux tours à trois niveaux, reliées entre elle par un arc qui donne accès au narthex. Au-dessus, se trouvait une terrasse entre les deux tours. L'intérieur est composé de trois nefs avec de grandes fenêtres donnant de la lumière. La nef centrale laisse voir des arcs sur piliers bas menant à l'abside rehaussée, à trois fenêtres en plein cintre. Celle-ci est tournée vers l'est et donc « orientée » au sens propre. Les côtés sud et nord comprennent chacun trois portes. L'église a été découverte par un archéologue français, le comte de Vogüé, en 1861. Elle a été étudiée par l'Américain Howard Crosby Butler[3], à la fin du XIXe siècle, à la suite d'une nouvelle expédition organisée par l'université de Princeton.

Gertrude Bell a décrit cette église comme marquant « le début d'un nouveau chapitre de l'architecture mondiale. Toute la finesse et la beauté de l'architecture romane est née en Syrie du Nord. »[4]. Depuis cette époque, où le village ne comprenait qu'environ 200 habitants, les maisons modernes entourent désormais complètement le site de cette église antique[5]

Le village abandonné de Qirq Biza se trouve à environ un kilomètre, avec des maisons à bas-reliefs et motifs végétaux ou géométriques de l'époque byzantine. On y trouve aussi une petite église remontant au début du IVe siècle, une des plus antiques de toute la Syrie.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Al-Nusra Front kills 20 Druzes in Syria
  2. voir la bannière sur le véhicule de la photo de Libération, article du 12 juin 2015
  3. (en) Howard Crosby Butler, Part II of the publications of an American Archaeological expedition to Syria in 1899–1900. Architecture and other arts, The Century & Co., New York, 1904, p. 221–225
  4. (en) Gertrude Bell, The Desert and the Sown: The Syrian adventures of the female Lawrence of Arabia, Cooper Square Press, New York, page 306, (ISBN 0-8154-1135-9) ; publié d'abord sous le titre as Syria, the Desert and the Sown en 1907 chez Heinemann, Londres (OCLC 234202529)
  5. (en) John Ash, (10 septembre 2000) "Syria: Dead Cities And Lively Aleppo", in The New York Times Magazine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgar Baccache, Églises de village de la Syrie du Nord, éd. Documents photographiques des archives de l'Institut français d'archéologie du Proche-Orient, Éd. Paul Geuthner, Paris, 1980, p. 100–109 (photographies en noir et blanc)
  • (de) Christine Strube, Die „Toten Städte“. Stadt und Land in Nordsyrien während der Spätantike, Verlag Philipp von Zabern, Mayence, 1996, p. 20, 61–66, (ISBN 3805318405)
  • (de) Christine Strube, Baudekoration im Nordsyrischen Kalksteinmassiv, vol. I. Kapitell-, Tür- und Gesimsformen der Kirchen des IV. und V. Jahrhunderts n. Chr. Philipp von Zabern, Mayence, 1993, p. 94–115
  • Georges Tchalenko, Villages antiques de la Syrie du Nord, vol. II., Paris, 1953, Taf. CLVII-CLX

Lien externe[modifier | modifier le code]