Pyrrhus et Cinéas

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Pyrrhus et Cinéas
Auteur Simone de Beauvoir
Pays France
Genre Essai
Éditeur Gallimard
Collection Les Essais
Date de parution
Nombre de pages 123
ISBN 2070205088

Pyrrhus et Cinéas est un essai philosophique de Simone de Beauvoir publié le aux éditions Gallimard.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'essai de Simone de Beauvoir est construit sur un épisode légendaire lui permettant de développer nombre réflexions qui en découlent. En effet, le roi Pyrrhus Ier (IIIe – IIe siècle av. J.-C.) aurait été questionné par son ami Cinéas. Cinéas aurait demandé à Pyrrhus ce qu'il comptait faire une fois la conquête de tel royaume achevée. Après sa réponse, il aurait réitéré sa question de manière répétitive, en une régression qui semble infinie (« Et après ? ») mais s'achèvant sur l'aveu de Pyrrhus reconnaissant qu'une fois ses conquêtes terminées, il souhaitait se reposer. Cinéas pour conclusion souligne une sorte d'absurdité dans le fait que tant d'efforts soient fournis à l'accomplissement de toutes ces conquêtes, avec pour souhait ultime un repos qu'il pourrait déjà prendre. Pour Simone de Beauvoir chacune de nos actions appelle aux mêmes réflexions.

Récits similaires[modifier | modifier le code]

  • L'anecdote originale se trouve dans Plutarque, et se retrouve dans Anekdote zur Senkung der Arbeitsmoral (1963) d'Heinrich Böll.
  • Blaise Pascal, sans ses Pensées, évoque souvent ce dialogue de Cynéas [sic] et Pyrrhus, mais en renvoyant les deux postures dos à dos. Pour lui, Cynéas a raison de dire que la quête de Pyrrhus est sans fin, mais il a tort de croire que Pyrrhus pourrait atteindre le bonheur par un repos immédiat, car Pyrrhus, par ce besoin d'agitation fuit en fait un malaise existentiel qui ne pourrait être résolu que par la foi chrétienne. « C'est pourquoi lorsque Cynéas disait à Pyrrhus, qui se proposait de jouir du repos avec ses amis après avoir conquis une grande partie du monde, qu'il ferait mieux d'avancer lui-même son bonheur en jouissant dès lors de ce repos, sans aller le chercher par tant de fatigues, il lui donnait un conseil qui souffrait de grandes difficultés, qui n'était guère plus raisonnable que le desssein de ce jeune ambitieux. L'un et l'autre supposaient que l'hommme peut se contenter de soi-même et de ses biens présents, sans remplir le vide de son coeur d'espérances imaginaires; ce qui est faux. Pyrrhus ne pouvait être heureux ni avant ni après avoir conquis le monde; et peut-être que la vie molle que lui conseillait son ministre était encore moins capable de le satisfaire que l'agitation de tant de guerres et de tant de voyages qu'il méditait. »

Éditions[modifier | modifier le code]